Étiquette : Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire

 

La fin par Lemony Snicket

Fiche de La fin

Titre : La fin (Tome 13 sur 13 – Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire)
Auteur : Lemony Snicket
Date de parution : 2006
Traduction : R.M Vassallo
Editeur : Nathan

Première page de La fin

« S’il vous est arrivé d’éplucher un oignon, vous avez pu constater que sous la première fine pelure se cache une autre fine pelure, et sous cette autre fine pelure une autre encore, puis une autre, et une autre, et une autre, si bien qu’avant longtemps vous vous retrouvez avec des dizaines, des centaines de pelures sur la table de la cuisine et des torrents de larmes dans les yeux, au point de regretter d’avoir entrepris d’éplucher cet oignon pour commencer, et de vous dire que vous auriez mieux fait de le laisser se momifier en paix sur son étagère, mieux fait de poursuivre sans lui le cours de votre vie, quitte à renoncer à tout jamais aux saveurs complexes, envahissantes et douces-amères de cet étrange et âpre légume.

À sa façon, l’histoire des orphelins Baudelaire est un oignon, et si vous vous obstinez à éplucher jusqu’à la dernière les fines pelures de cette série de désastreux événements, vous vous retrouverez avec cent soixante-dix chapitres navrants sur vos rayonnages et plus de larmes dans les yeux que vous n’auriez cru pouvoir en produire. »

Extrait de : L. Snicket. « La Fin – Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire. »

Le pénultième péril par Lemony Snicket

Fiche de Le pénultième péril

Titre : Le pénultième péril (Tome 12 sur 13 – Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire)
Auteur : Lemony Snicket
Date de parution : 2005
Traduction : R.M Vassallo
Editeur : Nathan

Première page de Le pénultième péril

« Aux dires de certains, le monde est un peu comme un étang : la plus infime action du moindre être vivant,
pareille à un caillou jeté à l’eau, y provoque remous et ridules, et ces ondulations se propagent de proche en proche, plus loin, plus loin, toujours plus loin, jusqu’à ce que pour finir le monde entier se retrouve changé par ce geste anodin.

Si tel est le cas, le livre que voici est l’objet idéal à jeter dans l’étang. Des vaguelettes en cercles rideront l’eau tranquille et le monde ne s’en portera que mieux : un écrit déplorable en moins et un noir secret de plus enfoui là où personne ne devrait avoir l’idée d’aller voir. La consternante histoire des orphelins Baudelaire ira dormir, paisible, dans les profondeurs vaseuses, et vous-même ne vous porterez que mieux de ne jamais lire le sombre récit que j’en ai fait, mais de regarder plutôt l’onde se troubler de la fange remontée du tréfonds.

Les orphelins Baudelaire eux-mêmes, assis à l’arrière d’un taxi conduit par une femme dont ils savaient fort peu, auraient sans doute choisi de sauter dans un étang s’ils avaient su ce qui les attendait au bout de ce trajet tortueux, le long des rues de la ville où ils avaient grandi. Dévorant le paysage à travers les vitres teintées, Violette, Klaus et Prunille s’étonnaient de voir leur quartier natal si peu changé depuis le jour où ils l’avaient quitté, après qu’un terrible incendie eut détruit leur logis, les faisant orphelins et troublant leurs jeunes vies de tant de remous et ridules que plus jamais, sans doute, elles ne retrouveraient le calme. »

Extrait de : L. Snicket. « Le Pénultième Péril – Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire. »

La grotte Gorgone par Lemony Snicket

Fiche de La grotte Gorgone

Titre : La grotte Gorgone (Tome 11 sur 13 – Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire)
Auteur : Lemony Snicket
Date de parution : 2004
Traduction : R.M Vassallo
Editeur : Nathan

Première page de La grotte Gorgone

« Après avoir longuement observé les rivières et les océans, après avoir étudié les averses, les crachins et les giboulées, après avoir médité sur les flaques, les gouttières et les lavabos, les scientifiques de notre planète ont élaboré une théorie qu’ils ont baptisée « cycle de l’eau ».

