Étiquette : Le livre de poche
La main gauche de la nuit par U. Le Guin
Fiche de La main gauche de la nuit
Titre : La main gauche de la nuit (Tome 1 sur 7 – Cycle de l’Ekumen)
Auteur : U. Le Guin
Date de parution : 1969
Traduction : J. Bailhache
Editeur : Le livre de poche
Première page de La main gauche de la nuit
« PLEINS FEUX SUR ERHENRANG
Document tiré des archives de Hain. Transcription du message ansible 01-01101-934-2-Géthen. Rapport adressé au Stabile d’Olloul par Genly Aï, Premier Mobile sur Géthen-Nivôse, cycle hainien 93, année ékuménique 1490-97.
Je donnerai à mon rapport la forme d’un récit romancé. C’est que l’on m’a appris lorsque j’étais petit, sur ma planète natale, que la Vérité est affaire d’imagination. Un fait irréfutable peut être accepté ou refusé suivant le style dans lequel il est présenté – tel cet étrange joyau organique de nos mers dont l’éclat s’avive ou se ternit selon la personnalité de la femme qui le porte : ne peut-il même tomber en poussière ? Les faits ne sont pas plus solides, cohé- »
Extrait de : U. Le Guin. « Cycle de l’Ekumen – La Main gauche de la nuit. »
Un monde d’azur par Jack Vance
Fiche d’Un monde d’azur
Titre : Un monde d’azur
Auteur : Jack Vance
Date de parution : 2005
Traduction : P. Dusoulier
Edition : Le livre de poche
Première page d’Un monde d’azur
« Les distinctions de castes perdaient rapidement l’importance qu’elles avaient eue jadis pour le peuple des Îles Flottantes. Les Anarchistes et les Entremetteurs avaient complètement disparu ; les mariages entre membres de castes différentes n’étaient nullement exceptionnels, en particulier lorsqu’ils concernaient des castes d’un prestige social à peu près équivalent. Bien sûr, la société ne se précipitait pas pour autant vers le chaos ; les Escrocs et les Incendiaires continuaient de maintenir leurs distances traditionnelles ; les Publicistes n’échappaient toujours pas à une sorte de mépris subtil mais généralisé, et là où les castes se trouvaient associées à un métier ou à un commerce, elles continuaient de fonctionner avec une efficacité intacte. Les Aigrefins incluaient la vaste majorité de ceux qui se livraient à la pêche à bord des coracles, et bien que les Prévaricateurs, autrefois si nombreux, ne fussent plus désormais qu’une poignée, ils contrôlaient encore les ateliers de teinture de l’île de »
Extrait de : J. Vance. « Un monde d’azur. »
La Geste des Princes-Démons – l’intégrale par Jack Vance
Fiche de La Geste des Princes-Démons – l’intégrale
Titre : La Geste des Princes-Démons – l’intégrale
Auteur : Jack Vance
Date de parution : 2016
Traduction : P. Billon, A. Garsault, G. Abadia, F. Straschitz, J.-P. Pugi, A. Rosenblum
Editeur : Le livre de poche
Sommaire de La Geste des Princes-Démons – l’intégrale
- Le prince des étoiles
- La machine à tuer
- Le palais de l’amour
- Le visage du démon
- Le livre des rêves
Première page de Le prince des étoiles
« Extrait de Smade, de la planète Smade, article phare du Cosmopolis d’octobre 1523 :
Question : Vous sentez-vous parfois isolé, M. Smade ?
Réponse : Impossible, avec trois femmes et onze enfants.
Q : Qu’est-ce qui vous a conduit à vous installer ici ? Il s’agit d’un monde globalement assez sinistre…
R : C’est dans l’œil de l’observateur que réside la beauté. Et puis, il ne me déplaît pas de diriger un établissement de tourisme.
Q : Quel genre de clientèle fréquente votre taverne ?
R : Des personnes en quête de tranquillité, d’un endroit où se reposer. Parfois un voyageur en provenance de la Limite, ou un explorateur.
Q : J’ai entendu dire que certains de vos clients étaient du genre turbulent. En toute franchise, on voit généralement la taverne de Smade comme un établissement fréquenté par les pirates et les flibustiers les plus notoires de l’Au-Delà.
R : Je suppose qu’eux aussi ont besoin de se reposer de temps en temps.
