Auteur/autrice : CH91
Le masque aux yeux rouges par H. J. Magog

Fiche de Le masque aux yeux rouges
Titre : Le masque aux yeux rouges
Auteur : H. J. Magog
Date de parution : 1933
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande
Première page de Le masque aux yeux rouges
« Ce matin-là à dix heures trente – heure vraiment ridicule – James Oldsilver – le beau James, comme le nommaient les enthousiastes de l’écran – fit une entrée aussi gauche que grotesque dans le boudoir de miss Perle Rose.
Or, si quelqu’un devait savoir se présenter avec aisance, c’était certainement le plus jeune milliardaire de Chicago devenu, depuis tantôt un an, par un caprice inexplicable, une des gloires du Cinéma, dont miss Perle était l’incontestable reine.
Contre toute vraisemblance, l’actrice se trouvait déjà dans son boudoir, le cinéma lui ayant appris à se lever de bonne heure. James Oldsilver trébucha, pivota sur lui-même comme ébloui et demeura planté au milieu de la pièce, foudroyant de regards farouches un innocent fauteuil, qui contenait, frileusement pelotonnée, la plus mignonne, la plus exquise des blondes. »
Extrait de : H.J Magog. « Le Masque aux yeux rouges. »
Le bouddha vivant par H. J. Magog

Fiche de Le bouddha vivant
Titre : Le bouddha vivant
Auteur : H. J. Magog
Date de parution : 1952
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande
Première page de Le bouddha vivant
« Emportant son lot de touristes qui, dans sa nacelle, faisait le tour du monde, le dirigeable Paris passait au-dessus du mystérieux Thibet, dont les cimes neigeuses défilaient, en arrière-plan, à travers les baies vitrées de l’aérienne salle à manger.
Les passagers, curieux, intrigués, se pressaient contre les vitres, pour contempler le spectacle.
Sous le dirigeable, le relief du sol réduit à de simples taches de couleur, de larges vallées fleuries de rhododendrons, devaient monter, entre les hautes falaises, vers quelque lac de montagne ; un limpide ruisseau s’étirait sur un lit de pierres gris-mauves. Ou peut-être passait-on au-dessus d’un de ces monastères thébaïdes, dont les maisonnettes blanches et basses se pressent autour des temples battus par les vents.
On survolait le Thibet. Cela valait quelque curiosité. »
Extrait de : H.J Magog. « Le Bouddha vivant. »
La veillée d’armes de Don Quichotte par H. J. Magog

Fiche de La veillée d’armes de Don Quichotte
Titre : La veillée d’armes de Don Quichotte
Auteur : H. J. Magog
Date de parution : 1906
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande
Première page de La veillée d’armes de Don Quichotte
« L’HÔTE seul, au milieu de la salle
Voici la fin du jour…
(Retournant ses poches vides)
et voici tout mon gain !
Est-ce là ton pouvoir, ô Dieu ? Qu’il est mesquin !
Ton serviteur pourtant, aux heures d’infortune,
Toujours s’adresse à toi. La présente en est une.
Tire-m’en, doux Seigneur ! fais frapper à mon huis
Quelque bon ventre-creux, de bourse pleine… et puis,
Que sa panse s’emplisse aux dépens de sa bourse !
Il sera plus dispos pour achever sa course !…
Je t’invoque !
(Bruit à gauche. On frappe)
L’HÔTE courant à la porte
Sitôt combles-tu mon espoir ?
Ah ! je te bénirai dans mes loisirs…
(Il ouvre. Entrent deux bacheliers de pauvre mine) »
Extrait de : H.J Magog. « La Veillée d’armes de Don Quichotte. »
L’énigme de la malle rouge par H. J. Magog

