Étiquette : Opta
Les mutants par H. Kuttner
Fiche de Les mutants
Title : Les mutants
Auteur : H. Kuttner
Date de parution : 1953
Traduction : F. Straschitz
Editeur : Opta
Sommaire de Les mutants
- Les mutants
- Le serviteur invisible par M. St Clair
- Parfums par J. Stamers
Première page de Les mutants
« Il fallait à tout prix rester vivant jusqu’à ce qu’ils me trouvent. Ils finiraient bien par découvrir les débris de l’avion. Mais l’attente était dure.
Le jour, le ciel était vide et bleu au-dessus des pics enneigés, et la nuit les étoiles étaient immenses, comme toujours à cette altitude. Mais toujours le silence. Jamais un bruit d’avion ou d’hélicoptère. J’étais complètement seul.
C’était bien là l’ennuyeux.
Il y a quelques siècles, lorsqu’il n’y avait pas encore de télépathes, les hommes avaient l’habitude d’être seuls. Mais moi, c’était la première fois que j’étais enfermé dans la prison des os de mon crâne, totalement coupé des autres hommes. J’aurais préféré être sourd ou aveugle. Pour un télépathe, cela aurait eu très, très peu d’importance. »
Extrait de : H. Kuttner. « Les mutants. »
Une heure avant le lever de la Terre par J. Blish
Fiche d’Une heure avant le lever de la Terre
Titre : Une heure avant le lever de la Terre
Auteur : J. Blish
Date de parution : 1966
Traduction : J. Polanis
Editeur : Galaxie / Opta
Première page d’Une heure avant le lever de la Terre
« LA CABANE DANS L’ARBRE
Dolph Haertel – même maintenant qu’il avait dix-huit ans, personne sauf son père ne se risquait à l’appeler Adolph – jeta rapidement un dernier coup d’œil à l’aiguille qui flottait librement au-dessus du milieu de la table. Puis il traversa l’intérieur de la caisse d’emballage et s’approcha du hublot pour contempler Mars – sa première vue rapprochée de la planète rouge.
La visibilité n’était pas particulièrement bonne. Dune part, le verre du hublot était double. Il l’avait acheté à l’origine pour en faire un miroir de télescope, mais comme les parois de la caisse d’emballage étaient doubles elles aussi, il avait été obligé d’utiliser les deux pièces pour faire un seul hublot. Le résultat était qu’il avait l’impression de contempler Mars à travers un court tunnel de quinze centimètres de diamètre, avec, à chaque extrémité, une vitre d’un pouce de crown-glass légèrement éraflé.
En outre, la réverbération était aveuglante. À soixante kilomètres à peine de la surface de la planète, Dolph était encore à l’extérieur de l’atmosphère martienne. Entre l’éclat bleu acier de l’horizon gazeux et le miroitement jaune citron nuancé de rouge du désert en plein midi, les détails étaient »
Extrait de : J. Blish. « Une heure avant le lever de la terre. »
Les prisonniers de Zandra par William Rotsler
Fiche de Les prisonniers de Zandra
Titre : Les prisonniers de Zandra
Auteur : William Rotsler
Date de parution : 1978
Traduction : R. Lathière
Editeur : Opta
Première page de Les prisonniers de Zandra
« IL est dangereux.
Mace Wilde jouait des coudes pour avancer dans le couloir central de l’avion, et la femme assise près du hublot se répéta : Oui, très dangereux.
L’homme – grand, brun, vareuse d’officier – promenait automatiquement un regard à droite et à gauche en bousculant plus ou moins les touristes et brasseurs d’affaires massés devant le bar. Il aperçut donc la femme blonde – une beauté – et cette vue interrompit le cours habituel de la reconnaissance qu’il effectuait malgré lui.
Leurs yeux se rencontrèrent ; et, tels des étrangers pris à s’observer, chacun affecta d’ignorer l’autre. Mais ce n’était plus le cas. L’homme – un capitaine – s’effaça pour laisser le passage à une hôtesse, et ce fut Eve Clayton qui mit fin à l’affrontement : détournant la tête, elle scruta les nuages dont les traînées mettaient du blanc sur l’immensité de l’Atlantique qu’on apercevait beaucoup plus bas – et cependant elle sentit se poser sur elle le regard de l’officier quand il frôla son fauteuil.
Le galonné avait quelque chose d’insolite, quelque élément devant lequel Eve se sentait à la fois perplexe et piquée au jeu. Bien qu’ayant l’air on ne peut plus détendu, calme, presque « en vacances », il faisait naître l’idée d’un danger, l’idée »
Extrait de : W. Rostler. « Les prisonniers de Zandra. »
Les aires du réel par G. Eklund
Fiche de Les aires du réel
Titre : Les aires du réel
Auteur : G. Eklund
Date de parution : 1974
Traduction : G. Lebec
Editeur : Opta
Première page de Les aires du réel
« Au cœur de la foule ondoyante de ce Quatre Juillet, jour de fête nationale, pris dans cette gangue de sueur et d’inertie, Timothy O’Mara, paradoxalement, était conscient de cette vérité unique et incontestable : il était un homme mort. À vingt-trois ans, et bien qu’en pleine possession de ses moyens – parfaitement apte à se mouvoir, respirer, parler, sourire – il n’en était pas moins mort. Aussi mort que peut l’être une vieille charogne pourrissante au fond d’une fosse. Un homme mort. Et il le savait.
