Étiquette : J'ai lu
Méduse par A. C. Clarke et P. Preuss
Fiche de Méduse
Titre : Méduse (Tome 4 sur 6 – Base Vénus)
Auteur : A. C. Clarke et P. Preuss
Date de parution : 1990
Traduction : J.-P. Pugi
Editeur : J’ai lu
Première page de Méduse
« Elle était allongée sur la table du bloc opératoire, offerte aux hommes et aux femmes ensachés dans des combinaisons de plastique stérile qui se penchaient vers elle avec des instruments chirurgicaux. Une odeur âcre proche de celle des oignons menaçait de la suffoquer. Dans son esprit défilait la formule complexe du soufre et à l’aplomb de son corps le cercle des projecteurs dorés entamait une ronde.
Ce n’est qu’une enfant, William.
Les ténèbres envahissaient son champ de vision et elle serra avec plus de force la main qu’elle agrippait pour se raccrocher à la vie.
S’opposer à nous, c’est s’opposer à la Connaissance.
La spirale lumineuse l’aspirait, et elle se sentit partir à la dérive. Ses doigts lâchèrent prise. Autour d’elle, les silhouettes essaimèrent dans le tourbillon. Les formes jusqu’alors indistinctes devinrent des signes, des symboles…
Leur signification la terrassa. Elle voulut crier, lancer un avertissement. Mais elle se retrouvait enchâssée dans une gangue d’obscurité où ne subsistait qu’une seule image : celle de nuages rouges, »
Extrait de : A. C. Clarke et P. Preuss. « Base Vénus – Méduse. »
Cache-cache par A. C. Clarke et P. Preuss
Fiche de Cache-cache
Titre : Cache-cache (Tome 3 sur 6 – Base Vénus)
Auteur : A. C. Clarke et P. Preuss
Date de parution : 1989
Traduction : J.-P. Pugi
Editeur : J’ai lu
Première page de Cache-cache
« Dare Chin n’avait pas un tempérament inquiet, mais ce soir-là il était nerveux. À cause de la plaque, cette maudite plaque martienne découverte une décennie plus tôt quelque part dans le Nord, à proximité de la calotte glacière. Nul ne savait où, car l’auteur de cette découverte s’était refusé à en parler et un accident de forage lui avait coûté la vie avant qu’il n’ait pu revenir sur sa décision.
La plaque en question n’était en fait qu’un morceau de métal poli tel un miroir et gros comme une assiette, sur lequel avaient été gravées de nombreuses lignes de symboles indéchiffrables. La mise au jour et l’authentification de cet objet apportaient la preuve que des êtres sachant écrire – car tous les experts s’accordaient à dire que ces inscriptions devaient avoir un sens, même s’ils ne pouvaient le trouver – avaient vécu sur Mars un milliard d’années avant que le processus d’évolution de l’espèce humaine n’eût débuté sur Terre.
La précieuse relique était exposée au rez-de-chaussée de l’Hôtel de ville depuis une dizaine d’années ; pas une copie comme l’eût voulu le bon sens, mais l’original. Ce vestige d’un lointain passé était pour l’instant unique dans tout l’univers et cela lui »
Extrait de : A. C. Clarke et P. Preuss. « Base Vénus – Cache-cache. »
Maelström par A. C. Clarke et P. Preuss
Fiche de Maelström
Titre : Maelström (Tome 2 sur 6 – Base Vénus)
Auteur : A. C. Clarke et P. Preuss
Date de parution : 1988
Traduction : J.-P. Pugi
Editeur : J’ai lu
Première page de Maelström
« Le vent balayait l’immense étendue désertique en sifflant et arrachait au sable des aiguilles de glace que des tourbillons de poussière se chargeaient d’emporter au loin. Perchées au sommet de hautes falaises, des gargouilles d’eau gelée semblaient contempler tristement cette morne plaine polaire.
Si l’air était trop ténu pour assurer la sustentation d’une créature vivante, la violence de ses déplacements lui permettait de charrier les petites particules abrasives qui érodaient la roche, de déplacer le sable et de l’entasser en petites dunes, de façonner la glace et la pierre en arches, en contreforts et en buttes. Ce vent avait une vocation de sculpteur.
La cavité qu’il était occupé à creuser dans le sol contenait un objet de métal brillant. Si ce dernier avait été brisé – nul n’aurait pu dire à quelle époque ou en quelles circonstances – rien n’était parvenu à ternir sa surface, lisse comme celle d’un miroir.
Et si des sillons y apparaissaient, ils n’étaient pas attribuables à des causes naturelles. Aucune de ces entailles ne ressemblait à une autre, même si toutes avaient une largeur et une profondeur identiques. Leur tracé était en outre parfaitement recti- »
Extrait de : A. C. Clarke et P. Preuss. « Base Vénus – Maelstrom. »
Point de rupture par A. C. Clarke et P. Preuss
Fiche de Point de rupture
Titre : Point de rupture (Tome 1 sur 6 – Base Vénus)
Auteur : A. C. Clarke et P. Preuss
Date de parution : 1987
Traduction : J.-P. Pugi
Editeur : J’ai lu
Première page de Point de rupture
« — Le mot Sparta évoque-t-il quelque chose de particulier, pour vous ?
