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L’homme qui rétrécit par R. Matheson

Fiche de L’homme qui rétrécit

Titre : L’homme qui rétrécit
Auteur : Richard Matheson
Date de parution : 1956
Traduction : J. Chambon, C. Elsen
Editeur : Denoël

Première page de L’homme qui rétrécit

« Il crut d’abord à un raz de marée. Puis il se rendit compte que le ciel et l’océan restaient visibles en transparence ; il s’agissait en fait d’un rideau d’embruns qui se précipitait sur le bateau.

Il prenait un bain de soleil sur le toit de la cabine et c’était par pure coïncidence qu’il s’était soulevé sur un coude et avait vu la chose approcher.

« Marty !» cria-t-il. Pas de réponse. Il traversa précipitamment le bois surchauffé et se laissa glisser sur le pont. « Hé ! Marty ! »

Le rideau d’embruns n’avait rien de menaçant, mais un obscur instinct lui commandait de l’éviter. Il contourna la cabine à toute vitesse, grimaçant sous la douleur qu’infligeaient à ses pieds nus les planches brûlantes. Engagé dans une véritable course.

Qu’il perdit. Un instant en plein soleil, voilà qu’il se retrouvait l’instant suivant aspergé par un crachin tiède et diamantin.

Et puis plus rien. Il resta un instant immobile, couvert de gouttelettes étincelantes, à regarder le nuage glisser sur l’eau. Soudain, il frissonna et baissa les yeux. Il ressentait un curieux picotement sur la peau. »

Extrait de : R. Matheson. « L’homme qui retrecit. »

Jour de fureur par Richard Matheson

Fiche de Jour de fureur

Titre : Jour de fureur
Auteur : Richard Matheson
Date de parution : 1953
Traduction : F.-M. Watkins
Editeur : Gallimard

Première page de Jour de fureur

« 1 h du matin

Le clair de lune brillait sur sa figure, pendant qu’il jouait une marche funèbre. Mais il n’y avait pas de piano. Rien que l’étroit lit de camp sur lequel il était allongé ; en guise de matelas, une simple couverture brune pliée en deux. Sa tête reposait sur un mince oreiller. Le rayon de lune qui tombait de biais sur son corps éclairait ses mains maigres qui jouaient du Chopin sur ses cuisses. La salle était silencieuse, mais la musique résonnait dans sa tête.

Vincent avait une abondante chevelure noire en désordre et des yeux sombres. Vingt-six ans. Sa figure semblait avoir été sculptée par un artiste qui n’avait pas su s’arrêter une fois son œuvre achevée et qui, cherchant la perfection, avait taillé jusqu’à l’extrême finesse des oreilles et des narines diaphanes, des lèvres et un menton fragiles comme du verre, prêts à se briser au moindre choc ; le tout d’un blanc d’albâtre, d’ivoire. »

Extrait de : R. Matheson. « Jour de fureur. »

Je suis une légende par R. Matheson

Fiche de Je suis une légende

Titre : Je suis une légende
Auteur : Richard Matheson
Date de parution : 1954
Traduction : N. Serval
Editeur : Gallimard

Première page de Je suis une légende

« Lorsque le ciel  – comme c’était le cas ces jours-ci  – était nuageux, Robert Neville ne se rendait pas toujours compte de l’approche du soir, et parfois ils auraient pu envahir les rues avant qu’il ne fût rentré chez lui.

S’il avait eu l’esprit plus précis, il aurait pu calculer approximativement le moment de leur arrivée ; mais il avait gardé la vieille habitude de s’en remettre à la couleur du ciel. Par temps couvert, cette méthode n’était pas sûre et c’est pourquoi, ces jours-là, il préférait ne pas s’éloigner de sa demeure…

Il fit le tour de la maison, une cigarette collée au coin de la bouche, et examina chaque fenêtre pour s’assurer qu’aucune planche ne manquait : après certains assauts particulièrement violents, il arrivait que plusieurs fussent fendues ou à demi arrachées. Il lui fallait alors les remplacer, et il détestait cela. Aujourd’hui, une seule manquait. « Curieux », pensa-t-il… »

Extrait de : R. Matheson. « Je suis une légende. »

Echos par R. Matheson

Fiche de Echos

Titre : Echos
Auteur : Richard Matheson
Date de parution : 1958
Traduction : J.-P. Gratias
Editeur : Rivages

Première page de Echos

« Le jour où tout a commencé – un chaud samedi d’août – j’avais quitté mon travail peu après midi. Je m’appelle Tom Wallace ; je travaille au service de documentation de l’usine d’Aviation Nord-Américaine, à Inglewood, en Californie. À ce moment-là, nous habitions à Hawthorne, dans une résidence. La maison que nous louions appartenait à l’une de nos voisines, Mildred Sentas. En général, je faisais l’aller-retour entre mon domicile et l’usine en compagnie d’un autre voisin, Frank Wanamaker, chacun de nous utilisant sa voiture à tour de rôle. Mais Frank n’aimait pas travailler le samedi, et ce jour-là, il avait réussi à se faire excuser. C’est donc seul que je rentrai chez moi.

