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Dragon par T. Day

Fiche de Dragon

Titre : Dragon
Auteur : Thomas Day
Date de parution : 2015
Editeur : Bélial

Première page de Dragon

« L’esprit embrumé par des pensées qu’il n’arrive pas à hiérarchiser, où se mélangent les exigences de son travail à la police touristique et celles sans doute légitimes de sa petite amie Pearl, le lieutenant Tann Ruedpokanon sirote un Coca light dans la partie climatisée du Casanova, un des bars à ladyboys de Nana Plaza. Devant lui, sur la haute estrade, de grandes danseuses pré-op aux lèvres rouges, le pénis coincé entre les cuisses se déhanchent en bikini, sauf une, qui n’essaye même pas de cacher l’érection triomphante qui fait bâiller son slip de bain taillé dans une reproduction de la bannière étoilée. Elle a tout juste commencé son traitement hormonal et pour le moment ses seins coniques pointent à peine plus gros que des litchis. »

Extrait de : T. Day. « Dragon. »

Daemone par T. Day

Fiche de Daemone

Titre : Daemone
Auteur : Thomas Day
Date de parution : 2001
Editeur : Bélial

Première page de Daemone

« Dressé sur ses membres postérieurs, ses quatre antérieurs rangés le long de ses plaques pectorales et abdominales, Lhargo contemple la douce lumière de son soleil natal, Ijina, l’Œil en Feu. Un million de cycles plus tôt, bien longtemps avant sa naissance, son peuple – que les Humains surnomment Alèphes – a démantelé Ah, leur planète d’origine, afin de pallier sa terrifiante instabilité tectonique. Et comme la quantité de matière ne suffisait pas, ils ont aussi démantelé plusieurs planètes telluriques proches. Avec toutes ces roches, tous ces métaux, toute cette eau, les Guerriers du temps, comme ils se surnomment, ont construit le ruban de Ah, le plus grand artefact de l’Empyrium : un tore large de mille kilomètres, d’un diamètre moyen de trois millions de kilomètres, survolé par un autre tore ajouré, à peine plus large, dont la lente rotation permet aux habitants et aux cultures de profiter d’un simulacre de rythme nycthéméral. »

Extrait de : T. Day. « Dæmone. »

7 secondes pour devenir un aigle par T. Day

Fiche de 7 secondes pour devenir un aigle

Titre : 7 secondes pour devenir un aigle
Auteur : Thomas Day
Date de parution : 2013
Editeur : Bélial

Sommaire de 7 secondes pour devenir un aigle

  • Mariposa
  • Sept secondes pour devenir un aigle
  • Ethologie du tigre
  • Shikata ga nai
  • Tjukurpa
  • Lumière noire
  • Et la science-fiction entra elle aussi dans l’anthropocène…

Première page de Mariposa

« Vendredi vingt-huitième octobre mil cinq cent vingt, nous saillîmes hors du Chenal de Tous-Les-Saints – ainsi nommé par notre Capitaine général – et nous entrâmes en la mer Pacifique où nous voguâmes deux mois et vingt jours sans prendre vivres ni autres rafraîchissements et nous ne mangions que du vieux biscuit tourné en poudre et du rat payé un demi-écu par tête à celui qui l’avait amorté de la sciure de bois des peaux de bœuf de la grand vergue mis à tremper dans l’eau de mer cinq jours longs et cuits sur la braise. Nous buvions une eau jaune si infecte que les Indiens lui préféraient leur urine et s’empoisonnaient semper et semper. Les gencives de la plupart de nos gens croissaient dessus et dessous, si fort qu’ils ne pouvaient manger et qu’ils en mourraient. Et pour ce seul octobre la mer reçut le corps de dix-neuf de nos gens rendus à Notre-Seigneur et à sa mère Marie. »

Extrait de : T. Day. « Sept secondes pour devenir un aigle. »

L’homme qui voulait tuer l’Empereur par T. Day

Fiche de L’homme qui voulait tuer l’Empereur

Titre : L’homme qui voulait tuer l’Empereur (Tome 2 sur 2 – La voie du sabre)
Auteur : Thomas Day
Date de parution : 2005
Editeur : Gallimard

