Étiquette : Phaenomen
En des lieux obscurs par Erik L’Homme

Fiche de En des lieux obscurs
Titre : En des lieux obscurs (Tome 3 sur 3 – Phaenomen)
Auteur : Erik L’Homme
Date de parution : 2008
Editeur : Gallimard
Première page de En des lieux obscurs
« Et si mon cerveau n’était pas un cerveau ? Je m’explique : certains animaux vivent aux crochets d’autres animaux. C’est le cas des coucous, qui poussent hors du nid les oisillons des autres pour prendre leur place. Et celui des ténias, ces vers immondes qui colonisent les intestins. Les arbres non plus n’échappent pas aux parasites. Le lierre étouffe patiemment le chêne, les chenilles processionnaires bouffent les pins. Et si un parasite avait pris la place de mon cerveau ? Si mon crâne était squatté par une sorte d’éponge, par exemple ? Ou mieux : un horrible poulpe ? Brrr ! Un poulpe qui, aussi à l’aise dans ma tête que dans un vaisseau spatial appuierait sur des boutons avec ses tentacules visqueux « Photocopie de ce livre ! » « Stockage de ces soixante parfums ! » « Enregistrement des conversations de la
table d’à côté ! » « Projection d’un rêve plus vrai que nature pour qu’Arthur pète les plombs ! » Sale poulpe…
Arthur se prit les pieds dans une racine et trébucha. Sa chaussure fit : « Splotch » en s’enfonçant dans la boue. Il étouffa un juron et se rétablit de justesse, grâce à la tige d’une fougère géante.
– Reste avec nous, vieille branche ! lança Nicolas derrière lui. »
Extrait de : E. L’Homme. « En des lieux obscurs – Phaenomen. »
Plus près du secret par Erik L’Homme
Fiche de Plus près du secret
Titre : Plus près du secret (Tome 2 sur 3 – Phaenomen)
Auteur : Erik L’Homme
Date de parution : 2007
Editeur : Gallimard
Première page de Plus près du secret
« Les chiffres. Les chiffres sont comme des gouttes d’eau, qui font ploc ploc à l’intérieur de ma tête. Je ne sais pas combien de fois ils me sont venus en aide, débarquant en renfort quand mes trois singes étaient sur le point de se faire déborder, ou bien au contraire, m’évitant d’avoir à les dessiner, ce qui est parfois pratique quand on ne dispose d’aucun mur blanc ! Je ne sais comment l’expliquer, mais il existe entre les chiffres et moi une complicité, et pourquoi avoir peur de le dire ?, une tendresse. Les chiffres ne me cachent rien, ils se dévoilent à moi totalement nus. En fouinant l’autre jour dans la bibliothèque d’Antoine, Nicolas a découvert un poème qui l’a bouleversé : c’était « Voyelles », d’Arthur Rimbaud. Rimbaud, ai-je commenté, qui aurait pu s’appeler Rainbow tant sa poésie contient de couleurs. Moi, c’est en passant devant un kiosque à journaux que j’ai eu mon illumination. Ne riez pas ! C’est là, en effet, que j’ai acheté mon premier recueil de sudokus…
– On te tient, fouineur !
– Tu croyais nous échapper longtemps ? On connaît ces couloirs mieux que toi ! »
Extrait de : E. L’Homme. « Plus près du secret – Phaenomen. »
Phaenomen par Erik L’Homme

Fiche de Phaenomen
Titre : Phaenomen (Tome 1 sur 3 – Phaenomen)
Auteur : Erik L’Homme
Date de parution : 2006
Editeur : Gallimard
Première page de Phaenomen
« Elle était couchée, recroquevillée sur le sol froid de la caverne. Derrière, au fond, tapis dans l’ombre, les dragons feulaient doucement et leurs écailles crissaient contre la pierre. Leurs yeux luisaient, jaunes et vides, avides. Ils l’observaient, ils attendaient. Elle avait envie de crier mais en était incapable. Un étau serrait sa gorge. Elle haletait. Elle sentit la terreur l’envahir. Elle essaya de bander ses muscles, pour ramper vers la sortie, vers la lumière qu’elle apercevait, loin, trop loin. Pour aller à la rencontre du soleil, de la chaleur. Mais elle ne pouvait pas. Ses membres étaient paralysés. Elle n’arrivait pas non plus à ouvrir la bouche ni à fermer les yeux. Son esprit seul était en vie. Alors la panique la submergea…
Violaine émergea de son cauchemar en hurlant, trempée de sueur. Le sang martelait ses tempes. Elle aurait dû s’habituer, depuis le temps. Depuis qu’elle était en âge de rêver, elle faisait le même rêve, toutes les nuits ! Mais chaque fois, la peur était la même, viscérale, abominablement réelle. Elle repoussa les couvertures et s’assit au milieu de son lit. Le réveil indiquait l’heure en chiffres luminescents. »
Extrait de : E. L’Homme. « Phaenomen. »