Étiquette : livre
Mortelles ritournelles par G. Egan

Fiche de Mortelles ritournelles
Titre : Mortelles ritournelles
Auteur : Greg Egan
Date de parution : 1989
Traduction : S. Denis, F. Valery
Editeur : Bélial
Première page de Mortelles ritournelles
« Michael Underwood, consultant en musique créative pour l’Usine à Inspiration, ne put s’empêcher de jeter un œil discret à sa montre. Il lui restait encore du travail pour la campagne Hypersoft, laquelle se devait d’être terminée le jour même, et l’après-midi filait déjà. Underwood écoutait John Halbright depuis vingt minutes. Il ne savait toujours pas en quoi ce que présentait le président de la Société de Neurocartographie appliquée « était la plus belle mine d’or publicitaire depuis que le Département du Trésor avait accepté de vendre des emplacements à hologrammes sur le billet de dix dollars »
Halbright remarqua son geste, s’arma de courage et recommença.
« Vous avez bien compris que nous avons identifié les circuits neuronaux impliqués dans le traitement de la musique ? »
Extrait de : G. Egan. « Mortelles Ritournelles. »
Le continent perdu par G. Egan

Fiche de Le continent perdu
Titre : Le continent perdu
Auteur : Greg Egan
Date de parution : 2008
Traduction :
Editeur : Bélial
Première page de Le continent perdu
« L’oncle d’Ali attrapa son bras droit et l’offrit à l’étranger, qui le saisit fermement au niveau du poignet.
« À partir de maintenant, tu dois obéir à cet homme, lui ordonna son oncle. Et tu lui obéiras comme si c’était ton père. Ta vie en dépend.
— Oui, oncle. » Ali garda les yeux respectueusement baissés.
« Viens avec moi, garçon, dit l’inconnu en se dirigeant vers la porte.
— Oui, hâj », marmonna Ali en le suivant docilement. Il entendait sa mère qui sanglotait encore doucement dans la pièce voisine, et il avait du mal à retenir ses propres larmes. Il lui avait dit au revoir, ainsi qu’à son oncle, mais n’avait pu échanger le moindre mot d’adieu avec ses cousins. »
Extrait de : G. Egan. « Le Continent perdu. »
La fièvre de Steve par G. Egan

Fiche de La fièvre de Steve
Titre : La fièvre de Steve
Auteur : Greg Egan
Date de parution : 2007
Traduction : E. Perchoc
Editeur :
Première page de La fièvre de Steve
« Quelques semaines après son quatorzième anniversaire, alors que la récolte de soja approchait à grands pas, Lincoln se mit à faire des rêves saisissants où il quittait la ferme et gagnait la ville. Nuit après nuit, il se voyait rassembler ses affaires, marcher d’un pas lourd sur l’autoroute et rejoindre Atlanta en stop.
Dans ses songes, la manière de procéder posait toutefois des problèmes, et chaque nuit il bataillait pour les résoudre. Le cellier serait fermé à clé, bien sûr, alors il rêva une intrigue secondaire où il réunissait un stock d’outils adéquats pour y entrer. Des capteurs quadrillaient le périmètre de la ferme, aussi rêva-t-il divers moyens de les éviter ou de les désactiver. »
Extrait de : G. Egan. « La fièvre de Steve. »
Gloire par G. Egan

Fiche de Gloire
Titre : Gloire
Auteur : Greg Egan
Date de parution : 2007
Traduction : M. Cabon
Editeur : Bragelonne
Première page de Gloire
« Un lingot d’hydrogène métallique étincelait sur fond d’étoiles, étroit cylindre de cinquante centimètres de long et d’une masse d’environ un kilogramme. Qui l’aurait observé à l’œil nu aurait cru voir un objet dense et compact. Pourtant la part de matière par rapport à l’espace vide dans ce treillis de minuscules noyaux immergés dans un brouillard impalpable d’électrons n’était que de un pour deux cent mille milliards. Non loin de là, un deuxième lingot apparemment identique au premier était constitué, lui, d’antihydrogène.
Une série de rayons gamma précisément étudiés se déversa dans chaque cylindre. Les protons qui absorbèrent ces émissions dans le premier lingot se transformèrent en neutrons en diffusant des positrons. Ce faisant, ils se désolidarisèrent du nuage d’électrons qui les maintenait en place. Dans le second lingot, les antiprotons se muèrent en antineutrons. »
Extrait de : G. Egan. « Gloire. »
Diaspora par G. Egan

