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Pour des soleils froids par Jean-Louis Trudel

Fiche de Pour des soleils froids
Titre : Pour des soleils froids
Auteur : Jean-Louis Trudel
Date de parution : 1994
Editeur : Fleuve noir
Première page de Pour des soleils froids
« Son horizon se limitait à un montant de porte. Sa vie se confinait à une grotte de métal. Son existence rétrécissait d’heure en heure. Le mur opposé était devenu aussi inaccessible qu’un quasar.
Il ne quittait plus son réduit de quarante cubicos. Le plancher et le plafond étaient cachés jusqu’à mi-hauteur par des étagères de fortune. Il dormait à même le métal tiède et vibrant d’un mur. Il n’avait qu’à s’asseoir et étendre le bras pour cueillir un des vidéo-livres alignés sur les étagères ou une tablette nutritive, mais il devait entamer une reptation de cinq mètres pour atteindre l’aspirateur sanitaire dont le siège fixe était devenu vertical. Se lever pour boire au robinet et défier l’accélération bloquée à quatre gravités représentait une aventure quotidienne.
Parfois, il se hasardait jusqu’à sa porte et glissait un regard en biais — impossible, impensable de pousser la tête plus loin — vers le bas. Vingt mètres dans cette direction qui avait correspondu à l’arrière du vaisseau, la coursive transformée en gouffre faisait un coude. La paroi y portait encore des traces de sang séché. »
Extrait de : J.L Trudel. « Pour des soleils froids. »
Petit guide de la science-fiction au Québec par Jean-Louis Trudel

Fiche de Petit guide de la science-fiction au Québec
Titre : Petit guide de la science-fiction au Québec
Auteur : Jean-Louis Trudel
Date de parution : 2017
Editeur : Les Éditions Alire
Sommaire de Petit guide de la science-fiction au Québec
- Les racines françaises jusqu’à Jules Verne
- La science-fiction politique d’Aubin à Tardivel et Barthe
- Vers une littérature commerciale
- Crise et renaissance de la production québécoise
- La génération Vonarburg
- Les structures du milieu québécois
- Assimilation et éparpillement
Première page de Petit guide de la science-fiction au Québec
« La science-fiction est un phénomène culturel d’importance du monde moderne. Les films qui en relèvent, du Voyage dans la Lune (1902) de George Méliès à Avatar (2009) de James Cameron et au-delà, comptent parmi les productions les plus populaires de l’histoire cinématographique occidentale. Au petit écran, elle a alimenté des séries télévisées aussi durables que les incarnations successives de Star Trek (1966-2005) et de Doctor Who (depuis 1963). Elle est aussi présente dans le dessin animé et la bande dessinée sous des formes multiples, plus ou moins vulgarisées. Si la science-fiction s’est moins nettement imposée dans le domaine littéraire, elle revendique en revanche une tradition d’une ancienneté et d’une richesse certaines, qui inclut les ouvrages de Jules Verne, H. G. Wells, Isaac Asimov, George Orwell, Stanislas Lem et Philip K. Dick. »
Extrait de : J.L Trudel. « Petit Guide de la science-fiction au Québec. »
Les insurgés de Tianjin par Jean-Louis Trudel

Fiche de Les insurgés de Tianjin
Titre : Les insurgés de Tianjin
Auteur : Jean-Louis Trudel
Date de parution : 1967
Editeur : Médiaspaul
Première page de Les insurgés de Tianjin
« En quittant l’orbite de Ruego, le Christophe n’avait jamais été aussi plein. Les cargos de classe Procyon dans son genre étaient manœuvrés par un équipage de cinq personnes. Six étaient montées à bord.
Un cargo n’avait pas de chambre d’amis. Samuel avait donc attribué à Pablito sa propre cabine. L’adolescent avait besoin d’être seul. Il sortait d’un camp de rectification où il ne l’avait jamais été. Jour et nuit, il y avait eu des gardes pour le surveiller et des prisonniers pour subir avec lui la routine de la prison. Plus que tout, Pablito avait besoin d’un espace à lui. Samuel se contenterait de partager la cabine de Tong Zhihan, l’informaticien de Tianjin.
Après avoir donné ses ordres à Cristofine pour le départ, Samuel mena Pablito à l’infirmerie. La pièce s’illumina lorsque la porte coulissa. Une masse métallique surgit brusquement de sa niche dans la paroi du fond. Elle roula sur un rail accroché au plafond, déployant des membres articulés aux extrémités garnies de palpes et de sondes.
Pablito esquissa un geste de recul. »
Extrait de : J.L Trudel. « Les insurgés de Tianjin. »
Le revenant de Fomalhaut par Jean-Louis Trudel

