Auteur/autrice : CH91

 

Paradis perdu par Eric-Emmanuel Schmitt

Fiche de Paradis perdu

Titre : Paradis perdu (tome 1 sur 5 – La traversée des temps)
Auteur : Eric-Emmanuel Schmitt
Date de parution : 2021
Editeur : Albin Michel

Première page de Paradis perdu

« Un frisson.
D’abord un frisson.
Insistant, le frisson pèse, file, s’étend, lézarde, se multiplie, devenant deux, quinze, cinquante frissons qui conquièrent la peau, réveillent les sens.

L’homme ouvre les paupières.
La nuit… Le silence… La fraîcheur… La soif…
Il regarde les ténèbres alentour. L’obscurité l’épouvanterait s’il ne savait où il se situe. Recroquevillé sur le calcaire humide, il inspire l’air tonique, revigorant, qui emplit ses poumons et ranime ses entrailles. Volupté d’exister… Comme c’est bon, une renaissance ! Meilleur qu’une naissance…

Leur tâche achevée, les frissons se dissipent : l’homme a pris conscience de son corps. »

Extrait de : E.E Schmitt. « La Traversée des temps – Paradis perdus. »

Histoire d’un homme du peuple par Erckmann-Chatrian

Fiche de Histoire d’un homme du peuple

Titre : Histoire d’un homme du peuple
Auteur : Emile Erckmann et Alexandre Chatrian
Date de parution : 1865
Editeur : Feedbooks

Première page de Histoire d’un homme du peuple

« Lorsque mon père, Nicolas Clavel, bûcheron à Saint-Jean-des-Choux, sur la côte de Saverne, mourut au mois de juin 1837, j’avais neuf ans. Notre voisine, la veuve Rochard, me prit chez elle quinze jours ou trois semaines, et personne ne savait ce que j’allais devenir. La mère Rochard ne pouvait pas me garder ; elle disait que nos meubles, notre lit et le reste ne payeraient pas les cierges de l’enterrement, et que mon père aurait bien fait de m’emmener avec lui.
En entendant cela, j’étais effrayé ; je pensais :
« Mon Dieu ! qui est-ce qui voudra me prendre ? »
Durant ces trois semaines, nous cherchions des myrtilles et des fraises au bois, pour les vendre en ville, et je pouvais bien en ramasser cinq ou six chopines par jour ; mais la saison des myrtilles passe vite, la saison des faînes arrive bien plus tard, en automne, et je n’avais pas encore la force de porter des fagots.
Souvent l’idée me venait que j’aurais été bien heureux de mourir. »

Extrait de : Erckmann-Chatrian. « Histoire d’un homme du peuple (suivi de Les Bohémiens sous la Révolution). »

Histoire d’un conscrit de 1813 par Erckmann-Chatrian

Fiche de Histoire d’un conscrit de 1813

Titre : Histoire d’un conscrit de 1813
Auteur : Emile Erckmann et Alexandre Chatrian
Date de parution : 1864
Editeur : Bibebook

Première page de Histoire d’un conscrit de 1813

« Ceux qui n’ont pas vu la gloire de l’Empereur Napoléon dans les années 1810, 1811 et 1812 ne sauront jamais à quel degré de puissance peut monter un homme.
Quand il traversait la Champagne, la Lorraine ou l’Alsace, les gens, au milieu de la moisson ou des vendanges, abandonnaient tout pour courir à sa rencontre ; il en arrivait de huit et dix lieues ; les femmes, les enfants, les vieillards se précipitaient sur sa route en levant les mains, et criant : Vive l’Empereur ! vive l’Empereur ! On aurait cru que c’était Dieu ; qu’il faisait respirer le monde, et que si par malheur il mourait, tout serait fini. Quelques anciens de la République qui hochaient la tête et se permettaient de dire, entre deux vins, que l’Empereur pouvait tomber, passaient pour des fous. Cela paraissait contre nature, et même on n’y pensait jamais.

Moi, j’étais en apprentissage, depuis 1804, chez le vieil horloger Melchior Goulden, à Phalsbourg. Comme je paraissais faible et que je boitais un peu, ma mère avait voulu me faire apprendre un métier plus doux que ceux de notre village ; car, au Dagsberg, on ne trouve que des bûcherons, des charbonniers et des schlitteurs. M. Goulden m’aimait bien. Nous demeurions au premier étage de la grande maison qui fait le coin en face du Bœuf-Rouge, près de la porte de France. »

Extrait de : Erckmann-Chatrian. « Histoire d’un conscrit de 1813. »

Contes tome 3 par Erckmann-Chatrian

Fiche de Contes tome 3

Titre : Contes tome 3
Auteur : Emile Erckmann et Alexandre Chatrian
Date de parution :
Editeur : Bibebook

Sommaire de Contes tome 3 :

