Auteur/autrice : CH91
Le cavalier fortune par Paul Féval
Fiche de Le cavalier fortune
Titre : Le cavalier fortune
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1869
Editeur : Feedbooks
Première page de Le cavalier fortune
« – Monseigneur, dit Fortune, nous autres Français nous n’avons point la vanterie des Espagnols. S’il y a chez nous un défaut, c’est que nous ne savons pas nous faire valoir suffisamment. Je suis brave, mes preuves sont faites, et quant à la prudence, j’en ai en vérité à revendre. À Paris, comme à Florence, à Turin et dans d’autres villes capitales, mon adresse passe en proverbe, et c’est justice, car aussitôt que j’entreprends une affaire elle est dans le sac. En me choisissant, Votre Éminence a
eu la main heureuse : je lui en fais mon sincère compliment.
C’était un magnifique garçon, à la taille élégante et robuste à la fois. Il disait tout cela en souriant, debout qu’il était, dans une attitude noble mais respectueuse, incliné à demi devant un personnage aux traits sévères et fortement accentués qui portait le costume de prêtre.
Il avait, lui, notre beau jeune homme, l’accoutrement d’un cavalier d’Espagne. »
Extrait de : P. Féval. « Le Cavalier Fortune. »
Le bossu par Paul Féval

Fiche de Le bossu
Titre : Le bossu
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1857
Editeur : Feedbooks
Première page de Le bossu
« Il y avait autrefois une ville en ce lieu, la cité de Lorre, avec des temples païens, des amphithéâtres
et un capitole.
Maintenant, c’est un val désert où la charrue paresseuse du cultivateur gascon semble avoir peur d’émousser son fer contre le marbre des colonnes enfouies. La montagne est tout près. La haute chaîne des Pyrénées déchire juste en face de vous ses neigeux horizons, et montre le ciel bleu du pays espagnol à travers la coupure profonde qui sert de chemin aux contrebandiers de Venasque. A quelques lieues de là, Paris tousse, danse, ricane et rêve qu’il guérit son incurable bronchite aux sources de Bagnéres-de-Luchon ; un peu plus loin, de l’autre côté, un autre Paris, Paris rhumatisant, croit laisser ses sciatiques au fond des sulfureuses piscines de Baréges-les-Bains. Éternellement, la foi sauvera Paris, malgré le fer, la magnésie ou le soufre ! »
Extrait de : P. Féval. « Le bossu. »
La ville-vampire par Paul Féval

Fiche de La ville-vampire
Titre : La ville-vampire
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1875
Editeur : Ebooksgratuits
Première page de La ville-vampire
« Il y a beaucoup d’Anglais et surtout d’Anglaises qui ont pudeur quand on leur raconte les actes d’effrontée piraterie dont les écrivains français sont victimes en Angleterre. Sa Très Gracieuse Majesté Victoria reine a signé jadis un traité avec la France dans le but louable de mettre fin à ces vols tant de fois répétés. Le traité est fort bien fait : seulement, il contient une petite clause qui en rend la teneur illusoire. Sa Très Gracieuse Majesté, en effet, défend à ses loyaux sujets de nous prendre nos drames, nos livres, etc., mais elle leur permet d’en faire ce qu’elle a la bonté d’appeler « une blonde imitation ».
C’est joli, ce n’est pas honnête. Le cher, l’excellent Dickens me disait un jour, en manière d’apologie :
– Je ne suis pas beaucoup mieux gardé que vous. Quand je passe à Londres et que j’ai par hasard une idée sur moi, je ferme à clef mon portefeuille, je le mets dans ma poche et je tiens mes deux mains dessus. On me vole tout de même. »
Extrait de : P. Féval. « La ville vampire. »
La vampire par Paul Féval

