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Colore-moi rouge sang par Herschell Gordon Lewis

Fiche de Colore-moi rouge sang
Titre : Colore-moi rouge sang
Auteur : Herschell Gordon Lewis
Date de parution : 1964
Traduction : B. Roques
Editeur : Fleuve noir / Gore
Première page de Colore-moi rouge sang
« Les mains manucurées se posèrent sur le tableau pour le soulever et le retirer de son emplacement. L’impeccable veston laissait deviner une chemise qui venait de chez un bon tailleur, les boutons de manchettes étaient de bon goût.
L’alarme resta muette. L’homme emportait le tableau ; il sortit de la galerie de peinture par la porte de derrière. Sans hâte, il déposa le cadre de prix contre un mur de briques.
Il considéra une dernière fois son œuvre, une curieuse expression de dégoût mêlé d’admiration se peignit sur ses traits. Puis, résolument sans aucune hésitation, il répandit un bidon d’essence sur la toile et y mit le feu.
Le tableau s’embrasa instantanément, puis, lorsque le cadre se mit à brûler, la fumée se joignit aux flammes. Mais la toile ne s’enflamma pas comme elle aurait dû le faire. La peinture rouge qui, normalement, devait se dessécher et se consumer, s’échappait littéralement de l’œuvre et, presque liquéfiée, se répandait sur le sol, au pied du brasier qui se transformait en autel de sacrifice. L’homme ne montra aucune surprise. »
Extrait de : H. G. Lewis. « Colore-moi rouge sang. »
2000 maniacs par Herschell Gordon Lewis

Fiche de 2000 maniacs
Titre : 2000 maniacs
Auteur : Herschell Gordon Lewis
Date de parution : 1964
Traduction : C. Mallerin
Editeur : Fleuve noir / Gore
Première page de 2000 maniacs
« — Ya-hoo ! s’exclama la jeune femme d’une voix perçante.
— Vous êtes complètement dingue ! jura son compagnon.
La femme écrasa l’accélérateur de son pied chaussé d’un mocassin.
— Regardez, on le rattrape ! s’écria-t-elle.
La décapotable arrivait en effet à la hauteur du train, qui se traînait péniblement à leur droite. La conductrice, cheveux au vent et lèvres entrouvertes, ne quittait pas des yeux les roues qui se rapprochaient en martelant les rails.
Ce train avait roulé pendant des kilomètres à travers des champs de carottes, de laitues et de betteraves ; il avait parcouru les étendues d’alfa de l’État voisin et vu défiler ses fermes laitières. Il était imprégné d’une odeur de bétail, de fumier et d’ammoniaque. À son passage, un vacarme assourdissant ébranlait l’air estival.
Pour Terry Adams, ce train n’avait d’autre raison d’être que le plaisir que lui procurait le fait de faire la course avec lui. »
Extrait de : H. G. Lewis. « 2000 maniacs. »
Herschell Gordon Lewis

