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Chacun son tour par P. J. Farmer

Fiche de Chacun son tour
Titre : Chacun son tour
Auteur : Philip José Farmer
Date de parution : 1973
Traduction : J. Lacor
Editeur : Jean-Claude Lattès
Première page de Chacun son tour
« Verne a décrit Phileas Fogg comme un Byron barbu, un Byron si serein, qu’il aurait pu vivre mille ans sans vieillir. Cette remarque à propos de son éventuelle longévité fut-elle une simple coïncidence ou une idée en l’air que le hasard aurait revêtue des ailes de la vérité ?
Une vie longue d’un millénaire, voilà exactement ce qui avait été promis à Fogg. On pensait, en 1872, qu’il avait environ quarante ans, et c’était effectivement son âge. Car l’élixir d’Éridan ne produit pas d’effet avant la quarantaine ; c’est à ce moment-là seulement qu’il se met (rapidement) à agir. S’il est toujours de ce monde, Fogg doit sembler aujourd’hui à peine plus vieux d’un an ou deux. Or il y a de grandes chances qu’il soit encore vivant, et fort bien portant au demeurant, quelque part en Angleterre. Qui pourrait montrer une pierre tombale où soient gravés son nom et sa date de naissance, 1832, suivie de celle de sa mort ? Personne. »
Extrait de : P. J. Farmer. « Chacun son tour. »
L’homme qui trahit la vie par P. J. Farmer

Fiche de L’homme qui trahit la vie
Titre : L’homme qui trahit la vie (Tome 3 sur 3 – Un exorcisme)
Auteur : Philip José Farmer
Date de parution : 1973
Traduction : A. Garsault
Editeur : Presses Pocket
Première page de L’homme qui trahit la vie
« GORDON Carfax gémit. Il s’assit dans son lit et, de la main, chercha Frances. L’aube teintait déjà les persiennes de gris. Frances était partie avec la nuit. Un coq avait chanté, il en aurait juré. Pourtant, on n’entendait que l’aboiement des chiens du voisinage. Il tenta de trouver une explication : la veille au soir, il avait lu trop longtemps et, comme pour Hamlet, un fantôme… Sa raison eut tôt fait de balayer cette hypothèse ridicule.
Brassé par un tourbillon mystérieux, les ténèbres s’étaient agglutinées en une forme humaine. Un ectoplasme s’était matérialisé devant ses yeux hagards. Frances ! Les bras tendus dans sa direction, elle avait glissé vers lui à pas lents et silencieux. Belle, telle qu’elle était restée dans son souvenir. Et elle avait souri. Un sourire qui trahissait la colère mêlée à une souffrance indéfinissable. »
Extrait de : P. J. Farmer. « L’homme qui trahit la vie – Un exorcisme. »
Gare à la bête par P. J. Farmer

Fiche de Gare à la bête
Titre : Gare à la bête (Tome 2 sur 3 – Un exorcisme)
Auteur : Philip José Farmer
Date de parution : 1968
Traduction : M. Pétris
Editeur : Presses Pocket
Première page de Gare à la bête
« La pluie semblait ne jamais devoir cesser.
Ce six au soir, dans une ville évoquant la planète Vénus vue par un auteur de science-fiction des années trente, Harald Childe suivait Vivienne Mabcrough.
Quelques instants plus tôt, il s’était arrêté à un feu rouge derrière une grosse Rolls-Royce noire, à l’intersection de Santa Monica Boulevard et de Canon Drive, à Beverly Hills.
Grâce à l’essuie-glace qui balayait la lunette arrière du véhicule, il avait pu apercevoir Vivienne Mabcrough. Assis à l’arrière avec un homme, elle avait tourné la tête au moment où le feu passait au vert, révélant un profil à jamais gravé dans la mémoire de Childe. Certes c’était le plus parfait qu’il lui ait été donné de voir. Et vu, pour la dernière fois, dans de telles circonstances que, malgré tous ses efforts, il lui était bien impossible de l’oublier. »
Extrait de : P. J. Farmer. « Gare à la bête – Un exorcisme. »
Comme une bête par P. J. Farmer

Fiche de Comme une bête
Titre : Comme une bête (Tome 1 sur 3 – Un exorcisme)
Auteur : Philip José Farmer
Date de parution : 1968
Traduction : F. Lasquin
Editeur : Presses Pocket
Première page de Comme une bête
« Du lait. Vert. En train de tourner.
La fumée montait vers la lumière, la fumée et la lumière se mêlaient, se muaient en lait vert. Le lait se décomposait en millions de particules verdâtres, montait, recouvrait le plafond d’une fumée opaque.
Le smog était partout. En haut. En bas. Dans la salle. Dehors.
Vert, aigre.
L’aigreur n’émanait pas seulement du smog qui s’était insinué à travers les climatiseurs et de la fumée des cigarettes qui formait d’épaisses volutes. Harald Childe avait encore à l’esprit les images qu’il avait vues ce matin-là, et il savait qu’il allait les revoir bientôt.
Childe n’avait jamais vu la salle de projection du commissariat central de Los Angeles plongée dans une telle obscurité. En temps ordinaire, le rayon lumineux qui sortait de la cabine de projection éclairait un peu la pénombre. »
Extrait de : P. J. Farmer. « Comme une bête – Un exorcisme. »
Miasmes de mort par R. Matheson