Fiche de Le revenant de Fomalhaut
Titre : Le revenant de Fomalhaut
Auteur : Jean-Louis Trudel
Date de parution : 1967
Editeur : Médiaspaul
Première page de Le revenant de Fomalhaut
« Quand Pierrick se réveilla, il crut d’abord avoir rêvé.
Il était allongé sur une couchette comme celle de sa cabine. La fermeté de l’oreiller, le doux contact du drap sur sa peau, l’odeur des fleurs synthétiques, l’impression de légèreté due à l’apesanteur, tout lui rappelait sa chambre.
— Maman ? murmura-t-il sans obtenir de réponse.
Il ouvrit les yeux et défit machinalement la bande de velcro qui attachait le drap au bord du lit. Son regard inspecta automatiquement la pièce plongée dans la pénombre.
— Oh non !
Il n’était pas dans sa chambre.
Il se mordit les lèvres. L’avait-on entendu s’écrier ? S’il n’avait pas rêvé, il devait être à bord du vaisseau moweu.
Un prisonnier ? Martine avait dit que les Moweus gardaient quelquefois des captifs au lieu de les tuer. Mais les adultes ne parlaient pas de ce qui arrivait à ces malheureux. Ce qui n’avait jamais empêché Pierrick de l’imaginer. »
Extrait de : J.L Trudel. « Le revenant de Fomalhaut. »
Le ressuscité de l’Atlantide par Jean-Louis Trudel

Fiche de Le ressuscité de l’Atlantide
Titre : Le ressuscité de l’Atlantide
Auteur : Jean-Louis Trudel
Date de parution : 1994
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le ressuscité de l’Atlantide
« Vivant ! Il était vivant. Pendant un temps qu’il n’aurait pu mesurer, la surprise l’empêcha de formuler une autre pensée que cette triomphante constatation. Puis, il se mit à craindre de rêver.
Est-ce que les morts rêvent ?
Il avait un corps, pourtant. Il y avait un goût âcre au fond de son estomac. Un froid métallique lui glaçait la poitrine par endroits. Il respirait une odeur de désinfectant qui irritait sa gorge desséchée.
Oserait-il ouvrir les yeux ?
Il les ouvrit lentement, soulevant ses paupières collées ensemble par le temps. La pénombre régnait, meublée de quelques mouvements furtifs dont il ne distinguait pas la source. Il cligna des yeux. Au milieu d’un fouillis de lignes et de contours encore confus, il reconnut le bout de son nez. Il avait un nez. Il était vivant !
L’étonnement le paralysa. Vivant ? C’était impossible. Matos se souvenait distinctement qu’il…
Qu’il s’était allongé dans une capsule de stase pour échapper au cataclysme prédit par les savants atlantes. »
Extrait de : J.L Trudel. « Le ressuscité de l’Atlantide. »
Le perroquet d’Altaïr par Jean-Louis Trudel
Fiche de Le perroquet d’Altaïr
Titre : Le perroquet d’Altaïr
Auteur : Jean-Louis Trudel
Date de parution : 1967
Editeur : Médiaspaul
Première page de Le perroquet d’Altaïr
« Ils étaient arrivés !
L’écran montrait désormais l’intérieur du ber d’appontage de la station spatiale de Glensha, un monde glog éclairé par un soleil dans la constellation du Lion.
Le jeune homme, qui avait presque oublié qu’il s’appelait Samuel Makenna, froissa nerveusement l’étoffe de sa livrée.
À bord du Katafigion, il était moins qu’un esclave. Même pas libre d’agir de son propre chef, parce qu’il n’était pas supposé avoir plus de jugeote qu’un enfant de six ans. S’il s’était rué dans un sas pour s’enfuir de l’astronef des exilés de Nea-Hellas, s’il avait arraché de ses épaules sa défroque de serviteur, s’il avait refusé d’obéir à un ordre, il aurait trahi ce qu’il était réellement.
Pour ses maîtres, il était moins qu’un esclave, oui, et moins encore qu’un androïde de manutention. Un jouet. Et il appartenait à une enfant qui pouvait passer tous ses caprices sur lui. »
Extrait de : J.L Trudel. « Le perroquet d’Altaïr. »
La lune des jardins sans soleil par Jean-Louis Trudel

Fiche de La lune des jardins sans soleil
Titre : La lune des jardins sans soleil
Auteur : Jean-Louis Trudel
Date de parution : 1967
Editeur : Médiaspaul
Première page de La lune des jardins sans soleil
« — Attrape ! commanda l’enfant-bonsaï le plus proche.
Corinne tressaillit, cherchant des yeux ce qu’elle devait saisir. Mais l’ordre ne s’adressait pas à elle. Du coin de l’œil, elle vit filer dans les airs quelque chose de long et mince.
Tout de suite, l’enfant-bonsaï qui avait reçu l’objet le projeta vers un autre, déroulant une autre longueur de bandelette. Le moulinet fit ainsi plusieurs fois le tour du groupe, relancé de proche en proche.
L’enfant-bonsaï en face de Corinne tapa dans ses mains et le ruban-lumière s’illumina d’un seul coup. Le trait luisant zébra l’obscurité, refermant comme une cage lumineuse autour de Corinne et des enfants-bonsaïs rassemblés.
Pour la première fois, Corinne distingua clairement les visages des enfants-bonsaïs. La peau ridée, les yeux enfoncés, les cheveux blancs ou grisonnants, tout confirmait sa première impression. Malgré leurs membres graciles, leurs gestes fluides et leurs voix fluettes, les enfants-bonsaïs étaient vieux, beaucoup plus vieux qu’elle. »
Extrait de : J.L Trudel. « La lune des jardins sans soleil. »
Guerre pour un harmonica par Jean-Louis Trudel

