Auteur/autrice : CH91
Charles Derennes

Présentation de Charles Derennes :
Charles Derennes est né le 4 août 1882 à Villeneuve-sur-Lot et rappelé à Dieu le 27 avril 1930 dans la capitale de notre République.
Si les chroniques mondaines de l’entre-deux-guerres se souviennent avant tout de ce poète et romancier naturaliste pour avoir remporté le prestigieux prix Femina en l’an 1924 (avec son délicieux « Émile et les autres », fleuron de son Bestiaire sentimental), il serait éminemment regrettable de passer sous silence sa remarquable incursion dans les territoires de la fiction spéculative. Car c’est bien sous la plume de Charles Derennes que l’on trouve l’une des expressions les plus achevées de ce que notre cher Maurice Renard baptisera plus tard le « merveilleux scientifique ».
En effet, c’est en 1907 que Charles Derennes livre aux presses du Mercure de France son éblouissant roman de l’imaginaire, « Le Peuple du Pôle ». Faisant montre d’une audace qui le place dans le prestigieux sillage de Jules Verne et de l’illustre H. G. Wells, l’écrivain y relate l’expédition de deux aéronautes français qui, atteignant le pôle Nord en ballon dirigeable, découvrent une enclave préservée depuis le Crétacé. Là, l’auteur déploie une stupéfiante rigueur spéculative : plutôt que de se borner à de féroces monstres préhistoriques, il postule que l’évolution biologique y a poursuivi son œuvre de manière implacable. Les explorateurs y rencontrent des « anthroposaures », une société de créatures reptiliennes bipèdes ayant développé une civilisation pacifique et une redoutable suprématie technologique.
Ce vertigineux postulat, qui précède de plusieurs années le fameux « Monde perdu » de sir Arthur Conan Doyle, témoigne d’une appréhension fulgurante de la théorie de l’évolution transposée au genre romanesque. L’auteur explorera de nouveau ces confins de l’étrange et du mysticisme avec « Les Conquérants d’idoles » en 1908.
Ainsi, loin de n’être qu’un chantre contemplatif de la faune de nos campagnes, Charles Derennes s’affirme comme un architecte précoce de la science-fiction française. Il a su utiliser l’hypothèse scientifique non point comme un vain artifice, mais comme un formidable miroir philosophique pour interroger la place de l’humanité sur notre globe.
Livres de Charles Derennes :
Cassinou va-t-en guerre (1917)
L’enfant dans l’herbe (1927)
L’énivrante angoisse (1904)
Le peuple du pôle (1907)
Pour en savoir plus sur Charles Derennes :
La page Wikipédia sur C. Derennes
La page Noosfere sur C. Derennes
La page isfdb de C. Derennes
Christopher John Sansom

Présentation de Christopher John Sansom :
Christopher John Sansom est né en l’an 1952 dans la noble cité d’Édimbourg et rappelé à Dieu au printemps de l’année 2024.
Si le vaste public révère avant tout en Christopher John Sansom l’orfèvre du roman historique classique, notamment grâce à ses minutieuses intrigues de l’époque Tudor mettant en scène l’avocat bossu Matthew Shardlake, il serait fort fâcheux de ne point mettre en lumière la magistrale incursion de cet homme de lettres dans les contrées vertigineuses de la littérature de l’imaginaire.
En effet, c’est en l’an 2012 que cet érudit, par ailleurs docteur en histoire, offrit à la république des lettres une fresque d’une redoutable audace spéculative, par le truchement de son roman uchronique intitulé « Dominion ». Abandonnant les pourpoints du seizième siècle, l’auteur nous y plonge dans les brumes d’une chronologie alternative et cauchemardesque. Il postule, par un habile subterfuge de l’esprit, qu’en l’année décisive de 1940, ce ne fut point l’intraitable Winston Churchill qui prit les rênes du gouvernement de Sa Majesté, mais lord Halifax, lequel s’empressa de signer un funeste traité de capitulation avec l’Allemagne nazie.