  • La lunette de Hans Schnaps
  • Le tisserand de la Steinbach
  • Pourquoi Hunebourg ne fut pas rendu
  • Hugues le Loup
  • Le combat d’ours
  • Le rêve d’Aloïus
  • Les bohémiens d’Alsace sous la révolution
  • Le coquillage de l’oncle Bernard

Première page de La lunette de Hans Schnaps

« J’ai connu dans le temps, à Mayence, un honnête pharmacien nommé Hans Schnaps. La porte de son officine s’ouvrait sur le Thiermack ; elle était surmontée d’une guivre en guise d’enseigne ; le caducée de Mercure et le serpentaire d’Esculape en ornaient les panneaux. Quant à Hans Schnaps, au lieu de rester dans sa boutique, il se promenait dans les rues, une grande lunette sous le bras, et laissait le soin de ses drogues à deux garçons apothicaires.

C’était un singulier original, le nez long, les yeux gris, la lèvre moqueuse. À voir son large feutre, sa casaque de bure rougeâtre, sa barbe taillée en pointe, vous l’eussiez pris pour un artiste flamand.

Je le rencontrais quelquefois à la taverne du Pot de Tabac, sur le Zeil ; nous faisions ensemble notre partie deyoucker, nous causions de la pluie et du beau temps. Schnaps n’éprouvait pas le besoin de me faire connaître ses occupations, je ne voyais pas la nécessité de l’initier aux miennes, et, dans le fait, cela nous importait fort peu. »

Extrait de : Erckmann-Chatrian. « Contes III. »

Contes tome 2 par Erckmann-Chatrian

Fiche de Contes tome 2

Titre : Contes tome 2
Auteur : Emile Erckmann et Alexandre Chatrian
Date de parution :
Editeur : Bibebook

Sommaire de Contes tome 2 :

  • Entre deux vins
  • Le violon du pendu
  • La pêche miraculeuse
  • L’esquisse mystérieuse
  • La voleuse d’enfants
  • Les trois âmes
  • L’araignée-crabe
  • L’héritage de l’oncle Christian
  • Gretchen
  • La montre du doyen
  • Le rêve de mon cousin Elof
  • Hans Storkus
  • Les fiancés de Grinderwald

Première page de Entre deux vins

« Pendant la messe de minuit de l’an 1847, à Phalsbourg, le petit greffier de la justice de paix, Conrad Spitz et moi, nous vidions notre troisième bol de punch au café Schweitzer, près de la porte d’Allemagne. Tout le monde était à l’église. La veuve Schweitzer, avant de partir, avait éteint les quinquets ; la chandelle, placée entre Spitz et moi, éclairait vaguement un angle du billard, notre bol et nos verres : le reste se perdait dans l’ombre. La servante Grédel chantait à voix basse dans la cuisine, et nous venions d’entendre une chaise tomber au milieu du silence.

En ce moment, le petit greffier se prit à dire :

« Comment se fait-il, mon cher monsieur Vanderbach, qu’à cette heure indue, sans nous être dérangés de notre place au café Schweitzer, nous nous trouvions transportés chez Holbein, le tisserand, au coin de la halle aux grains et des vieilles boucheries ? »

Ces paroles m’étonnèrent. Je regardai autour de moi, et je reconnus qu’en effet nous étions assis dans une petite chambre tellement basse, que les poutres enfumées du plafond nous touchaient presque la tête. Les petites vitres à mailles de plomb étaient ensevelies sous la neige. »

Extrait de : Erckmann-Chatrian. « Contes II. »

Contes tome 1 par Erckmann-Chatrian

Fiche de Contes tome 1

Titre : Contes tome 1
Auteur : Emile Erckmann et Alexandre Chatrian
Date de parution :
Editeur : Bibebook

Sommaire de Contes tome 1 :

  • L’oreille de la chouette
  • Crispinus ou l’histoire interrompue
  • Le bourgmestre en bouteille
  • Le cabaliste Hans Weinland
  • Le bouc d’Israël
  • Une nuit dans les bois
  • La reine des abeilles
  • Messire Tempus
  • Le requiem du corbeau
  • L’oeil invisible
  • Le chant de la Tonne
  • La tresse noire
  • Le blanc et le noir

Première page de L’oreille de la chouette

« Le 29 juillet 1835, Kasper Bœck, berger du petit village d’Hirschwiller, son large feutre incliné sur le dos, sa besace de toile filandreuse le long des reins, et son grand chien à poil fauve sur les talons, se présentait, vers neuf heures du soir, chez M. le bourgmestre Pétrus Mauerer, lequel venait de terminer son souper, et prenait un petit verre de kirschwasser pour faciliter sa digestion.

Ce bourgmestre, grand, sec, la lèvre supérieure couverte d’une large moustache grise, avait jadis servi dans les armées de l’archiduc Charles ; il était d’humeur goguenarde, et gouvernait le village, comme on dit, au doigt et à la baguette.