Fiche de Guerre pour un harmonica
Titre : Guerre pour un harmonica
Auteur : Jean-Louis Trudel
Date de parution : 2000
Editeur : Médiaspaul
Première page de Guerre pour un harmonica
« Dans le bar des orbitants, Samuel et Ferrale prirent une table tout contre le mur du fond. La paroi était constituée d’une épaisseur de plastovitre si parfaitement transparente qu’ils eurent l’impression de boire, chanter et manger à deux pas des dunes de poussière de roc. De l’autre côté de ce mur, c’était le paysage désolé d’une planète sans atmosphère qui s’étendait, si proche qu’on pouvait compter les cailloux éparpillés par l’impact d’une météorite. À deux ou trois reprises, histoire de se rassurer, Samuel cogna du coude la surface lisse de la verrière.
Savoir que le vide et la mort attendaient à deux pas redoublait le plaisir des occupants du bar L’humour noir, qui accueillait depuis des siècles les visiteurs de passage et les travailleurs des complexes souterrains. Les vapeurs d’encens étaient plus grisantes. Les chants repris en chœur étaient plus forts. Et l’alcool montait à la tête plus vite. »
Extrait de : J.L Trudel. « Guerre pour un harmonica. »
Demain, les étoiles par Jean-Louis Trudel

Fiche de Demain, les étoiles
Titre : Demain, les étoiles
Auteur : Jean-Louis Trudel
Date de parution : 2000
Editeur : Editions Pierre Tisseyre
Sommaire de Demain, les étoiles
- Le berger de comètes – 2208
- Les sculpteurs de Mars – 2249
- Noël, à treize années-lumières de la Terre – 2391
- Différences culturelles – 2422
- Un été à Rome – 2444
- La première cicatrice – 2486
- Demain l’espoir – 2766
- Lukas 19 – 3211
Première page de Le berger de comètes
« Quand le vieux Phosphore capta le signal de détresse, il commença par se réjouir d’être sauvé de son ennuyeuse routine. Il n’y avait que trois pièces dans sa petite fusée. Le vieil homme n’avait pas envie de les nettoyer et de les ranger une fois de plus.
Sortir ? Sa fusée était posée à la surface d’un cœur de comète. En trois heures, Phosphore pouvait faire tout le tour de la boule de glace et de rocaille.
Bien sûr, dans cinq jours, la comète frapperait l’atmosphère de la planète Vénus. Cet impact de plus en plus proche n’inquiétait pas le vieux Phosphore. Ses préparatifs étaient déjà achevés. Dans quatre jours, il s’enfuirait de la comète condamnée à bord de sa fusée. En attendant, il s’ennuyait.
Bref, il fut d’abord content de se faire appeler à l’aide. Puis il se rappela que des gens étaient en danger et il eut honte. »
Extrait de : J.L Trudel. « Demain, les étoiles. »
Fièvres sur Serendib par Jean-Louis Trudel

Fiche de Fièvres sur Serendib
Titre : Fièvres sur Serendib (Tome 5 sur 5 – Les mystères de Serendib)
Auteur : Jean-Louis Trudel
Date de parution : 1996
Editeur : Médiaspaul
Première page de Fièvres sur Serendib
« Le stylet levé, j’hésite au moment d’écrire l’année. C’est que je suis habituée au calendrier de Nou-Québec. Sur ma planète d’origine, on compte les années depuis l’incarnation du Christ et leur nombre s’élève maintenant à 4109.
Mais je suis sur Serendib, maintenant, et le Gouverneur m’a désignée pour cette mission parce que j’ai appris à connaître la culture des colons humains. Or, les habitants de la fameuse Planète Perdue comptent les années depuis l’arrivée de leurs ancêtres sur Serendib et je dois m’habituer à penser comme eux.
Ainsi, Serendib a fait 765 fois le tour de l’étoile baptisée Gautama depuis que les premiers humains ont entamé la colonisation de Serendib. Durant ce temps, elle a connu des guerres qui ont détruit toutes ses installations orbitales, elle a été conquise par une poignée d’aventuriers glogs et, il y a quatre ans maintenant, elle a été libérée par des explorateurs du Second Empire terrien. Depuis bientôt un an, Elbert d’Elvec est arrivé de ma planète natale, Nou-Québec, pour représenter officiellement le Second Empire sur Serendib. Comme Gouverneur, on peut dire qu’il n’a pas eu la tâche facile ! »
Extrait de : J.L Trudel. « Fièvres sur Serendib. »