Le lecteur est ainsi convié à arpenter les rues d’un Londres de 1952, étouffant sous le joug d’un régime autoritaire vassal du Troisième Reich. À travers cette fascinante dystopie, Christopher John Sansom s’approprie avec une maestria souveraine les codes de l’imaginaire et de l’anticipation à rebours, cette fameuse histoire contrefactuelle. Il y tisse une ténébreuse machination où la rigueur scientifique de l’historien vient féconder le vertige propre à la science-fiction, rappelant par instants la noirceur philosophique du célèbre « Maître du Haut Château » de M. Philip K. Dick.
Par cet unique mais formidable exercice de fiction spéculative, Christopher John Sansom a brillamment démontré que l’invention de mondes parallèles, loin d’être une simple chimère, constitue l’un des plus puissants miroirs tendus à la conscience humaine, afin de la mettre en garde contre les dérives de l’Histoire.
Livres de Christopher John Sansom :
Matthew Shardlake :
- Dissolution (2003)
- Les larmes du diable (2004)
- Sang royal (2006)
- Prophétie (2008)
- Corruption (2010)
- Lamentation (2014)
- Révolution (2018)
Dominion (2012)
Un hiver à Madrid (2006)
Pour en savoir plus sur Christopher John Sansom :
La page Wikipédia sur C. J. Sansom
La page Noosfere sur C. J. Sansom
La page isfdb de C. J. Sansom
Dans quel ordre lire Ursula K. Le Guin ?
L’œuvre d’Ursula K. Le Guin est suffisamment vaste pour donner l’impression qu’il faut absolument commencer par le premier livre qu’elle a publié et suivre ensuite toute sa bibliographie.
Ce n’est pourtant pas nécessaire.
L’autrice a construit plusieurs univers et plusieurs cycles, mais ceux-ci ne fonctionnent pas tous de la même manière. Certains romans peuvent être lus indépendamment, tandis que d’autres gagnent à être découverts dans leur ordre de publication.
Dans Mais-Encore.fr, on retrouve notamment Terremer, l’Ekumen, la Chronique des rivages de l’Ouest, la Ligue de tous les mondes ainsi que plusieurs romans et recueils indépendants.
Alors, faut-il suivre un ordre précis ?
Oui pour certains cycles, beaucoup moins pour d’autres.
Vous découvrez Ursula K. Le Guin ?
Si vous n’avez encore jamais lu Ursula K. Le Guin, nous vous conseillons de commencer par notre guide :
Par où commencer avec Ursula K. Le Guin ?
Vous y trouverez les meilleurs romans pour débuter selon vos goûts, ainsi qu’une sélection de ses œuvres incontournables.
Une fois votre premier roman terminé, revenez sur cette page pour poursuivre votre découverte dans le bon ordre.
1. Le cycle de Terremer : suivre l’ordre des romans
Pour Terremer, nous vous conseillons clairement de respecter l’ordre de lecture.
1. Le Sorcier de Terremer
Publié en 1968, Le Sorcier de Terremer constitue le point de départ du cycle.
On y découvre Ged, son apprentissage de la magie et le vaste monde de Terremer.
C’est également le roman qui pose les fondations de l’univers et introduit plusieurs éléments qui prennent davantage d’importance dans les volumes suivants.
2. Les Tombeaux d’Atuan
Le deuxième roman déplace en partie le regard.
Le personnage principal n’est plus Ged et l’histoire explore une autre région et d’autres aspects de Terremer.
Le roman approfondit cependant l’univers construit dans le premier volume et mérite donc d’être lu après celui-ci.
3. L’Ultime Rivage
Troisième volume du cycle, L’Ultime Rivage retrouve Ged et poursuit l’évolution de Terremer.
Il constitue une nouvelle étape importante dans le parcours du personnage et dans la construction de l’univers.
4. Tehanu
Avec Tehanu, Ursula K. Le Guin revient à Terremer plusieurs années après les premiers romans.
Le ton évolue et l’autrice développe une approche beaucoup plus intime de son univers.
5. Contes de Terremer
Ce recueil permet ensuite d’explorer davantage l’histoire et les cultures de Terremer à travers plusieurs récits.
