Auteur/autrice : CH91
Les mondes du Si par Stanley G. Weinbaum

Fiche de Les mondes du Si
Titre : Les mondes du Si
Auteur : Stanley G. Weinbaum
Date de parution : 2013
Traduction : M. Madouraud, N. Dudon
Editeur :
Sommaire de Les mondes du Si :
- Les mondes du Si
- Les mondes du Si
- L’idéal
- Le point de vue
- La vallée des rêves
Première page de Les mondes du Si
« M’arrêter sur la route de l’aéroport de Staten Island, dans le but de donner un coup de fil, fut une grossière erreur, car j’aurais pu m’y prendre autrement. Mais le bureau se montra affable. « Nous retiendrons le vaisseau cinq minutes à votre intention, » m’assura l’employé. « C’est le mieux que nous puissions faire. »
Aussi retournai-je en courant à mon taxi, et nous gagnâmes le troisième niveau pour foncer sur le Staten Bridge, telle une comète entraînant à sa suite un arc-en-ciel d’argent. Je devais être à Moscou à vingt heures, pour l’ouverture de l’appel d’offre sur le tunnel de l’Oural. Le gouvernement avait requis la présence d’un représentant de chaque soumissionnaire, toutefois la société aurait dû s’abstenir de m’envoyer – moi, Dixon Wells – même si la N.J. Wells Corporation, pour ainsi dire, « est » mon père. »
Extrait de : S.G Weinbaum. « Les Mondes Du Si / La Vallée des Rêves. »
Le nouvel Adam par Stanley G. Weinbaum

Fiche de Le nouvel Adam
Titre : Le nouvel Adam
Auteur : Stanley G. Weinbaum
Date de parution : 1939
Traduction : F. Jackson
Editeur : Coda
Première page de Le nouvel Adam
« ANNA HALL MOURUT AUSSI FLEGMATIQUEMENT QU’ELLE avait vécu ; elle mourut en couches de façon peu imaginative, ce qui lui épargna peut-être quelques souffrances maternelles, car son étrange fils survécut. L’austère John Hall, homme d’un certain âge, ne gaspilla pas ses ressources émotionnelles en vains regrets ou futiles récriminations au sujet de l’enfant. La vie était rude et sans pitié ; on prenait sans discuter ce qui venait. Hall accepta le nouveau-né et lui donna le nom de son propre père, le vieil Edmond.
Ce fut sans doute un rarissime accident des gènes et des déterminants qui produisit Edmond Hall : un bébé malingre, aux jambes droites dès la naissance, aux yeux bizarrement brillants. Pourtant, le détail anatomique le plus singulier, celui dont la vue fit bougonner l’alerte Docteur Lindquist, concernait ses mains, dont chaque doigt, fin et minuscule, possédait une articulation supplémentaire. Repliant son pouce à trois phalanges sur ses doigts qui en comportaient quatre, il formait un curieux petit poing qu’il fixait sans pleurer d’un regard gris jaune. »
Extrait de : S.G Weinbaum. « le nouvel adam. »
La flamme noire par Stanley G. Weinbaum

Fiche de La flamme noire
Titre : La flamme noire
Auteur : Stanley G. Weinbaum
Date de parution : 1939
Traduction : G.-H. Gallet
Editeur : Albin Michel
Première page de La flamme noire
« Hull Tarvish ne regarda qu’une fois en arrière, et cela seulement quand il fut au détour du chemin. La petite chaumière de pierre qui avait été sa maison restait là-bas, comme il l’avait vue un million de fois, encadrée dans les cèdres. Sa mère le guettait encore, et deux de ses jeunes frères le regardaient partir vers la vallée. Il leva la main en signe d’adieu puis il l’abaissa, en réfléchissant qu’aucun d’eux ne le voyait plus maintenant. Sa mère était rentrée et les deux gamins avaient aperçu un lapin. Il tourna la tête et descendit la pente, s’éloignant d’Ozarky.
Il passa près de l’endroit où avait été le grand chemin de fer des Anciens. Ce n’étaient plus maintenant que deux bandes rouillées et une rangée de traverses pourries. Auprès, se trouvait un tas de pierres moussues qui avait été un vieux bâtiment au temps d’avant les Siècles des Ténèbres, quand Ozarky faisait partie de l’ancien État du Missouri. »
Extrait de : S.G Weinbaum. « La Flamme Noire. »
Stanley G. Weinbaum

