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Les compagnons du silence 2 par Paul Féval
Fiche de Les compagnons du silence 2
Titre : Les compagnons du silence 2
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1857
Editeur : Marabout
Première page de Les compagnons du silence 2
« Il y avait du monde partout, cette nuit : dans les salons et dans les galeries, sur les terrasses embaumées de fleurs, dans les parterres, sous les bosquets, le long des rampes illuminées qui montaient à ce chapeau chinois, léger et hardi, nommé le belvédère, au fond des grottes où régnait un suave demi-jour. La cour était là, brillants seigneurs et belles dames.
Quand Doria donnait la fête, on venait de loin. Vous eussiez entendu parler sous les orangers tous les dialectes de l’Italie : la grave langue de Rome, le pur florentin, le piémontais déjà tudesque, et le vénitien, qui a pris des mots à tous les idiomes de la terre.
Il n’y a guère de grande famille dans la péninsule italique qui ne se vante d’être alliée à Doria. Rien qu’avec ses nobles parents, Doria pouvait emplir ses galeries, ses salons et ses jardins. »
Extrait de : P. Féval. « Les Compagnons du Silence II. »
Les compagnons du silence 1 par Paul Féval

Fiche de Les compagnons du silence 1
Titre : Les compagnons du silence 1
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1857
Editeur : Marabout
Première page de Les compagnons du silence 1
« C’était autrefois un paradis terrestre. Pythagore, fils de ces contrées heureuses, les appelait le jardin du monde. C’était la grande Grèce, baignée par trois mers : la Daunie, où naquit Horace ; la Lucanie, où Annibal porta ce coup terrible à la puissance romaine, la bataille de Cannes ; c’était aussi l’Apulie et la Campanie, où le même Annibal s’endormit délicieusement sur son lit de roses et de lauriers. Depuis Parthénope jusqu’à Sybaris, depuis Solmone, patrie d’Ovide, jusqu’à Drepanum, tout au bout de la Sicile, Cérès favorable épargnait à l’homme le travail des champs. Fleurs et fruits venaient sans culture. Maintenant, cela s’appelle le royaume de Naples ou des Deux-Siciles. En cherchant bien, Annibal y trouverait de quoi refaire ses délices de Capoue. Mais Cérès, détrônée, ne protège plus la mollesse de ces peuples.
Il y a eu comme un grand châtiment. Cette luxuriante écorce qui recouvrait la terre des Calabres s’est violemment déchirée, un vent de ruine a soufflé, laissant çà et là dans la campagne désolée d’adorables oasis, comme pour faire regretter mieux aux fils déshérités des heureux les splendeurs de l’Éden perdu. »
Extrait de : P. Féval. « Les Compagnons du Silence I. »
Les Cinq par Paul Féval
Fiche de Les Cinq
Titre : Les Cinq
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1875
Editeur : WikiSource
Première page de Les Cinq
« Au mois de Mai 1844, mourut, à Paris, un vieil homme immensément riche, qui portait sans bruit un nom des plus illustres.
Il possédait, en Valachie, toute une population de paysans serbes et tziganes qui cultivaient ses domaines, vastes comme un royaume, mais il vivait, seul et triste, dans une toute petite chambre d’un vieil hôtel, situé rue Pavée, au Marais.
Bien des gens croyaient qu’il était seulement un maigre locataire dans cette maison quasi-royale, cousine du Louvre, et qu’un Valois avait fait bâtir, au XVIe siècle, pour le fils de la plus charmante créature qui ait été jamais la maîtresse d’un roi.
On l’appelait le bonhomme Michel, tout court, mais ses lettres de décès invitèrent l’élite du faubourg Saint-Germain aux « convoi, service et enterrement de haut et puissant prince Michel Paléologue. »
C’était, ce bonhomme, le descendant direct des empereurs d’Orient. »
Extrait de : P. Féval. « Les Cinq. »
Les belles de nuit – Tome 2 par Paul Féval
Fiche de Les belles de nuit – Tome 2
Titre : Les belles de nuit ou les anges de la famille – Tome 2
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1850
Editeur : Feedbooks
Première page de Les belles de nuit – Tome 2
« On avait vu s’établir, depuis six semaines ou deux mois, au grand hôtel des Quatre Parties du monde, situé rue de Valois-Batave, devant le Palais-Royal, une colonie composée d’étrangers assez marquants.
Ils étaient trois hommes et deux femmes, sans compter les domestiques, et vivaient en famille, bien qu’ils portassent tous des noms différents.
En 1820, les hôtels nombreux, groupés autour du Palais-Royal étaient encore habités presque exclusivement par ce peuple cosmopolite de joueurs et de viveurs qu’attiraient la roulette et la gloire européenne des déesses parquées dans les galeries.
Le Palais-Royal était le centre des joyeux mystères ; les goutteux de province en parlaient avec onction à leurs coquins de neveux. Sa renommée était aussi brillante aux froides rives de la Néva qu’aux bords de la Tamise, ce brumeux Pactole qui roule des guinées, Vienne, Berlin, l’Italie, envoyaient à ce temple, ouvert à tous les désirs, d’innombrables dévots. Les sauvages de l’Amérique en racontaient les merveilles dans leurs wigwams, en buvant des petits verres d’eau-de-feu, et les bons musulmans de Turquie nourrissaient le secret espoir que c’était là précisément le paradis annoncé par le prophète. »
Extrait de : P. Féval. « Les-Belles-de-nuit ou Les Anges de la famille – Tome II. »
Les belles de nuit – Tome 1 par Paul Féval
Fiche de Les belles de nuit – Tome 1
Titre : Les belles de nuit ou les anges de la famille – Tome 1
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1850
Editeur : Feedbooks
Première page de Les belles de nuit – Tome 1
« En 1817, la principale auberge de la ville de Redon était située sur le port et avait pour enseigne un bélier noir, coiffé d’une auréole.
On connaissait le Mouton couronné à Rennes, à Vannes et jusqu’à Nantes ; bon logis à pied et à cheval, tenu par le père Géraud, ancien cuisinier au long cours.
Redon est une cité de trois mille âmes, assise sur les confins de la Loire-Inférieure et de l’Ille-et-Vilaine, au bord même de la rivière qui donne son nom à ce dernier département. Malgré son nom romain, elle renferme peu de monuments remarquables, et la maison de maître Géraud, portant six fenêtres de façade, rivalisait avec les édifices affectés aux plus illustres destinations ; c’était bâti en bonnes pierres comme la sous-préfecture, et grand comme la gendarmerie.
Devant la maison et au delà de l’étroite bande du quai, la Vilaine roulait ses eaux marneuses et saumâtres ; à marée haute, les petits navires caboteurs venaient jusque sous les fenêtres de l’auberge. »
Extrait de : P. Féval. « Les-Belles-de-nuit ou Les Anges de la famille – Tome I. »
Les amours de Paris – Tome VI par Paul Féval

