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L’abominable par D. Simmons

Fiche de L’abominable

Titre : L’abominable
Auteur : Dan Simmons
Date de parution : 2013
Traduction : C. Arnaud
Editeur : Robert Laffont

Première page de L’abominable

« Nous sommes tous les trois en train de déjeuner au sommet du Cervin, quand nous apprenons la disparition de Mallory et d’Irvine dans l’Everest.

C’est une journée splendide de la fin du mois de juin 1924, et l’information se trouve dans les pages d’un journal anglais vieux de trois jours avec lequel une employée de la petite auberge du Breuil, en Italie, a emballé nos sandwichs de bon pain frais au rosbif et raifort. Sans le savoir, j’ai porté cette nouvelle encore immatérielle – mais qui va bientôt nous peser lourdement – jusqu’en haut du Cervin dans mon sac à dos, à côté d’une outre de vin, de deux bouteilles d’eau, de trois oranges, de trente mètres de corde d’escalade et d’un gros salami. »

Extrait de : D. Simmons. « L’Abominable. »

Flashback par D. Simmons

Fiche de Flashback

Titre : Flashback
Auteur : Dan Simmons
Date de parution : 2011
Traduction : P. Dusoulier
Editeur : Robert Laffont

Première page de Flashback

« — Vous vous demandez probablement pourquoi je vous ai prié de venir ici aujourd’hui, Mr Bottom, dit Hiroshi Nakamura.

— Non, répondit Nick. Je sais pourquoi vous m’avez fait venir ici.

Nakamura eut l’air surpris.

— Vous le savez ?

— Ouais, fit Nick en pensant : Et puis merde… Au point où tu en es… Nakamura veut engager un détective. Montre-lui que tu en es un. Vous voulez que je trouve la ou les personnes qui ont tué votre fils Keigo.

Nakamura cligna des yeux sans rien dire. C’était comme si le fait d’entendre prononcer le nom de son fils l’avait figé sur place.

Le vieux milliardaire jeta un coup d’œil vers son chef de la sécurité, un homme trapu mais puissamment bâti qui se tenait accoudé à un tansu près d’un shōji ouvert par lequel on apercevait le jardin intérieur. Si Sato avait réagi à l’interrogation muette de son employeur par un geste ou une expression quelconque, Nick n’avait rien remarqué. »

Extrait de : D. Simmons. « Flashback. »

Drood par D. Simmons

Fiche de Drood

Titre : Drood
Auteur : Dan Simmons
Date de parution : 2009
Traduction : O. Demange
Editeur : Robert Laffont

Première page de Drood

« Je m’appelle Wilkie Collins et puisque j’ai l’intention de repousser la publication de ce document d’au moins un siècle et quart après le jour de mon trépas, je suppose que mon nom ne te dit rien. Certains me présentent comme un joueur et ils ont raison. Je te parie donc, Cher Lecteur, que tu n’as lu aucun de mes livres, aucune de mes pièces de théâtre et que tu n’en as même pas entendu parler. Après tout, peut-être ne parlez-vous plus anglais, Britanniques et Américains de quelque cent vingt-cinq ans dans le futur. Peut-être vous habillez-vous comme des Hottentots, vivez-vous dans des grottes éclairées au gaz, voyagez-vous en ballon et communiquez-vous par transmission de pensée, sans vous embarrasser du moindre langage parlé ou écrit.

Néanmoins, je suis prêt à parier ma fortune, pour ce qu’elle vaut, et tous les droits d’auteur à venir de mes pièces et de mes romans, pour ce qu’ils vaudront, que vous vous souvenez du nom, des livres, des pièces et des personnages imaginaires de mon ami et ancien collaborateur, un certain Charles Dickens.»

Extrait de : D. Simmons. « Drood. »

Collines noires par D. Simmons

Fiche de Collines noires

Titre : Collines noires
Auteur : Dan Simmons
Date de parution : 2010
Traduction : O. Demange
Editeur : Robert Laffont