La jeune femme assise sur une chaise de pin verni regardait par la haute fenêtre et la clarté blafarde réverbérée par le paysage hivernal dépouillait son visage de toutes ses couleurs.
En attendant une réponse, l’homme qui l’interrogeait tiraillait sa courte barbe poivre et sel et la lorgnait par-dessus ses lunettes. Ce personnage débonnaire installé derrière un bureau de chêne plus que centenaire ne manifestait pas la moindre hâte et semblait avoir l’éternité devant lui.
— Évidemment.
La fille avait un visage ovale, avec des sourcils bien marqués et des yeux bruns. Sous son nez retroussé, l’absence de fard apportait de l’innocence à ses lèvres pleines. Sa chevelure brune qui tombait en mèches raides sur ses joues et sa robe de chambre informe ne parvenait pas à atténuer sa beauté.
— Que signifie-t-il ?
— Quoi ?
— Le mot Sparta. Que représente-t-il pour vous ?
— C’est mon nom. »
Extrait de : A. C. Clarke et P. Preuss. « Base Vénus – Point de rupture. »
La ruche d’Hellstrom par F. Herbert
Fiche de La ruche d’Hellstrom
Titre : La ruche d’Hellstrom
Auteur : F. Herbert
Date de parution : 1973
Traduction : R. Latour
Editeur : J’ai lu
Première page de La ruche d’Hellstrom
« L’homme aux jumelles avançait en se tortillant sur le ventre parmi les herbes brunes chauffées par le soleil et peuplées d’insectes. Il n’aimait pas les insectes, mais il les ignorait pour atteindre son objectif, l’ombre des chênes qui couronnaient la crête, sans troubler l’ordonnance de la végétation qui le dissimulait ; tant pis si celle-ci faisait pleuvoir sur sa peau des petites bêtes rampantes ou collantes.
Sa figure étroite, basanée, à rides marquées, trahissait son âge – cinquante et un ans – que n’auraient révélé ni ses cheveux noirs huileux qui apparaissaient sous un panama kaki, ni ses gestes vifs et assurés.
Parvenu sur la crête, il respira plusieurs fois à fond tout en essuyant les verres de ses jumelles avec un mouchoir propre. Puis il écarta les herbes sèches, régla ses jumelles et les orienta vers la ferme qui occupait toute la vallée en contrebas. Son examen se trouva compliqué à la fois par la brume de chaleur d’un après-midi d’automne et par ses jumelles, des 10/60 de fabrication spéciale. »
Extrait de : F. Herbert. « La ruche d’Hellstrom. »
Les seigneurs de la guerre par G. Klein
Fiche de Les seigneurs de la guerre
Titre : Les seigneurs de la guerre
Auteur : G. Klein
Date de parution : 1971
Editeur : J’ai lu
Première page de Les seigneurs de la guerre
« Le Monstre pleurait comme un petit enfant. Non du remords d’avoir tué trois douzaines d’hommes, mais de se sentir si loin de sa planète natale. Cette détresse, Corson pouvait la comprendre : il lui fallait user de toute son énergie pour ne pas la partager.
Ses mains tâtèrent le sol dans l’obscurité, lentement, craignant de se blesser aux herbes, tranchantes comme des rasoirs selon les Instructions. Elles reconnurent un espace libre. Et alors seulement, avec une lenteur infinie, il avança un peu. Au-delà, l’herbe était douce comme une fourrure. Surpris, Corson retira la main. Les herbes devaient être dures et coupantes. Uria était un monde hostile, dangereux. Selon les Instructions, des herbes douces devaient signifier un piège. Uria était en guerre avec la Terre.
La question la plus pressante était de savoir si les indigènes avaient déjà décelé l’arrivée du Monstre et de Georges Corson. Le Monstre était de taille à leur tenir tête. Mais pas Corson. Il refit pour la vingtième fois le même calcul : les indigènes avaient vu le navire s’abîmer dans un océan de flammes et ils »
Extrait de : G. Klein. « Les seigneurs de la guerre. »
Le long voyage par G. Klein
Fiche de Le long voyage
Titre : Le long voyage (Tome 3 sur 3 – La saga d’Argyre)
Auteur : G. Klein
Date de parution : 1964
Editeur : J’ai lu
Première page de Le long voyage
« Il rentrait à la maison. Il n’y avait pas d’autre façon d’appeler la fin de son voyage. Ç’avait été un voyage particulièrement long et ennuyeux qui maintenant tirait sur sa fin. Il pouvait presque apercevoir la maison.