Cette foule qui l’entourait, O’Mara la haïssait. Il était à ce point comprimé qu’il lui était tout juste possible de reporter le poids de son corps d’une jambe sur l’autre, assez souvent pour épargner à la plante de ses pieds des cloques au contact de la chaussée brûlante, à travers les semelles fissurées de ses chaussures usées. Il lui fallait littéralement se bagarrer avec la foule pour obtenir le simple privilège de dégager une main afin d’essuyer la sueur qui lui dégoulinait du front, des lèvres et du menton. Quant à sa chemise, elle lui collait aux épaules. Bien que ce fût une journée particulièrement chaude, il portait une lourde veste d’hiver à col de fourrure, »
Extrait de : G. Eklund. « Les aires du réel. »
Des hommes et des monstres par W. Tenn
Fiche de Des hommes et des monstres
Titre : Des hommes et des monstres
Auteur : W. Tenn
Date de parution : 1970
Traduction : S. Hilling, E. Gille
Editeur : Opta
Sommaire de Des hommes et des monstres :
- Des hommes et des monstres
- Sur un lacet de soulier par T. Sturgeon
Première page de Des hommes et des monstres
« L’Humanité se composait de 128 personnes. Par le seul jeu de la poussée démographique, cette si vaste horde suffisait depuis longtemps déjà à peupler plus d’une douzaine de tranchées. Des détachements de la Société Mâle occupaient les quatre premiers de ces corridors communicants et y patrouillaient avec tous leurs effectifs, vingt-trois jeunes hommes dans la fleur de l’âge, pleins d’audace et de vivacité. Ils étaient postés à cet endroit-là pour soutenir le premier choc en cas d’attaque dirigée contre l’Humanité, eux, leurs chefs d’escouades et les jeunes initiés qui les servaient.
Arrière-petit-fils était l’un de ces initiés qui apprenaient leur métier d’homme dans cette puissante troupe. Il n’était encore qu’un apprenti guerrier, le garçon de courses, le serviteur de soldats confirmés, aguerris. Mais demain, demain, il serait autre chose…
C’était le jour de son anniversaire. Demain, on l’enverrait accomplir un Vol pour l’Humanité. À son retour – car il reviendrait sans nul doute : Éric était agile, Éric était rusé, oui il reviendrait – le pagne de l’adolescent serait aussitôt remplacé par la ceinture rigide d’un fier guerrier de la Société Mâle. »
Extrait de : W. Tenn. « Des Hommes et des Monstres. »
Les univers par R. Sheckley
Fiche de Les univers
Titre : Les univers
Auteur : R. Sheckley
Date de parution : 1972
Traduction : M. Battin, A. Dorémieux, R. Durand, A. Rosenblum, R. Lathière
Editeur : Opta
Sommaire de Les univers
- Le poison d’un homme
- Les spécialisés
- Le coût de la vie
- Les monstres
- Fantôme V
- Permis de maraude
- Enfin seul !
- Vol temporel
- Invasion avant l’aube
- Le prix du danger
- Quelque chose pour rien
- L’oiseau-gardien
- Les morts de Ben Baxter
- Le vieux rafiot trop zélé
- N’y touchez pas
- Voulez-vous parler avec moi ?
- Double indemnité
- La clé laxienne
Première page de Le poison d’un homme
« À l’aide d’un compas à pointes sèches, Hellman sortit de la boîte le dernier radis. Il le leva pour que Casker puisse l’admirer, puis le posa avec précaution sur l’établi, près du rasoir. « Un sacré repas pour deux hommes dans la force de l’âge, » dit Casker en se laissant tomber dans l’un des fauteuils rembourrés du vaisseau.
— « Si tu voulais renoncer à ta part…» suggéra Hellman.
Casker secoua vivement la tête. Hellman sourit, prit le rasoir et en vérifia attentivement le fil.
— « Ne fais pas tant de mise en scène, » dit Casker en jetant un regard aux instruments du tableau de bord. Ils approchaient d’une naine rouge, seul »
Extrait de : R. Sheckley. « Les Univers. »
Le monde des sorciers par Andre Norton
Fiche de Le monde des sorciers
Titre : Le monde des sorciers
Auteur : Andre Norton
Date de parution : 1970
Traduction : P. Billon
Editeur : Opta
Première page de Le monde des sorciers
« Les pieds enflés de Craike lui faisaient endurer une véritable agonie ; à chacune de ses inspirations, il devait lutter contre l’étreinte d’une main brûlante enserrant ses poumons compressés. Il s’accrochait faiblement à un rugueux éperon de roche formant saillie dans la muraille du canyon, vacillant contre la paroi et éraflant jusqu’au sang sa peau contre la pierre, mais ce roc érodé rouge et jaune n’était pas plus implacable que les volontés de meurtre lancées à ses trousses.
