Étiquette : Guillot
Les forces de la nuit par B. Hambly

Fiche de Les forces de la nuit
Titre : Les forces de la nuit (Tome 1 sur 3 – Le cycle de Darwath)
Auteur : B. Hambly
Date de parution : 1982
Traduction : F. Maillet, S. Guillot
Editeur : Gallimard
Première page de Les forces de la nuit
« Gil savait que ce n’était qu’un rêve. Elle n’avait aucune raison d’avoir peur – le danger, le chaos, la terreur aveugle et l’angoisse cauchemardesque qui emplissaient la nuit hurlante n’avaient rien de réel, elle le savait ; cette ville à l’architecture sombre et insolite, cette foule d’hommes et de femmes paniqués qui la bousculaient dans leur fuite sans la voir, n’étaient que la manifestation saisissante de son subconscient surchargé des spectres qui s’évanouiraient avec le jour.
Tout cela, elle le savait ; et pourtant, elle avait peur.
Il lui semblait se trouver au pied d’un escalier de marbre vert, en face d’une cour carrée entourée de hauts bâtiments aux toits pointus. Des gens affolés passaient près d’elle en la bousculant, la repoussaient contre le socle gigantesque d’une statue de malachite sans paraître remarquer sa présence ; hommes et femmes haletants, aux yeux égarés, aux visages terrifiés d’une lividité cadavérique sous la lueur froide de la lune à son dernier quartier. »
Extrait de : B. Hambly. « Le cycle de Darwath – Les forces de la nuit. »
Dead man’s hand par G. R. R. Martin

Fiche de Dead man’s hand
Titre : Dead man’s hand (Tome 7 sur 9 – Wild cards)
Auteur : G. R. R. Martin
Date de parution : 1990
Traduction : S. Guillot
Editeur : Nouveaux Millénaires
Première page de Dead man’s hand
« Les arbres bougeaient, bien qu’il n’y ait pas de vent.
Il ignorait combien de temps il avait marché, ou comment il était arrivé là – mais il s’y trouvait bel et bien, seul, et il avait peur. Il faisait nuit, une nuit plus longue, plus sombre que toutes celles qu’il avait vécues jusque-là. Le clair de lune peignait le paysage en nuances de noir et de gris, mais le satellite terrestre semblait anormalement enflé et arborait la couleur de la chair en décomposition. Il leva une fois les yeux dans sa direction ; à sa grande horreur, il le vit palpiter. Ne plus le regarder. Quoi qu’il fasse, il ne devait plus le regarder.
Il marchait. Encore et encore. La fine herbe grise paraissait s’accrocher à ses pieds nus à chacun de ses pas, s’insinuer volontairement entre ses orteils. »
Extrait de : G. R. R. Martin. « Dead man’s hand – Wild cards. »
Ace in the hole par G. R. R. Martin

Fiche de Ace in the hole
Titre : Ace in the hole (Tome 6 sur 9 – Wild cards)
Auteur : G. R. R. Martin
Date de parution : 1989
Traduction : S. Guillot
Editeur : Nouveaux Millénaires
Première page de Ace in the hole
« Spector tira d’une main gantée sur le cadenas, qui céda aussitôt. Il l’ôta de la porte en étain ondulé, puis pesa de tout son poids sur celle-ci pour l’ouvrir en essayant de faire aussi peu de bruit que possible. Il y faufila son corps mince et referma derrière lui. Jusqu’à présent, tout correspondait avec ce qu’on lui avait dit.
L’endroit sentait la poussière et la peinture fraîche. Une unique lampe de plafond, située au centre de l’entrepôt, y diffusait une lumière tamisée. Spector marqua une pause pour laisser à ses yeux le temps de s’adapter. Il y avait des boîtes de masques partout autour de lui. De clowns, de politiciens, d’animaux, parfois simplement de banals visages humains. Il en ramassa un représentant un ours, le mit ; autant garder l’anonymat au cas où quelqu’un allumerait d’autres lumières. Le plastique lui pinçait le nez, et il aurait »
Extrait de : G. R. R. Martin. « Ace in the hole – Wild cards. »
Des astres et des ombres par G. R. R. Martin

Fiche de Des astres et des ombres
Titre : Des astres et des ombres
Auteur : G. R. R. Martin
Date de parution : 1977
Traduction : M. Cartanas, M.-C. Luong, S. Guillot
Editeur : J’ai lu
Sommaire de Des astres et des ombres
- Tour de cendres
- Saint Georges ou Don Quichotte
- La bataille des eaux-glauques
- Un luth constellé de mélancolie
- La nuit des vampyres
- Les fugitifs
- Equipe de nuit
- « … pour revivre un instant »
- Sept fois, sept fois l’homme, jamais !
Première page de Tour de cendres
« Ma tour est en briques, de minuscules briques gris anthracite unies par un mortier noir luisant qui, à mes yeux de profane, ressemblent étrangement à de l’obsidienne – ça ne peut évidemment pas être le cas. Elle élève ses murs branlants à près de sept cents mètres au-dessus du bras de la Mer Gracile, au bord de laquelle elle est construite, à la lisière de la forêt.
Je l’ai découverte il y a près de quatre ans, le jour où P’tit-Gris et moi avons quitté Port-Jamison, à bord de l’aéromobile gris métallisé dont la carcasse gît désormais devant ma porte, envahie par les herbes. Aujourd’hui encore, je ne sais rien de concret à son sujet – mais ça ne m’empêche pas d’avoir mon idée.
D’abord, je doute fort qu’elle ait été construite de main d’homme. Elle est nettement plus »
Extrait de : G. R. R. Martin. « Des astres et des ombres. »
Tress de la mer Emeraude par Brandon Sanderson

