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L’épée de Darwin par D. Simmons

Fiche de L’épée de Darwin
Titre : L’épée de Darwin
Auteur : Dan Simmons
Date de parution : 2000
Traduction : G. Abadia
Editeur : Gallimard
Première page de L’épée de Darwin
« Le téléphone sonna quelques minutes après 4 heures du matin.
– Toi qui aimes les accidents, Dar, il faudrait que tu voies celui-là.
– J’aime les accidents, moi ? Première nouvelle !
Il n’avait pas demandé qui c’était. Il avait reconnu tout de suite la voix de Paul Cameron, bien qu’ils ne se soient pas vus depuis plus d’un an.
Cameron faisait partie de la police de la route de Californie basée à Palm Springs.
– D’accord, lui dit l’officier de police. Disons que tu aimes les énigmes.
Dar se tourna pour regarder la montre.
– Pas à quatre heures huit du matin, grommela-t-il.
– Celui-là vaut le coup.
La voix résonnait dans l’écouteur, comme si c’était une liaison radio ou un téléphone portable. »
Extrait de : D. Simmons. « L’épée de Darwin. »
Le styx coule à l’envers par D. Simmons

Fiche de Le styx coule à l’envers
Titre : Le styx coule à l’envers
Auteur : Dan Simmons
Date de parution : 1990
Traduction : J.-D. Brèque
Editeur : Denoël
Sommaire de Le styx coule à l’envers
- Le styx coule à l’envers
- Vanni Fucci est bien vivant et il vit en Enfer
- Passeport pour Vietnamland
- Deux minutes quarante-cinq secondes
- Métastases
- Douce nuit, sainte nuit
- Mémoires privés de la pandémie des stigmates de Hoffer
- Les fosses d’Iverson
- Le conseiller
- Photo de classe
- Mes copsa mica
- A la recherche de Kelly Dahl
Première page de Le styx coule à l’envers
« J’aimais beaucoup ma mère. Après son enterrement, après que l’on eut descendu le cercueil, la famille rentra à la maison pour attendre son retour.
Je n’avais que huit ans à l’époque. De la cérémonie obligée je ne me rappelle pas grand-chose. Je me rappelle que le col de ma chemise de l’année précédente était bien trop serré et que la cravate, chose toute nouvelle pour moi, me faisait l’effet d’un nœud coulant autour du cou. Je me rappelle que cette journée de juin était trop belle pour une réunion aussi solennelle. Je revois oncle Will qui n’arrêtait pas de boire ce matin-là et la bouteille de Jack Daniel’s qu’il avait sortie dans la voiture sur le chemin du retour. Je revois la figure de mon père. »
Extrait de : D. Simmons. « Le Styx coule à l’envers. »
Le nez-boussole d’Ulfänt Banderõz par D. Simmons

Fiche de Le nez-boussole d’Ulfänt Banderõz
Titre : Le nez-boussole d’Ulfänt Banderõz
Auteur : Dan Simmons
Date de parution : 2013
Traduction : S. Guillot
Editeur : Robert Laffont
Première page de Le nez-boussole d’Ulfänt Banderõz
« Au cours des ultimes millénaires du Vingt et Unième Éon, lors d’une des innombrables ères chaotiques ayant marqué l’histoire ignorée de la Terre Mourante, tous les signes habituels d’un malheur imminent s’aggravèrent soudainement.
Le grand soleil rouge, toujours lent à se lever, devint plus léthargique que jamais. Tel un vieillard rechignant à sortir de son lit, l’astre boursouflé, certains matins, tremblait, frémissait, titubait, il provoquait des tremblements de terre protestataires qui rayonnaient vers l’ouest à travers les antiques continents depuis les horizons orientaux, secouant jusqu’aux basses chaînes de montagnes usées par le temps et la gravité au point de les faire ressembler à de vieilles molaires. Des taches noires toujours plus nombreuses se mirent à véroler le pâle visage du soleil à son pénible essor, de sorte que des jours entiers finirent par se perdre dans un terne crépuscule marron. »
Extrait de : D. Simmons. « Le Nez-Boussole d’Ulfänt Banderõz. »
Le grand amant par D. Simmons