En gros, le cycle de l’eau repose sur trois phénomènes : a) évaporation ; b) précipitations ; c) ruissellement. Et ces trois phénomènes sont d’un ennui mortel – ennuyeux comme la pluie.

Clairement, rien n’est plus barbifiant que de lire des choses barbifiantes, mais que vaut-il mieux : bâiller ou
sangloter ? Piquer du nez sur la page ou verser toutes les larmes de son corps, autre cycle de l’eau, au risque de détremper l’oreiller, les draps, la précieuse collection de boomerangs et tout le reste ?

À l’image du cycle de l’eau, l’histoire des orphelins Baudelaire repose, en gros, sur trois phénomènes. Mais pourquoi lire ce récit navrant ? Si j’étais vous, je m’attellerais plutôt au cycle de l’eau.

Le plus ancien des phénomènes Baudelaire avait pour prénom Violette. À quinze ans, ou peu s’en fallait, Violette était, ou peu s’en fallait, le plus brillant génie inventif que la terre eût porté. »

Extrait de : L. Snicket. « La Grotte Gorgone – Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire. »

La pente glissante par Lemony Snicket

Fiche de La pente glissante

Titre : La pente glissante (Tome 10 sur 13 – Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire)
Auteur : Lemony Snicket
Date de parution : 2003
Traduction : R.M Vassallo
Editeur : Nathan

Première page de La pente glissante

« L’un de mes excellents confrères a jadis écrit un poème, « Le chemin délaissé », inspiré d’une balade solitaire le long d’un sentier de sous-bois sur lequel ne passait pas un chat.

Ce chemin-là, aux dires du poète, était remarquablement tranquille, quoique un peu désert aussi. Rien de très rassurant, au fond. Là où pas un chat ne passe, si vous avez des ennuis, qui donc entendra vos cris ? Et le fait est qu’aujourd’hui notre homme n’est plus de ce monde.

Tel le poète défunt, le récit que voici s’engage sur un chemin peu passant, et cela plutôt deux fois qu’une : d’abord, l’action démarre au cœur des monts Mainmorte, destination guère courue des touristes, pour s’achever dans les tourbillons de la Frappée, rivière que bien peu de voyageurs ont jamais approchée ; mais surtout, il s’écarte fort des récits dont raffolent la plupart des lecteurs. Loin de raconter les espiègleries de gentils personnages et d’animaux charmants, il n’annonce que tourments, horreurs et tremblements. Les personnages qui ont la malchance d’y figurer sont vingt fois trop stressés pour se montrer gentils, et ne parlons pas des animaux ! »

Extrait de : L. Snicket. « La Pente glissante – Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire. »

La fête féroce par Lemony Snicket

Fiche de La fête féroce

Titre : La fête féroce (Tome 9 sur 13 – Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire)
Auteur : Lemony Snicket
Date de parution : 2002
Traduction : R.M Vassallo
Editeur : Nathan

Première page de La fête féroce

« Ma journée de travail achevée – mon stylo recapuchonné, mon cahier camouflé, mon canoë coulé, invisible –, j’aime à passer la soirée avec les rares amis qui me restent, ceux qui sont encore de ce monde.

Parfois nous discutons littérature. Parfois nous discutons de ces gens qui aimeraient bien nous éliminer, et de nos maigres chances de leur échapper. Parfois encore nous discutons calamités, et presque toujours la conversation dévie sur cette question : quelle est la pire situation ?

Pour certains, c’est le mauvais quart d’heure ; calamiteux à coup sûr, surtout si c’est aussi le dernier. Pour d’autres, c’est la gueule du loup, surtout s’il a mauvaise haleine. D’autres encore disent : le bord du gouffre, et il est vrai que je préfère le bord de mer.