6. Le Vent d’ailleurs
Enfin, Le Vent d’ailleurs poursuit l’exploration de Terremer et vient compléter cet ensemble.
Ces six livres constituent donc le parcours principal de Terremer dans votre catalogue.
Ordre conseillé :
- Le Sorcier de Terremer
- Les Tombeaux d’Atuan
- L’Ultime Rivage
- Tehanu
- Contes de Terremer
- Le Vent d’ailleurs
Si vous souhaitez découvrir Terremer dans sa continuité, ne changez pas cet ordre.
2. L’Ekumen : pas besoin de tout lire dans l’ordre
La situation est différente avec le cycle de l’Ekumen.
Il regroupe notamment La Main gauche de la nuit, Le Nom du monde est forêt, Les Dépossédés, Le Dit d’Aka, Pêcheur de la mer intérieure, Quatre chemins de pardon / Cinq chemins de pardon et L’Anniversaire du monde.
Contrairement à une saga traditionnelle, ces œuvres ne racontent pas simplement une intrigue continue.
Elles se déroulent dans un même vaste cadre et permettent à Le Guin d’explorer différentes sociétés, différentes cultures et différentes problématiques.
Vous pouvez donc commencer par le roman qui vous attire le plus.
Cela dit, si vous souhaitez découvrir l’Ekumen de manière plus progressive, nous vous conseillons de commencer par :
Puis :
Et de poursuivre ensuite avec les autres œuvres de l’ensemble.
Ce n’est donc pas un ordre obligatoire, mais plutôt un ordre de découverte conseillé.
La différence est importante : contrairement à Terremer, vous ne risquez pas de perdre le fil d’une intrigue principale en lisant les romans de l’Ekumen dans un autre ordre.
3. Les autres cycles d’Ursula K. Le Guin : dans quel ordre les lire ?
Après Terremer et les principaux romans de l’Ekumen, il reste plusieurs ensembles importants dans l’œuvre d’Ursula K. Le Guin. Certains forment de véritables trilogies, tandis que d’autres regroupent des romans appartenant au même univers sans pour autant raconter une histoire continue.
La Chronique des rivages de l’Ouest : une trilogie à lire dans l’ordre
La Chronique des rivages de l’Ouest est l’un des ensembles pour lesquels l’ordre de lecture est particulièrement simple. Les trois romans racontent des histoires différentes, mais ils se déroulent dans le même monde et sont liés par leur univers, leurs thèmes et certains personnages.
L’ordre conseillé est donc :
Commencer par Dons permet de découvrir le fonctionnement de ce monde et les pouvoirs particuliers qui y existent. Voix élargit ensuite considérablement l’univers, tandis que Pouvoirs vient conclure le cycle.
Il vaut donc mieux éviter de commencer directement par le troisième volume, même si les trois romans peuvent en partie se lire indépendamment.
La Ligue de tous les mondes : les débuts de l’Ekumen
Avant les romans les plus célèbres de l’Ekumen, Ursula K. Le Guin avait déjà développé cet univers avec plusieurs textes réunis autour de la Ligue de tous les mondes.
On y trouve notamment :
Ces trois romans sont liés au même vaste univers de science-fiction, mais ils ne constituent pas une trilogie racontant une seule histoire.
Il n’est donc pas indispensable de les lire avant La Main gauche de la nuit ou Les Dépossédés.
Si vous souhaitez néanmoins explorer l’évolution de l’univers depuis ses débuts, l’ordre de publication est une bonne solution.
Puis vous pouvez poursuivre avec les autres romans de l’Ekumen.
Cette approche permet surtout de voir comment Le Guin construit progressivement son univers et affine les thèmes qui deviendront centraux dans ses œuvres ultérieures.
Les romans indépendants : aucun ordre nécessaire
Une autre particularité de l’œuvre de Le Guin est qu’une partie importante de ses romans ne nécessite absolument aucun ordre de lecture.
C’est notamment le cas de L’Autre côté du rêve et de Lavinia.
Vous pouvez donc les découvrir quand vous le souhaitez.