Fiche de Diaspora
Titre : Diaspora
Auteur : Greg Egan
Date de parution : 1997
Traduction : F. Lustman
Editeur : Bélial
Première page de Diaspora
« Yatima scrutait le décalage Doppler des étoiles autour de la polis, suivant dans le ciel les ondes de couleur concentriques et glacées, depuis leur horizon d’expansion jusqu’à leur point de convergence. Ille se demandait quoi leur dire quand illes les rattraperaient après les avoir si longtemps pourchassés. Illes avaient des questions à n’en plus finir, mais il était impensable que le flot d’informations soit à sens unique. Et quand les Transmutateurs exigeraient une réponse : « Pourquoi nous avez-vous suivis, pourquoi êtes-vous allés si loin ? », par où devrait-ille commencer ?
Yatima avait lu des récits historiques d’avant l’Introde, narrés sur un seul plan, limités par l’illusion que les individus étaient aussi indivisibles que les quarks, que les civilisations planétaires constituaient des univers autonomes. »
Extrait de : G. Egan. « Diaspora. »
Cérès et Vesta par G. Egan

Fiche de Cérès et Vesta
Titre : Cérès et Vesta
Auteur : Greg Egan
Date de parution : 2015
Traduction : E. Perchoc
Editeur : Bélial
Première page de Cérès et Vesta
« Depuis son cocon, Camille plongea le regard dans la noirceur ponctuée d’étoiles, attendant que la terreur la submerge. Elle s’accorda un instant de paix. Chaque minute qu’elle passait éveillée gaspillait ses ressources et augmentait le risque qu’on repère sa signature thermique, mais elle n’osait se résoudre à entrer en hibernation sans l’assurance d’être suffisamment en sécurité pour survivre à une collision au moins. Si elle se détachait dès le tout premier impact – encore éveillée, toujours en vue de Vesta –, elle avait une chance de pouvoir regagner l’astéroïde. Au-delà, ce serait fatal.
Le cocon n’était que quelques centimètres plus grand que sa combinaison, et ses épaisses parois en acrylique ne lui laissaient qu’une vision terne et déformée malgré la transparence impeccable de sa visière. »
Extrait de : G. Egan. « Cérès et Vesta. »
Axiomatique par G. Egan

Fiche de Axiomatique
Titre : Axiomatique
Auteur : Greg Egan
Date de parution : 1995
Traduction : F. Lustman, S. Denis, G. Valéry
Editeur : Le livre de poche
Sommaire de Axiomatique
- L’assassin infini
- Lumière des événements
- Eugène
- La caresse
- Soeurs de sang
- Axiomatique
- Le coffre-fort
- Le point de vue du plafond
- L’enlèvement
- En apprenant à être moi
- Les douves
- La marche
- Le p’tit-mignon
- Vers les ténèbres
- Un amour approprié
- La morale et le virologue
- Plus près de toi
- Orbites instables dans la sphère des illusions
Première page de L’assassin infini
« Une chose est immuable : quand un mutant camé au S commence à brouiller la réalité, c’est toujours moi qu’ils envoient dans le vortex pour remettre les affaires en place.
Pourquoi ? Ils me disent que je suis stable. Fiable. Sûr. Après chaque compte rendu de mission, les psychologues de la Firme (de parfaits inconnus, toujours) secouent la tête d’étonnement à la lecture de leurs données, et me disent que je suis exactement la même personne que lorsque « je » suis entré.
Le nombre d’univers parallèles est un infini non dénombrable – infini comme les nombres réels, pas simplement comme les entiers – ce qui rend difficile la quantification de ces phénomènes en l’absence de définitions mathématiques élaborées mais, pour parler grossièrement, il semble que je sois inhabituellement invariant : plus semblable d’univers en univers que la plupart des gens. À quel point ? Dans combien d’univers ? Suffisamment pour être utile. Suffisamment pour faire le travail. »
Extrait de : G. Egan. « Axiomatique. »
A dos de crocodile par G. Egan