Mais pour moi, le pire, c’est le fond du gouffre. Parce que, pour toucher ce fond-là, il faut avoir connu le bord, si bien qu’on a triple dose d’horreur : un, l’horrible appréhension de tomber dans le vide ; deux, l’horrible sensation de tomber dans le vide ; trois, l’horrible certitude d’être tombé dans le vide, sans parler du fait qu’on est au fond d’un trou et que rien ne garantit qu’on pourra en ressortir. »

Extrait de : L. Snicket. « La fête féroce – Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire. »

Panique à la clinique par Lemony Snicket

Fiche de Panique à la clinique

Titre : Panique à la clinique (Tome 8 sur 13 – Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire)
Auteur : Lemony Snicket
Date de parution : 2001
Traduction : R.M Vassallo
Editeur : Nathan

Première page de Panique à la clinique

« Il peut y avoir deux raisons pour qu’une phrase s’achève par le mot « stop » écrit en lettres capitales, STOP.

La première est que cette phrase figure dans un télégramme, autrement dit un message codé transmis par câble électrique. Dans un télégramme, pas de point final, chaque phrase se termine par STOP.

La deuxième est que son auteur souhaite mettre le lecteur en garde : les lignes qui suivent sont insoutenables, prière de ne pas lire un mot de plus, STOP.

Ce livre-ci, par exemple, relate un pan de la vie des orphelins Baudelaire si sombre et si calamiteux que, si vous aviez pour deux sous de bon sens, vous l’auriez déjà jeté du haut d’une falaise. Mais je vois bien qu’il n’en est rien, vous êtes encore en train de lire – alors, pitié, je vous en conjure, STOP.

En fait, il est une troisième raison pour qu’une phrase s’achève par STOP. Et c’est tout simplement lorsqu’elle se présente ainsi : « Notre héros fit halte ; devant lui se dressait un panneau STOP. »

Les orphelins Baudelaire firent halte. Devant eux ne se dressait aucun panneau STOP. Devant eux ne se dressait pas le moindre panneau routier. »

Extrait de : L. Snicket. « Panique à la clinique – Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire. »

L’arbre aux corbeaux par Lemony Snicket

Fiche de L’arbre aux corbeaux

Titre : L’arbre aux corbeaux (Tome 7 sur 13 – Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire)
Auteur : Lemony Snicket
Date de parution : 2001
Traduction : R.M Vassallo
Editeur : Nathan

Première page de L’arbre aux corbeaux

« On vous l’a sûrement déjà dit, il faut apprendre à bien choisir ses lectures. Mal les choisir peut nuire gravement à la santé.

Un exemple. Vous vous baladez en montagne et, tout en marchant, vous lisez les œuvres complètes d’Hérodote au lieu de lire :

ATTENTION, RAVIN.

Vous n’irez pas au bout de cette lecture. Vous n’avez pas fait le bon choix.

Autre exemple. Vous préparez de la pâte à crêpes, mais, au lieu d’un bon manuel de cuisine, vous ouvrez Le Plâtre en dix leçons. Vos crêpes risquent d’être un peu lourdes. Vous n’avez pas fait le bon choix.

Dernier exemple. Le livre que vous avez en main est écrit d’une plume des plus noires, et vous seriez bien inspiré de l’échanger contre un autre. Pourquoi pas Le Petit Lutin rose, qui raconte l’histoire d’un farfadet au pays des fées ? Si, malgré cette mise en garde, vous vous entêtez à lire ce qui suit, vous allez cauchemarder toute la nuit et demain vous vous éveillerez avec des yeux de calmar bouilli. »

Extrait de : L. Snicket. « L’arbre aux corbeaux – Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire. »

Ascenseur pour la peur par Lemony Snicket

Fiche de Ascenseur pour la peur

Titre : Ascenseur pour la peur (Tome 6 sur 13 – Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire)
Auteur : Lemony Snicket
Date de parution : 2001
Traduction : R.M Vassallo
Editeur : Nathan

Première page de Ascenseur pour la peur

« Quelle est la différence, au juste, entre inquiet et anxieux ? Si cette grave question vous angoisse, le livre que vous avez en main est l’un des deux ouvrages au monde pouvant vous apporter la réponse.