— Monsieur le bourgmestre, s’écria le berger tout ému.

Mais Pétrus Mauerer, sans attendre la fin de son discours, fronçant le sourcil, lui dit :

— Kasper Bœck, commence par ôter ton chapeau, fais sortir ton chien de la chambre, et puis parle clairement, intelligiblement, sans bégayer, afin que je te comprenne.

Sur ce, le bourgmestre, debout près de la table, vida tranquillement son petit verre, et huma ses grosses moustaches grises avec indifférence.

Kasper fit sortir son chien et revint le chapeau bas. »

Extrait de : Erckmann-Chatrian. « Contes I. »

Le déchronologue par Stéphane Beauverger

Fiche de Le déchronologue

Titre : Le déchronologue
Auteur : Stéphane Beauverger
Date de parution : 2009
Editeur : Gallimard

Première page de Le déchronologue

« Je suis le capitaine Henri Villon et je mourrai bientôt.

Non, ne ricanez pas en lisant cette sentencieuse présentation. N’est-ce pas l’ultime privilège d’un condamné d’annoncer son trépas comme il l’entend ? C’est mon droit. Et si vous ne me l’accordez pas, alors disons que je le prends. Quant à celles et ceux qui liront mon récit jusqu’au bout, j’espère qu’ils sauront pardonner un peu de mon impertinence et, à l’instant de refermer ces chroniques, m’accorder leur indulgence.

D’ici quelques minutes, une poignée d’heures tout au plus, les forces contre lesquelles je me suis battu en auront définitivement terminé avec moi et ceux qui m’ont suivi dans cette folle aventure. J’ai échoué et je vais mourir. Ma frégate n’est plus qu’une épave percée de part en part, aux ponts encombrés par les cris des mourants, aux coursives déjà noircies par les flammes. Ce n’est ni le premier bâtiment que je perds ni le premier naufrage que j’affronte, mais je sais que nul ne saurait survivre à la dévastation qui s’approche. Bientôt, pour témoigner de l’épopée de ce navire et de son équipage ne resteront que les pages de ce journal. »

Extrait de : S. Beauverger. « Le Déchronologue. »

Collisions par temps calme par Stéphane Beauverger

Fiche de Collisions par temps calme

Titre : Collisions par temps calme
Auteur : Stéphane Beauverger
Date de parution : 2021
Editeur : La volte

Première page de Collisions par temps calme

« Je déteste me lever tôt, mais j’en apprécie les avantages : dans la cuisine, l’odeur du café préparé pour moi seul et, pour moi seul, le silence. Puis le grincement de la porte du placard que je ne prends jamais le temps de réparer, l’infime résistance de ma tasse préférée sur son support, à l’instant de la saisir, parce que Kylian l’aura encore rangée sans l’essuyer. Le clignotement contradictoire des horloges, la mesquine volupté de choisir s’il est déjà 05 : 54 ou seulement 05 : 47, parce que je n’ai toujours pas synchronisé l’électroménager via le réseau domotique. La satisfaction d’entrouvrir la baie vitrée pour capter les premiers chants d’oiseaux guettant avec moi le soleil. L’observation des épeires raccommodant leurs pièges entre les montants de la balustrade. Autant de raisons pour mon cerveau d’ordonner à mes jambes de sortir du lit, à mon dos fatigué de se tordre assez pour me redresser, à l’étonnement de cesser : je suis debout dans le noir sans l’avoir vraiment souhaité. »

Extrait de : S. Beauverger. « Collisions par temps calme. »

Eric-Emmanuel Schmitt

Présentation de Eric-Emmanuel Schmitt :

Éric-Emmanuel Schmitt est né en l’an 1960 à Sainte-Foy-lès-Lyon.
Si ce normalien et agrégé de philosophie s’est d’abord illustré sur les planches par des pièces à la redoutable intelligence dialectique, il convient surtout, pour complaire à votre exigence, de mettre en lumière la formidable appétence de sa prose pour l’imaginaire, le conte philosophique et l’altération du réel. Car sous les atours du dramaturge à succès, Eric-Emmanuel Schmitt est un authentique tisserand de l’étrange et de la spéculation.

La manifestation la plus éclatante de ce tropisme pour l’imaginaire réside sans doute dans son magistral roman uchronique de 2001, intitulé « La Part de l’autre ». Empruntant les vertigineux sentiers de l’histoire alternative, l’auteur y échafaude une hypothèse aussi fascinante que terrifiante : que serait-il advenu de la face du monde si, en 1908, le jury de l’Académie des beaux-arts de Vienne avait accepté la candidature du jeune Adolf Hitler ? Il y mène de front deux récits, la réalité historique d’une part, et la destinée fictive d’un peintre pacifique de l’autre, prouvant sa maîtrise absolue de la fiction spéculative.