Fiche de Tress de la mer Emeraude
Titre : Tress de la mer Emeraude
Auteur : Brandon Sanderson
Date de parution : 2023
Traduction : S. Guillot
Editeur : Le livre de poche
Première page de Tress de la mer Emeraude
« Une fille vivait au beau milieu de l’océan, sur un rocher.
Ledit océan n’avait pas grand-chose à voir avec celui que vous vous imaginez.
Le rocher non plus ne ressemblait pas à ce que vous avez sans doute en tête.
La fille, en revanche, était peut-être telle que vous vous l’imaginez – à supposer que vous l’imaginiez réfléchie, à la voix douce, et aimant un peu trop collectionner les tasses.
Les hommes la décrivaient souvent comme ayant des cheveux de la couleur des blés. D’autres
évoquaient plutôt le caramel, ou occasionnellement le miel. Elle se demandait pourquoi ils utilisaient si souvent des termes liés à la nourriture pour parler des attributs féminins. Il y avait une faim, chez ces hommes, qu’il lui semblait préférable d’éviter. »
Extrait de : B. Sanderson. « Tress de la mer Émeraude. »
Sur le territoire de Milton Lumky par P. K. Dick

Fiche de Sur le territoire de Milton Lumky
Titre : Sur le territoire de Milton Lumky
Auteur : P. K. Dick
Date de parution : 1985
Traduction : I. Delord-Philippe, S. Guillot
Editeur : J’ai lu
Première page de Sur le territoire de Milton Lumky
« Au coucher du soleil, un air âcre en provenance du lac vint souffler dans les rues désertes de Montario, dans l’Idaho. Des nuées de mouches jaunes aux ailes effilées l’accompagnaient, s’écrasant contre les pare-brise des autos en circulation. Les conducteurs s’efforçaient de les chasser à coups d’essuie-glaces. Tandis que les réverbères commençaient à illuminer Hill Street, les magasins fermèrent un à un jusqu’à ce qu’il ne reste plus que les drugstores d’ouverts, un à chaque bout de l’agglomération. Le cinéma Louxor, lui, n’ouvrait ses portes qu’à 18 h 30. Les nombreux cafés ne faisaient pas partie de la ville à proprement parler ; ouverts ou fermés, ils appartenaient à la nationale 95 qui empruntait Hill Street.
Le train de nuit de l’Union Pacific, qui reliait Portland à Boise, fit son apparition dans un concert de sifflements et de bruits de ferraille, glissant sur la plus septentrionale des quatorze voies ferrées parallèles. »
Extrait de : P. K. Dick. « Sur le territoire de Milton Lumky. »
Soleil vert par H. Harrison

Fiche de Soleil vert
Titre : Soleil vert
Auteur : H. Harrison
Date de publication : 1966
Traduction : S. Guillot
Editeur : Nouveaux millénaires
Première page de Soleil vert
« New York
… volée à des Indiens confiants par de fourbes Néerlandais, prise aux Néerlandais légalistes par des Britanniques belliqueux, pour qu’ensuite les colons révolutionnaires viennent l’arracher à de paisibles Britanniques. Ses arbres ont été brûlés des décennies plus tôt, ses collines nivelées, ses étangs asséchés et remblayés, tandis que ses sources cristallines emprisonnées sous terre déversaient leurs eaux pures directement dans les égouts. En étendant ses tentacules de béton depuis l’île originelle, la ville est devenue une mégalopole dont quatre de ses cinq arrondissements englobent la moitié d’une île de plus de cent soixante kilomètres de long, et en engloutissent au passage une autre pour s’étirer ensuite jusqu’à l’Hudson River. L’arrondissement restant, historiquement le premier de tous, Manhattan est un bloc de granit primordial et de roche métamorphique entouré de tous côtés par l’eau, tapi telle une araignée de pierre et d’acier au milieu de sa toile de ponts, de tunnels, de métros, de câbles et de ferrys. Incapable de s’étendre vers l’extérieur, Manhattan s’est développée en hauteur, en se nourrissant de sa propre chair – les vieux bâtiments étant détruits pour être remplacés par de nouveaux. »
Extrait de : H. Harrison. « Soleil vert. »
Le jour des Triffides par J. Wyndham

