Auteur/autrice : CH91
Le roi maléfique par Holly Black
Fiche de Le roi maléfique
Titre : Le roi maléfique (Tome 2 sur 3 – Le peuple de l’air)
Auteur : Holly Black
Traduction : L. Damant-Jeandel
Date de parution : 2019
Editeur : Rageot
Première page de Le roi maléfique
« Jude souleva sa lourde épée d’entraînement pour adopter la première posture : se tenir prête.
Habitue-toi à son poids, venait de lui dire Madoc. Tu dois avoir suffisamment de force pour frapper et frapper encore sans te fatiguer. La première leçon consiste à te rendre assez robuste pour ça.
Ce sera douloureux. Mais la souffrance te rendra plus forte.
Elle cala ses pieds dans l’herbe. Le vent jouait dans ses cheveux tandis qu’elle enchaînait les postures. Un : la lame, inclinée devant elle, protégeant son corps. Deux : le pommeau en l’air, comme si la lame était une corne qui sortait de son front. Trois : à hauteur de hanche, puis négligemment abaissée devant elle en guise de leurre. Enfin, quatre : de nouveau en l’air, à hauteur d’épaule. Chacun de ces mouvements pouvait facilement devenir une posture d’attaque ou de défense. Se battre, c’était comme jouer aux échecs : il fallait anticiper les déplacements de son adversaire et les contrer avant qu’il ne vous touche. »
Extrait de : H. Black. « Le roi maléfique – Le peuple de l’air. »
Les soeurs perdues par Holly Black
Fiche de Les soeurs perdues
Titre : Les soeurs perdues (Tome 1,5 sur 3 – Le peuple de l’air)
Auteur : Holly Black
Traduction : L. Damant-Jeandel
Date de parution : 2018
Editeur : Rageot
Première page de Les soeurs perdues
« Te souviens-tu du conte Monsieur Renard ?
Il était une fois une jeune fille belle et intelligente, adorée par ses frères aînés et ses soupirants, parmi lesquels se trouvait un homme mystérieux appelé M. Renard. On ne savait pas grand-chose de lui, si ce n’est qu’il était galant, avait des manières parfaites et vivait dans un château grandiose. La jeune fille jeta son dévolu sur lui. Bientôt, il fut convenu qu’ils se marieraient.
En plus d’être belle et d’avoir de l’esprit, la jeune fille était aussi curieuse. Par conséquent, avant le mariage, quand M. Renard lui annonça qu’il devait s’absenter pour affaires, elle se rendit au château afin de voir l’endroit où elle allait vivre. Les lieux étaient aussi majestueux qu’on le lui avait dit, avec leurs hauts murs solides recouverts de plantes grimpantes et leurs douves profondes, froides et humides. En s’approchant, la jeune fille remarqua une inscription gravée dans la pierre, au-dessus du portail : AIE DE L’AUDACE, AIE DE L’AUDACE. »
Extrait de : H. Black. « Les soeurs perdues – Le peuple de l’air. »
Le prince cruel par Holly Black

Fiche de Le prince cruel
Titre : Le prince cruel (Tome 1 sur 3 – Le peuple de l’air)
Auteur : Holly Black
Traduction : L. Damant-Jeandel
Date de parution : 2018
Editeur : Rageot
Première page de Le prince cruel
« Par un paisible dimanche après-midi, un homme vêtu d’un long manteau sombre hésitait devant l’entrée d’une maison, dans une rue bordée d’arbres. Il n’était arrivé ni en voiture ni en taxi. Aucun voisin ne l’avait vu flâner sur le trottoir. Il était tout simplement apparu, comme s’il avait marché en sautant d’une ombre à l’autre.
L’homme s’approcha de la porte et leva le poing pour frapper.
À l’intérieur, assise sur le tapis du salon, Jude, sept ans, mangeait des bâtonnets de poisson tout ramollis par le four à micro-ondes, qu’elle trempait dans une giclure de ketchup. Taryn, sa sœur jumelle, dormait sur le canapé. Recroquevillée autour d’une couverture roulée en boule, elle suçait son pouce, la bouche tachée de jus de fruits. À l’autre bout du canapé, Vivienne, leur sœur aînée, regardait un dessin animé à la télévision, ses yeux étranges à la pupille fendue fixés sur une souris poursuivie par un chat. Elle riait chaque fois que la souris semblait sur le point de se faire dévorer. »
Extrait de : H. Black. « Le prince cruel – Le peuple de l’air. »
La voleuse de la nuit par Holly Black