Présentation de Herschell Gordon Lewis :
Herschell Gordon Lewis (1929-2016) était un réalisateur de films américain, surtout connu pour ses films d’exploitation de type « gore ». Bien qu’il soit surtout connu pour son travail cinématographique, il était aussi un auteur accompli. Voici une biographie de Herschell Gordon Lewis en tant qu’écrivain :
Début de carrière et premiers écrits
Avant de se lancer dans le cinéma, Lewis a travaillé dans la publicité et le marketing. Cette expérience lui a permis de développer un sens aigu de la narration et de la persuasion, compétences qui lui seront utiles dans sa carrière d’écrivain.
Incursion dans le monde de l’écriture
Parallèlement à sa carrière de réalisateur, Lewis a commencé à écrire des livres sur le cinéma, le marketing et l’entrepreneuriat. Ses écrits reflétaient son approche pragmatique et son sens de l’humour souvent irrévérencieux.
Ouvrages notables
- « Gore Shock! » (2002): Un regard rétrospectif sur sa carrière de réalisateur de films gore, rempli d’anecdotes et de réflexions sur le genre.
- « The Art of Directing Low-Budget Films » (1993): Un guide pratique pour les cinéastes indépendants, partageant ses conseils et astuces pour réaliser des films à petit budget.
- « Direct Mail Magic » (1991): Un ouvrage sur le marketing direct, basé sur sa propre expérience dans le domaine.
Style d’écriture
Le style d’écriture de Lewis était direct, accessible et souvent humoristique. Il utilisait un langage simple et des exemples concrets pour illustrer ses propos. Ses écrits étaient le reflet de sa personnalité : un mélange d’intelligence, d’humour et de pragmatisme.
Héritage littéraire
Bien que moins connu pour ses écrits que pour ses films, Herschell Gordon Lewis a laissé derrière lui une œuvre littéraire intéressante. Ses livres offrent un aperçu précieux de sa vision du cinéma, du marketing et de l’entrepreneuriat. Ils témoignent de sa capacité à transmettre son savoir et son expérience avec clarté et humour.
En résumé
Herschell Gordon Lewis était bien plus qu’un simple réalisateur de films gore. C’était un homme aux multiples talents, qui a su mettre son intelligence et sa créativité au service de différentes formes d’expression artistique. Son œuvre littéraire, bien que moins connue, mérite d’être découverte pour mieux comprendre cet artiste hors du commun.
Livres de Herschell Gordon Lewis :
2000 maniacs (1964)
Colore-moi rouge sang (1964)
Pour en savoir plus sur Herschell Gordon Lewis :
La page Wikipédia sur H. G. Lewis
La page Noosfere sur H. G. Lewis
La page isfdb de H. G. Lewis
Le moine (raconté par Antonin Artaud) par M. G. Lewis

Fiche de Le moine (raconté par Antonin Artaud)
Titre : Le moine
Auteur : Matthew G. Lewis
Date de parution : 1931
Traduction : Antonin Artaud
Editeur : Bibliothèque numérique romande
Première page de Le moine (raconté par Antonin Artaud)
« La cloche du couvent sonnait à peine depuis cinq minutes et déjà l’église des Capucins était toute bondée. Il y avait du monde partout et jusque sur les ailes des chérubins. Saint François et saint Maur portaient chacun leur charge d’hommes.
Tous les coins étaient remplis, tous les sièges étaient occupés. Certes, la foule qui était là ne respirait ni la soif de s’instruire, ni un désir très vif d’édification. La crapule, il faut le dire, n’y était pas moins forte que dans les théâtres ou sur une place publique un jour de carnaval. Les femmes venaient pour être vues et les hommes cherchaient la promiscuité des femmes, absolument comme si l’on ne se fût pas trouvé dans un lieu soi-disant consacré.
Un prédicateur fameux était annoncé au programme, mais il est très probable que la majeure partie des spectateurs s’en serait bien passée. »
Extrait de : M. G. Lewis. « Le Moine. »
Le moine par M. G. Lewis

Fiche de Le moine
Titre : Le moine
Auteur : Matthew G. Lewis
Date de parution : 1796
Traduction : L. de Wailly
Editeur : Actes sud
Première page de Le moine
« Il y avait à peine cinq minutes que la cloche du couvent sonnait, et déjà la foule se pressait dans l’église des Capucins. N’allez pas croire que cette affluence eût la dévotion pour cause, ou la soif de s’instruire. L’auditoire assemblé dans l’église des Capucins y était attiré par des raisons diverses, mais toutes étrangères au motif ostensible. Les femmes venaient pour se montrer, les hommes pour voir les femmes : ceux-ci par curiosité d’entendre un si fameux prédicateur ; ceux-là faute de meilleure distraction avant l’heure de la comédie ; d’autres encore, parce qu’on leur avait assuré qu’il n’était pas possible de trouver des places dans l’église ; enfin la moitié de Madrid était venue dans l’espoir d’y rencontrer l’autre. Les seules personnes qui eussent réellement envie d’entendre le sermon étaient quelques dévotes surannées, et une demi-douzaine de prédicateurs rivaux, bien déterminés à le critiquer et à le tourner en ridicule. »
Extrait de : M. G. Lewis. « Le moine. »
Matthew Gregory Lewis