Fiche de Miasmes de mort
Titre : Miasmes de mort
Auteur : Richard Matheson
Date de parution : 1978
Traduction : A. Dorémieux, D. Hersant, M. Deutsch, B. Martin
Editeur : Casterman
Sommaire de Miasmes de mort
- Journal d’un monstre
- Derrière l’écran
- L’habit fait l’homme
- La maison du crime
- La maison enragée
- Frère de la machine
- Appel longue distance
- Intrusion
- Une armée de conspirateurs
- Les enfants de Noah
- Cauchemar à six mille mètres
- Sans paroles
Première page de L’habit fait l’homme
« J’allai me réfugier sur la terrasse pour fuir le caquetage des buveurs de cocktails.
Je m’assis dans un coin obscur, j’étirai mes jambes et poussai un soupir de profond ennui.
La porte donnant sur la terrasse se rouvrit ; un homme sortit en titubant de la pièce emplie d’une gaieté bruyante et alla s’appuyer contre la balustrade pour regarder la ville qui s’étendait au-dessous de lui.
« Oh ! mon Dieu ! » murmura-t-il en passant une main molle dans ses cheveux clairsemés. Il secoua la tête d’un air las en contemplant la lumière qui brillait au sommet de l’Empire State Building. »
Extrait de : R. Matheson. « Miasmes de mort. »
Les seins de glace par R. Matheson

Fiche de Les seins de glace
Titre : Les seins de glace
Auteur : Richard Matheson
Date de parution : 1954
Traduction : F. M. Watkins
Editeur : Gallimard
Première page de Les seins de glace
« Il faisait plutôt frisquet, ce jour-là, je m’en souviens. Le ciel était légèrement couvert ; les falaises paraissaient grisâtres sous leur voile de brume. C’est sans doute pour ça qu’il n’y avait pas foule sur la plage. De plus nous étions en semaine, avant les vacances scolaires. Le mois de juin, quoi ! Tout compte fait, vous voyez le tableau : une immense étendue de sable où nous étions seuls, elle et moi.
J’avais commencé par lire. Mais ça devenait rasant. Abandonnant mon livre, je restai assis, les bras noués autour des genoux, à me régaler du point de vue.
Elle portait un maillot une pièce. Elle devait faire dans les un mètre soixante-cinq. Mince, mais bien roulée. Elle paraissait fascinée par les vagues. Ses cheveux blonds, coupés court, voletaient légèrement sous la brise. »
Extrait de : R. Matheson. « Les seins de glace. »
Les mondes macabres par R. Matheson

Fiche de Les mondes macabres
Titre : Les mondes macabres
Auteur : Richard Matheson
Date de parution : 1974
Traduction : B. Martin, A. Dorémieux, M.Deutsch, P. Billon, C. Renard, R. Lathière
Editeur : Casterman
Sommaire de Les mondes macabres
- Quand le veilleur s’endort
- La robe de soie blanche
- Mamour, quand tu es près de moi
- Escamotage
- Une maison de haut vol
- Nef de mort
- Cher journal
- Cycle de survie
- Danse macabre
- Une histoire mémorable
- Jours disparus
- Au bord du précipice
- Deus ex machina
- La fille de mes rêves
- Onde de choc
- Appuyez sur le bouton
- Thérèse
- Gibier
Première page de Quand le veilleur s’endort
« Si un observateur avait survolé la ville à cette heure du jour, qui ressemblait à toute autre journée de l’an 3850, il aurait pu penser que la vie s’était totalement éteinte.
Passant au-dessus des tours épargnées par la rouille, il aurait cherché en vain la moindre trace d’activité humaine. Son regard aurait balayé les larges rubans des autoroutes qui s’entrecroisaient les unes par-dessus les autres comme la trame de quelque gigantesque métier à tisser. Mais il n’y aurait pas eu d’automobiles en vue ; rien que des voies désertes et des feux de circulation dont les couleurs se succédaient en cliquetant, réglant mécaniquement la marche des véhicules absents.
En perdant de l’altitude pour décrire des lacets parmi les tours étincelantes, il eût pu voir les trottoirs roulants, le tournoiement calculé des énormes ventilateurs des rues, qui assuraient la chaleur en hiver, la fraîcheur en été, les petites portes qui s’ouvraient et se refermaient, les jets d’eau des parcs dressant leurs colonnes bien disciplinées dans l’air. »
Extrait de : R. Matheson. « Les mondes macabres. »
Le livre d’or par R. Matheson