En abordant Tulley Street, j’aperçus devant notre porte une vieille voiture à la carrosserie bien briquée, et je sus que Philip, le frère d’Anne, était venu nous rendre visite. Philip était étudiant en psychologie à l’Université de Californie, à Berkeley, et il descendait parfois à Los Angeles pour le week-end. C’était la première fois qu’il venait nous voir dans notre nouvelle maison ; nous avions emménagé deux mois plus tôt seulement. »

Extrait de : R. Matheson. « Échos. »

Dystopia par R. Matheson

Fiche de Dystopia

Titre : Dystopia
Auteur : Richard Matheson
Date de parution : 2000
Traduction : C. Perdereau
Editeur : J’ai lu

Sommaire de Dystopia

  • Dystopia 1
    • Photos souvenirs
    • Photo voyance
    • L’homme qui hurlait
    • Vacances
    • Tapage nocturne
    • Rouge
    • Stimulations
    • Intrus
    • Cache-cache
    • Möbius
    • La cité des rêves
    • Vampire
    • S’il vous plaît, aidez-moi
    • Annulé
    • Mutilator
    • Banlieusards
    • Oral
    • Région de la chair
    • La grande chute
    • H.D.’s (3)
    • Troisième souffle
    • Ménage à trois
    • Incorporation
    • Le film
    • Après la pluie …
    • Manifeste
    • L’homme idéal
    • Chirurgie à mains nues
    • Rupture
  • Dystopia 2
    • Whatever
    • Les redoutables
    • L’homme qui achetait par correspondance
    • Agresseur
    • Je suis toujours là
    • Une chaleur d’enfer
    • Yeux
    • Obsolète
    • Wyom …
    • C’était écrit
    • Chair de poule
    • Enfant d’eau
    • Impasse
    • Groupies
    • Mobile inconnu
    • Lit de mort
    • Poussière
    • Sévices
    • Vous peignez ?
    • Nécrologie
    • Etudes supérieures
    • Le baratin
    • Sirènes
    • Quand on veut
    • Hémorragie
    • Entretien
    • Barking sands
    • Pense-bête
    • Question de limite
    • Coeur de l’hiver
    • Echos
    • D’autres vous-mêmes en Amérique

Première page de Photos souvenirs

« Assis.
Au café.
Pour trouver un peu de calme. La paix.
Je bois mon café. Mange mon burger. Mais il y a deux vieux pruneaux à côté qui ne veulent pas la fermer.
« J’adore celle-là. Regarde ça. » Elle a bien deux cents ans.
« Et regarde celle-là… bon sang. » Quatre cents ans, minimum.
Super.
Des vieilles qui regardent des photos. Pourquoi je ne me tire pas une balle ?
« Elle est mignonne, celle-là.
— Oui, hein ? »
Elles grignotent des salades de vieilles. Des escargots fossilisés en pantalons corsaire. J’ai des couteaux à la place des yeux. »

Extrait de : R. Matheson. « Dystopia. »

De la part des copains par R. Matheson

Fiche de De la part des copains

Titre : De la part des copains
Auteur : Richard Matheson
Date de parution : 1960
Traduction : B. Martin
Editeur : Gallimard

Première page de De la part des copains

« La sonnerie du téléphone retentit dans l’entrée.
— Qui peut bien nous appeler à une heure pareille ? demanda Helen en se redressant devant la machine à laver la vaisselle.
— Tu as envie de jouer aux devinettes ? Je donne tout de suite ma langue au chat, répliqua Chris.
Helen lui fit une grimace.
— Tu es en grande forme ce soir !
— On fait ce qu’on peut !
— On peut peu !
Souriante, Helen sortit de la cuisine et traversa le living-room où le tapis assourdissait le bruit de ses mules. Dans l’entrée, la sonnerie stridente tintait toujours. Elle songea qu’on aurait dû la faire poser dans la cuisine. »

Extrait de : R. Matheson. « De la part des copains. »

D’autres royaumes par R. Matheson

Fiche de D’autres royaumes

Titre : D’autres royaumes
Auteur : Richard Matheson
Date de parution : 2011
Traduction : P. Imbert
Editeur : J’ai lu

Première page de D’autres royaumes

« Commençons. Je ne m’appelle pas Arthur Black. Mon nom de famille, c’est White. Mon prénom ? Alexander. Mon éditeur a jadis décrété que le patronyme Alexander White ne cadrait pas avec l’auteur des vingt-six romans de la série Minuit – parmi lesquels on citera Carnage à minuit et Orgie cannibale à minuit, entre autres titres de bon goût. À l’époque, c’est lui qui m’a proposé le nom d’Arthur Black. J’ai eu le temps de m’y faire. J’avais besoin d’argent. Trois mille dollars le bouquin – trois mille cinq cents plus récemment. J’ai fait le dos rond.