Fiche de La voleuse de la nuit
Titre : La voleuse de la nuit (Tome 2 sur 2 – Le livre de la nuit)
Auteur : Holly Black
Traduction : M. Pagel
Date de parution : 2025
Editeur : De Saxus
Première page de La voleuse de la nuit
« À Easthampton, la plupart des usines désaffectées depuis bien longtemps ressuscitaient peu à peu grâce à des promoteurs. De leurs carcasses desséchées surgissaient appartements et bureaux, écoles du cirque, brasseries hydroponiques, entrepôts pour merchandising de BD en ligne, dispensaires de marijuana, et salles d’exposition d’artisans avec plans de travail en ciment. Quelques-unes demeuraient toutefois intouchées – des squelettes de briques dominant les arbres et le fleuve, à l’intérieur obscur, encombré de clous rouillés et d’ordures.
Pas le genre d’endroit où Charlie Hall brûlait de s’aventurer, seulement armée d’un couteau, d’une lampe torche et d’un immense ressentiment, à la recherche d’une Furie dangereuse.
Son domaine était le mensonge et l’escroquerie, pas le combat. »
Extrait de : H. Black. « La Voleuse de la Nuit – Le Livre de la Nuit. »
Le livre de la nuit par Holly Black

Fiche de Le livre de la nuit
Titre : Le livre de la nuit (Tome 1 sur 2 – Le livre de la nuit)
Auteur : Holly Black
Traduction : M. Pagel
Date de parution : 2022
Editeur : De Saxus
Première page de Le livre de la nuit
« N’importe quel enfant peut être poursuivi par son ombre. Il n’a pour cela qu’à courir droit vers le soleil lors d’une chaude après-midi. Tant qu’il continue de bouger, elle reste juste derrière lui. Il peut bien faire volte-face et tenter de la poursuivre, mais, aussi vite que s’activent ses jambes potelées, elle demeure toujours hors de sa portée.
Rien de tel avec cet enfant-ci.
Alors qu’il court dans un champ semé de pissenlits, riant, criant, ses doigts se referment sur une silhouette qui ne devrait pas être matérielle, une silhouette qui ne devrait pas tomber avant lui dans le trèfle et la mauvaise herbe, une silhouette avec laquelle il ne devrait pas pouvoir lutter et qu’il ne devrait pas pouvoir plaquer au sol.
Plus tard, assis dans la fraîcheur moussue au pied d’un érable, le garçon tente de percer du bout d’un canif la pulpe de son annulaire – mais se détourne pour ne pas voir. Le premier coup n’entame pas la peau. Le deuxième non plus. C’est seulement la troisième fois, quand la frustration surpasse la peur, qu’il frappe assez fort pour se couper. »
Extrait de : H. Black. « Le Livre de la Nuit. »
Les sortilèges du vent par Erik L’Homme

Fiche de Les sortilèges du vent
Titre : Les sortilèges du vent (Tome 3 sur 3 – Terre-Dragon)
Auteur : Erik L’Homme
Date de parution : 2015
Editeur : Gallimard
Première page de Les sortilèges du vent
« Chakor se réveilla avec un affreux goût de terre dans la bouche.
Que m’est-il arrivé ?
Il était allongé sur le ventre, le visage à moitié enfoui dans la vase, une douleur atroce pulsant dans son crâne. Il essaya de se relever mais il avait les mains liées dans le dos.
Par tous les dieux ! Qui m’a attaché ? Et qui m’a frappé ?
La mémoire lui revint tout d’un coup.
Il suivait Ishkar et le Dakan en direction de Gansh. Mais ils allaient trop vite et il les avait perdus à l’entrée des étangs. Il avait erré ensuite dans le labyrinthe de roseaux pourpres avant de croiser, par un hasard surprenant, la route de deux adolescents, amis de Peau d’Ours : Sheylis, une jeune sorcière particulièrement puissante, et Doom, un garçon agité. C’est lui, sûrement, qui l’avait assommé par-derrière pendant qu’il affrontait la magicienne.
– Tu te ramollis, Chakor, grommela-t-il.
Le sorcier noir parvint à se mettre sur les genoux puis à se relever. Bien sûr, ses armes avaient disparu. Il regretta surtout sa masse d’armes, gravée de thun-lawz qu’il avait méticuleusement choisis et patiemment incisés. »
Extrait de : E. L’Homme. « Les sortilèges du vent – Terre-Dragon. »
Le chant du fleuve par Erik L’Homme

Fiche de Le chant du fleuve
Titre : Le chant du fleuve (Tome 2 sur 3 – Terre-Dragon)
Auteur : Erik L’Homme
Date de parution : 2015
Editeur : Gallimard
Première page de Le chant du fleuve
« Le ciel s’était couvert, comme il avait l’habitude de le faire pendant la saison froide, juste avant la nuit, pour annoncer l’arrivée de l’obscurité.
Le radeau de pierre filait à bonne allure sur le Fleuve métallique, conduit par Doom-le-Scalde qui s’était de nouveau emparé de la barre. Rendu prudent par une précédente mésaventure au cours de laquelle un bateau plus gros avait failli les éperonner, le garçon s’efforçait de rester attentif ; le courant qui les entraînait paresseusement vers l’Aval faisait certes tout le travail, mais il incitait aussi au relâchement.
Ægir-Peau-d’Ours, silencieux, était blotti dans l’épaisse fourrure qui ne le quittait jamais. Son regard dérivait du Fleuve au rivage, de Doom à ses autres compagnons de voyage. Comme lui semblait loin l’époque où, prisonnier des steppes, son univers tout entier tenait entre les barreaux d’une cage et le visage défiguré d’un féroce guerrier naatfarir ! »
Extrait de : E. L’Homme. « Le chant du fleuve – Terre-Dragon. »
Le souffle des pierres par Erik L’Homme