Fiche de Le livre d’or
Titre : Le livre d’or de la science fiction
Auteur : Richard Matheson
Date de parution : 1981
Traduction : A. Dorémieux, D. Riche, B. Martin, A. Rosenblum, M. Deutsch, R. Durand, P. Hebert, P. J. Izabelle, N. Dudon, R. Lathière
Editeur : Pocket
Sommaire de Le livre d’or
- Journal d’un monstre
- La chose
- Les déshéritiers
- Paille humide
- Le dernier jour
- Lazare n°II
- L’homme qui a fait le monde
- Le zoo
- Le test
- Le conquérant
- Funérailles
- Moutons de Panurge
- Le distributeur
- Rien de tel qu’un vampire
- Deadline
- Le pays de l’ombre
- Appuyez sur le bouton
- Bobby
- Ce que je crois
Première page de Journal d’un monstre
« X – Aujourd’hui maman m’a appelé monstre. Tu es un monstre elle a dit. J’ai vu la colère dans ses yeux. Je me demande qu’est-ce que c’est qu’un monstre.
Aujourd’hui de l’eau est tombée de là-haut. Elle est tombée partout j’ai vu. Je voyais la terre dans la petite fenêtre. La terre buvait l’eau elle était comme une bouche qui a très soif. Et puis elle a trop bu l’eau et elle a rendu du sale. Je n’ai pas aimé.
Maman est jolie je sais. Ici dans l’endroit où je dors avec tout autour des murs qui font froid j’ai un papier. Il était pour être mangé par le feu quand il est enfermé dans la chaudière. Il y a dessus FILMS et VEDETTES. Il y a des images avec des figures d’autres mamans. Papa dit qu’elles sont jolies. Une fois il l’a dit.
Et il a dit maman aussi. Elle si jolie et moi quelqu’un de comme il faut. Et toi regarde-toi il a dit et il avait sa figure laide de quand il va battre. J’ai attrapé son bras et j’ai dit tais-toi papa. Il a tiré son bras et puis il est allé loin où je ne pouvais pas le toucher. »
Extrait de : R. Matheson. « Le livre d’or de la SF. »
Le jeune homme, la mort et le temps par R. Matheson

Fiche de Le jeune homme, la mort et le temps
Titre : Le jeune homme, la mort et le temps
Auteur : Richard Matheson
Date de parution : 1975
Traduction : R. Blunden
Editeur : Gallimard
Première page de Le jeune homme, la mort et le temps
« La route de Long Valley défile sous mes pneus. Belle journée ; soleil radieux, ciel bleu. Je longe des barrières peintes en blanc. Un cheval m’examine. Les verts pâturages de la région de Los Angeles. La route monte et descend. Dimanche matin. Paisible. Des poivriers bordent la route, leur feuillage caressé par la brise.
La sortie ne doit plus être loin. Fini, Bob et Mary, fini leur maison, mon petit bungalow au fond du parc ; fini Kit qui venait me rendre visite pendant que je travaillais, cognait des sabots, soupirait, hennissait, gémissait, puis, n’ayant pas réussi à attirer mon attention, cognait son museau contre le mur dans l’espoir d’obtenir quelque friandise. Fini, tout ça.
La descente finale et le dernier cassis de ralentissement. Devant moi, l’autoroute de Ventura et le vaste monde. Adios Amigos peint sur le panneau surplombant le portail. Adieu, Hidden Hills. »
Extrait de : R. Matheson. « Le jeune homme, la mort et le temps. »
La maison des damnés par R. Matheson

Fiche de La maison des damnés
Titre : La maison des damnés
Auteur : Richard Matheson
Date de parution : 1971
Traduction : P. Reumaux
Editeur : J’ai lu
Première page de La maison des damnés
« Depuis 5 heures, ce matin-là, il pleuvait à verse. Un temps à la Brontë, pensa le Dr Barrett en réprimant un sourire. Tout lui donnait l’impression d’être un personnage sorti d’un roman noir à la mode : la pluie battante, le froid, les deux heures de trajet depuis Manhattan dans l’une des longues limousines noires de Deutsch, aux sièges capitonnés de cuir. L’interminable attente dans ce corridor où des hommes et des femmes qui faisaient à peine attention à lui entraient et sortaient en hâte de la chambre de Deutsch avec des mines affolées.
Il tira sa montre de la poche de sa veste et ouvrit le bottier. Il y avait plus d’une heure qu’il était là. Que diable Deutsch lui voulait-il ? Probablement quelque chose en rapport avec la parapsychologie. »
Extrait de : R. Matheson. « La maison des damnés. »