Étiquette : livre
Les pantins d’outre-ciel par François Richard-Bessière
Fiche de Les pantins d’outre-ciel
Titre : Les pantins d’outre-ciel
Auteur : François Richard-Bessière
Date de parution : 1960
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les pantins d’outre-ciel
« La petite fusée ionique se posa sans heurt sur l’aire cimentée du vaste astrodrome de Tel Aviv. Au zénith, un soleil de plomb embrasait le ciel, dardant ses rayons sur un sol brûlant, comme si les feux de l’enfer prenaient un malin plaisir à se manifester continuellement sur cette terre de légende qui conservait toujours l’empreinte divine. Ironie du sort…
On était en 2.099. Le 21e siècle s’achevait, comme tant d’autres, et comme tant d’autres encore il n’avait été ni meilleur ni pire.
L’évolution avait suivi son cours, et si le progrès avait un peu bouleversé et modifié les habitudes de l’homme, celui-ci, dans le fond, était resté le même avec sa ration de temps quotidienne.
Vingt-quatre heures. Pas une de plus, pas une de moins.
Vingt-quatre heures employées à dormir, à manger et à s’occuper, et cela durait depuis l’origine du monde. »
Extrait de : Richard-Bessière. « Les Pantins d’Outre-Ciel. »
Les mutants sonnent le glas par François Richard-Bessière
Fiche de Les mutants sonnent le glas
Titre : Les mutants sonnent le glas
Auteur : François Richard-Bessière
Date de parution : 1961
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les mutants sonnent le glas
« La mule s’arrêta en bas du sentier, juste à l’endroit où apparaissait la piste sinueuse qui se perdait dans le désert de sable et de pierre des hauts plateaux.
Le soleil était au zénith et, malgré l’altitude, la chaleur était presque suffocante. L’homme souffla un instant, sauta au sol et s’empara du havresac accroché au flanc de la mule, tandis que le guide lui désignait la piste d’un geste mesuré.
Son bras s’éleva à la hauteur de l’horizon et il murmura simplement :
— C’est tout droit.
Jolfrid en savait assez pour s’orienter convenablement jusqu’au prochain poste de communication. »
Extrait de : Richard-Bessière. « Les Mutants Sonnent Le Glas. »
Néant à roulettes par Jack Finney

Fiche de Néant à roulettes
Titre : Néant à roulettes
Auteur : Jack Finney
Date de parution : 1957
Traduction : P. Béguin
Editeur : Gallimard
Première page de Néant à roulettes
« J’avais bien envie de sécher mon cours, à deux heures, mais je ne tenais pas plus à rester dans ma chambre qu’à sortir. Je n’étais pas tenté de me saouler, mais je ne voulais pas davantage renoncer à boire, et j’avais déjà vu les deux films qui se donnaient en ville. J’aurais peut-être pu appeler une fille, mais j’étais fauché. Je sortis de ma chambre et longeai le couloir du Foyer universitaire pour me rendre dans la turne de Brick. J’étais en quête de je ne sais quoi, d’une sale histoire peut-être.
J’avais dix-neuf ans et j’étais « cube », c’est-à-dire étudiant de troisième année dans une petite université de l’Illinois. On était au début de juin, mais on aurait aussi bien pu être en février. Depuis des jours et des jours une pluie fine tombait sans interruption. J’étais resté enfermé depuis trop longtemps. Pourtant je me trouvais en parfaite santé, je pesais quatre-vingts kilos et, après tout, je n’étais pas si mal dans le genre brun. Mais j’avais une envie folle de me dépenser. »
Extrait de : J. Finney. « Néant à roulettes. »
Nouvelles d’antan par Jack Finney