Il y avait si longtemps qu’il fuyait ! Depuis l’instant où il avait quitté le camp E. Mais jusqu’à la veille au soir – non, l’avant-veille – au moment où il était venu au poste d’essence, il n’avait pas su ce que cela signifiait, d’être réellement traqué. La volonté de tuer de ceux qui le poursuivaient était à ce point intense qu’elle traumatisait ses sens d’Esper, déchaînant en lui une panique complète. »
Extrait de : A. Norton. « Le monde des sorciers. »
Le fardeau des Yurths par Andre Norton
Fiche de Le fardeau des Yurths
Titre : Le fardeau des Yurths
Auteur : Andre Norton
Date de parution : 1978
Traduction : D. Lemoine
Editeur : Opta
Première page de Le fardeau des Yurths
« La jeune Raski esquissa les cornes du démon avec deux doigts de la main droite et cracha au milieu. Le jet de salive atterrit, couvert de poussière, sur le calcaire creusé d’ornières de la route, manquant d’un cheveu le bord de la cape tachée d’Elossa. Celle-ci ne se détourna pas vers la jeune fille ; son regard resta fixé sur la chaîne de montagnes qu’on apercevait au loin : son but.
Dans la ville, la haine prenait la forme d’un nuage nauséabond qui l’asphyxiait. Les Yurths ne pénétraient jamais dans les agglomérations indigènes quand ils pouvaient l’éviter. Les émanations de haine étaient tellement intenses qu’elles attaquaient le Sens Supérieur, brouillaient la réception, dénaturaient les pensées. Mais il lui avait fallu se procurer de la nourriture. Elle avait glissé sur une pierre la veille au soir, en traversant un cours d’eau, et les provisions contenues dans le sac qu’elle portait à la ceinture s’étaient transformées en une bouillie gluante dont elle s’était débarrassée au matin. »
Extrait de : A. Norton. « Le fardeau des Yurths. »
Shiva destructeur par Gregory Benford et William Rostler
Fiche de Shiva destructeur
Titre : Shiva destructeur
Auteur : Gregory Benford et William Rotsler
Date de parution : 1980
Traduction : J. Schmitt
Editeur : Opta
Première page de Shiva destructeur
« IL avait voyagé à travers le vide silencieux d’innombrables millénaires – depuis la formation du système solaire. Sa masse grise et noire, à l’écart de l’essaim hurlant, le précédait de loin, tel un émissaire de ce qui allait survenir. Le bloc irrégulier, fait de roche et de fer, pénétra dans l’atmosphère quelque part au-dessus de l’est de l’Iran et, s’échauffant rapidement, laboura d’un sillon de feu le paisible soir d’été.
Il avait des compagnons – petits et gros – qui s’embrasaient brièvement en laissant une longue traînée ardente avant de se consumer ; ou qui, déviés par la couche d’air de plus en plus dense, repartaient en tourbillonnant dans l’espace pour entamer une nouvelle trajectoire. Mais le plus gros, toujours flamboyant, poursuivait sa descente.
L’atmosphère l’avait ralenti, mais il possédait encore une vitesse vertigineuse quand il heurta la Terre à Biskra, près de la frontière tunisienne. En un instant, le météore eut effacé de la carte la tortueuse cité arabe. Là où vivaient quarante-six mille personnes encore un instant plus tôt, il ne restait plus que de la fumée, un cratère brûlant dont le fond »
Extrait de : G. Benford et W. Rotsler. « Shiva le destructeur. »
Les étoiles, si elles sont divines par G. Benford et G. Eklund
Fiche de Les étoiles, si elles sont divines
Titre : Les étoiles, si elles sont divines
Auteur : G. Benford et G. Eklund
Date de parution : 1977
Traduction : G. Lebec
Editeur : Opta
Première page de Les étoiles, si elles sont divines
« UN MARS 1992
Le fait est là, songeait le major Paul Smith, le regard fixé sur l’étendue parsemée de cratères qui défilait sous lui, il y a des êtres vivants sur la planète Mars.
Et pas seulement Kastor, McIntyre, Reynolds et Morgan, l’équipe au sol qui étudiait en ce moment le secteur nord du bassin d’Hellas, mais une vie martienne autochtone, d’ores et déjà fort nettement diversifiée en un certain nombre d’espèces répertoriées de spores complexes. Le doute n’était plus permis, c’était un fait établi, dûment constaté. Mais, avant d’en arriver là, des sondes, tant américaines que russes, s’étaient succédé, ces vingt dernières années, pour apporter à une population terrienne soi-disant abasourdie les indices toujours plus probants d’une vie possible sur Mars.
Or, se disait Smith, un tel événement a ceci de comparable avec l’assassinat d’une autorité religieuse ou d’un personnage politique renommé qu’on »
Extrait de : G. Benford et G. Eklund. « Les étoiles, si elles sont divines. »