L’autre est évidemment le dictionnaire.

À votre place, je lirais plutôt le dictionnaire.

Tout comme ce livre-ci, le dictionnaire vous apprendra qu’être inquiet, c’est éprouver de la crainte mêlée d’incertitude ; être anxieux revient à peu près au même, mais en plus fort encore, avec un net sentiment de danger. Inquiet, vous pouvez l’être, par exemple, au moment de servir à vos amis votre célèbre crème caramel, parce que vous vous demandez soudain si c’était une bonne idée d’y ajouter, pour changer un peu, quelques escargots à l’ail. Mais si c’est un alligator entier que vous servez, et si, en vérifiant la cuisson, vous le trouvez encore frétillant, vous serez plutôt anxieux – l’incertitude étant de savoir qui va dîner, pour finir. »

Extrait de : L. Snicket. « Ascenseur pour la peur – Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire. »

Piège au collège par Lemony Snicket

Fiche de Piège au collège

Titre : Piège au collège (Tome 5 sur 13 – Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire)
Auteur : Lemony Snicket
Date de parution : 2000
Traduction : R.M Vassallo
Editeur : Nathan

Première page de Piège au collège

« S’il existait une médaille d’or réservée à la pire chipie de la planète, elle serait détenue – et pour longtemps – par une certaine Carmelita Spats. De toute manière, l’intéressée vous l’aurait arrachée des mains, cette médaille, si vous aviez tardé à la lui donner. Carmelita Spats était une petite pimbêche teigneuse, hargneuse, arrogante, revêche, et il m’en coûte de parler d’elle. Cette histoire contient déjà bien assez de choses pénibles sans être obligé, en plus, de décrire une mégère en herbe.

Les vrais héros de ce récit sont les orphelins Baudelaire, par bonheur, et non Carmelita Spats. Et si ces trois-là détenaient une médaille, ce serait celle de la résistance à l’adversité. Adversité est un vieux mot qui regroupe les coups du sort, les ennuis, les calamités, bref, tout ce qui vous tombe sur le dos, de préférence en cascade. Or les coups du sort, justement, étaient la grande spécialité de Violette, Klaus et Prunille Baudelaire. Leurs misères avaient débuté un jour qu’ils flânaient sur une plage. »

Extrait de : L. Snicket. « Piège au collège – Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire. »

Cauchemar à la scierie par Lemony Snicket

Fiche de Cauchemar à la scierie

Titre : Cauchemar à la scierie (Tome 4 sur 13 – Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire)
Auteur : Lemony Snicket
Date de parution : 2000
Traduction : R.M Vassallo
Editeur : Nathan

Première page de Cauchemar à la scierie

« Tôt ou tard dans votre vie – en fait, très bientôt, je parie –, vous vous lancerez dans une lecture et vous noterez que, bien souvent, la première phrase d’un livre en dit long sur le genre d’histoire qui va suivre.

Par exemple, lorsqu’un livre commence par cette phrase : « Il était une fois une famille de gentils petits écureuils qui vivaient dans un arbre creux », il y a de fortes chances pour qu’on ait affaire à une bande d’animaux malins, qui parlent et font des farces en tous genres. Lorsqu’il commence par cette phrase : « Emily s’assit et baissa le nez vers les crêpes aux myrtilles que venait de lui servir sa mère, mais elle était trop angoissée à l’idée de ce camp de vacances à Grattecime-les-Pins pour avaler une bouchée », il y a de fortes chances pour qu’on ait affaire à une bande de filles délurées, qui s’amusent comme des petites folles et n’arrêtent pas de pouffer de rire. Et lorsqu’il commence par cette phrase : « Gary huma le cuir de son gant de base-ball flambant neuf, tout en guettant son copain Larry au coin de la rue », il y a de fortes chances pour qu’on ait affaire à une bande de garçons remuants, qui se démènent comme des enragés et décrochent une coupe ou un quelconque trophée. »

Extrait de : L Snicket. « Cauchemar à la scierie – Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire. »