Auteur/autrice : CH91

 

Le gardien de l’intouchable par Karl-Herbert Scheer et Clark Darlton

Fiche de Le gardien de l’intouchable

Titre : Le gardien de l’intouchable (Tome 37 sur 50 – Perry Rhodan #6 (M87))
Auteur : Karl-Herbert Scheer et Clark Darlton
Traduction : J.L Blary
Date de parution : 1968
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le gardien de l’intouchable

« D’un diamètre atteignant exactement quarante mille mètres, le spatioport militaire de Terrania était bordé d’un immense talus en faucille qui l’entourait sur les trois quarts de sa circonférence. Ce rempart avait été édifié avec les masses de roche et de terre extraites lors de la construction de la mégalopole actuellement peuplée de cinquante-neuf millions d’habitants. Le remblai avait été rapidement recouvert, puis aménagé en lieu de détente et de promenade ; depuis plus de quatre siècles s’y affairaient des robots-jardiniers, plantant et taillant arbres et massifs, ou nettoyant les allées. Traversant cette butte, qui dépassait par places une hauteur de deux cents mètres et une largeur de deux kilomètres, plusieurs tunnels.

Sur la partie nord-est de la crête artificielle – protégé du bruit et des mauvaises odeurs émis lors des opérations de décollage et d’atterrissage des vaisseaux – s’étendait un long bâtiment flanqué d’une aile à l’architecture futuriste : le restaurant Satum Hill. Situé en deçà des limites de la zone de franchise douanière, cet établissement proposait tout moins cher qu’ailleurs, servait plus rapidement, et avec une qualité supérieure. Son bar était ouvert – et fréquenté – à toute heure du jour comme de la nuit. »

Extrait de : K.H Scheer + C. Darlton. « Le Gardien de l’intouchable – Perry Rhodan. »

Traîtres en série par Karl-Herbert Scheer et Clark Darlton

Fiche de Traîtres en série

Titre : Traîtres en série (Tome 36 sur 50 – Perry Rhodan #6 (M87))
Auteur : Karl-Herbert Scheer et Clark Darlton
Traduction : J.M Gaillard-Paquet
Date de parution : 1968
Editeur : Fleuve noir

Première page de Traîtres en série

« En attendant les premières rafales de la tempête artificielle, l’amiral Keynz Loopers cligna des yeux, le regard braqué sur la veine de la soufflerie d’où surgissait pour le moment un agréable courant d’air frais. Mais à titre provisoire seulement. À l’intérieur du conduit, un homme debout, jambes écartées, dont la stature trahissait l’origine plophosienne, se préparait à lutter contre l’assaut de la bourrasque initiale. Un écran facial rendait son visage méconnaissable afin de garantir son anonymat. Il fallait éviter que les instructeurs se laissent influencer dans leurs jugements par un sourire ou par des grimaces de souffrance.

Les pensées de Loopers firent un bond dans le passé. Il se rappela le jour où lui-même s’était trouvé dans un endroit identique : si son cœur avait battu la chamade, il n’en avait pas moins été terriblement impatient de prouver ses capacités.

Arrivé au grade d’amiral dans l’Organisation des Mondes Unis, il exerçait les fonctions de gouverneur du Centre d’Entraînement de l’O.M.U. avec les prérogatives de plénipotentiaire du Lord-Amiral Atlan. »

Extrait de : K.H Scheer + C. Darlton. « Traîtres en Série – Perry Rhodan. »

Les délires divergents par Philip K. Dick

Fiche de Les délires divergents

Titre : Les délires divergents
Auteur : Philip K. Dick
Date de parution : 1979
Traduction : A. Dorémieux
Editeur : Casterman

Sommaire de Les délires divergents :

  • Reug
  • L’infatigable grenouille
  • Les rampeurs
  • Clientèle captive
  • Jeu de guerre
  • Ce que disent les morts
  • Précieuse relique
  • Syndrome de retrait
  • Match retour
  • Les préhumains

Première page de Reug

«  Reug ! » aboya le chien. Les pattes posées sur le haut de la clôture, il regardait dehors.