Présentation de Matthew Gregory Lewis :
Matthew Gregory Lewis (1775-1818), figure majeure du roman gothique, s’est distingué par son style flamboyant et sa propension à explorer les aspects les plus sombres de la nature humaine. Son œuvre la plus célèbre, « Le Moine » (1796), a marqué un tournant dans le développement du genre et continue d’influencer les écrivains contemporains.
Enfance et formation
Né dans une famille aisée, Lewis reçut une éducation privée qui nourrit son goût pour la littérature et les langues. Dès son plus jeune âge, il manifesta un talent précoce pour l’écriture, publiant son premier recueil de poèmes à l’âge de 16 ans.
Débuts littéraires et succès retentissant
En 1796, Lewis fit sensation avec la publication de « Le Moine », roman gothique sulfureux et macabre qui connut un succès immédiat et retentissant. L’ouvrage, bien que condamné par certains pour son immoralité, suscita l’admiration par son imagination débordante et sa puissance narrative.
Analyse approfondie du « Moine »
Le « Moine » narre la chute d’Ambrosio, un moine espagnol pieux et vertueux, qui succombe aux forces du mal et se livre à des actes de débauche et de violence. Le roman explore des thèmes tels que la tentation, la damnation et la fragilité de la morale humaine. Il se distingue par ses descriptions saisissantes de paysages désolés, ses personnages tourmentés et son atmosphère oppressante.
Contribution au genre gothique
L’œuvre de Lewis s’inscrit dans la lignée des grands écrivains gothiques tels qu’Ann Radcliffe et Horace Walpole. Cependant, Lewis se distingue par son approche plus audacieuse et transgressive du genre. Il n’hésite pas à explorer des sujets tabous et à confronter ses lecteurs à des visions cauchemardesques du monde.
Influence sur la littérature ultérieure
L’œuvre de Lewis a exercé une influence considérable sur les écrivains ultérieurs, notamment Mary Shelley et Edgar Allan Poe. Son style flamboyant et ses thèmes macabres ont contribué à définir les codes du genre gothique et à inspirer de nombreuses générations d’auteurs.
Voyages et fin tragique
Lewis nourrissait une passion pour les voyages qui le mena à travers l’Europe, notamment en Allemagne et en Italie. Il trouva la mort en mer en 1818, à l’âge de 42 ans, alors qu’il se rendait en Jamaïque pour prendre possession d’une plantation.
Conclusion
Matthew Gregory Lewis a laissé une empreinte indélébile sur le genre gothique. Son œuvre, caractérisée par son imagination débordante, sa puissance narrative et sa confrontation aux aspects les plus sombres de l’existence, continue d’intriguer et de fasciner les lecteurs aujourd’hui.
Livres de Matthew Gregory Lewis :
Le moine (1796)
Le moine (raconté par Antonin Artaud) (1931)
Pour en savoir plus sur Matthew Gregory Lewis :
La page Wikipédia de M. G. Lewis
La page Noosfere de M. G. Lewis
La page isfdb de M. G. Lewis
Un visage pour l’éternité par C. S. Lewis

Fiche de Un visage pour l’éternité
Titre : Un visage pour l’éternité
Auteur : C. S. Lewis
Date de parution : 1956
Traduction : M. D. Le péchoux
Editeur : Le livre de poche
Première page de Un visage pour l’éternité
« Je suis vieille maintenant et n’ai plus grand-chose à craindre de la colère des dieux. Je n’ai ni mari ni enfant, à peine un ami, au travers desquels ils pourraient me nuire. Mon corps, cette maigre charogne qu’il faut encore laver, nourrir et couvrir d’oripeaux, ils peuvent bien le détruire comme bon leur semble. La succession est assurée. Ma couronne passera à mon neveu.
Ainsi donc, délivrée de la peur, je vais consigner dans ce livre ce que nulle personne heureuse n’oserait écrire. J’ai l’intention d’accuser les dieux, spécialement celui qui demeure sur la Montagne Grise et de raconter tout ce qu’il m’a fait depuis les origines, comme si je portais plainte contre lui devant un juge.
Mais il n’y a pas de juge entre les dieux et les hommes, et le dieu de la montagne ne me répondra pas. Terreurs et fléaux ne sont pas une réponse. »
Extrait de : C. S. Lewis. « Un visage pour l’éternité. »
Tactique du diable par C. S. Lewis