Fiche de L’énigme de la malle rouge
Titre : L’énigme de la malle rouge
Auteur : H. J. Magog
Date de parution : 1929
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande
Première page de L’énigme de la malle rouge
« Je venais tout juste de rentrer chez moi, quand on frappa à ma porte deux coups discrets.
— Entrez ! criai-je, ainsi que j’avais coutume de le faire.
La porte s’entre-bâilla aussitôt et laissa paraître une silhouette placide de bureaucrate, tandis qu’une voix déférente demandait :
— M. Wellgone ?
— C’est ici, répondis-je avec assurance.
En réalité, j’affirmais une chose inexacte, et le souci de la vérité aurait dû me faire déclarer :
— M. Wellgone habite à côté et il est absent. Mais, moi Antonin Bonassou, son voisin de palier, je me suis chargé de répondre à ses visiteurs. Et c’est pourquoi vous avez trouvé sa carte sur ma porte.
Mais cela faisait bien des explications et je trouvais plus simple – plus agréable aussi pour mon amour-propre – de répondre tout bonnement :
— C’est ici. »
Extrait de : H.J Magog. « L’Énigme de la malle rouge. »
L’île tombée du ciel par H. J. Magog

Fiche de L’île tombée du ciel
Titre : L’île tombée du ciel
Auteur : H. J. Magog
Date de parution : 1923
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande
Première page de L’île tombée du ciel
« C’était cependant un beau jour. Un clair soleil printanier brillait très haut dans le ciel, d’une pureté merveilleuse ; et les rares flocons blancs qu’on apercevait demeuraient immobiles, suspendus dans l’espace comme par d’invisibles fils.
Mais la foule, qui emplissait les rues et les avenues de tourbillons capricieux, était muette et sinistre. Elle allait sans but, piétinant parfois sur place, désemparée. L’angoisse convulsait les visages. Instinctivement, les têtes se relevaient sans cesse, interrogeant le ciel, comme si son azur eût renfermé quelque menace. Et c’était terrifiant et bizarre de voir frissonner tant de gens sous ce firmament ensoleillé.
Aux environs de l’Observatoire, dans l’avenue, le Luxembourg et le boulevard Saint-Michel, la foule se pressait davantage. Contre les grilles et dans les deux tronçons de la rue Cassini, ses vagues s’écrasaient ; une sourde rumeur courait au-dessus des têtes anxieuses, toutes tendues dans la même direction. Une feuille de papier, collée à l’angle de la loge du concierge, était le but de tant de regards. Les plus proches la déchiffraient et, de bouche en bouche, on se passait les nouvelles. »
Extrait de : H.J Magog. « L’Île tombée du ciel. »
L’homme qui devint gorille… par H. J. Magog
Fiche de L’homme qui devint gorille…
Titre : L’homme qui devint gorille…
Auteur : H. J. Magog
Date de parution : 1930
Editeur : Ebooks libres et gratuits
Première page de L’homme qui devint gorille…
« C’était très loin, très loin, tout au sud de Paris, dans un de ces quartiers inachevés, blancs de maisons neuves où, parce que le bruit cesse tout à coup, il semble que la vie soit aussi interrompue.
En bordure du parc Montsouris, la rue – un embryon de rue, encore béante comme une blessure – s’ouvrait, anonyme, et point terminée. La chaussée, crevassée d’ornières et poudrée encore de traînées de plâtre, ressemblait à un chemin de traverse, en pleine campagne. Elle se terminait en cul-de-sac, barrée par des pans de murs galeux et déchiquetés, qui avaient l’air d’implorer la pioche des démolisseurs. Surgis çà et là, à intervalles inégaux, trois hauts immeubles se dressaient comme des dents fausses et trop fraîchement émaillées, piquées sur un râtelier dégarni. Tout au fond, un quatrième, bas et massif, semblait une molaire. Un jour, indécis et finissant enfonçait entre les bâtisses des tampons de ouate sale. »
Extrait de : H.J Magog. « L’Homme qui devint gorille. »
La main criminelle par H. J. Magog