L’Autre côté du rêve est particulièrement intéressant si vous appréciez la science-fiction qui utilise un concept fantastique pour interroger la société, la réalité et les mécanismes du pouvoir.
Lavinia, beaucoup plus tardif, est quant à lui un roman indépendant qui revisite l’Antiquité et donne une voix à un personnage secondaire de l’Énéide de Virgile.
Ces deux livres montrent d’ailleurs pourquoi il est difficile de réduire Le Guin à un seul genre ou à un seul univers.
Et les nouvelles ?
Les recueils de nouvelles peuvent être lus pratiquement à n’importe quel moment.
Si vous souhaitez découvrir cette facette de son œuvre sans vous lancer immédiatement dans un roman, Ceux qui partent d’Omelas constitue notamment une excellente porte d’entrée vers son écriture courte.
Vous pouvez également explorer Aux douze vents du monde, qui rassemble plusieurs textes importants de l’autrice.
Les nouvelles sont particulièrement intéressantes pour comprendre une caractéristique essentielle de Le Guin : elle peut développer en quelques pages une idée sociale, politique ou philosophique qui aurait pu devenir le sujet d’un roman entier.
Il n’est donc pas nécessaire de les intercaler entre les romans selon leur date de publication. Vous pouvez simplement les lire lorsque vous avez envie d’un format plus court.
Faut-il absolument suivre l’ordre de publication ?
Non.
C’est probablement le point le plus important à retenir pour l’œuvre d’Ursula K. Le Guin.
Il existe bien des ensembles dans lesquels un ordre est préférable — notamment Terremer et la Chronique des rivages de l’Ouest — mais il n’est pas nécessaire de transformer toute son œuvre en une immense chronologie.
Pour une première découverte, il est même souvent plus intéressant de choisir les romans en fonction de ce que vous recherchez :
- une grande fresque de fantasy → Terremer ;
- de la science-fiction sociale et politique → L’Ekumen ;
- une trilogie de fantasy plus récente → Dons, Voix, Pouvoirs ;
- un roman indépendant → Lavinia ;
- un récit court et marquant → Ceux qui partent d’Omelas.
L’ordre idéal dépend donc surtout de votre envie de lecture.
4. Dans quel ordre lire toute l’œuvre d’Ursula K. Le Guin ?
Si vous souhaitez aller plus loin que la simple découverte de quelques romans, il existe plusieurs façons d’aborder l’œuvre d’Ursula K. Le Guin. Le meilleur choix dépend surtout de votre objectif.
Pour découvrir progressivement son œuvre
Pour une première lecture, il n’est pas nécessaire de chercher à respecter l’ordre chronologique de publication. Une progression thématique est généralement plus agréable.
Vous pouvez par exemple commencer par Le Sorcier de Terremer, puis poursuivre avec La Main gauche de la nuit et Les Dépossédés.
Cette première étape permet de découvrir les deux grands territoires de l’œuvre de Le Guin : la fantasy et la science-fiction.
Vous pouvez ensuite poursuivre avec la suite de Terremer, puis explorer les autres romans de l’Ekumen. La Chronique des rivages de l’Ouest constitue une bonne étape suivante pour découvrir une autre facette de sa fantasy.
Enfin, les romans indépendants et les recueils de nouvelles permettent d’élargir progressivement la découverte.
Pour lire les cycles dans leur intégralité
Si votre objectif est plutôt de lire méthodiquement les grands ensembles de son œuvre, vous pouvez procéder cycle par cycle.
Terremer :
- Le Sorcier de Terremer
- Les Tombeaux d’Atuan
- L’Ultime Rivage
- Tehanu
- Contes de Terremer
- Le Vent d’ailleurs
Chronique des rivages de l’Ouest :
Ligue de tous les mondes :
Puis vous pouvez poursuivre avec les autres romans de l’Ekumen, notamment La Main gauche de la nuit, Les Dépossédés, Le Dit d’Aka, Pêcheur de la mer intérieure, Les Quatre chemins du pardon et L’Anniversaire du monde.
Les romans indépendants peuvent être placés où vous le souhaitez dans ce parcours.