Oh, il ne la verrait pas au détour d’un chemin, au creux d’un vallon, sous un toit de tuiles rouges et des volets peints en vert, un chien se chauffant au soleil devant la porte ! Il la verrait seulement apparaître dans son télescope et grandir, passer de l’état d’un minuscule point lumineux à celui d’une bille perdue entre d’autres billes, puis devenir aussi grosse qu’une balle de ping-pong ; et alors, les couleurs commenceraient à s’inscrire, le bleu brillant des mers, et les taches irrégulières des continents saupoudrés de nuages, et un jour elle occuperait le ciel entier, les haut-parleurs se mettraient à crépiter des appels d’inconnus, et il imaginait l’excitation qui régnerait en bas, la nouvelle courant sur les câbles et dans l’atmosphère, les visages émerveillés des gens qui regarderaient le ciel avec une certaine fierté comme si les étoiles leur appartenaient déjà. »
Extrait de : G. Klein. « La saga d’Argyre – Le long voyage. »
Les voiliers du soleil par G. Klein
Fiche de Les voiliers du soleil
Titre : Les voiliers du soleil (Tome 2 sur 3 – La saga d’Argyre)
Auteur : G. Klein
Date de parution : 1961
Editeur : J’ai lu
Première page de Les voiliers du soleil
« Depuis plusieurs jours, le grand navire interplanétaire avait dépassé l’orbite de Mars. Il se dirigeait vers la ligne imaginaire qui partage le système solaire au niveau de la chaîne des astéroïdes : d’un côté, les planètes intérieures, Mercure, Vénus, la Terre et Mars, leurs satellites et quelques planétoïdes se pressent tout près du soleil dans une région gavée de lumière et de chaleur ; de l’autre, tournent, solitaires et dédaigneuses, les planètes extérieures, mondes géants comme Jupiter, Saturne et Uranus, ou mondes glacés comme Neptune et Pluton.
Le grand navire spatial allait franchir cette ligne imaginaire. Des siècles plus tôt, sur les océans de la Terre, des voiliers de haut bord traversaient une autre limite abstraite : l’équateur. La ligne imaginaire est comme l’équateur du système solaire : elle sépare deux pôles ; l’un des pôles est le soleil avec son cortège de mondes peuplés ; l’autre est une région ombreuse où le soleil n’apparaît plus que comme une étoile que l’on peut aisément confondre avec les autres, un océan illimité qui s’étend jusqu’aux étoiles et, au-delà des étoiles, vers d’autres »
Extrait de : G. Klein. « La saga d’Argyre – Les voiliers du soleil. »
Le rêve des forêts par G. Klein
Fiche de Le rêve des forêts
Titre : Le rêve des forêts (Tome 1 sur 3 – La saga d’Argyre)
Auteur : G. Klein
Date de parution : 1960
Editeur : J’ai lu
Première page de Le rêve des forêts
« Mars
Le coptère survolait l’extrémité de la Mare Sirenum lorsque l’accident survint. L’instant d’avant, ses larges pales transparentes battaient l’air raréfié de Mars, dans un froissement soyeux de papier chiffonné. Il volait à trois cents mètres d’altitude, et le pilote, attentif aux accidents du sol, négligeait de surveiller les afficheurs collimatés sur la bulle. Puis les indices s’affolèrent. Il y avait pourtant peu de vent. Le ciel calme offrait cette couleur bleu sombre qui caractérise les horizons de Mars sous ces latitudes. Les collines qui bordent au sud la Mare Sirenum se détachaient nettement sur la plaine rouge. Aucune nuée de sable ne courait le désert.
Le pilote ne réagit que lorsqu’un tintement retentit dans ses écouteurs. Des voyants clignotèrent, rouges, sur le pare-brise. L’appareil perdait de l’altitude. Ses immenses pales, aussi légères que les élytres d’insectes de la Terre, commencèrent à vibrer. Il oscilla, incertain de son appui sur l’air ténu. »
Extrait de : G. Klein. « La saga d’Argyre – Le rêve des forêts. »
Shambleau par C. L. Moore
Fiche de Shambleau
Titre : Shambleau
Auteur : C. L. Moore
Date de parution : 1953
Traduction : G. H. Gallet
Editeur : J’ai lu
Sommaire de Shambleau :
- Shambleau
- Songe vermeil
- L’arbre de vie
- La soif noire
- Paradis perdu
- La poussière des dieux
- Julhi
- Le dieu gris
- Ivala
Première page de Shambleau
« — Shambleau !… Ah ! Shambleau !…
La clameur sauvage de la foule rebondissait de mur en mur dans les rues étroites de Lakkdarol, et le choc de lourdes bottes sur le pavage de lave rougeâtre accompagnait sinistrement ce hurlement croissant :
— Shambleau ! Shambleau !
Northwest Smith l’entendit se rapprocher et d’une enjambée gagna le porche le plus voisin, posant une main méfiante sur la crosse de son pistolet thermique. Ses yeux pâles se rétrécirent. Les bruits étranges étaient assez communs dans les rues de la plus récente des colonies terriennes sur Mars — une petite ville frustre et rouge, où n’importe quelle catastrophe pouvait surgir et, très souvent, survenait. Mais Northwest Smith, dont le nom était connu et considéré dans tous les mauvais lieux d’une demi-douzaine de planètes, était un homme prudent, en dépit de sa réputation. Il s’adossa au mur, empoigna son arme et écouta le cri qui se rapprochait en grandissant. »
Extrait de : C. L. Moore. « Shambleau. »