Fiche de Nouvelles d’antan
Titre : Nouvelles d’antan (1948-1965)
Auteur : Jack Finney
Date de parution : 2023
Traduction : P.-P. Durastanti
Editeur : Bélial
Sommaire de Nouvelles d’antan
- La boîte à mots du cousin Len
- Dans un nuage
- Le troisième sous-sol
- Des voisins originaux
- Arrête de faire l’avion avec tes mains !
- J’ai peur
- Le dompteur du tigre
- Il est une marée
- Les dessous de l’information
- Les disparus
- Seconde chance
- Contenu des poches du mort
- Sept jours à vivre
- La lettre d’amour
- Le numismate
- Un printemps à Galesburg
- Une vieille chanson
- Où sont les Cluett
- La magie au déjeuner
- Hé ! Regardez-moi !
- La photo
- Temps d’arrêt
Première page de La boîte à mots du cousin Len
« Le cousin Len avait découvert son étonnante boîte à mots chez un prêteur sur gages. Il hantait volontiers ces boutiques poussiéreuses qui, pour la plupart, se trouvent sur la Deuxième Avenue ; cela le changeait et le soulageait, affirmait-il, des horreurs de la nature qui n’avait pour lui que peu d’attraits. Pour son métier, il devait en effet passer l’essentiel de ses journées au grand air, à réunir le matériel pour Attraits et mystères des bois, la rubrique hebdomadaire qu’il publiait dans le journal local – le pire des métiers, à l’entendre. Même celui de plombier, déclarait-il encore, lui aurait donné plus de satisfactions !
C’est pourquoi il profitait de ses loisirs pour faire le tour des prêteurs sur gages, rapportant de ses recherches tantôt un jeu de vues stéréoscopiques (l’Exposition universelle de Chicago, 1893), tantôt une montre sonnant les heures, ou un cheval en porcelaine à la bouche hérissée de cure-dents colorés. On admirait ces objets, ma femme et moi, habitant chez le cousin Len depuis ma démobilisation dans l’attente de trouver un appartement. »
Extrait de : J. Finney. « Nouvelles d’antan. »
Les bienfaiteurs par James E. Gunn

Fiche de Les bienfaiteurs
Titre : Les bienfaiteurs
Auteur : James E. Gunn
Date de parution : 1961
Traduction : S. Lambadaris
Editeur : Les moutons électriques
Première page de Les bienfaiteurs
« Il n’aurait jamais remarqué l’annonce publicitaire s’il n’avait pas renversé du café sur la première page du journal. Sa tasse s’était renversée parce que sa main tremblait. Sa main tremblait parce qu’il avait trop bu hier soir. Il avait trop bu parce que…
Mais c’était suivre la chaîne de causalité dans la mauvaise direction.
La première page du journal, trempée, était devenue illisible. Après avoir parcouru tout ce qui se trouvait dans les pages suivantes, épargnées, il lut l’annonce. »
Extrait de : J. E. Gunn. « Les bienfaiteurs. »
Un logique nommé Joe par Murray Leinster

Fiche de Un logique nommé
Titre : Un logique nommé
Auteur : Murray Leinster
Date de parution : 1946
Traduction : M. Lebailly
Editeur : Le passager clandestin
Première page de Un logique nommé
« C’est le 3 août que Joe est sorti de la chaîne de fabrication et c’est le 5 que Laurine est arrivée en ville ; ce jour-là, j’ai sauvé la civilisation. Du moins, je me l’imagine. Laurine est une blonde dont j’ai été amoureux fou, à un moment donné de ma vie – fou, c’est le mot – et Joe est un logique que je viens de descendre dans ma cave. J’ai dû le payer parce que j’ai prétendu que je l’avais bousillé et parfois je me dis que je vais l’allumer et parfois j’ai envie de taper dessus avec une hache. Tôt ou tard, ça va être l’un ou l’autre. J’espère que ce sera la hache. Un million de dollars ou deux, ça m’arrangerait bien, et Joe me dirait quoi faire pour les avoir ou les fabriquer. Il en sait des choses ! Mais j’en ai tellement peur que, jusqu’à maintenant, j’ai pas osé. Après tout, je crois qu’en l’éteignant j’ai vraiment sauvé la civilisation. »
Extrait de : M. Leinster. « Un logique nommé Joe. »
Continent perdu par Norman Spinrad

