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Une aiguille en plein coeur par Richard Matheson

Fiche de Une aiguille en plein coeur

Titre : Une aiguille en plein coeur
Auteur : Richard Matheson
Date de parution : 1986
Traduction : P. Hebert, R. Durand, R. Lathière, A. Rosenblum, P.J. Izabelle, M. Deutsch, L. Lemoine, F. Bebouch, N. Balfet, M. Girard
Editeur : Néo

Sommaire de Une aiguille en plein coeur

  • Funérailles
  • Le test
  • Le pays de l’ombre
  • Le voyageur
  • Moutons de Panurge
  • Le zoo
  • Le signe du Lion
  • Une aiguille en plein coeur
  • Jusqu’à ce que la mort nous sépare
  • La troisième à partir du soleil
  • Le dernier jour
  • Qu’y a-t-il dans la boîte ?
  • Du travail bien fait

Première page de Funérailles

« Morton Silkline était dans son bureau, en train de rêver à des décorations florales pour les obsèques Beaumont, lorsque les accents carillonnants du cantique « Je vais rejoindre l’invisible chœur » lui annoncèrent l’entrée d’une personne au magasin du « Catafalque à Prix Réduit ».

En clignant des paupières pour chasser toute trace de méditation de ses yeux d’hépatique, Silkline joignit les mains en une attitude placide, puis s’adossa au cuir noir de son fauteuil, un sourire de bienvenue funèbre aux lèvres. Dans le calme du couloir, des pas résonnaient malgré l’épais tapis, des pas tranquilles. Juste avant que l’homme de haute taille entrât, la pendulette de bureau vibra discrètement pour annoncer sept heures trente.

Se levant comme s’il eût été surpris en plein tête-à-tête avec l’ange étincelant de la mort, Morton Silkline se leva et contourna son bureau poli à pas feutrés, puis il tendit une main aux doigts flasques. »

Extrait de : R. Matheson. « Une aiguille en plein cœur. »

Panique à bord par Richard Marsten

Fiche de Panique à bord

Titre : Panique à bord
Auteur : Richard Marsten
Date de parution : 1955
Traduction : J. Herisson
Editeur : Gallimard

Première page de Panique à bord

« Il s’était installé à bâbord, juste devant le poste radar et l’échelle qui montait à la passerelle de commandement. Assis sur une caisse à munitions, il avait la main appuyée contre la pièce de D.C.A. de vingt millimètres. Le canon se trouvait débâché car, ce jour-là, le public était admis à visiter le bateau.

Conformément aux ordres du pacha, il était en treillis bleus. Il n’aimait pas ça, les treillis, à cause des manches courtes, et sans poignet. Vraiment, se disait-il, la tenue de drap aurait été plus indiquée pour le Navy Day.

Il avait l’œil aux aguets, pour le cas où serait survenu un officier car, il ne l’ignorait pas, il se serait fait sonner les cloches, si on l’avait surpris tranquillement assis dans ce coin-là, au moment où le navire grouillait de visiteurs. Mais il ne voulait pas manquer la jeune femme quand elle monterait à bord. De son poste d’observation, juste au-dessous de la passerelle de commandement, il pouvait surveiller à loisir les abords du quai. »

Extrait de : R. Marsten. « Panique à bord. »

La chute des familles par Phillip Mann

Fiche de La chute des familles

Titre : La chute des familles
Auteur : Phillip Mann (Tome 2 sur 2 – Paxwax)
Date de parution : 1987
Traduction : M. Lederer
Editeur : Denoël

Première page de La chute des familles

« Sur un promontoire rocheux, au-dessus d’une mer tumultueuse aux teintes grises et blanches, se tenait accroupie une petite créature. Elle ressemblait à un dôme de cire rouge. Elle s’appelait Odin.
Des abîmes s’ouvraient entre les vagues qui déferlaient et se fracassaient contre le promontoire dans des geysers d’écume. Le vent emportait les embruns vers l’intérieur des terres. L’eau glacée aspergeait la petite créature, glissait sur elle et cascadait le long de la falaise.
Odin se sentait mieux. La gifle des embruns salins et la morsure du vent atténuaient la douleur qu’il éprouvait au plus profond de lui-même.
Des jours durant, il était demeuré là pendant que la tempête battait les rochers du rivage. Le vent, maintenant, faiblissait. Quelques pâles rayons de soleil filtraient à travers les nuages. Les énormes vagues allaient bientôt faire place à une forte houle. Mais jamais la mer ne serait calme ; ce n’était pas dans la nature du monde d’Odin. Déjà une nouvelle tempête se formait dans la mer du Sud, parmi les amas de blocs de glace, et d’ici peu elle se déchaînerait sur les terres et emplirait de bonheur les Gerbès qui vivaient près de la côte. »

Extrait de : P. Mann. « La chute des familles. »