Présentation de Stanley G. Weinbaum :
Né le 4 avril 1902 à Louisville, dans le Kentucky, Stanley G. Weinbaum fut d’abord un ingénieur en chimie avant de se tourner vers la chose écrite. Si l’histoire des lettres romanesques ne retient souvent que les carrières au long cours, celle de Stanley G. Weinbaum constitue une éclatante exception. Son œuvre, en effet, s’est bâtie sur la durée dérisoire de dix-huit mois, avant qu’une funeste maladie (un cancer des poumons) ne l’emporte prématurément le 14 décembre 1935, à l’âge de trente-trois ans.
Pourtant, en l’espace d’une poignée de nouvelles publiées dans les fameuses revues sur papier pulpeux (pulps) des années trente, il a bouleversé à jamais les canons de la science-fiction.
Son formidable coup d’éclat survint en juillet 1934, lorsque la revue Wonder Stories publia son récit intitulé « Une odyssée martienne » (A Martian Odyssey). Jusqu’alors, la littérature d’imagination américaine se contentait bien souvent de dépeindre les créatures extraterrestres comme de vulgaires monstres belliqueux (ce que nos amis d’outre-Atlantique nomment les Bug-Eyed Monsters) ou comme de simples hommes affublés d’une couleur de peau exotique. Stanley G. Weinbaum, lui, fit montre d’une originalité stupéfiante en créant le personnage de Twiil : un être martien à l’apparence résolument non-humaine, doté d’une psychologie propre, d’une intelligence égale voire supérieure à celle des hommes, mais d’une logique profondément différente et insaisissable.
Cette nouvelle fit l’effet d’un coup de tonnerre dans le landerneau des littératures de l’imaginaire. Il fut le premier nouvelliste à concevoir une authentique écologie extraterrestre, où la faune et la flore obéissaient à des lois biologiques cohérentes bien qu’absolument étrangères aux nôtres. Son illustre confrère, Isaac Asimov, n’hésitera d’ailleurs pas, des décennies plus tard, à qualifier ce récit de chef-d’œuvre absolu, allant jusqu’à affirmer que cette unique parution avait suffi à changer la face du genre.
Durant les mois qui suivirent cette retentissante entrée en matière, Stanley G. Weinbaum produisit d’autres récits d’une redoutable acuité (tels que « Le Lotus mangeur » ou « La Planète du doute »), imposant un style élégant, mâtiné de poésie et de rigueur scientifique.
Bien que la faucheuse l’ait tragiquement arraché à sa machine à écrire, Stanley G. Weinbaum demeure l’un des phares de l’anticipation classique ; un météore dont la lueur irradie encore les pages des meilleurs faiseurs d’univers d’aujourd’hui.
Livres de Stanley G. Weinbaum :
Cycle du Professeur Manderpootz (1935)
La flamme noire (1939)
Le nouvel Adam (1939)
Les mondes du Si (2013)
Une odyssée martienne (????)
Pour en savoir plus sur Stanley G. Weinbaum :
La page Wikipédia sur S. G. Weinbaum
La page Noosfere sur S. G. Weinbaum
La page isfdb de S. G. Weinbaum
Guy-Roger Duvert