Première page de L’homme qui voulait tuer l’Empereur

« Impassible, assis dans la position du Bouddha, le seigneur Ichimonji Daigoro observe les corps que ses serviteurs viennent d’allonger devant lui, à une coudée de ses genoux : trois cadavres enveloppés dans des soieries provenant de la lingerie seigneuriale. Non loin, bée un sac de toile épaisse, de ceux qu’on utilise pour entreposer le riz durant l’hiver. Dans ce sac écru, mouillé de rouge brunissant, ont été rassemblées les têtes tranchées, rictus et sang coagulé, des sept samouraïs à qui Daigoro avait confié la sécurité de son épouse enceinte, Yuna, et celle de leurs enfants en bas âge, Riuji et Sadako. Ces samouraïs avaient pour mission d’accompagner Yuna jusqu’à la forteresse de son père, Bunraku Izechi. Ils ont échoué, fauchés par une patrouille impériale.

Sans doute parce que Daigoro ne pleure pas, sa concubine Shirôzaemon Reiko inonde de ses larmes salées l’estrade de teck sur laquelle s’alignent en un même rang les blancs tatamis servant de sièges au seigneur et à sa suite. »

Extrait de : T. Day. « L’homme qui voulait tuer l’empereur – La voie du sabre. »

La voie du sabre par T. Day

Fiche de La voie du sabre

Titre : La voie du sabre (Tome 1 sur 2 – La voie du sabre)
Auteur : Thomas Day
Date de parution : 2002
Editeur : Gallimard

Première page de La voie du sabre

« Je me prénomme Mikédi comme mon grand-père paternel ; je suis le fils du Seigneur Nakamura Ito et de la noble dame Suki originaire de la petite ville de Kawanoe, sur la côte orientale du Poisson-Chat Kyushu.

J’ai vu le jour sous les premiers bourgeons de cerisier de l’année du serpent bicéphale. Cette année-là, l’Empereur-Dragon Tokugawa Oshone venait de fêter sa cent soixante-huitième année de règne. Je suis né le jour même de sa victoire éclatante sur l’envahisseur portugais, le 7 mars 1614 si je me réfère au calendrier de ces barbares, exactement trente-huit jours et deux mille cent soixante-dix-sept ans après la naissance du prince Siddhartha Gautama qui devint notre Bouddha.

Au moment où je trace sur la feuille ces kana qui précèdent le début réel de mon récit, je n’ai pas encore trente ans, et je sais pertinemment que je ne les atteindrai jamais. Je demeure dans une des mille cavernes qui percent les flancs des monts veillant sur la petite ville de Nagano. »

Extrait de : T. Day. « La voie du sabre – La voie du sabre. »

Terreur par D. Simmons

Fiche de Terreur

Titre : Terreur
Auteur : Dan Simmons
Date de parution : 2007
Traduction : J.-D. Brèque
Editeur : Pocket

Première page de Terreur

« En montant sur le pont, le capitaine Crozier découvre que son navire est assiégé par des spectres célestes. Au-dessus de lui – au-dessus du Terror –, des plis de lumière chatoyante plongent puis se dérobent en hâte, tels les bras multicolores de fantômes agressifs mais au bout du compte hésitants. Des doigts osseux d’ectoplasme se tendent vers le bateau, s’écartent, font mine de se refermer puis se retirent.

La température a atteint -45 °C et descend à toute allure. Du fait de la brume qui s’est levée plus tôt, durant la petite heure de pauvre crépuscule à quoi se réduit la journée, les trois mâts raccourcis – on a démonté et rangé les mâts de hune, les perroquets, ainsi que les espars et les gréements supérieurs, afin de prévenir tout risque de chavirage et de chute de glace – se dressent tels des arbres étêtés et ébranchés sans ménagements, reflétant l’aurore boréale qui danse d’un horizon entraperçu à l’autre. »

Extrait de : D. Simmons. « Terreur. »

Les larmes d’Icare par D. Simmons

Fiche de Les larmes d’Icare

Titre : Les larmes d’Icare
Auteur : Dan Simmons
Date de parution : 1989
Traduction : J.-D. Brèque
Editeur : Gallimard

Première page de Les larmes d’Icare

« Laissant le clair de lune derrière lui, le vol 001 de la Pan Am plongea dans la masse sombre des nuages pour entamer sa descente vers New Delhi. Baedecker jeta un coup d’œil par le hublot de bâbord et sentit l’attraction terrestre s’exercer sur lui, accentuant son angoisse d’ancien pilote réduit en cet instant crucial à l’état de simple passager. Le train d’atterrissage toucha le tarmac en douceur et Baedecker consulta sa montre. 3 h 47 heure locale. Son regard glissa vers l’aile, et des particules de douleur dansèrent dans son crâne lorsqu’il vit défiler derrière les feux de position les immeubles et les châteaux d’eau découpés en ombres chinoises. Le lourd 747 obliqua brusquement sur la droite pour se diriger vers son aire de stationnement. »