Et si vous voulez suivre la chronologie de publication ?
C’est également possible, mais ce n’est pas forcément la meilleure méthode pour une première découverte.
L’œuvre de Le Guin s’est construite sur plusieurs décennies et ses différents cycles ne suivent pas une seule histoire continue. Suivre strictement les dates de publication signifie donc passer régulièrement d’un univers à l’autre et d’un genre à l’autre.
Cette méthode devient en revanche intéressante une fois que vous connaissez déjà l’autrice.
Elle permet de voir son écriture évoluer, mais aussi de constater la continuité de certaines de ses préoccupations : le pouvoir, la liberté, les rapports entre les sexes, la société, la violence, la propriété, l’identité ou encore la manière dont une civilisation peut être organisée.
Quel ordre choisir, finalement ?
Si vous cherchez simplement le meilleur ordre pour découvrir Ursula K. Le Guin, voici celui que nous vous conseillons :
1. Le Sorcier de Terremer
Pour découvrir sa fantasy et son approche très particulière de la magie.
2. La Main gauche de la nuit
Pour découvrir sa science-fiction et son travail sur les sociétés humaines.
3. Les Dépossédés
Pour approfondir sa réflexion politique et sociale.
4. Poursuivre Terremer
Avec Les Tombeaux d’Atuan, L’Ultime Rivage, puis les volumes suivants.
5. Découvrir la Chronique des rivages de l’Ouest
Avec Dons, Voix et Pouvoirs.
6. Explorer le reste de l’Ekumen
En choisissant les romans selon vos envies plutôt qu’en recherchant une chronologie absolue.
7. Terminer par les œuvres indépendantes et les nouvelles
Notamment Lavinia, L’Autre côté du rêve, Ceux qui partent d’Omelas ou Aux douze vents du monde.
Ce parcours n’est évidemment pas obligatoire. L’un des plaisirs de l’œuvre de Le Guin est justement de pouvoir y entrer par plusieurs portes.
Ursula K. Le Guin est-elle faite pour vous ?
Si vous recherchez une fantasy fondée avant tout sur les batailles, les intrigues politiques et l’action, Terremer pourrait vous surprendre. Le Guin s’intéresse davantage aux conséquences de la magie, à la connaissance de soi et à l’équilibre du monde qu’à l’accumulation de combats spectaculaires.
En science-fiction, son approche est tout aussi particulière. Ses romans ne reposent pas uniquement sur les technologies ou les concepts scientifiques : ils utilisent surtout les mondes imaginaires pour réfléchir à notre propre société.
C’est ce qui fait la singularité d’une œuvre dans laquelle la fantasy et la science-fiction deviennent souvent des moyens d’examiner l’être humain.
Si vous aimez les romans qui prennent le temps de développer une idée, de questionner nos certitudes et de construire des sociétés différentes de la nôtre, Ursula K. Le Guin mérite largement une place dans votre bibliothèque.
Et si vous ne savez toujours pas par quel livre commencer, Le Sorcier de Terremer pour la fantasy et La Main gauche de la nuit pour la science-fiction restent deux excellentes portes d’entrée.
5. Questions fréquentes sur l’ordre de lecture d’Ursula K. Le Guin
Faut-il lire Terremer dans l’ordre ?
Oui. Même si certains volumes peuvent se lire avec une certaine indépendance, il est préférable de suivre l’ordre du cycle : Le Sorcier de Terremer, Les Tombeaux d’Atuan, L’Ultime Rivage, Tehanu, Contes de Terremer et Le Vent d’ailleurs.
Faut-il lire les romans de l’Ekumen dans l’ordre ?
Non. Les romans de l’Ekumen partagent un même univers, mais ne racontent pas une histoire continue. Vous pouvez donc commencer par La Main gauche de la nuit, Les Dépossédés ou un autre roman selon vos goûts.
Par quel livre commencer Ursula K. Le Guin ?
Pour découvrir sa fantasy, Le Sorcier de Terremer est un excellent choix. Pour découvrir sa science-fiction, La Main gauche de la nuit constitue une porte d’entrée particulièrement intéressante.