Présentation de Guy-Roger Duvert :
Né à Paris en 1975, Guy-Roger Duvert s’est d’abord illustré par des partitions musicales pour le cinématographe, pour d’ambitieuses superproductions américaines et par la réalisation de longs-métrages d’anticipation, à l’instar de son film salué par la critique « Virtual Revolution » (2016). Mais c’est bel et bien son impressionnante stature d’homme de lettres sur laquelle je tiens à insister avec vigueur !
En effet, si l’on a pu vanter ses mérites de metteur en scène, M. Duvert est intrinsèquement un écrivain de grande envergure ; un romancier dont la prose très visuelle, rythmée et immersive (héritage évident de son expérience sur les plateaux de tournage) redonne de superbes couleurs à la littérature d’imagination. C’est en l’an 2019 qu’il opère une entrée fracassante dans le monde de l’édition romanesque avec « Outsphere », un formidable récit de science-fiction qui connut un succès populaire foudroyant et fut promptement couronné du prix des Plumes Francophones.
Galvanisé par ce triomphe de librairie, notre auteur a su développer en quelques années une œuvre écrite dense et captivante. Fuyant la redondance et ne s’enfermant jamais dans une seule formule, sa bibliographie embrasse le roman noir d’anticipation mâtiné d’intrigues policières avec l’excellent « Backup » (2020), s’aventure vers l’épouvante et l’occulte (avec « L’Appel d’Am-Heh » ou sa série Les Chroniques occultes), et prolonge même son univers filmique par le mot imprimé avec « Virtual Revolution 2046 ». C’est indéniablement la plume à la main, face à la page blanche, que Guy-Roger Duvert déploie toute l’envergure de son imaginaire !
L’homme voue d’ailleurs un tel amour au livre et à la chose écrite qu’il s’est mué en véritable entrepreneur des lettres en devenant le propriétaire et directeur de la maison indépendante Inceptio éditions, favorisant ainsi activement l’émergence de nouveaux talents francophones.
Avec Guy-Roger Duvert, nous sommes face à un écrivain prolifique et passionné, dont les écrits sauront vous tenir en haleine, tout en interrogeant avec acuité les devenirs technologiques de notre civilisation.
Livres de Guy-Roger Duvert :
Les chroniques occultes :
- L’appel d’Am-Heh (2021)
- Les disparus d’Arkham (2022)
- L’ombre de Nyarlathotep (2022)
- Nid d’espions à Canton (2023)
- Croisière macabre (2025)
Les rôdeurs de l’Empire :
- Les rôdeurs de l’Empire (2022)
- Les émissaires (2023)
- L’élu (2024)
- L’archipel des naufragés (2025)
Outsphere :
- Outsphere (2018)
- Le réveil (2019)
- Religions (2021)
- Ordres et chaos (2024)
- Démence (2026)
Backup (2020)
Eschaton (2020)
Extinction (2023)
Gold & Bones (2025)
L’adieu à Camille (2021)
Virtual Revolution 2046 (2020)
Pour en savoir plus sur Guy-Roger Duvert :
La page Wikipédia sur G.-R. Duvert
La page Noosfere sur G.-R. Duvert
La page isfdb de G.-R. Duvert
Autonome par Annalee Newitz

Fiche de Autonome
Titre : Autonome
Auteur : Annalee Newitz
Date de parution : 2017
Traduction : G. Goullet
Editeur : Denoël
Première page de Autonome
« 1er juillet 2144
L’étudiante n’arrêtait pas de travailler sur son exercice et cela allait la tuer. Les médecins eurent beau lui injecter des tranquillisants, elle resta assise, les doigts recourbés comme en train de taper encore et encore sur un clavier. Les antiobsédants ne firent pas davantage effet, la modification de ses niveaux de sérotonine non plus. Cela ne ressemblait ni à un problème de dissociation mentale ni à des hallucinations : l’étudiante était parfaitement cohérente, mais persistait à réimplémenter des sous-routines de système d’exploitation pour son devoir de programmation. Elle survécut uniquement parce que les médecins réussirent à lui glisser une sonde d’alimentation dans le nez pendant qu’elle était attachée.
Ses parents étaient scandalisés. Ils habitaient un quartier huppé de Calgary et avaient toujours donné à leur fille les meilleurs remèdes disponibles sur le marché. Comment son esprit pourrait-il avoir un problème ? »
Extrait de : A. Newitz. « Autonome. »
Le fabricant de diamants par Herbert G. Wells