Malgré la teneur discutable de mes trente ans de carrière littéraire, j’ai hésité à écrire ce livre. Pourquoi ? Parce que tout est vrai. »

Extrait de : R. Matheson. « D’autres royaumes. »

Cauchemar cathodique par R. Matheson

Fiche de Cauchemar cathodique

Titre : Cauchemar cathodique
Auteur : Richard Matheson
Date de parution : 1993
Traduction : F. Reichert
Editeur : Denoël

Première page de Cauchemar cathodique

« — Alors, est-ce que ça va marcher ?

Alan sourit. Peut-être était-elle réellement incroyable, comme tout le monde s’accordait à le dire. Il n’était pas assis à côté d’elle depuis cinq minutes que déjà c’était parti comme en 14 : le grand numéro, haute voltige et chapeau claque.

— Votre nouveau pilote ? On va voir.

Alan afficha un visage crispé. Ça frôlait le film d’horreur, les séances avec cette bonne femme. Rien que sa façon de s’asseoir, les yeux écarquillés.

Scrutant.

À coup sûr, le décor n’était pas vraiment grandiose. Jamais qu’un petit appart’ clés en main dans un quartier couci-couça de la ville. Le boudoir tout entier avait un petit côté appartement de rencontres pour partouzes d’échangistes, style Vegas éclaté, et velours omniprésent. »

Extrait de : R. Matheson. « Cauchemar cathodique. »

Au-delà de nos rêves par R. Matheson

Fiche de Au-delà de nos rêves

Titre : Au-delà de nos rêves
Auteur : Richard Matheson
Date de parution : 1978
Traduction : H. Collon
Editeur : Flammarion

Première page de Au-delà de nos rêves

« Le manuscrit que vous vous apprêtez à lire est entré en ma possession de la manière suivante.

Au soir du 17 février 1976, on a sonné à la porte et mon épouse est allée ouvrir. Quelques instants plus tard elle est revenue dans la chambre à coucher, où nous étions en train de regarder la télévision. Une femme demandait à me voir.

La porte d’entrée était restée ouverte. Une dame d’une cinquantaine d’années se tenait sur le seuil. Grande et bien mise, elle tenait une grosse enveloppe.

« Robert Nielsen ? »

J’ai acquiescé ; elle m’a tendu l’enveloppe. « Dans ce cas, ceci est pour vous. »

J’ai contemplé l’objet d’un air soupçonneux et demandé ce qu’il contenait.

« C’est de la part de votre frère.  »

Extrait de : R. Matheson. « Au delà de nos rêves. »

Miroir, miroir … par R. Matheson

Fiche de Miroir, miroir …

Titre : Miroir, miroir … (Tome 6 sur 6 – Nouvelles)
Auteur : Richard Matheson
Date de parution : 2003
Traduction : P.-P. Durastanti
Editeur : Flammarion

Sommaire de Miroir, miroir …

  • Miroir, miroir …
  • Dans la douleur
  • Tout n’est que silence
  • Le prisonnier
  • Coup de fil de l’autre côté de la rue
  • Voyons si vous vous souvenez de lui
  • Reliques
  • Toujours devant ta voix …

Première page de Miroir, miroir …

« C’est une de ces histoires qui débute comme elle s’achève, à ceci près, bien sûr, qu’une même phrase peut signifier deux choses différentes selon le contexte. Cette phrase, la voici :

C’était une de ces femmes qui siègent sans répit devant leur miroir et s’adorent. Considérez ces glaces au revers enduit d’argent comme l’étang de Narcisse, et vous ne serez pas loin de la vérité. Car, pour dire le vrai, ces femmes qui passent des heures à poser n’aiment qu’elles. Elles peuvent avoir un mari, un foyer, des responsabilités, certes… mais qu’une ride apparaisse et elles oublient tout le reste dans leur agitation et leur vain désarroi. Témoignez-leur avec largesse de l’affection, de la gentillesse, de la complicité, de l’amour… mais complimentez-les sur leur apparence, et elles oublieront vos louanges plus subtiles. »

Extrait de : R. Matheson. « Miroir, miroir … – Nouvelles. »