Le Reug s’approchait en courant du jardin.

C’était le début de la journée, et le soleil n’était pas encore levé. L’air était froid et gris, les murs de la maison couverts d’humidité. Ses grosses pattes noires agrippées au bois de la clôture, le chien entrouvrit les mâchoires en poursuivant sa surveillance.

Le Reug, arrêté devant le portail ouvert, observait l’intérieur du jardin. C’était un Reug de petite taille, blanc et mince, aux jambes vacillantes. Il examina le chien en plissant les yeux, et le chien montra les crocs.

« Reug ! » fit-il encore. Son aboiement éveilla un écho dans la pénombre de l’aube. Rien ne remua. Le chien se laissa retomber et retraversa le jardin jusqu’aux marches de la véranda. Se posant sur la marche du bas, il guetta le Reug. Ce dernier ne le quittait pas des yeux. Il allongea le cou en direction des fenêtres de la maison, renifla l’air. »

Extrait de : P.K Dick. « Les délires divergents. »

Arnaque & cie par Philip K. Dick

Fiche de Arnaque & cie

Titre : Arnaque & cie
Auteur : Philip K. Dick
Date de parution : 1964
Traduction : H.L Planchat, P.P Durastanti
Editeur : J’ai lu

Première page de Arnaque & cie

« Un technicien d’entretien avait surpris les machines d’InfoSub que possédait Arnaque & Cie en train de commettre un acte contre nature. L’ordinateur no 5 avait transmis une information non mensongère.

Il faudrait le démonter afin de voir pourquoi. Et de découvrir à qui l’information exacte était parvenue.

Sans doute n’y aurait-il aucun moyen de s’en assurer. Mais la porteuse conservait une archive de toute information transmise par la banque informatique dont les appareils se situaient ici et là sur Terre. Et celle-ci concernait un rat. Selon l’archive, le rat vivait au sein d’une colonie de ses congénères dans une décharge publique d’Oakland, en Californie.

Quelle importance pouvait revêtir une information sur un rat ? Lewis Stine, le technicien en chef d’Arnaque & Cie, s’interrogea tout en coupant l’alimentation en énergie de l’ordinateur d’InfoSub no 5 qu’il se disposait à démanteler. Bien sûr, il pouvait le demander à la machine… mais celle-ci, programmée pour mentir, mentirait – même à Arnaque & Cie. Il y avait là une ironie que Stine n’appréciait guère. Le problème resurgissait chaque fois qu’il fallait démonter l’un des ordinateurs.

Il pouvait poser la question à n’importe quelle autre banque d’informations, songea-t-il. »

Extrait de : P.K Dick. « Arnaque et Cie. »

Au bout du labyrinthe par Philip K. Dick

Fiche d’Au bout du labyrinthe

Titre : Au bout du labyrinthe
Auteur : Philip K. Dick
Date de parution : 1970
Traduction : A. Dorémieux, P.P Durastanti
Editeur : J’ai lu

Première page d’Au bout du labyrinthe

« Son boulot, comme toujours, le barbait. Il avait donc, la semaine précédente, gagné la salle de l’émetteur du vaisseau et branché des circuits sur les électrodes reliées à sa glande pinéale. Les circuits avaient communiqué sa prière qui, de là, avait atteint le plus proche relais, puis rebondi pendant des jours à travers la galaxie pour aboutir, il l’espérait, à l’un des mondes divins.

Cette prière, simple, était formulée en ces termes : « Ce fichu boulot de contrôle des stocks m’ennuie. C’est trop routinier… et puis ce vaisseau est trop grand et il y a trop de monde à bord. Je ne suis qu’une unité de réserve inutile. Pourriez-vous m’aider à trouver plus créatif et plus stimulant ? » Il avait adressé la prière, comme de juste, à l’Intercesseur. Si elle n’était pas exaucée, il l’adresserait cette fois au Psychofaçonneur.