La fleur diabolique par George Oliver Smith

Fiche de La fleur diabolique

Titre : La fleur diabolique
Auteur : George Oliver Smith
Date de parution : 1955
Traduction : J. Raffejeaud
Editeur : Le rayon fantastique

Première page de La fleur diabolique

« LORSQUE Howard Clevis découvrit Charles Farradyne dans les champs d’algues de Vénus, il trouva un homme brisé, qui avait cessé d’éprouver tout ressentiment, car il n’en avait plus la force. Farradyne leva un regard morne lorsque son visiteur entra dans la sinistre chambre meublée.
« Je suis Howard Clevis, dit le visiteur.
— Ravi, murmura Farradyne. Et après ? » Il considérait avec désapprobation la chemise blanche de Clevis – ce n’était pas, dans le secteur, un spectacle fréquent.
« J’ai du travail pour vous, Farradyne.
— Qui voulez-vous faire tuer ?
— Ne le prenez pas sur ce ton. Vous êtes bien le Charles Farradyne qui…
— Qui a flanqué le Sémiramide dans le Marais… et vous, vous êtes le Père Noël qui va l’en repêcher ?
— Mon offre est sérieuse, Farradyne. »
Ce dernier eut un rire bref, dépourvu de la moindre gaieté.
« Ça va bien, Clevis. Il y a, de par l’univers, quelques milliers de pilotes interplanétaires qui ne demandent qu’à gagner honnêtement une poignée de dollars. »

Extrait de : G. O. Smith. « La Fleur diabolique. »

Opération interstellaire par George Oliver Smith

Fiche de Opération interstellaire

Titre : Opération interstellaire
Auteur : George Oliver Smith
Date de parution : 1950
Traduction : G. Geoffroy
Editeur : Fleuve noir

Première page de Opération interstellaire

« Paul Grayson suivait la rue principale pour se rendre à l’aéroport interplanétaire ; il marchait lentement, à l’allure d’un promeneur. Il était parti de chez lui assez tôt pour goûter tout à loisir la fraîcheur du printemps. Quel plaisir d’écouter les mille bruits familiers de la vie terrestre, quelle joie de se trouver en plein air !

Il faudrait bientôt se contenter de respirer l’air des réservoirs, saturé de l’odeur acre de l’huile des compresseurs et des émanations du composé végétal qui assurait le renouvellement de l’oxygène. La liberté de ses mouvements serait limitée à quelques pas, son champ visuel ne dépasserait pas les hublots du spacionef derrière lesquels il n’y aurait que l’invisible néant.

De temps à autre il regardait le ciel vers le sud, en direction d’Alpha du Centaure. Bien entendu, il était impossible de voir Proxima à l’œil nu, et encore moins le petit atome de rien du tout, la petite masse surchauffée qui tournait en satellite autour de Proxima. »

Extrait de : G. O. Smith. « Opération interstellaire. »

Les mines du ciel par Volsted Gridban

Fiche de Les mines du ciel

Titre : Les mines du ciel
Auteur : Volsted Gridban
Date de parution : 1953
Traduction : I. Maslowski
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les mines du ciel

« — Je crois à cette théorie, déclara avec force le Dr. Hal Paget. S’il en était autrement, pensez-vous que je risquerais la vie d’un être humain, de mon propre fils ?

Il repoussa son fauteuil, se leva et s’approcha de la fenêtre, les mains dans le dos. C’était un homme de taille moyenne, assez fort, à la mâchoire carrée, aux yeux bleu d’acier. Chirurgien spécialisé dans les opérations du cerveau, il s’était acquis une réputation et un respect universels. Mais, si ses confrères de l’Association Médicale Britannique s’étaient doutés un instant de l’intervention qu’il se proposait de pratiquer, ils l’auraient exclu sur-le-champ et n’auraient même pas hésité à le faire poursuivre.

Son interlocuteur, le Dr. Russell Sheldon, le suivit du regard sans quitter son siège.

— Vous prêchez un convaincu, dit-il. Moi aussi, je suis persuadé qu’un échec est impensable. Nous avons étudié la question à fond, nous nous sommes livrés à d’innombrables expériences. La seule chose qui m’arrête, c’est l’aspect légal de la question. Nous avons beau vivre en 1975… »

Extrait de : V. Gridban. « Les mines du ciel. »

L’autre univers par Volsted Gridban

Fiche de L’autre univers

Titre : L’autre univers
Auteur : Volsted Gridban
Date de parution : 1952
Traduction : I. Maslowski
Editeur : Fleuve noir

Première page de L’autre univers

« C’était un son aigu et sifflant qui faisait par moments songer à celui d’une scie musicale, une espèce de plainte lancinante à la limite même de l’audibilité. Il semblait provenir de partout, des murs, du plafond et du sol de la cabine étanche dont il faisait vibrer l’air. Il paraissait s’insinuer dans le corps des astronautes, parcourir leurs vaisseaux sanguins, s’attaquer à leur cerveau et à leur moelle épinière. Il crispait leurs nerfs et contractait leurs muscles. Mais ils étaient heureux de l’entendre car ils savaient que tant qu’ils le percevaient, ils étaient en sécurité.

