Étiquette : Le cycle de l’invisible
Oscar et la dame Rose par Eric-Emmanuel Schmitt

Fiche de Oscar et la dame Rose
Titre : Oscar et la dame Rose (tome 3 sur 8 – Le cycle de l’invisible)
Auteur : Eric-Emmanuel Schmitt
Date de parution : 2002
Editeur : Albin Michel
Première page de Oscar et la dame Rose
« Je m’appelle Oscar, j’ai dix ans, j’ai foutu le feu au chat, au chien, à la maison (je crois même que j’ai grillé les poissons rouges) et c’est la première lettre que je t’envoie parce que jusqu’ici, à cause de mes études, j’avais pas le temps.
Je te préviens tout de suite : j’ai horreur d’écrire. Faut vraiment que je sois obligé. Parce qu’écrire c’est guirlande, pompon, risette, ruban, et cetera. Écrire, c’est rien qu’un mensonge qui enjolive. Un truc d’adultes.
La preuve ? Tiens, prends le début de ma lettre : « Je m’appelle Oscar, j’ai dix ans, j’ai foutu le feu au chat, au chien, à la maison (je crois même que j’ai grillé les poissons rouges) et c’est la première lettre que je t’envoie parce que jusqu’ici, à cause de mes études, j’avais pas le temps », j’aurais pu aussi bien mettre : « On m’appelle Crâne d’Œuf, j’ai l’air d’avoir sept ans, je vis à l’hôpital à cause de mon cancer et je ne t’ai jamais adressé la parole parce que je crois même pas que tu existes. »
Seulement si j’écris ça, ça la fout mal, tu vas moins t’intéresser à moi. Or j’ai besoin que tu t’intéresses. »
Extrait de : E.E Schmitt. « Oscar et la dame rose – Le cycle de l’invisible. »
Monsieur Ibrahim et les fleurs du coran par Eric-Emmanuel Schmitt

Fiche de Monsieur Ibrahim et les fleurs du coran
Titre : Monsieur Ibrahim et les fleurs du coran (tome 2 sur 8 – Le cycle de l’invisible)
Auteur : Eric-Emmanuel Schmitt
Date de parution : 2001
Editeur : Albin Michel
Première page de Monsieur Ibrahim et les fleurs du coran
« À onze ans, j’ai cassé mon cochon et je suis allé voir les putes.
Mon cochon, c’était une tirelire en porcelaine vernie, couleur de vomi, avec une fente qui permettait à la pièce d’entrer mais pas de sortir. Mon père l’avait choisie, cette tirelire à sens unique, parce qu’elle correspondait à sa conception de la vie : l’argent est fait pour être gardé, pas dépensé.
Il y avait deux cents francs dans les entrailles du cochon. Quatre mois de travail.
Un matin, avant de partir au lycée, mon père m’avait dit :
— Moïse, je ne comprends pas… Il manque de l’argent… désormais, tu inscriras sur le cahier de la cuisine tout ce que tu dépenses lorsque tu fais les courses. »
Extrait de : E-E Schmitt. « Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran – Le cycle de l’invisible. »
Milarepa par Eric-Emmanuel Schmitt

Fiche de Milarepa
Titre : Milarepa (tome 1 sur 8 – Le cycle de l’invisible)
Auteur : Eric-Emmanuel Schmitt
Date de parution : 1997
Editeur : Albin Michel
Première page de Milarepa
« Tout a commencé par un rêve.
De hautes montagnes… une bâtisse posée sur les rochers, une bâtisse rouge, d’un rouge assourdi, un rouge de soleil couchant ; plus bas, des carcasses de chiens qui pourrissaient dans un nuage de mouches… Le vent me pliait. Dans mon rêve, je me tenais sur mes deux pieds mais j’avais l’impression d’être très haut, plus haut que moi-même, au-dessus d’un corps assez fin sec comme une aile de papillon.
C’était mon corps et ce n’était pas le mien.
Dans mon sang circulait une haine intarissable qui me poussait à chercher sur les sentiers un homme que je voulais tuer avec mon bâton ; la haine était si forte, un lait noir bouillonnant, qu’elle finit par déborder et qu’elle me réveilla.
Je me retrouvai avec moi, rien que moi, dans mes draps ordinaires ma chambre de Montmartre, sous un ciel parisien. »
Extrait de : E.E Schmitt. « Milarepa – Le cycle de l’invisible. »