La prière avait été exaucée.

« Monsieur Tallchief, vous êtes muté, déclara son superviseur en pénétrant dans sa cellule de travail. Qu’en dites-vous ?

— Je vais transmettre une prière de remerciement », répondit Ben, réconforté. On se sentait toujours réconforté en voyant sa prière entendue. « Le transfert est pour quand ? Bientôt ? » Il n’avait jamais caché son mécontentement ; il y avait moins de raisons que jamais de le faire.  »

Extrait de : P.K Dick. « Au bout du labyrinthe.  »

Blade Runner par Philip K. Dick

Fiche de Blade Runner

Titre : Blade Runner – Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? (Tome 1 sur 3 – Blade Runner)
Auteur : Philip K. Dick
Date de parution : 1968
Traduction : S. Guillot
Editeur : J’ai lu

Première page de Blade Runner

« Ce fut le déclic de l’orgue d’humeur situé près de son lit qui réveilla Rick Deckard. Surpris – ça le surprenait toujours de se retrouver éveillé sans préavis –, il s’extirpa de son lit, se redressa dans son pyjama multicolore et s’étira. Iran, son épouse, ouvrit alors ses tristes yeux gris, battit des paupières, puis les referma dans un grognement.
« Tu règles ton Penfield trop bas, lui dit-il. Je vais changer le réglage, ça va te réveiller et…
— Ne touche pas à mes réglages. » Sa voix recelait une aigreur glaciale. « Je ne veux pas être réveillée. »
Il se rassit sur le lit et se pencha sur elle. « Si tu mets l’alarme suffisamment fort, lui expliqua-t-il, tu seras heureuse de te réveiller ; c’est tout l’intérêt de la chose. Sur C, tu atteins d’un seul coup la conscience éveillée. Comme moi. » Aimablement, parce qu’il se sentait bien disposé à l’égard du monde – il avait choisi D pour lui-même –, il se mit à tapoter l’épaule pâle de sa femme.
« Ôte tes sales pattes de flic de là, cracha Iran.
— Je ne suis pas un flic. » Il se sentait irrité, à présent, alors qu’il n’avait pas programmé pareil sentiment.
« Non, tu es encore pire, lui dit son épouse, les yeux toujours fermés. Un meurtrier payé par les flics. »

Extrait de : P.K Dick. « Blade Runner. »

Atome… cher trésor ! par Yves Dermèze

Fiche de Atome… cher trésor !

Titre : Atome… cher trésor !
Auteur : Yves Dermèze
Date de parution : 1967
Editeur : Société Éditions Générales

Première page de Atome… cher trésor !

« Garnery se dit : « Je suis complètement idiot de me saouler aujourd’hui… N’importe quand, soit. Mais pourquoi précisément aujourd’hui ? »

Il en avait conscience, mais cela n’empêcha pas qu’il tendit la main, happa le verre de scotch Gilbey’s et l’avala d’un trait. Un bon scotch, ça remet un homme d’aplomb, et dieu sait s’il avait besoin d’être remis d’aplomb, Garnery, après deux mois passés à bourlinguer d’îlot en îlot, à boire les infectes boissons indigènes… Il n’y avait pas de Gilbey’s chez les indigènes, hélas.

Parce qu’il n’avait pas encore perdu tout à fait son esprit critique, il se dit aussi que, si un verre remettait un homme d’aplomb, deux, puis trois, puis quatre, puis… au fait, où en était-il ? Bah, il le saurait au moment de payer !… Bref, plusieurs verres, ça risquait de faire s’écrouler un homme, aussi accoutumé qu’il fût aux boissons fortes.