Fiche de La main criminelle
Titre : La main criminelle (Tome 2 sur 2 – L’enfant des halles)
Auteur : H. J. Magog
Date de parution : 1926
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande
Première page de La main criminelle
« Tandis que l’auto l’emportait, après un dernier geste d’adieu adressé à Jean, Renée avait éclaté en sanglots.
— Elle le garde… Elle me le prend, au moment où il allait peut-être m’aimer ! gémit-elle.
Les souvenirs mêlés – mêlés d’espoir et de découragement, de brusques joies et de désolation, de douceur et d’amertume – qu’elle emportait de cette soirée mouvementée la laissaient effondrée, à cette heure où elle se retrouvait seule.
Jusqu’au dernier instant, elle avait pu croire que la tendresse – l’amour un instant pressenti dans le regard et la voix de Jean Belmont – l’emporterait et triompherait des ruses d’une coquette.
Au cours de cette soirée, pour elle si émouvante en ses alternatives diverses, elle s’imaginait avoir joué sa vie – son amour. »
Extrait de : H.J Magog. « L’Enfant des halles (tome 2) La Main criminelle. »
Le môme Berlingot par H. J. Magog

Fiche de Le môme Berlingot
Titre : Le môme Berlingot (Tome 1 sur 2 – L’enfant des halles)
Auteur : H. J. Magog
Date de parution : 1926
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande
Première page de Le môme Berlingot
« — Chienne de vie !…
Cette apostrophe mâchonnée avec colère par un miséreux, sous les pieds duquel roulaient les cailloux du petit chemin en pente, était amplement justifiée par son aspect de hère piteux, aux chaussures éculées et aux vêtements rapiécés et sales.
Ce ne pouvait être qu’un de ces vagabonds, dont les silhouettes ne retiennent pas les regards indifférents, parce qu’à force de marcher dans la poussière des routes ils ont fini par en prendre la couleur et qu’ils s’en détachent à peine.
— Chienne de vie ! répétait-il.
Et sa voix exprimait cette rancune et cette révolte, nées de la conviction d’une injustice du sort – nées aussi d’une conscience d’être supérieur à ce destin.
Sans âge – la fatigue et la saleté vieillissent – sous sa livrée de poussière, il demeurait confusément à la limite où se rejoignent la jeunesse finissante et la maturité commençante. »
Extrait de : H.J Magog. « L’Enfant des Halles (tome 1) Le môme Berlingot. »
Paul Féval fils