Il sied également de s’attarder sur sa pharaonique entreprise romanesque entamée au crépuscule de notre époque contemporaine, la fresque de « La Traversée des temps ». Eric-Emmanuel Schmitt y embrasse pleinement les codes de la littérature de l’imaginaire en mettant en scène Noam, un protagoniste frappé du sceau de l’immortalité. À travers ce héros traversant les millénaires, de l’âge des cavernes jusqu’aux civilisations futures, l’écrivain renoue avec la grande tradition du mythe et du récit merveilleux.

Enfin, l’on ne saurait omettre la dimension magique et spirituelle qui innerve son célèbre « Cycle de l’invisible ». Bien que ces récits se veuillent avant tout des fables initiatiques, l’auteur n’hésite jamais à y convoquer le surnaturel, le réalisme magique ou les fantômes du passé pour élever l’âme de ses lecteurs.

En définitive, Eric-Emmanuel Schmitt a su faire de l’imaginaire et de l’hypothèse fantastique le véhicule privilégié de sa pensée philosophique, nous prouvant que le merveilleux reste l’un des plus sûrs chemins pour atteindre la vérité humaine.

Livres de Eric-Emmanuel Schmitt :

La traversée des temps :

Le cycle de l’invisible :

Intégrales :

Concerto à la mémoire d’un ange (2010)
Journal d’un amour perdu (2019)
L’évangile selon Pilate (2000)
L’homme qui voyait à travers les visages (2016)
La femme au miroir (2011)
La part de l’autre (2001)
La rêveuse d’Ostende (2007)
La secte des égoïstes (1994)
La tectonique des sentiments (2008)
La trahison d’Einstein (2014)
La vengeance du pardon (2017)
Le libertin (1997)
Les dix enfants que madame Ming n’a jamais eus (2012)
Lorsque j’étais une oeuvre d’art (2002)
Ma vie avec Mozart (2005)
Mes évangiles (2004)
Odette Toulemonde (2006)
Quand je pense que Beethoven est mort alors que tant de crétins vivent… (2010)
Théâtre (1999)
Ulysse from Bagdad (2008)
Variations énigmatiques (1996)

Pour en savoir plus sur Eric-Emmanuel Schmitt :

La page Wikipédia sur E.-E. Schmitt
La page Noosfere sur E.-E. Schmitt
La page isfdb de E.-E. Schmitt

Stéphane Beauverger

Présentation de Stéphane Beauverger :

Stéphane Beauverger est né le 29 juin 1969 dans la noble cité bretonne de Morlaix.
Il convient d’emblée de souligner la singularité du parcours de ce romancier. Formé initialement aux rigueurs du journalisme, c’est sous l’égide et les encouragements du célèbre scénariste Pierre Christin, son professeur d’alors, que Stéphane Beauverger fut poussé à embrasser la vocation de créateur d’univers. S’il a su, par la suite, prêter sa plume avec brio aux divertissements électroniques que sont les jeux vidéo de notre temps, ainsi qu’à la bande dessinée, c’est indubitablement dans l’art romanesque et la fiction spéculative que son génie a trouvé sa forme la plus achevée.

Dès l’an de grâce 2005, il s’imposa dans le paysage de la science-fiction francophone avec « Chromozone », premier jalon d’une trilogie dystopique et grinçante. Stéphane Beauverger y dépeint avec une noirceur réjouissante une humanité décimée par une arme virale, livrant une satire féroce et foisonnante qui fut promptement complétée par « Les Noctivores » puis « La Cité nymphale ».

Néanmoins, le pinacle de son œuvre demeure sans la moindre contestation possible « Le Déchronologue », majestueux roman d’aventures publié en 2009. L’auteur y accomplit un véritable tour de force stylistique et narratif, en convoquant un univers où se mêlent les codes de la flibuste du dix-septième siècle et les fulgurances de la science-fiction la plus exigeante. Le lecteur y suit le sillage du capitaine Henri Villon qui, naviguant sur les mers des Caraïbes à bord de son galion, doit affronter non seulement des corsaires, mais également des déchirures du continuum espace-temps. Ce magistral récit, par sa langue travaillée et son invention vertigineuse, s’est vu couronné par les plus prestigieuses récompenses de notre république des lettres, dont l’éminent Grand Prix de l’Imaginaire.

Stéphane Beauverger appartient ainsi à cette lignée précieuse d’artisans de l’imaginaire, ceux qui savent manier la langue avec autant de dextérité qu’ils orchestrent leurs redoutables vertiges temporels.

Livres de Stéphane Beauverger :

Collisions par temps calme (2021)
Le déchronologue (2009)

Pour en savoir plus sur Stéphane Beauverger :

La page Wikipédia sur S. Beauverger
La page Noosfere sur S. Beauverger
La page isfdb de S. Beauverger