Première page de Collines noires

« Paha Sapa retire sa main précipitamment, mais pas suffisamment pour éviter le choc, fulgurant comme la morsure d’un crotale, de l’esprit du Wasicun*2 mourant qui, d’un bond, s’introduit dans ses doigts et remonte le long de son bras jusqu’à sa poitrine. Le garçon recule en titubant, épouvanté, tandis que le fantôme s’insinue, brûlant, dans ses veines et dans ses os tel un flot de venin. L’esprit du Wasicun creuse un sillon brûlant dans les nerfs de l’épaule de Paha Sapa, avant de se répandre dans son thorax et dans sa gorge, bouillonnant et tourbillonnant à l’image d’une épaisse fumée grasse. Paha Sapa en sent le goût. Un goût de mort. Se dilatant toujours, le fantôme envahit le torse de Paha Sapa, il descend, gagne les extrémités du petit garçon, affaiblissant et alourdissant ses bras et ses jambes. Tandis que le fantôme du Wasicun emplit ses poumons d’une affreuse pesanteur qui s’élargit, se densifie et lui coupe le souffle, Paha Sapa se rappelle le jour – il était encore si petit ; il marchait à peine – où il a failli se noyer dans la rivière de la Langue. Du fond de sa terreur, Paha Sapa qui n’a même pas onze étés sent pourtant que ce qui lui arrive – cette invasion – est infiniment plus effroyable qu’une mort par noyade. »

Extrait de : D. Simmons. « Collines noires. »

Une balle dans la tête par D. Simmons

Fiche de Une balle dans la tête

Titre : Une balle dans la tête (Tome 3 sur 3 – Joe Kurtz)
Auteur : Dan Simmons
Date de parution : 2004
Traduction : G. Abadia
Editeur : Editions du Rocher

Première page de Une balle dans la tête

« Le jour où il reçut une balle dans la tête, les choses allaient étrangement bien pour Joe Kurtz. En fait, elles allaient beaucoup trop bien depuis des semaines. Plus tard, il devait se dire qu’il aurait dû se douter que l’univers se préparait à rééquilibrer à ses dépens son grand livre des douleurs et des afflictions.

Et aussi, surtout, aux dépens de la femme qui se trouvait à côté de lui quand les coups avaient été tirés. Il avait rendez-vous à 14 heures avec son officier de probation, et il était arrivé pile au Centre municipal. Comme il était pratiquement impossible, à cette heure-là, de trouver une place pour se garer dans la rue, il était entré dans le parking souterrain commun au Centre, au Palais de justice et à l’état civil. L’un des côtés sympas de son officier de probation était qu’elle lui validait toujours ses tickets de parking. »

Extrait de : D. Simmons. « Balle dans la tête – Joe Kurtz. »

Revanche par D. Simmons

Fiche de Revanche

Titre : Revanche (Tome 2 sur 3 – Joe Kurtz)
Auteur : Dan Simmons
Date de parution : 2002
Traduction : G. Abadia
Editeur : Editions du Rocher

Première page de Revanche

« Joe Kurtz n’ignorait pas qu’un beau jour sa concentration serait en défaut, son attention faiblirait à un moment crucial, ses instincts aiguisés par près de douze ans de réclusion où il fallait survivre coûte que coûte l’abandonneraient, et que ce jour-là il mourrait de mort violente.
Mais il n’en était pas encore là.
Il remarqua la vieille Pontiac Firebird qui tournait au coin de la rue derrière lui et se garait à l’autre bout du parking quand il s’arrêta au snack Chez Ted de Sheridan Avenue. En sortant, il vit les trois hommes assis à l’intérieur de la Pontiac dont le moteur tournait. Ses essuie-glaces écartaient la neige qui tombait en un double arc noir, et Kurtz compta trois têtes à l’intérieur à la faveur des lumières derrière la voiture. Il n’était pas encore 18 heures, mais c’était déjà la nuit, la nuit froide et noire, la nuit claustrophobique de Buffalo en février. »

Extrait de : D. Simmons. « Revanche – Joe Kurtz. »

Vengeance par D. Simmons

Fiche de Vengeance

Titre : Vengeance (Tome 1 sur 3 – Joe Kurtz)
Auteur : Dan Simmons
Date de parution : 2000
Traduction : G. Abadia
Editeur : Gallimard

Première page de Vengeance

« Tard dans l’après-midi, un mardi, Joe Kurtz tapa à la porte de l’appartement d’Eddie Falco.

— Qui c’est ? demanda Eddie, juste derrière.

Kurtz s’écarta et répondit quelque chose d’inintelligible.

— Hein ? demanda Eddie. Qui c’est, bordel ?

Kurtz renouvela ses borborygmes d’un ton d’urgence.

— Merde ! fit Eddie en tournant le verrou.

Pistolet à la main, il entrebâilla la porte, mais sans défaire la chaîne de sécurité.

Kurtz enfonça la porte d’un coup de pied, arrachant la chaîne avec sa fixation. Il fonça sur Eddie, qu’il entraîna au milieu de la pièce. Falco le dépassait d’une demi-tête et lui rendait au moins quinze kilos, mais Kurtz avait l’avantage de l’élan.