Présentation de Paul Féval fils :
Paul Auguste Jean Nicolas Féval, dit Paul Féval fils, est un écrivain français né à Paris le 25 janvier 1860 et mort dans la même ville le 17 mars 1933. Il est le fils de l’illustre romancier populaire Paul Féval (père) (1816-1887), auteur notamment du célèbre roman de cape et d’épée Le Bossu.
Carrière et Style Littéraire
Contrairement à de nombreux « fils de », Paul Féval fils a choisi de s’inscrire directement dans la lignée littéraire de son père, adoptant le genre du roman-feuilleton et d’aventures populaires.
- L’Héritage Paternelle : Les Suites du Bossu : Son œuvre la plus notable est la continuation de l’univers créé par son père. Il a ainsi écrit de multiples suites et préquelles au Bossu, exploitant le personnage de Lagardère et sa descendance :
- Le Fils de Lagardère (1893, co-écrit avec A. d’Orsay).
- La Jeunesse du Bossu.
- Mademoiselle de Lagardère (1929).
- La Petite Fille du Bossu (1931).
- Pastiches et Crossovers : Féval fils s’est fait une spécialité de prolonger les œuvres à succès de la littérature française, notamment celles d’Alexandre Dumas. Son « coup de génie » fut de créer des croisements (ou crossovers) entre des figures mythiques :
- D’Artagnan contre Cyrano de Bergerac (série de romans, parfois en collaboration avec Maximilien Lassez), où il s’efforce de combler les vingt années laissées vides par Dumas entre Les Trois Mousquetaires et Vingt Ans Après.
- Il a également écrit des suites aux Mystères de Londres de son père.
- Autres Genres : Bien que principalement connu pour la cape et l’épée, Féval fils a également abordé d’autres genres populaires de son époque, y compris la science-fiction avec la série Les Mystères de demain (comme Les Fiancés de l’an 2000, écrit avec H.-J. Magog), ainsi que des pièces de théâtre et des nouvelles fantastiques (Histoires d’outre-tombe).
Reconnaissance
Paul Féval fils fut un écrivain prolifique et un professionnel habile du roman populaire, assurant la continuité de ce genre qui faisait alors les délices des lecteurs de journaux. Il est souvent considéré comme un précurseur dans l’art de la suite apocryphe et du pastiche littéraire, anticipant la logique des franchises modernes en réutilisant et combinant des personnages célèbres.
Il meurt à Paris en 1933 et est inhumé au cimetière du Montparnasse, rejoignant la sépulture familiale. Son œuvre, bien que de facture jugée plus modeste que celle de son père, témoigne de la vitalité et de l’évolution du roman-feuilleton au tournant du XXe siècle.
Livres de Paul Féval fils :
D’Artagnan et Cyrano :
- Le chevalier mystère (1925)
- Martyre de Reine (1925)
- Le secret de La Bastille (1925)
- L’héritage de Buckingham (1925)
- Secret d’état (1928)
- L’évasion du masque de fer (1928)
- Les noces de Cyrano (1928)
- La vieillesse d’Athos (1928)
- Le fils de d’Artagnan (1928)
- Le démon de bravoure
- Le chevalier des dames
- Pour sauver Roxane
La famille Lagardère – Le Bossu :
- Le Bossu (1857)
- Les chevauchées de Lagardère (1934)
- Mariquita (1922)
- Cocardasse et Passepoil (1923)
- La jeunesse du Bossu (1893)
Le fils de Lagardère :
- Le sergent Belle-Epée
- Le duc de Nevers (1893)
- Les jumeaux de Nevers – Le parc aux cerfs (1895)
- Les jumeaux de Nevers – La reine Cotillon (1895)
Mystères de demain :
- Les fiancés de l’an 2000 (1922-1924)
- Le monde des damnés (1922-1924)
- Le réveil de l’Atlantide (1922-1924)
- L’humanité enchaînée (1922-1924)
- Le faiseur de folles (1922-1924)
Intégrales :
- Coeur d’amour (1923-1925)
Pour en savoir plus sur Paul Féval fils :
La page Wikipédia sur P. Féval fils
La page Noosfere sur P. Féval fils
La page isfdb de P. Féval fils
Une histoire de revenants par Paul Féval
Fiche de Une histoire de revenants
Titre : Une histoire de revenants
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1881
Editeur : Feedbooks
Première page de Une histoire de revenants
« La vieille église se cachait dans un pli du vallon ; le clocher montrait son coq de cuivre, incliné sur sa tige, que le temps avait faussée, au-dessus d’un groupe de chênes ébranchés, ressemblant de loin à des géants difformes.
C’était un carrefour de la Grand-Lande, entre Redon et Malestroit, au pays de Bretagne. Il y avait là une table de pierre couchée sur trois supports inégaux. L’ajonc épineux, les genêts et la haute fougère formaient comme une haie autour de ce monument druidique que jamais paysan du bourg d’Orlan n’avait osé toucher du pied ni du doigt : on l’appelait la Pierre-des-Païens.
On disait que, sous cette table de granit, se creusait un trou de forme ovale, caché par les ronces, et que ce trou donnait accès dans une caverne qui rejoignait les souterrains
du manoir de Treguern.
On disait cela ; mais personne n’y avait été voir, car la ceinture de fougère, de genêts et d’ajoncs était intacte et ne présentait pas d’ouverture apparente pouvant livrer passage à un lapin. »
Extrait de : P. Féval. « Une Histoire de revenants. »