Q : Ces gens ne vous créent jamais de difficultés ? Vous parvenez toujours à maintenir l’ordre ? »
Extrait de : J. Vance. « La geste des Princes-Démons – l’intégrale. »
Les neuf sorcières par P. Anderson
Fiche de Les neuf sorcières
Titre : Les neuf sorcières (Tome 2 sur 2 – Le roi d’Ys)
Auteur : P. Anderson et Karen Anderson
Date de publication : 1987
Traduction : J.-D. Brèque
Editeur : Le livre de poche
Première page de Les neuf sorcières
« L’enfant ne savait qu’une seule chose : elle était sur la mer. Cela suffisait à l’enchanter. La cérémonie elle-même, la bénédiction de la flotte, dépassait sa compréhension, tout autant que l’invitation formulée par son père : « Tu aimerais venir avec moi, ma petite ? » Mais elle ressentit pleinement la force de ses bras, le grondement amusé dans sa gorge lorsqu’il la serra tout contre lui.
Elle oubliait déjà les prodiges auxquels elle avait assisté sur le quai : cette compagnie vêtue de tenues multicolores, ces chants entonnés avec gravité, soutenus par tout un concert de carillons, de sifflets, de vibrations, de tambours, qui suivait la procession d’un navire à l’autre. L’homme à la barbe grise qui »
Extrait de : P. et K. Anderson. « Le roi d’Ys – Les neuf sorcières. »
Roma mater par P. Anderson
Fiche de Roma mater
Titre : Roma mater (Tome 1 sur 2 – Le roi d’Ys)
Auteur : P. Anderson et Karen Anderson
Date de publication : 1986
Traduction : J.-D. Brèque
Editeur : Le livre de poche
Première page de Roma mater
« À midi en ce jour anniversaire de la naissance de Mithra, le soleil flamboyait dans un ciel d’une clarté glaciale. En se tournant vers le sud, Gratillonius vit les rayons se fracturer dans ses cils en échardes irisées. Les collines dans le lointain, les tranchées et les palissades plus proches, les champs en terrasses situés en contrebas, tout était immobile sous leur manteau blanc. Les plumets de fumée montant du fort de Borcovicum et du village blotti contre ses remparts étaient si rectilignes qu’ils gâchaient à peine l’impression de pureté. Lorsqu’il tourna son regard vers le nord, il ne discerna aucune trace de l’homme hormis l’ombre du Mur, immense et bleue, coulant le long d’une falaise dont l’ombre à son tour engloutissait un vallon. Plus loin encore, les hauteurs disparaissaient sous la masse noire des arbres en hibernation. Les pointes de glace accrochées à leurs branches scintillaient »
Extrait de : P. et K. Anderson. « Le roi d’Ys – Roma Mater. »
Une fille de pasteur par George Orwell
Fiche d’Une fille de pasteur
Titre : Une fille de pasteur
Auteur : George Orwell
Date de parution : 1935
Traduction : S. Chupin
Editeur : Le livre de poche
Première page d’Une fille de pasteur
« Lorsque le réveil retentit sur la commode telle une épouvantable petite bombe de bronze, Dorothy, arrachée des profondeurs d’un rêve complexe et troublant, sursauta et se redressa en regardant les ténèbres dans un état d’épuisement extrême.
Les vociférations irritantes, féminines du réveil continuaient et pouvaient durer cinq minutes si on n’y mettait pas fin. Dorothy se sentait endolorie de la tête aux pieds et, sous le coup d’une complaisance envers elle-même insidieuse et méprisable, qui la prenait en général au moment de se lever, elle s’enfouit la tête sous la couverture pour tenter de chasser ce tintamarre de ses oreilles. Elle luttait pourtant contre le sommeil et, selon son habitude, s’exhortait sans ménagement à la deuxième personne du pluriel. Allez, Dorothy, levez-vous ! Pas de roupillon, je vous prie ! Proverbes, VI, 9. Puis, s’avisant que le bruit allait réveiller son père s’il ne cessait pas sur-le-champ, elle bondit du lit, saisit le réveil et arrêta »
Extrait de : G. Orwell. « Une fille de pasteur. »
La ferme des animaux – George Orwell
Fiche de La ferme des animaux
Titre : La ferme des animaux
Auteur : George Orwell
Date de parution : 2021
Traduction : S. Labbe
Editeur : Le livre de poche
Première page de La ferme des animaux
« M. Jones, de la ferme du manoir, avait certes poussé le verrou des portes du poulailler pour la nuit mais il était trop saoul pour se rappeler qu’il fallait aussi fermer les trappes. Le halo de sa lanterne oscillant dans un sens puis dans l’autre, il traversa la cour en titubant, se débarrassa de ses bottes à coups de pied, dans l’entrée de l’arrière-cuisine, tira au tonneau un dernier verre de bière et trouva son chemin jusqu’au lit où Mme Jones ronflait déjà.