Peut-on commencer par Les Dépossédés ?
Oui. Les Dépossédés est un roman indépendant dans l’univers de l’Ekumen. Il n’est pas nécessaire d’avoir lu les autres romans pour l’apprécier.
Dans quel ordre lire la Chronique des rivages de l’Ouest ?
Il est conseillé de respecter l’ordre de publication du cycle : Dons, Voix, puis Pouvoirs.
Lavinia fait-il partie d’un cycle ?
Non. Lavinia est un roman indépendant. Vous pouvez donc le lire à n’importe quel moment, sans avoir à connaître les autres œuvres de Le Guin.
Faut-il lire les nouvelles d’Ursula K. Le Guin entre ses romans ?
Non. Les recueils de nouvelles peuvent être lus indépendamment. Ils constituent même une bonne manière de découvrir son écriture lorsque vous souhaitez commencer par des textes plus courts.
6. En résumé
Il n’existe pas un unique ordre de lecture permettant de parcourir toute l’œuvre d’Ursula K. Le Guin.
Pour les cycles qui racontent une histoire suivie, mieux vaut respecter leur ordre :
- Terremer → Le Sorcier de Terremer → Les Tombeaux d’Atuan → L’Ultime Rivage → Tehanu → Contes de Terremer → Le Vent d’ailleurs ;
- Chronique des rivages de l’Ouest → Dons → Voix → Pouvoirs.
Pour l’Ekumen, l’ordre est beaucoup plus souple. Vous pouvez notamment commencer par La Main gauche de la nuit ou Les Dépossédés, puis explorer progressivement les autres romans.
Enfin, les œuvres indépendantes et les recueils de nouvelles peuvent être lus quand vous le souhaitez.
Notre conseil pour une première découverte :
Le Sorcier de Terremer → La Main gauche de la nuit → Les Dépossédés, puis poursuivez avec les cycles et les romans qui correspondent le mieux à vos goûts.
7. Conclusion
Lire Ursula K. Le Guin ne nécessite donc pas de suivre une immense chronologie.
Son œuvre est composée de plusieurs univers, de cycles plus ou moins liés et de nombreux romans indépendants. Le plus important est de respecter l’ordre à l’intérieur des cycles qui le nécessitent, tout en conservant une grande liberté pour le reste.
Pour la fantasy, commencez par Terremer. Pour la science-fiction, tournez-vous vers l’Ekumen. Et si vous souhaitez ensuite explorer toute la richesse de son œuvre, les recueils de nouvelles, la Chronique des rivages de l’Ouest et ses romans indépendants vous permettront d’en découvrir progressivement toutes les facettes.
C’est finalement ce qui rend Ursula K. Le Guin si agréable à parcourir : il n’existe pas une seule porte d’entrée dans son œuvre, mais plusieurs chemins possibles, selon le lecteur que vous êtes.
Variations énigmatiques par Eric-Emmanuel Schmitt

Fiche de Variations énigmatiques
Titre : Variations énigmatiques
Auteur : Eric-Emmanuel Schmitt
Date de parution : 1996
Editeur : Albin Michel
Première page de Variations énigmatiques
« Le bureau d’Abel Znorko, prix Nobel de littérature. Il vit seul, retiré à Rösvannöy, une île située sur la mer de Norvège. Son bureau, baroque, fantasque, tout en livres et en bois, s’ouvre sur une terrasse qui laisse apercevoir les flots lointains.
Les heures viennent s’inscrire dans le ciel que brouillent de temps en temps nuages et nuées d’oiseaux sauvages. Cet après-midi est précisément celui où, après un jour boréal qui a duré six mois, doit advenir la nuit d’hiver qui assombrira les six prochains mois. Au milieu de l’entrevue, le crépuscule commencera à colorer l’horizon de ses embrasements violets.
Au lever de rideau, la pièce est vide. On entend les Variations énigmatiques d’Elgar sortir d’un appareil à musique.
Puis, au-dehors, retentissent deux coups de feu très distincts. Un bruit de pas rapides. Une course.