Fiche de Continent perdu
Titre : Continent perdu
Auteur : Norman Spinrad
Date de parution : 1970
Traduction : N. Dudon
Editeur : Le passager clandestin
Première page de Continent perdu
« Quand le jet de la Pan African que j’avais pris à Accra s’enfonça dans les nappes de smog flottant au-dessus de l’aéroport international de Milford, puis se posa avec une légère secousse sur la piste et roula, à travers une brume diaphane et bleutée, en direction du dôme d’aluminium bas et défraîchi qui était, selon toute apparence, le principal terminal, j’éprouvai un singulier et complexe sentiment d’excitation mêlé d’abattement.
Bien que l’histoire américaine soit ma spécialité, le fait de poser pour la première fois les pieds aux États-Unis me remplissait de tristesse, d’une sorte de timidité et peut-être aussi d’appréhension. Et – ironie ! – cette tristesse, je crois, tenait à la raison même qui rend ce pays si populaire auprès des touristes tels que la plupart de mes compagnons de voyage. »
Extrait de : N. Spinrad. « Continent perdu. »
Les marteaux de vulcain par François Richard-Bessière

Fiche de Les marteaux de vulcain
Titre : Les marteaux de vulcain
Auteur : François Richard-Bessière
Date de parution : 1969
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les marteaux de vulcain
« — Nous voilà partis, monsieur Bennet. Obéissez, respectez nos accords, et tout se passera très bien.
Il ajoute avant de regagner le poste de pilotage :
— Et vous serez un homme riche !
Son rire gras, énorme, se perd dans le ronronnement des machines. Moi, je reste là, devant œil démesuré d’un hublot ouvert sur le vide infini.
Des myriades d’étoiles piquettent l’espace ténébreux comme des diamants jetés sur un fond de velours.
Des diamants ! Curieuse association d’idée qui me pénètre l’esprit à la manière d’une dague. Je me révolte, je m’insurge et je maudis mon impuissance, et tout cela derrière un sourire qui m’oblige à ravaler ma hargne et ma colère. »
Extrait de : Richard-Bessière. « Les Marteaux de Vulcain. »
Les maîtres du silence par François Richard-Bessière
Fiche de Les maîtres du silence
Titre : Les maîtres du silence
Auteur : François Richard-Bessière
Date de parution : 1965
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les maîtres du silence
« Dès l’instant où l’aiguille s’enfonce dans mon bras, je reste étendu sur le dos, immobile, assistant à l’évanouissement progressif de mes sensations corporelles.
Au niveau fondamental du « conscient », s’ouvrent soudain, tout grands, les arcanes de mes souvenirs, et le détail se superpose au détail, avec une netteté et une précision terrifiantes.
Alors, je ferme les yeux, et le film des récents événements se déroule, comme à l’intérieur d’un gigantesque kaléidoscope, avec l’étrange sensation de me dissoudre dans un tourbillon de couleurs et de mouvements.
C’est ainsi que tout cela a commencé. Avec une statue géante inscrite dans le large rectangle de lumière. »
Extrait de : Richard-Bessière. « Les Maîtres du silence. »
Les lunes de Jupiter par François Richard-Bessière
Fiche de Les lunes de Jupiter
Titre : Les lunes de Jupiter
Auteur : François Richard-Bessière
Date de parution : 1960
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les lunes de Jupiter
« — Qui es-tu ?
— Jean-Pierre Verneuil.
— D’où viens-tu ?
— D’une planète qu’on appelle la Terre.
— Depuis combien de jours es-tu ici ?
— 242.
— Qu’as-tu fait hier ?
— Rien.
— Aujourd’hui ?
— Rien.
— Que feras-tu demain ?
— Dieu seul le sait.
— Qu’espères-tu ?
— La mort, mais elle ne veut pas de moi. »
Extrait de : Richard-Bessière. « Les Lunes De Jupiter. »