Fiche de Le grand amant
Titre : Le grand amant
Auteur : Dan Simmons
Date de parution : 1993
Traduction : M. Lebailly
Editeur : ActuSF
Première page de Le grand amant
« Comme je suis déjà venu ici la semaine dernière pendant la Grande Offensive, en tant qu’observateur, et que je « sais » me diriger dans le dédale interminable des tranchées, on m’a désigné hier soir pour mener la Rifle Brigade des tranchées de réserve jusqu’à la crête de Tara-Usna, dans notre secteur du front situé à La Boisselle. J’ai accepté d’assez bonne grâce, bien qu’en sept jours les lignes aient spectaculairement changé sur cette partie du front. Depuis que La Boisselle est tombée, il a reculé, et les tranchées ennemies que nous avons minées et pilonnées si sauvagement le matin du 1er juillet ne forment plus qu’un gigantesque entonnoir à droite de notre nouvelle première ligne. (Pendant que j’écris ceci, ce trou est en train de devenir le tombeau collectif de nos camarades de la 34e division que j’ai vus monter à l’assaut si bravement et si inutilement, il y a seulement une semaine. »
Extrait de : D. Simmons. « Le Grand Amant. »
Le cinquième coeur par D. Simmons

Fiche de Le cinquième coeur
Titre : Le cinquième coeur
Auteur : Dan Simmons
Date de parution : 2015
Traduction : C. Arnaud
Editeur : Robert Laffont
Première page de Le cinquième coeur
« Au cours du pluvieux mois de mars 1893, pour des raisons que personne ne comprend (en premier lieu parce que personne en dehors de nous ne connaît cette histoire), l’auteur américain Henry James, alors installé à Londres, décida de passer le jour de son anniversaire à Paris et, ce 15 avril, de s’y donner la mort en se jetant de nuit dans la Seine.
Si je peux affirmer que James était très déprimé ce printemps, je ne saurais vous dire précisément pourquoi. Bien sûr, il avait perdu sa sœur un an plus tôt, emportée par un cancer de sein le 6 mars 1892, à Londres, mais Alice, une invalide professionnelle depuis des décennies, avait accueilli de bonne grâce le diagnostic de cancer. La mort, avait-elle dit à son frère, était l’événement qu’elle avait toujours attendu avec le plus grand enthousiasme. »
Extrait de : D. Simmons. « Le cinquième cœur. »
Le chant de Kali par D. Simmons

Fiche de Le chant de Kali
Titre : Le chant de Kali
Auteur : Dan Simmons
Date de parution : 1985
Traduction : B. Emerich
Editeur : Gallimard
Première page de Le chant de Kali
« — Bobby, n’y va pas, me disait mon ami. Ça n’en vaut pas la peine.
C’était en juin 1977. J’étais venu du New Hampshire à New York en vue de fignoler avec le rédacteur en chef de Harper’s pour qui je travaillais les détails de mon voyage à Calcutta. Ensuite je décidai d’aller rendre visite à mon ami, Abe Bronstein. Après plusieurs heures passées dans les hauteurs des bureaux de Harper’s surplombant Madison Avenue, le petit building de quartier qui abritait notre modeste revue littéraire avait l’air bien pitoyable.
Abe était dans son bureau tout encombré. Il était seul et préparait la publication du numéro d’automne de Voices. Malgré les fenêtres ouvertes, il régnait dans la pièce une odeur rance : celle du cigare éteint que mâchonnait Abe.
— Bobby, ne va pas à Calcutta, me répéta-t-il. Laisses-en un autre y aller à ta place. »
Extrait de : D. Simmons. « Le chant de Kali. »
L’homme nu par D. Simmons

Fiche de L’homme nu
Titre : L’homme nu
Auteur : Dan Simmons
Date de parution : 1992
Traduction : M. Lebailly
Editeur : Albin Michel
Première page de L’homme nu
« Bremen quitta l’hôpital et sa femme mourante pour rouler vers l’est, vers la mer. Les routes étaient encombrées de Philadelphiens fuyant leur ville en ce week-end pascal exceptionnellement chaud, aussi dut-il se concentrer sur sa conduite, ne gardant qu’un contact fort ténu avec l’esprit de sa femme.
Gail dormait. Ses rêves induits par les médicaments étaient incohérents. Elle cherchait sa mère dans une suite interminable de pièces remplies de meubles victoriens. Les images oniriques se glissaient entre les ombres vespérales de la réalité pendant que Bremen traversait les Pine Barrens. Gail émergea du sommeil juste au moment où il quittait la route touristique et, durant ces quelques secondes où elle ne souffrait pas encore, Bremen put voir avec elle la lumière du soleil éclairant la couverture bleue, au pied de son lit ; puis il partagea également son bref vertige confusionnel lorsqu’elle crut – durant une seconde seulement – se réveiller à la ferme. »
Extrait de : D. Simmons. « L’Homme nu. »
L’échiquier du mal 2 par D. Simmons