Erik Larsen entre en courant par la baie, essoufflé, et surtout effrayé. C’est un homme entre trente et quarante ans qui a gardé quelque chose de très vif et très doux lié à la jeunesse. »
Extrait de : E-E Schmitt. « Variations énigmatiques. »
Ulysse from Bagdad par Eric-Emmanuel Schmitt

Fiche de Ulysse from Bagdad
Titre : Ulysse from Bagdad
Auteur : Eric-Emmanuel Schmitt
Date de parution : 2008
Editeur : Albin Michel
Première page de Ulysse from Bagdad
« Je m’appelle Saad Saad, ce qui signifie en arabe Espoir Espoir et en anglais Triste Triste ; au fil des semaines, parfois d’une heure à la suivante, voire dans l’explosion d’une seconde, ma vérité glisse de l’arabe à l’anglais ; selon que je me sens optimiste ou misérable, je deviens Saad l’Espoir ou Saad le Triste.
À la loterie de la naissance, on tire de bons, de mauvais numéros. Quand on atterrit en Amérique, en Europe, au Japon, on se pose et c’est fini : on naît une fois pour toutes, nul besoin de recommencer. Tandis que lorsqu’on voit le jour en Afrique ou au Moyen-Orient…
Souvent je rêve d’avoir été avant d’être, je rêve que j’assiste aux minutes précédant ma conception : alors je corrige, je guide la roue qui brassait les cellules, les molécules, les gènes, je la dévie afin d’en modifier le résultat. Pas pour me rendre différent. Non. Juste éclore ailleurs. Autre ville, pays distinct. Même ventre certes, les entrailles de cette mère que j’adore, mais ventre qui me dépose sur un sol où je peux croître, et pas au fond d’un trou dont je dois, vingt ans plus tard, m’extirper. »
Extrait de : E-E Schmitt. « Ulysse from Bagdad. »
Théâtre d’E.-E. Schmitt par Eric-Emmanuel Schmitt

Fiche de Théâtre d’E.-E. Schmitt
Titre : Théâtre d’E.-E. Schmitt (volume 1)
Auteur : Eric-Emmanuel Schmitt
Date de parution : 1999
Editeur : Albin Michel
Sommaire de Théâtre d’E.-E. Schmitt :
- La nuit de Valognes
- Le visiteur
- Le bâillon
- L’école du diable
Quand je pense que Beethoven est mort alors que tant de crétins vivent… par Eric-Emmanuel Schmitt

Fiche de Quand je pense que Beethoven est mort alors que tant de crétins vivent…
Titre : Quand je pense que Beethoven est mort alors que tant de crétins vivent…
Auteur : Eric-Emmanuel Schmitt
Date de parution : 2010
Editeur : Albin Michel
Première page de Quand je pense que Beethoven est mort alors que tant de crétins vivent…
« Entre Beethoven et moi, ce fut une histoire brève mais forte.
Il apparut dans ma vie lorsque j’avais quinze ans puis la quitta quand j’atteignais les vingt. Pendant cette période, il s’installa, poussa les meubles, cala ses disques à côté de mon électrophone, empila ses partitions sur le piano droit, enseigna à mes doigts ses pages les plus passionnées, m’arracha des larmes avec ses symphonies et devint le maître de mes émotions, m’en insufflant de nouvelles, bouleversantes. Afin de marquer son territoire dans ma chambre d’adolescent, il introduisit, par l’entremise d’une tante qui revenait d’Allemagne, son buste en résine peinte, sculpture tourmentée qu’il me conseilla de placer sur ma table de nuit, sous le portrait de Mozart épinglé au mur. Ce fut la seule fois où je lui résistai ; par je ne sais quelle prudence – sans doute la crainte de ne pas m’endormir auprès de ce front où saillaient les tumultes du génie –, je laissai trôner son effigie dans l’ombre de la bibliothèque paternelle, à plusieurs murs de distance. »
Extrait de : E-E Schmitt. « Quand Je Pense Que Beethoven Est Mort Alors Que Tant De Crétins Vivent. »
Odette Toulemonde par Eric-Emmanuel Schmitt

Fiche de Odette Toulemonde
Titre : Odette Toulemonde et autres histoires
Auteur : Eric-Emmanuel Schmitt
Date de parution : 2006
Editeur : Albin Michel
Sommaire de Odette Toulemonde :
- Wanda Winnipeg
- C’est un beau jour de pluie
- L’intruse
- Le faux
- Tout pour être heureuse
- La princesse aux pieds nus
- Odette Toulemonde
- Le plus beau livre du monde
Première page de Wanda Winnipeg
« En cuir, l’intérieur de la Royce. En cuir, le chauffeur et ses gants. En cuir, les valises et les sacs bourrant la malle. En cuir, la sandale tressée qui annonce une jambe fine au bord de la portière. En cuir, le tailleur jupe écarlate de Wanda Winnipeg.