Fiche de Le souffle des pierres
Titre : Le souffle des pierres (Tome 1 sur 3 – Terre-Dragon)
Auteur : Erik L’Homme
Date de parution : 2014
Editeur : Gallimard
Première page de Le souffle des pierres
« Sheylis frissonna.
Elle n’avait jamais aimé sa grand-mère. Pour tout dire, cette vieille femme lui flanquait la chair de poule. Quelle idée avait traversé la tête de sa mère pour qu’elle l’abandonne ici ?
Elle voulait avoir les mains libres pour refaire sa vie avec cet homme, ce marchand dont j’ai oublié le nom…, remâcha intérieurement Sheylis.
Bref, sa mère avait disparu sans laisser de traces ni donner de nouvelles.
Sheylis habitait désormais à une lieue du village de Karar, sur le territoire des puritains de Shogh-le-Pieu, en bordure d’une sombre forêt de chênes-houx aux troncs rugueux et aux branches noueuses, dans une solitude qui lui pesait. Elle n’avait pas d’amis. Les filles qu’elle croisait lorsqu’elle se rendait au marché refusaient de lui adresser la parole. Elles chuchotaient sur son passage et Sheylis savait qu’elles l’avaient surnommée Mauvais-Œil.
C’était pareil avec les garçons.
Pourtant, Sheylis était jolie. Très jolie, même. Elle avait treize ans et promettait, avec ses boucles brunes et ses étonnants yeux verts, de faire chavirer les cœurs. Mais pour les villageois, sa grand-mère était une sorcière qui pratiquait une magie malfaisante. »
Extrait de : E. L’Homme. « Le souffle des pierres – Terre-Dragon. »
En des lieux obscurs par Erik L’Homme

Fiche de En des lieux obscurs
Titre : En des lieux obscurs (Tome 3 sur 3 – Phaenomen)
Auteur : Erik L’Homme
Date de parution : 2008
Editeur : Gallimard
Première page de En des lieux obscurs
« Et si mon cerveau n’était pas un cerveau ? Je m’explique : certains animaux vivent aux crochets d’autres animaux. C’est le cas des coucous, qui poussent hors du nid les oisillons des autres pour prendre leur place. Et celui des ténias, ces vers immondes qui colonisent les intestins. Les arbres non plus n’échappent pas aux parasites. Le lierre étouffe patiemment le chêne, les chenilles processionnaires bouffent les pins. Et si un parasite avait pris la place de mon cerveau ? Si mon crâne était squatté par une sorte d’éponge, par exemple ? Ou mieux : un horrible poulpe ? Brrr ! Un poulpe qui, aussi à l’aise dans ma tête que dans un vaisseau spatial appuierait sur des boutons avec ses tentacules visqueux « Photocopie de ce livre ! » « Stockage de ces soixante parfums ! » « Enregistrement des conversations de la
table d’à côté ! » « Projection d’un rêve plus vrai que nature pour qu’Arthur pète les plombs ! » Sale poulpe…
Arthur se prit les pieds dans une racine et trébucha. Sa chaussure fit : « Splotch » en s’enfonçant dans la boue. Il étouffa un juron et se rétablit de justesse, grâce à la tige d’une fougère géante.
– Reste avec nous, vieille branche ! lança Nicolas derrière lui. »
Extrait de : E. L’Homme. « En des lieux obscurs – Phaenomen. »
Plus près du secret par Erik L’Homme
Fiche de Plus près du secret
Titre : Plus près du secret (Tome 2 sur 3 – Phaenomen)
Auteur : Erik L’Homme
Date de parution : 2007
Editeur : Gallimard
Première page de Plus près du secret
« Les chiffres. Les chiffres sont comme des gouttes d’eau, qui font ploc ploc à l’intérieur de ma tête. Je ne sais pas combien de fois ils me sont venus en aide, débarquant en renfort quand mes trois singes étaient sur le point de se faire déborder, ou bien au contraire, m’évitant d’avoir à les dessiner, ce qui est parfois pratique quand on ne dispose d’aucun mur blanc ! Je ne sais comment l’expliquer, mais il existe entre les chiffres et moi une complicité, et pourquoi avoir peur de le dire ?, une tendresse. Les chiffres ne me cachent rien, ils se dévoilent à moi totalement nus. En fouinant l’autre jour dans la bibliothèque d’Antoine, Nicolas a découvert un poème qui l’a bouleversé : c’était « Voyelles », d’Arthur Rimbaud. Rimbaud, ai-je commenté, qui aurait pu s’appeler Rainbow tant sa poésie contient de couleurs. Moi, c’est en passant devant un kiosque à journaux que j’ai eu mon illumination. Ne riez pas ! C’est là, en effet, que j’ai acheté mon premier recueil de sudokus…
– On te tient, fouineur !
– Tu croyais nous échapper longtemps ? On connaît ces couloirs mieux que toi ! »
Extrait de : E. L’Homme. « Plus près du secret – Phaenomen. »