Fiche de Le jour des Triffides
Titre : Le jour des Triffides
Auteur : J. Wyndham
Date de parution : 1951
Traduction : M. Battin, S. Guillot
Editeur : Terre de brume
Première page de Le jour des Triffides
« Lorsqu’un jour que vous savez être un mercredi débute comme s’il s’agissait d’un dimanche, c’est que quelque chose ne tourne vraiment pas rond quelque part.
Ce fut l’impression que je ressentis dès l’instant où je me réveillai. Et lorsque mon esprit se mit en marche avec un peu plus de vivacité, j’en acquis la quasi-certitude. Après tout, cela venait sans doute de moi, et de personne d’autre, même si j’avais du mal à saisir ce qui ne tournait pas rond. Je continuai d’attendre, saisi par le doute. Mais j’eus bientôt mon premier élément de preuve objective – une pendule qui, dans le lointain, sonna huit coups. J’écoutai, attentivement et avec méfiance. Presque aussitôt, une autre pendule se mit à tinter sur une note bruyante et catégorique. Sans hâte, elle frappa huit coups indiscutables. C’est alors que je sus que les choses allaient de travers. »
Extrait de : J. Wyndham. « Le Jour des Triffides. »
Les veilleurs par C. Willis

Fiche de Les veilleurs
Titre : Les veilleurs
Auteur : C. Willis
Date de parution : 2013
Traduction : F. Jamoul, J.-P. Pugi, P. Hupp, S. Guillot
Editeur : Nouveaux Millénaires
Sommaire de Les veilleurs
- Une lettre des Cleary
- Au rialto
- Morts sur le Nil
- Les veilleurs du feu
- Infiltration
- Même sa majesté
- Les vents de Marble Arch
- Tous assis par terre
- Le dernier des Winnebago
Première page d’Une lettre des Cleary
« Il y avait une lettre des Cleary, à la poste. Après l’avoir glissée dans mon sac à dos, avec les magazines de Mme Talbot, je suis sortie détacher Stitch.
Il avait tiré sur sa laisse autant qu’il avait pu pour aller s’asseoir au coin de la rue, à demi étranglé : il guettait un rouge-gorge. Stitch n’aboie jamais, même pour un oiseau. Il n’a même pas poussé un cri quand papa lui a recousu la patte. Il est resté tranquillement assis, tout comme le jour où nous l’avions trouvé sous la véranda, devant la maison : il frissonnait légèrement, une patte tendue en direction de papa, pour attirer son attention. Mme Talbot trouve qu’il ne vaut rien comme chien de garde, mais moi je suis contente qu’il n’aboie jamais. Rusty le faisait tout le temps, lui – et voyez où ça l’a mené.
J’ai dû tirer Stitch en arrière pour détendre sa laisse et parvenir à le détacher ; tout en m’escrimant sur le nœud avec mes ongles, je lui ai soufflé : « Signe de printemps, pas vrai, mon vieux ? » Ledit nœud résistait, contrairement à l’un de mes ongles… Bravo ! Maman allait encore me demander si je connaissais quelqu’un d’autre aussi maladroit que moi. »
Extrait de : C. Willis. « Les veilleurs. »
Terremer – l’intégrale par U. Le Guin

Fiche de Terremer – l’intégrale
Titre : Terremer – l’intégrale
Auteur : U. Le Guin
Date de parution : 2018
Traduction : J. Bailhache, I. Delord-Philippe, P.-P. Durastanti, P. Dusoulier, S. Guillot, P. R. Hupp, F. Maillet
Editeur : Le livre de poche
Sommaire de Terremer – l’intégrale
- Le sorcier de Terremer
- Les tombeaux d’Atuan
- L’ultime rivage
- Tehanu
- Contes de Terremer
- Le vent d’ailleurs
- Description de Terremer
- Le mot de déliement
- La règle des noms
- La fille d’Odren
- Au coin du feu
- Terremer revisité
Première page de Le sorcier de Terremer
« Les guerriers dans la brume
L’île de Gont, formée d’une seule montagne qui se dresse à cinq mille pieds au-dessus des flots tumultueux de la mer du Nord-Est, est une terre renommée pour ses magiciens. Bien des hommes de Gont ont quitté les bourgades de ses hautes vallées, et les ports de ses sombres baies encaissées, pour s’en aller servir les Seigneurs de l’Archipel dans leurs cités, comme sorciers ou comme mages ; d’autres, préférant l’aventure, sont partis voguer d’île en île, pratiquant leur magie d’un bout à l’autre de Terremer.
Certains disent que parmi eux, le plus grand, et sans nul doute le plus intrépide voyageur, fut celui qu’on appelait Épervier, et qui fut en son temps à la fois Seigneur des Dragons et Archimage. Sa vie est contée dans la Geste de Ged et dans bien des chansons, mais ceci est une histoire d’avant sa renommée, avant que les chansons n’aient été écrites. »
Extrait de : U. Le Guin. « Cycle de Terremer – Terremer – l’intégrale. »