Les chasseurs s’inclinent.
Wanda Winnipeg franchit le seuil sans regarder personne ni vérifier que ses affaires suivent. Comment en serait-il autrement ?
Derrière le comptoir de l’hôtel, les employés frémissent. Faute de pouvoir capter son attention derrière ses lunettes fumées, ils débordent de formules accueillantes.
— Bienvenue, madame Winnipeg, c’est un grand honneur pour nous que vous descendiez au Royal Émeraude. Nous ferons tout pour rendre votre séjour le plus agréable possible.
Elle reçoit ces marques de haute estime ainsi qu’une menue monnaie due, sans y répondre. Les employés continuent la conversation comme si elle y participait. »
Extrait de : E-E Schmitt. « Odette Toulemonde. »
Mes évangiles par Eric-Emmanuel Schmitt

Fiche de Mes évangiles
Titre : Mes évangiles
Auteur : Eric-Emmanuel Schmitt
Date de parution : 2004
Editeur : Albin Michel
Première page de Mes évangiles
« Dans quelques heures, ils vont venir me chercher.
Déjà ils se préparent.
Les soldats nettoient leurs armes. Des messagers s’éparpillent dans les rues noires pour convoquer le tribunal. Le menuisier caresse la croix sur laquelle je vais saigner demain.
Mon Dieu, qu’ils me tuent vite ! Et proprement !
J’aurais pu être ailleurs, ce soir. Dans une maison que je n’ai pas, m’auraient peut-être attendu une femme que je n’ai pas non plus et, derrière la porte, ravies de revoir leur père, des petites têtes bouclées et souriantes. Voici où ce rêve m’a réduit : attendre en ce jardin une mort que je redoute.
Comment tout cela commença-t-il ? Y a-t-il un début au destin ? »
Extrait de : E-E Schmitt. « Mes Évangiles. »
Ma vie avec Mozart par Eric-Emmanuel Schmitt

Fiche de Ma vie avec Mozart
Titre : Ma vie avec Mozart
Auteur : Eric-Emmanuel Schmitt
Date de parution : 2005
Editeur : Albin Michel
Première page de Ma vie avec Mozart
« C’est lui qui a commencé notre correspondance.
Un jour, pendant l’année de mes quinze ans, il m’a envoyé une musique. Elle a modifié ma vie. Mieux : elle m’a gardé en vie. Sans elle, je serais mort.
Depuis, je lui écris souvent, petits mots griffonnés au coin d’une table pendant l’élaboration d’un livre, ou longues missives rédigées la nuit lorsqu’un ciel dépourvu d’étoiles pèse au-dessus de la ville orangée.
Quand ça lui chante, il me répond, lors d’un concert, dans le hall d’un aéroport, au coin d’une rue, toujours surprenant, toujours fulgurant.
Voici l’essentiel de nos échanges : mes lettres, ses morceaux. Mozart s’exprime en sons, je compose des textes. Plus que maître de musique, il est devenu pour moi un maître de sagesse, m’enseignant des choses si rares, l’émerveillement, la douceur, la sérénité, la joie…
Peut-on parler d’une amitié ? Dans mon cas, il s’agit d’un amour doublé de reconnaissance. »
Extrait de : E-E Schmitt. « ma vie avec Mozart. »