Fiche de Les amours de Paris – Tome VI
Titre : Les amours de Paris – Tome VI
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1845
Editeur : BnF
Première page de Les amours de Paris – Tome VI
« Le parti de Du Chesnel était pris définitivement désormais.
Il s’était marié dans un but ; il fallait que ce but fût rempli.
Qu’importait l’amour étourdi qui était venu imprudemment se jeter à la traverse de ses desseins ?…
Charlotte était belle : tant mieux ; c’est pour cela qu’il l’avait prise…
Mais cette beauté, au demeurant, ce n’était point pour lui qu’il l’avait acquise ; c’était un instrument, un levier, un moyen. – Du Chesnel, revenu à la sagesse, se reprochait presque d’avoir été prodigue, et d’avoir mangé son blé en herbe, comme Panurge.
Il avait un lingot d’or. Il s’était amusé à le contempler, au lieu de le faire monnayer et de le placer à bons intérêts…
C’était gaspiller follement un capital.
Heureusement il était temps encore. Avec l’aide de l’excellent Durandin, on pouvait réparer les heures perdues. Il ne fallait qu’un petit effort pour vaincre les premières nausées et avaler la coupe d’un trait.
Hélas ! la pauvre Charlotte ne se doutait guère de la conspiration ourdie contre elle. Elle aimait son mari et elle avait confiance en lui. »
Extrait de : P. Féval. « Les Amours de Paris Tome VI. »
Les amours de Paris – Tome V par Paul Féval

Fiche de Les amours de Paris – Tome V
Titre : Les amours de Paris – Tome V
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1845
Editeur : BnF
Première page de Les amours de Paris – Tome V
« Nous sommes au lendemain du duel de la butte Saint-Chaumont.
Nous entrons au n° 4 de la rue Castiglione, chez madame la baronne de Roye, – cette belle baronne dont le docteur Josépin parlait à Roby l’autre soir avec tant d’emphase à l’Opéra.
Cette belle baronne, veuve après douze heures de mariage, qui était la protectrice de Josépin, la protectrice de l’avoué Durandin, et dont nous avons vu le nom compromis dans cette même conversation des deux amis à l’Opéra, durant le deuxième acte de Moïse, avec les noms de Du Chesnel et de Denisart.
C’était sans doute le boudoir de madame la baronne.
Une tenture de soie bleue descendait du plafond sculpté, encadrant les grandes glaces et amollissant l’éclat trop vif du jour extérieur, qui se jouait, avant d’entrer, parmi les plis affaissés et les larges broderies des rideaux de mousseline des Indes. »
Extrait de : P. Féval. « Les Amours de Paris – Tome V. »
Les amours de Paris – Tome III par Paul Féval