Eddie abaissa son Browning 9 mm. Sans cesser d’entraîner son adversaire plus grand que lui vers le mur opposé où le store en bois de la fenêtre était baissé, Kurtz avait mis son bras en travers du torse d’Eddie, dont il broyait le bras de sa main droite, à la base du biceps. Il glissa vivement sa main gauche sur le Browning. »

Extrait de : D. Simmons. « Vengeance – Joe Kurtz. »

Olympos par D. Simmons

Fiche de Olympos

Titre : Olympos (Tome 2 sur 2 – Ilium et Olympos)
Auteur : Dan Simmons
Date de parution : 2004
Traduction : J.-D. Brèque
Editeur : Robert Laffont

Première page de Olympos

« Peu de temps avant l’aurore, Hélène de Troie est réveillée par le hurlement des sirènes. Elle promène une main sur les coussins de son lit, mais Hockenberry, son amant du moment, a disparu – il s’est éclipsé en pleine nuit, pendant que les domestiques dormaient encore, ainsi qu’il le fait toujours à l’issue d’une nuit d’amour avec elle, comme s’il avait honte de ses actes, et sans doute marche-t-il en ce moment dans les ruelles et les venelles les plus obscures de la ville. Hockenberry est un homme bien triste et bien étrange, songe Hélène. Puis elle se souvient.

Mon époux est mort.

Cela fait neuf jours que la mort de Pâris, tué par l’impitoyable Apollon, relève de la réalité – dans trois heures débuteront ses funérailles, auxquelles doivent participer Troyens et Achéens, si le char divin qui survole la cité d’Ilium ne l’a pas complètement détruite dans les prochaines minutes –, mais Hélène n’arrive toujours pas à croire que son Pâris n’est plus. »

Extrait de : D. Simmons. « Olympos – Ilium et Olympos. »

Ilium par D. Simmons

Fiche de Ilium

Titre : Ilium (Tome 1 sur 2 – Ilium et Olympos)
Auteur : Dan Simmons
Date de parution : 2003
Traduction : J.-D. Brèque
Editeur : Pocket

Première page de Ilium

« La rage.
Chante, ô Muse, la rage d’Achille, le fils de Pelée, meurtrier, tueur d’hommes, promis à la mort, chante la rage qui aux Achéens coûta tant de braves et jeta en pâture à Hadès tant d’âmes pleines de joie et de vie. Et tant que tu y es, ô Muse, chante la rage des dieux eux-mêmes, si capricieux et si puissants sur leur nouvel Olympe, et la rage des posthumains, bien qu’ils aient été emportés par la mort, et la rage des quelques vrais humains qui subsistent, bien qu’ils soient devenus vains et inutiles. Et pendant que tu chantes, ô Muse, chante aussi la rage de ces êtres pensants, conscients, sérieux mais pas vraiment humains, qui rêvent sous les glaces d’Europe, meurent dans les cendres sulfureuses d’Io et naissent dans les replis glacials de Ganymède. »

Extrait de : D. Simmons. « Illium – Ilium et Olympos. »

Les chiens de l’hiver par D. Simmons

Fiche de Les chiens de l’hiver

Titre : Les chiens de l’hiver (Tome 3 sur 3 – Elm Haven)
Auteur : Dan Simmons
Date de parution : 2002
Traduction : G. Abadia
Editeur : Editions du Rocher

Première page de Les chiens de l’hiver

« Quarante et un ans après ma mort, mon ami Dale retourna à la ferme où j’avais été assassiné. C’était un très rude hiver.

Je sais ce que vous vous dites. Vous pensez à la vieille histoire que racontent les journalistes sur William Randolph Hearst quand il eut besoin de couvrir les inondations de Johnstown et envoya là-bas un jeune reporter débutant. Pour ce gamin, c’était une occasion unique. Le lendemain, il câbla son article au journal avec pour titre ronflant : ASSIS AU SOMMET D’UNE COLLINE SOLITAIRE DOMINANT JOHNSTON, DIEU A JETÉ AUJOURD’HUI UN REGARD DÉSOLÉ SUR LES RAVAGES OPÉRÉS PAR LES FORCES DE DESTRUCTION DE LA NATURE EN FOLIE. Les vétérans du journal jurent que Hearst n’hésita pas une seconde avant de câbler sa réponse au journaliste : OUBLIEZ LA CATASTROPHE. COUREZ INTERVIEWER DIEU. »

Extrait de : D. Simmons. « Les chiens de l’hiver – Elm Haven. »