Fiche de A dos de crocodile
Titre : A dos de crocodile
Auteur : Greg Egan
Date de parution : 2005
Traduction : F. Lustman
Editeur : Bélial
Première page de A dos de crocodile
« Leila et Jasim étaient mariés depuis dix mille trois cent neuf ans quand ils commencèrent à envisager de mourir. Ils avaient connu l’amour, élevé des enfants et vu prospérer leur descendance, génération après génération. Ils avaient visité une dizaine de mondes et vécu au sein de mille cultures. Ils avaient plusieurs fois repris des études, démontré des théorèmes et acquis puis délaissé toutes sortes de sensibilités artistiques et de savoir-faire. Ils n’avaient pas tout vécu, loin de là, mais quel aurait été le sens de la pluralité des individus si chacun essayait d’épuiser toutes les permutations de l’existence ? Il y avait des expériences, ils en convenaient, que tout le monde devait faire, mais d’autres qui ne concernaient qu’une poignée de gens dans l’immensité de l’espace et du temps. »
Extrait de : G. Egan. « À dos de crocodile. »
L’énigme de l’univers par G. Egan

Fiche de L’énigme de l’univers
Titre : L’énigme de l’univers (Tome 3 sur 3 – Cosmology)
Auteur : Greg Egan
Date de parution : 1995
Traduction : B. Sigaud
Editeur : Le livre de poche
Première page de L’énigme de l’univers
« — Très bien. Il est mort. Allez, parlez-lui.
Le bioéthicien était un(e) laconique jeune asexe avec des nattes rastas blondes et un T-shirt sur lequel, entre deux pubs payées, clignotait le slogan : DITES NON À LA TDT ! Ille contresigna le formulaire de décharge sur le minicom de la légiste puis se retira dans un coin de la salle. Le traumato et l’infirmier poussèrent sur le côté leur chariot de matériel résurrecteur et la légiste s’élança, seringue hypodermique au poing, pour administrer la première dose de neuropréservatif. Inutile avant la mort légale – massivement toxique pour plusieurs organes dans un intervalle de quelques heures –, ce cocktail d’antagonistes du glutamate, d’inhibiteurs calciques et d’antioxydants arrêterait presque immédiatement les changements biochimiques les plus destructeurs dans le cerveau de la victime. »
Extrait de : G. Egan. « L’Énigme de l’Univers – Cosmology. »
La cité des permutants par G. Egan

Fiche de La cité des permutants
Titre : La cité des permutants (Tome 2 sur 3 – Cosmology)
Auteur : Greg Egan
Date de parution : 1994
Traduction : B. Sigaud
Editeur : Le livre de poche
Première page de La cité des permutants
« Paul Durham ouvrit les yeux, cilla devant la clarté inattendue de la pièce puis tendit paresseusement la main pour la placer dans une flaque de soleil au coin du lit. Des poussières voltigeaient dans le rayon lumineux qui pénétrait obliquement entre les rideaux disjoints, et chaque particule semblait apparaître et disparaître comme par magie, évoquant un souvenir d’enfance de la dernière fois où il avait trouvé cette illusion si irrésistible, si hypnotique : Il se tenait sur le seuil de la cuisine, la lumière de l’après-midi sectionnait la pièce où poussières, grains de farine et volutes de vapeur tourbillonnaient dans la tranche d’air étincelante. L’esprit momentanément brouillé par le sommeil, il essayait encore de s’éveiller, de se ressaisir, de mettre de l’ordre dans sa vie, et il lui sembla tout aussi logique de juxtaposer ces deux fragments – de voir des poussières flotter dans le soleil à quarante ans de distance – que de suivre l’écoulement ordinaire du temps d’un instant au suivant. Puis il s’éveilla un peu plus, et la confusion se dissipa. »
Extrait de : G. Egan. « La Cité des permutants – Cosmology. »