Fiche de Les amours de Paris – Tome III
Titre : Les amours de Paris – Tome III
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1845
Editeur : BnF
Première page de Les amours de Paris – Tome III
« Que de prologues romanesques dans la vie commune, et combien peu de dénouements ! Nous mettons tous en action, chaque heure de chaque jour, le proverbe éternel : L’homme propose et Dieu dispose.
Aux premières pages de ce livre, nous avons vu cinq hommes réunis pour signer un pacte qui devait enchaîner pour eux la fortune. Ils devaient exploiter en commun ce sillon banal, l’amour, qui est, en notre siècle marchand, une valeur matériellement escomptable.
Car don Juan, de nos jours, n’est plus cette âme immense dont le blasphème étonne, dont les témérités sublimes excitent autant l’admiration que l’horreur. – Don Juan, chez nous, aime pour parvenir. Chacun de ses soupirs pèse tant de billets de banque ou tant de gros sous, suivant sa position sociale. Il séduit avec méthode, avec art, comme d’autres manient dextrement le monseigneur et la pince du casseur de serrures. – C’est un filou, que notre don Juan, un maraud, un misérable capable de briser un cœur pour une augmentation d’appointements, capable d’adorer à genoux une idole de soixante ans, si elle est dorée, – capable de vendre sa femme pour une médaille de bronze à l’exposition des produits de l’industrie nationale… »
Extrait de : P. Féval. « Les Amours de Paris – Tome III. »
Les amours de Paris – Tome II par Paul Féval

Fiche de Les amours de Paris – Tome II
Titre : Les amours de Paris – Tome II
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1843
Editeur : BnF
Première page de Les amours de Paris – Tome II
« Les provinciaux et une très grande quantité de Parisiens regardent le Marais comme un quartier exclusivement ridicule. On s’est tant moqué du Marais ! C’est un pays de portiers, de rentiers, d’employés à la Monnaie ou au Mont-de-Piété, de petits commerçants honnêtes, mais pillards, de marchands de vins admis à la retraite, – en un mot, de toute cette portion du genre humain que notre siècle écrase sous la foudroyante dénomination d’épiciers.
Vaudevillistes et romanciers font depuis trente ans assaut d’esprit douteux et ressassent, contre le Marais, trois ou quatre douzaines de plaisanteries faisandées. – Il y a surtout cet intrépide bataillon de porte-plumes dont la spécialité est le roman populaire, ainsi nommé parce qu’il se moque du peuple effrontément et lui fait un cours complet de français de barrières. Ce gai troupeau s’acharne sur le Marais ; il le dévore pièce à pièce pour la plus grande joie des grisettes du reste de la ville ; il le drape si bel et si bien, que nul cocher de citadine ne peut entrer dans la rue Saint-Louis sans se comparer avec orgueil, lui et ses rosses, aux stupides bourgeois qui l’entourent. »
Extrait de : P. Féval. « Les Amours de Paris – Tome II. »
Les amours de Paris – Tome I par Paul Féval

Fiche de Les amours de Paris – Tome I
Titre : Les amours de Paris – Tome I
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1845
Editeur : BnF
Première page de Les amours de Paris – Tome I
« Notre histoire commence le dernier jour de ce fameux carnaval de 1826 dont tous les viveurs parisiens ont gardé souvenir.
Il était cinq heures du soir. La nuit venait de tomber. Le jardin du Palais-Royal présentait un coup d’œil féerique. C’était un bruit assourdissant, un mouvement fiévreux, un lumineux pêle-mêle dont rien ne saurait rendre l’effet saisissant et bizarre.
Tous les étages des galeries, occupées presque exclusivement par les salons de jeu, les cafés, les restaurants et ces asiles luxueux dont le nom ne peut point s’écrire, étaient illuminés brillamment. Malgré le froid vif et piquant, la plupart des fenêtres demeuraient ouvertes et livraient passage à mille têtes curieuses, dont les regards plongeaient sur ce resplendissant parallélogramme où pas une place ne restait vide et qui ressemblait à une gigantesque salle de bal.
Cette nuit de folie s’inaugurait dignement. Il y avait dans l’air un vent de gaîté vive. Partout les figures souriaient. Rien ne faisait ombre à la fête, et les plus minces croisées envoyaient leur part de bruit et de rayons à ce foyer de joie, de fracas ; de lumière. »
Extrait de : P. Féval. « Les Amours de Paris – Tome I. »