Fiche de La vampire
Titre : La vampire
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1856
Editeur : Feedbooks
Première page de La vampire
« LA PECHE MIRACULEUSE
Le commencement du siècle où nous sommes fut beaucoup plus légendaire qu’on ne le croit généralement. Et je ne parle pas ici de cette immense légende de nos gloires militaires, dont le sang républicain écrivit les premières pages au bruit triomphant de la fanfare marseillaise, qui déroula ses chants à travers l’éblouissement de l’empire et noya sa dernière strophe – un cri splendide – dans le grand deuil de Waterloo.
Je parle de la légende des conteurs, des récits qui endorment ou passionnent la veillée, des choses
poétiques, bizarres, surnaturelles, dont le scepticisme du dix-huitième siècle avait essayé de faire table nette.
Souvenons-nous que l’empereur Napoléon Ier aimait à la folie les brouillards rêveurs d’Ossian, passés par M. Baour au tamis académique. C’est la légende guindée, roidie par l’empois ; mais c’est toujours la légende.
Et souvenons-nous aussi que le roi légitime des pays légendaires, Walter Scott, avait trente ans quand le siècle naquit. »
Extrait de : P. Féval. « La vampire. »
La reine des épées par Paul Féval
Fiche de La reine des épées
Titre : La reine des épées
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1852
Editeur : Bibebook
Sommaire de La reine des épées
- Les arquebuses
- Le chateau de Rosenthal
- La reine chérie
Première page Les arquebuses
« Le mot de passe.
Sur le flanc gauche du Graben, cette belle et large rue qui suit la ligne des anciens fossés de Stuttgard et qui fait l’orgueil légitime de tous les sujets du roi de Wurtemberg, se trouve un quartier noir et peuplé outre mesure, dont les maisons grimpent, le long de petites rues étroites et tortueuses, jusqu’à la cathédrale. Dans les dictionnaires, on lit, à l’article Stuttgard, que la seule partie de la ville qui soit digne d’être visitée par le voyageur intelligent se compose de deux faubourgs, dont les maisons sont fort bien alignées. Il faut respecter l’avis des dictionnaires ; néanmoins, il est certains esprits qui, à Stuttgard, tout en considérant avec intérêt les grandes rues neuves ornées de restaurants à prix fixe et de magasins de bonneterie, n’ont pas honte de visiter aussi ces quartiers pauvres et dépourvus d’alignement, où se rencontrent les chers vestiges de la vie d’autrefois, où le passé renaît pour le rêveur, où l’imagination reconstruit, à l’aide d’une façade chancelante, d’une tourelle oubliée, d’une girouette de fer épargnée par miracle au sommet d’un pignon, tout ce merveilleux et sombre ensemble des cités gothiques. »
Extrait de : P. Féval. « La Reine des Épées. »
Les dieux de Xuma par David John Lake

Fiche de Les dieux de Xuma
Titre : Les dieux de Xuma
Auteur : David John Lake
Date de parution : 1978
Traduction : I. Kassabov
Editeur : Albin Michel
Première page de Les dieux de Xuma
« 0-8-4/0-9/0-3. Ce soir, depuis l’Observatoire du Palais de la Reine, à Yelsai, moi, Kanyo de Xulpona, ai observé quelque chose de si inhabituel dans la région des Étoiles Tournoyantes que j’ai jugé nécessaire de le noter dans ce journal intime. J’ai déjà envoyé mon rapport aux Juges Suprêmes de Khadan (y compris une copie pour la Reine Telesin), mais je n’ai pu transcrire l’étrangeté de l’événement à travers la sécheresse de la phraséologie officielle. Cela sortait des limites imposées par les angles, magnitudes et chronométrages. Peut-être arriverai-je à mieux maîtriser mes émotions en me confiant à ce journal plus personnel.
Ma compagne et moi étions sur le toit de l’Observatoire, peu après le coucher du soleil. En cette saison d’été méridional, le soleil se couche au sud-ouest, sa lueur rouge indiquant la direction du Désert de la Mort et le canal qui mène à Dlusar. Les éclairages urbains de Yelsai sont doux et agréablement tamisés, c’est pourquoi il ne peut être question d’effets optiques déformants. »
Extrait de : D.J Lake : « Les Dieux de Xuma. »
Oeuvres complètes par Edgar Allan Poe