À peine la lumière de la chambre fut-elle éteinte qu’une agitation, des bruissements d’ailes, se répandirent dans les bâtiments de la ferme. Toute la journée, on s’était donné le mot : Major l’Ancien, un Middle White1 autrefois primé, avait fait, la nuit précédente, un rêve étrange dont il voulait informer les autres animaux. Il avait été convenu qu’ils se »
Extrait de : G. Orwell. « La ferme des animaux. »
1984 par George Orwell
Fiche de 1984
Titre : 1984
Auteur : George Orwell
Date de parution : 1950
Traduction : A. Audiberti
Editeur : Le livre de poche
Première page de 1984
« C’était une journée d’avril froide et claire. Les horloges sonnaient treize heures. Winston Smith, le menton rentré dans le cou, s’efforçait d’éviter le vent mauvais. Il passa rapidement la porte vitrée du bloc des « Maisons de la Victoire », pas assez rapidement cependant pour empêcher que s’engouffre en même temps que lui un tourbillon de poussière et de sable.
Le hall sentait le chou cuit et le vieux tapis. À l’une de ses extrémités, une affiche de couleur, trop vaste pour ce déploiement intérieur, était clouée au mur. Elle représentait simplement un énorme visage, large de plus d’un mètre : le visage d’un homme d’environ quarante-cinq ans, à l’épaisse moustache noire, aux traits accentués et beaux.
Winston se dirigea vers l’escalier. Il était inutile d’essayer de prendre l’ascenseur. Même aux meilleures époques, il fonctionnait rarement. Actuellement, d’ailleurs, le courant électrique était coupé dans la journée. C’était une des mesures d’économie prises en vue de la Semaine de la Haine. »
Extrait de : G. Orwell. « 1984. »
Le rivage des femmes par P. Sargent
Fiche de Le rivage des femmes
Titre : Le rivage des femmes
Auteur : P. Sargent
Date de publication : 1986
Traduction : N. Guilbert
Editeur : Le livre de poche
Première page de Le rivage des femmes
« Birana aurait dû pleurer. Au moment d’être conduite au mur, elle aurait dû implorer, supplier, même si sa prière était inutile. Au lieu de cela, elle regardait tranquillement les femmes qui avaient prononcé la sentence, comme pour condamner celles qui l’avaient condamnée.
C’était Yvara, sa mère, qui s’était rendue coupable du premier crime et avait contraint sa fille à commettre le second. Yvara s’était querellée avec une certaine Ciella ; sous le coup de la colère, elle l’avait poignardée.
Yvara savait que son châtiment serait sévère : en raison de la gravité de son acte, à cause de ce qu’elle était et des fonctions qu’elle occupait.
Elle aurait pu s’attirer une certaine indulgence ou, du moins, un peu de compréhension si elle avait »
Extrait de : P. Sargent. « Le Rivage des femmes. »
Le hobbit par John R. R. Tolkien
Fiche de Le hobbit
Titre : Le hobbit
Auteur : John R. R. Tolkien
Date de parution : 1937
Traduction par : D. Lauzon
Editeur : Le livre de poche
Première page de Le hobbit
« Une fête inattendue
Au fond d’un trou vivait un hobbit. Non pas un trou immonde, sale et humide, rempli de bouts de vers et de moisissures, ni encore un trou sec, dénudé, sablonneux, sans rien pour s’asseoir ni pour se nourrir : c’était un trou de hobbit, d’où un certain confort.
Sa porte, peinte en vert, était parfaitement ronde comme un hublot, avec un étincelant bouton de cuivre jaune placé exactement au centre. Elle s’ouvrait sur un hall en forme de tube, comme un tunnel ; un tunnel très confortable et sans fumée, avec des murs recouverts de lambris, un sol carrelé et garni de tapis, pourvu de chaises bien astiquées et de nombreuses patères pour accrocher chapeaux et manteaux : ce hobbit aimait la visite. Le tunnel s’en »
Extrait de : J.R.R.Tolkien « Le hobbit. »