Il se mit à rire très fort, en tonnerre. Il eut conscience de ce que tous les consommateurs se tournaient vers lui. Il frappa du poing sur la table. »

Extrait de : Y. Dermèze. « Atome… cher trésor !. »

Cartier sur la corde raide par Yves Dermèze

Fiche de Cartier sur la corde raide

Titre : Cartier sur la corde raide
Auteur : Yves Dermèze
Date de parution : 1965
Editeur : Société Éditions Générales

Première page de Cartier sur la corde raide

« Pancho jura entre ses dents, freina à mort et immobilisa la fourgonnette juste sous un panneau « Stationnement interdit ». Cartier, assis près de lui, s’était cramponné afin de ne pas heurter le pare-brise.

— Qu’est-ce qu’il y a ?

— Tu ne vois pas, non ? bougonna le métis.

Du pouce, il désignait l’entrée d’une étroite ruelle, derrière eux.

— C’est là, grogna-t-il. Pas d’erreur. En face du drugstore. Le renseignement fourni par le patron était bon…

Il ricanait avec amertume :

— « Independence Street » ! Tu parles ! Ça fait la grande dame, ça porte un nom ronflant plutôt qu’un numéro(1)… Et ce n’est même pas assez large pour qu’on puisse y passer en bagnole ! De ça, le patron a oublié d’en parler… »

Extrait de : Y. Dermèze. « Cartier sur la corde raide. »

Corrida pour une espionne par Yves Dermèze

Fiche de Corrida pour une espionne

Titre : Corrida pour une espionne
Auteur : Yves Dermèze
Date de parution : 1968
Editeur : Société Éditions Générales

Première page de Corrida pour une espionne

« Quand Hilda sortit de sa chambre, elle n’était pas à l’extrême limite du découragement. Elle espérait encore. Chez Versinger, on lui avait laissé entendre, la veille, que peut-être…

Il devait être à peu près neuf heures moins le quart. Elle ne pouvait le savoir avec certitude car, bien entendu, il y avait beau temps qu’elle avait vendu sa montre-bracelet. Et pour presque rien. À peine de quoi payer les frais d’une semaine à la clinique ! Une montre en or massif, de grande marque…

Neuf heures moins le quart. Même à pied, elle serait facilement chez Versinger à neuf heures, heure à laquelle elle était convoquée pour une réponse définitive. En elle-même, elle murmurait : « Mon dieu, faites qu’ils m’accordent l’acompte… » En ce qui concernait le travail lui-même, l’accord était déjà établi. On l’embaucherait quand elle voudrait. Mais on ne la paierait qu’en fin de semaine.

Or elle avait besoin d’argent, un urgent besoin, un dramatique besoin de cent dollars.

Ses talons claquaient sur le trottoir. Les semelles étaient usées jusqu’à la corde, mais nul ne pouvait le deviner. Sa robe était très simple – elle l’avait achetée en solde – mais Hilda était jolie et n’avait nul besoin de vêtements luxueux. »

Extrait de : Y. Dermèze. « Corrida pour une espionne. »

Le général est mort par Yves Dermèze

Fiche de Le général est mort

Titre : Le général est mort
Auteur : Yves Dermèze
Date de parution : 1967
Editeur : Société Éditions Générales

Première page de Le général est mort

« Pancho avait sa moue des grands jours quand il ordonna :

— Arrête !

Jocelyn, qui tenait le volant, obéit aussitôt et glissa vers lui un regard empreint de curiosité. Elle n’avait jamais pu se faire aux réactions de Pancho, bien qu’elle ne l’eût pas quitté depuis deux ans et qu’elle eut participé avec lui à plusieurs missions dangereuses.

L’auto s’immobilisa au ras du trottoir, moteur au ralenti.

— On est du mauvais côté, mon gros, murmura la jeune femme.

— Je m’en fous, répondit Pancho.

Il se penchait légèrement en avant pour mieux épier la mince silhouette de Gudian qui, sans se douter de rien, continuait à marcher sur le trottoir, l’air absorbé, la tête basse, les mains dans les poches.

— Si un flic s’approche, bougonna Jocelyn, on va perdre une minute ou deux et adieu la piste…

— Pas question, fit Pancho. »

Extrait de : Y. Dermèze. « Le général est mort. »