Fiche de Oeuvres complètes
Titre : Oeuvres complètes
Auteur : Edgar Allan Poe
Date de parution : 2015
Traduction :
Editeur : LCI-ebooks
Sommaire de Oeuvres complètes
- Les 64 contes
- Histoires extraordinaires
- Nouvelles histoires extraordinaires
- Histoires grotesques et sérieuses
- Aventures d’Arthur Gordon Pym
- Eureka
- Contes inédits
- Contes grotesques
- Derniers contes
- Poésies complètes
- Poèmes de l’âge mur (1833-1844)
- Poèmes de jeunesse (1827-1832)
- La philosophie de la composition
- Notes biographiques et bibliographiques
- Poèmes traduits par Mallarmé
- Le corbeau : 6 versions françaises
La quittance de minuit – Tome II par Paul Féval
Fiche de La quittance de minuit – Tome II
Titre : La quittance de minuit – Tome II
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1846
Editeur : Bibebook
Sommaire de La quittance de minuit – Tome II
- La galerie du géant
Première page de La galerie du géant
« DEUX AMIES
Le boudoir de lady Georgiana, au château de Montrath, était quelque chose de charmant. Son tapissier l’avait précédée au manoir, et venait de jeter partout à profusion les merveilles toutes neuves du luxe parisien. Le tapissier de milady
demeurait rue de la Paix.
La pièce était, il faut le dire, admirablement disposée et formait par elle-même un délicieux réduit. Nous ne saurions point indiquer le style précis de son architecture intérieure, parce que les architectes anglais ont la bonne habitude de poser en ce genre d’inextricables énigmes : ils mêlent volontiers toutes les époques et trouvent encore moyen d’installer, au milieu de cet éclectisme, l’indispensable confort. Il y avait dans le boudoir de lady Montrath des réminiscences gothiques étonnées de s’allier à quelques intentions Pompadour ; comme transition, la manière du siècle d’Élisabeth jetait çà et là ses revêches essais. »
Extrait de : P. Féval. « La Quittance de minuit – Tome II. »
La quittance de minuit – Tome I par Paul Féval
Fiche de La quittance de minuit – Tome I
Titre : La quittance de minuit – Tome I
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1846
Editeur : Bibebook
Sommaire de La quittance de minuit – Tome I
- Les Molly-Maguires
- L’héritière
Première page de Les Molly-Maguires
« REPAS IRLANDAIS
Le vieux Mac-Diarmid avait une ferme de sept acres sur les bords du lac Corrib, à quelques milles de Galway. Sa maison était assise à quatre ou cinq cents pieds au-dessus du niveau du lac, sur le versant du dernier mont de la chaîne des Mamturks, qui domine l’extrémité occidentale de la province de Connaught, en Irlande.
Les joyeux bouquets d’arbres qui l’entouraient d’une verte ceinture, sur le flanc de la montagne nue, lui donnaient un aspect d’aisance et de bonheur. Elle était plus grande que ne le sont d’ordinaire les habitations des fermiers irlandais, surtout dans cette pauvre province de Connaught, où l’homme vit et meurt dans des cabanes indignes de servir d’asile à des brutes.
La maison de Mac-Diarmid était composée d’une construction principale, qui avait sans doute formé dans l’origine une habitation complète, et de deux petits bâtiments ajoutés après coup. Pour fixer tout de suite les idées de nos lecteurs, nous dirons que les trois parties de ce rustique édifice n’égalaient pas ensemble en valeur l’étable d’une ferme anglaise. C’était, à l’ouest du Connaught, une demeure presque opulente : en tout autre lieu de la terre, c’eût été un misérable réduit. »
Extrait de : P. Féval. « La Quittance de minuit – Tome I. »
La province de Paris par Paul Féval
Fiche de La province de Paris
Titre : La province de Paris
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1889
Editeur : BnF
Première page de La province de Paris
« Nous demeurions tous ensemble chez mon oncle, M.J.-B. Le Compaignon, conseiller-maître à la Cour des comptes. Cousine Marie avait seize ans, et je ne sais pourquoi je parle d’elle la première, car elle comptait alors pour bien peu. J’allais avoir vingt-deux ans. Cousine Hélène entrait dans sa dix-huitième année.
J’ai mis, en ce temps-là, beaucoup de trouble dans cette famille, fanatique de tranquillité.
Ce ne fut pas entièrement ma faute, et pourtant je ne puis esquiver le remords, quand je revois par la pensée M.J.-B. Le Compaignon sortant, à cause de moi, avec une barbe de vingt-quatre heures et sans avoir ramené ses mèches. Tante Minette faillit devenir folle, la pauvre excellente fille, et cousin Cramayet mouilla ses douze douzaines de chemises à devants de batiste.
Quant au notaire Choué de Grandlieu, quant à Parrain-Tronchin, commandant de gendarmerie, quant à l’abbé Heurtebise et aux autres comparses de cette tragédie parisienne, je ne sais pas si, même à l’heure où nous sommes, ils m’ont encore pardonné leurs tribulations. »
Extrait de : P. Féval. « La Province de Paris. »