L’air détendu, Caleb se rejeta en arrière sur son siège de pilote et sourit. »

Extrait de : V. Gridban. « L’autre univers. »

La onzième dimension par Max-André Rayjean

Fiche de La onzième dimension

Titre : La onzième dimension (Tome 13 sur 13 – Joë Maubry et Joan Wayle)
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1978
Editeur : Fleuve noir

Première page de La onzième dimension

« On l’appelait le village au bout du monde.

Parce qu’il était l’un des plus hauts d’Europe et qu’avec ses deux mille mètres d’altitude, il dominait aisément la vallée. Il n’était pas pour autant perdu, isolé, pendant le long hiver. La route restait ouverte malgré la neige.

Mais l’été, c’était une petite perle dans son écrin d’alpages. Le vert tendre de l’herbe rejoignait le bleu du ciel, un ciel d’une pureté exceptionnelle. Les touristes le savaient bien et ils affluaient dès le retour de la belle saison.

Avec sa poignée d’habitants, ruraux et artisans, Molan faisait des envieux. La pollution n’existait pas. Les gens vivaient tranquilles, paisibles. Ici, dans ce département haut-alpin riche en beauté, seule la télévision apportait des images de l’incroyable effervescence des villes. En bas, vers Briançon, Gap ou Grenoble, ils s’entassaient, ils bougeaient, ils menaient une existence de cinglés. Ils respiraient un air encrassé. Et ils appelaient cela la civilisation !

C’était une merveilleuse matinée de juin. L’orage de la veille avait lavé l’azur. Dans la vallée, la rivière charriait une eau sale. Sur les montagnes, la dernière neige fondait et laissait la place aux pentes herbeuses. Les transhumants ne tarderaient plus. »

Extrait de : M.-A. Rayjean. « La Onzième dimension – Joë Maubry et Joan Wayle. »

Les irréels par Max-André Rayjean

Fiche de Les irréels

Titre : Les irréels (Tome 12 sur 13 – Joë Maubry et Joan Wayle)
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1977
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les irréels

« Une vague de froid s’abattait sur tout le nord des États-Unis. Des tempêtes de neige assaillaient New York. La glace paralysait le Saint-Laurent et Washington elle-même grelottait.

Mais l’hiver se cassait les dents en arrivant plus au sud. Épargnée, la Floride était une petite oasis gorgée de soleil. Depuis des jours, sans relâche, un insolent ciel bleu narguait les brumes et les frimas du Nord. Un air cristallin permettait une visibilité exceptionnelle. L’océan n’avait jamais été aussi tranquille et le grand beau temps s’était installé dans la région des
Bahamas.

Aussi, à l’aéroport de Miami, les gars de la tour de contrôle ne se faisaient pas de mauvais sang. Le trafic aérien s’écoulait avec fluidité et sans incident. On pouvait même dire que l’ambiance était joyeuse. Au grand jamais, personne ne pensait à la fantastique aventure qui s’annonçait. »

Extrait de : M.-A. Rayjean. « Les irréels – Joë Maubry et Joan Wayle. »

Les feux de Siris par Max-André Rayjean

Fiche de Les feux de Siris

Titre : Les feux de Siris (Tome 11 sur 13 – Joë Maubry et Joan Wayle)
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1974
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les feux de Siris

« Les deux hommes traversent la route. Ils se faufilent entre les arbres noirs et la lune projette leurs silhouettes sur le mur.

Louis s’arrête, une flamme d’inquiétude dans le regard. Il lève la main. Là-bas, sur le mur, l’ombre imite son geste.

Il souffle à voix basse.

— Marco, on ne devrait pas, cette nuit.

— Pourquoi ?

— La lune éclaire comme en plein jour.

Marco hoche la tête et scrute les environs déserts. Il n’a pas de scrupules, paraît bien décidé.

— Alors, tu te dégonfles ?

— Bah !

— C’est pas le moment. Personne ne nous connaît dans le secteur.

— Si on nous aperçoit ?

— Mais enfin, qui veux-tu qui nous aperçoive ?

Louis a un doute, une sorte de prémonition. D’habitude, il ne se fait pas tirer l’oreille. Son royaume à lui, c’est la nuit.

Il adore se glisser dans les ténèbres complices et il se dit, pour excuser son acte, que, après tout, le mal qu’il fait n’est pas bien grand. Il existe des bandes organisées qui volent les banques ou les encaisseurs. »

Extrait de : M.-A. Rayjean. « Les Feux de Siris – Joë Maubry et Joan Wayle. »