Fiche de L’échiquier du mal 2
Titre : L’échiquier du mal 2
Auteur : Dan Simmons
Date de parution : 1989
Traduction : J.-D. Brèque
Editeur : Gallimard
Première page de L’échiquier du mal 2
« Le Centre mondial de diffusion de la Bible, vingt-trois bâtiments d’un blanc étincelant dispersés sur un terrain de plus de soixante hectares, se trouvait à huit kilomètres au sud de Dothan. Le centre du complexe était le palais de l’Adoration, une monstruosité de verre et de granit, un amphithéâtre climatisé et somptueusement moquetté capable d’accueillir six mille fidèles dans le confort le plus total. Les huit cents mètres en courbe du boulevard de la Foi étaient pavés de briques dorées, argentées et blanches représentant respectivement des dons de cinq mille, mille et cinq cents dollars. Les visiteurs qui survolaient le boulevard de la Foi, peut-être à bord d’un des trois jets privés du Centre, pensaient souvent à un large sourire blanc orné de plusieurs dents en or et d’une rangée de plombages en argent. Le sourire devenait chaque année plus large et plus doré. »
Extrait de : D. Simmons. « L’échiquier du mal – Tome 2. »
L’échiquier du mal 1 par D. Simmons

Fiche de L’échiquier du mal 1
Titre : L’échiquier du mal 1
Auteur : Dan Simmons
Date de parution : 1989
Traduction : J.-D. Brèque
Editeur : Gallimard
Première page de L’échiquier du mal 1
« Saul Laski gisait parmi les morts en sursis dans un camp d’extermination et pensait à la vie. Saul frissonnait dans le noir et le froid, s’efforçant de se rappeler les détails d’un matin de printemps la lumière dorée qui caresse les branches des saules ployant au-dessus du ruisseau, le champ de pâquerettes blanches derrière les bâtiments en pierre de la ferme de son oncle.
Le baraquement était plongé dans un silence que venaient seulement troubler les quintes de toux rauque et les mouvements furtifs des Musselmänner, les morts-vivants, qui cherchaient vainement un peu de chaleur dans la paille froide. Un vieillard fut secoué par une toux spasmodique signalant la fin d’une longue lutte désespérée. Il serait mort à l’aube. Ou s’il survivait à la nuit, il n’aurait pas la force d’aller dans la neige répondre à l’appel du matin, ce qui signifiait qu’il serait mort avant midi. »
Extrait de : D. Simmons. « L’échiquier du mal – Tome 1. »
L’amour, la mort par D. Simmons

Fiche de L’amour, la mort
Titre : L’amour, la mort
Auteur : Dan Simmons
Date de parution : 1993
Traduction : M. Lebailly
Editeur : Albin Michel
Sommaire de L’amour, la mort
- Le lit de l’entropie à minuit
- Mourir à Bangkok
- Coucher avec des femmes dentues
- Flash-back
- Le grand amant
Première page de Le lit de l’entropie à minuit
« Nous sortions tout juste de Denver et nous nous dirigions vers l’ouest à l’heure de pointe d’un vendredi soir, nous étions arrivés en haut de la première grande montée et Caroline venait de me demander à quoi servait la voie de détresse des camions lorsque j’aperçus le semi-remorque en difficulté, dans la file en sens inverse, au pied de la côte. Sur le moment, je pensai qu’il avait simplement roulé trop vite sur les six kilomètres de pente à cinq pour cent, mais le lendemain matin, à Breckenridge, je vis les photos de l’accident en première page du Denver Post et du Rocky Mountain News ; le camionneur avait survécu, mais les trois passagères de la Toyota Camry qu’il avait percutée et envoyée par-dessus le séparateur en béton étaient mortes. »
Extrait de : D. Simmons. « L’Amour, la Mort. »