Fiche de Tactique du diable
Titre : Tactique du diable
Auteur : C. S. Lewis
Date de parution : 1942
Traduction : E. Huser
Editeur : Editions Empreinte
Première page de Tactique du diable
« Je prends note de ce que tu me dis de l’influence que tu exerces sur les lectures de ton protégé et du soin que tu prends à le mettre aussi souvent que possible en contact avec son ami matérialiste. Mais n’es-tu pas un peu naïf ? On dirait que tu t’imagines l’arracher par le raisonnement aux griffes de l’Ennemi. Ceci aurait été possible s’il avait vécu quelques siècles plus tôt. À cette époque-là, les humains savaient encore reconnaître quand une chose était prouvée et quand elle ne l’était pas. Et lorsqu’elle était prouvée, ils y croyaient vraiment. Ils faisaient encore le lien entre la pensée et l’acte, ils étaient prêts à changer leur manière de vivre quand la logique le leur conseillait. Mais, par le moyen de la presse et des autres médias, nous avons réussi en grande partie à modifier cela. Ton homme a été habitué, depuis son enfance, à abriter une douzaine de philosophies contradictoires dans son cerveau. En jugeant d’une doctrine, l’essentiel pour lui n’est pas de savoir si elle est « vraie » ou « fausse », mais si elle est « abstraite » ou « pratique », « démodée » ou « moderne », « souple » ou « rigide ». Les slogans, et non le raisonnement, seront tes meilleurs alliés pour l’éloigner de l’Église. »
Extrait de : C. S. Lewis. « Tactique du diable. »
Le grand divorce entre le ciel et la terre par C. S. Lewis

Fiche de Le grand divorce entre le ciel et la terre
Titre : Le grand divorce entre le ciel et la terre
Auteur : C. S. Lewis
Date de parution : 1945
Traduction : G. Teyssonnière de gramont, J. Des gouttes
Editeur : ??
Première page de Le grand divorce entre le ciel et la terre
« J’étais apparemment en train de faire la queue pour prendre l’autobus au bord d’une longue et pauvre rue. Le soir tombait, il pleuvait. J’avais erré pendant des heures par les mêmes rues toujours sous la pluie et toujours dans cette lumière crépusculaire. Le temps semblait s’être arrêté à l’heure lugubre où seuls quelques magasins sont éclairés et où il ne fait pas encore assez sombre pour que leurs vitrines soient réconfortantes. Ne ferait-il donc jamais nuit ? Ma promenade ne me conduirait-elle jamais dans les beaux quartiers de la ville ? Si loin que j’allasse, je ne trouvais que des maisons lépreuses, des petits marchands de tabac, des palissades auxquelles pendaient des affiches en lambeaux, des dépôts de marchandises sans fenêtres, des gares sans trains, et des librairies du genre de celles qui vendent des livres pornographiques. Je ne rencontrerais jamais personne.
Excepté ceux qui attendaient l’autobus, la ville entière semblait vide. Je crois que c’est pour cela que je m’accrochai à la queue. J’eus tout de suite de la chance, car au moment où je prenais ma place, une petite femme irascible qui était devant moi entraîna brusquement un homme qui l’accompagnait. »
Extrait de : C. S. Lewis. « Le grand divorce entre le ciel et la terre. »
L’abolition de l’homme par C. S. Lewis

Fiche de L’abolition de l’homme
Titre : L’abolition de l’homme
Auteur : C. S. Lewis
Date de parution : 1943
Traduction : ??
Editeur : Editeur Raphael
Première page de L’abolition de l’homme
« Les hommes vides
Alors il donna l’ordre de tuer, de tuer tous les petits enfants. Christmas Carol
Nous n’accordons pas assez d’importance, à mon avis, aux manuels scolaires. C’est pourquoi j’ai choisi l’un d’eux comme point de départ des réflexions qui suivront. Je ne crois pas que ses deux auteurs aient de mauvaises intentions, et de plus ils ont eu la courtoisie de m’en faire envoyer un exemplaire. Et pourtant il m’est impossible de leur faire le moindre éloge. Me voilà dans l’embarras, je ne veux pas mettre au pilori deux modestes enseignants qui ont sans doute fait de leur mieux, mais la tendance réelle de leur livre est telle que je ne puis garder le silence. Je me propose donc de cacher leur nom et de les appeler Gaïus et Titius, leur manuel sera le Livre vert. Mais il s’agit bien d’un livre qui n’a rien d’imaginaire. »
Extrait de : C. S. Lewis. « L’Abolition de l’homme. »