Extrait de : D. Simmons. « Les larmes d’Icare. »

Les fosses d’Iverson par D. Simmons

Fiche de Les fosses d’Iverson

Titre : Les fosses d’Iverson
Auteur : Dan Simmons
Date de parution : 1988
Traduction : J.-D. Brèque
Editeur : Gallimard

Première page de Les fosses d’Iverson

« Nous autres Américains avons le chic pour transformer nos hauts lieux nationaux en monuments au mauvais goût et à la vulgarité. Peut-être parce que nous sommes une nation trop jeune et dépourvue du sens de l’histoire ; peut-être parce que notre territoire – à l’exception de celui des Etats confédérés – n’a jamais eu à subir un bombardement, une occupation ou une invasion (non, je ne compte pas ce que les Anglais ont fait à Washington City… rares furent les Américains qui le remarquèrent, plus rares encore ceux qui s’en soucièrent), et que le sens du sacrifice en est un peu absent.

Il existe pourtant certains hauts lieux qui résistent aux assauts de la vulgarité. Il est difficile de visiter le mémorial Lincoln durant la nuit sans se sentir dans la peau de Mr. Smith débarquant au Sénat. La première fois que j’ai visité ce lieu à minuit, j’ai été affligé durant trois jours d’un bégaiement à la James Stewart. »

Extrait de : D. Simmons. « Les Fosses d’Iverson. »

Les forbans de Cuba par D. Simmons

Fiche de Les forbans de Cuba

Titre : Les forbans de Cuba
Auteur : Dan Simmons
Date de parution : 1999
Traduction : J.-D. Brèque
Editeur : J’ai lu

Première page de Les forbans de Cuba

« Il a fini par passer à l’acte le dimanche 2 juillet 1961, en Idaho, dans une maison neuve qui, je pense, ne signifiait pas grand-chose pour lui, mais avait une vue imprenable sur les sommets dominant la vallée, sur la rivière qui coulait au fond de celle-ci et, de l’autre côté, sur un cimetière où étaient enterrés certains de ses amis.

J’étais à Cuba quand j’ai appris la nouvelle. Ce qui n’était pas sans ironie, car je n’avais pas remis les pieds à Cuba depuis dix-neuf ans, depuis l’époque où je fréquentais Hemingway. Plus ironique encore, ce 2 juillet 1961 était le jour de mon quarante-neuvième anniversaire. Je l’ai passé à suivre un petit homme crasseux dans des petits bars tout aussi crasseux, puis j’ai roulé toute la nuit – toujours en filature –, tandis qu’il parcourait trois cent cinquante kilomètres en pleine campagne, au-delà du point où le train blindé de Santa Clara signale la route de Remedios. »

Extrait de : D. Simmons. « Les forbans de Cuba. »

Les feux de l’Eden par D. Simmons

Fiche de Les feux de l’Eden

Titre : Les feux de l’Eden
Auteur : Dan Simmons
Date de parution : 1994
Traduction : M. Lebailly
Editeur : Le livre de poche

Première page de Les feux de l’Eden

« D’abord, seul le vent hurle.

Le vent d’ouest a soufflé sans contrainte sur six mille kilomètres d’océan, il n’a rencontré que des vagues coiffées de blanc et quelques mouettes déroutées avant de se heurter aux escarpements de lave noire et aux rochers en forme de gargouilles qui bordent la côte sud-ouest presque déserte de la Grande île d’Hawaii. Mais en se heurtant à cet obstacle, le vent crie et hurle entre les rocs noirs, il étouffe presque le bruit constant de la houle qui s’écrase contre les falaises et le bruissement des feuilles tourmentées de la palmeraie, oasis artificielle nichée dans les culbutis de basalte.

Il y a deux sortes de laves sur ces îles et leurs noms hawaiiens les décrivent bien : la pahoehoe, plus ancienne et plus lisse, s’est durcie en faibles ondulations ou en « cordes » doucement enroulées ; l’a’a, récente et déchiquetée, aux bords coupants, s’est refroidie en tours grotesques et en gargouilles renversées. »

Extrait de : D. Simmons. « Les feux de l’Eden. »