Fiche de Le fabricant de diamants
Titre : Le fabricant de diamants
Auteur : Herbert G. Wells
Date de parution : 1894
Traduction : Mais-Encore.fr
Editeur : Mais-Encore.fr
Le Fabricant de diamants — H. G. Wells
Nouvelle publiée en 1894, aujourd’hui dans le domaine public.
Traduction française : Mais-Encore.fr
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Première page de Le fabricant de diamants
« Des affaires m’avaient retenu dans Chancery Lane jusqu’à vingt et une heures et, sentant un début de mal de crâne, je n’avais aucune envie de me divertir ni de prolonger mon travail. La portion de ciel que laissaient entrevoir les hautes falaises de cet étroit goulet de circulation laissait présager une nuit sereine ; je résolus donc de descendre vers l’Embankment pour reposer mes yeux et me rafraîchir les idées en observant les lumières bigarrées se refléter sur le fleuve. La nuit est, sans commune mesure, le meilleur moment pour arpenter cet endroit : une obscurité salvatrice dissimule la saleté des eaux, et les lumières de cette époque de transition — rouge vif, orange éclatant, jaune de gaz et blanc électrique — se détachent sur des silhouettes ombragées déclinant toutes les nuances possibles entre le gris et le pourpre profond. À travers les arches du pont de Waterloo, une centaine de points lumineux dessinent la courbe de l’Embankment, et, au-dessus de son parapet, les tours de Westminster se dressent, d’un gris chaud sur fond de nuit étoilée. Le fleuve noir s’écoule, seul un rare clapotis venant rompre son silence et troubler le reflet des lumières qui flottent à sa surface. »
Extrait de : H. G. Wells. « Le Fabricant de diamants. »
L’homme gris par Herbert G. Wells

Fiche de L’homme gris
Titre : L’homme gris
Auteur : Herbert G. Wells
Date de parution : 1895
Traduction : Mais-Encore.fr
Editeur : Mais-Encore.fr
L’Homme gris — H. G. Wells
Nouvelle publiée en 1895, aujourd’hui dans le domaine public.
Traduction française : Mais-Encore.fr
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Première page de L’homme gris
« Je vous ai déjà parlé de la nausée et de la confusion qui accompagnent le voyage dans le temps. Et cette fois-ci, je n’étais pas correctement assis sur la selle, mais de côté et de manière instable. Pendant un temps indéterminé, je me suis agrippé à la machine alors qu’elle balançait et vibrait, sans du tout prêter attention à ma trajectoire ; et lorsque j’ai réussi à poser à nouveau les yeux sur les cadrans, j’ai été stupéfait de voir où j’étais arrivé. Un cadran enregistre les jours, un autre les milliers de jours, un autre les millions, et un autre encore les milliers de millions. Or, au lieu d’inverser la position des leviers, je les avais poussés de manière à avancer avec eux, et quand j’ai regardé ces indicateurs, j’ai constaté que l’aiguille des milliers tournait aussi vite que la trotteuse d’une montre — vers l’avenir. Très prudemment, car je me souvenais de ma précédente chute la tête la première, j’ai commencé à inverser mon mouvement. Les aiguilles rotatives tournèrent de plus en plus lentement, jusqu’à ce que celle des milliers semble immobile et que celle des jours ne soit plus une simple brume sur sa graduation. Ralentissant encore, le brouillard gris autour de moi devint plus distinct, et les contours estompés d’une étendue vallonnée et déserte devinrent visibles. »
Extrait de : H. G. Wells. « L’Homme gris. »
Zombie ball par Paolo Bacigalupi

Fiche de Zombie ball
Titre : Zombie ball
Auteur : Paolo Bacigalupi
Date de parution : 2013
Traduction : S. Doke
Editeur : Au diable Vauvert
Première page de Zombie ball
« Perdre craint.
Ne laissez personne vous dire que ça forme le caractère ou ce genre de conneries, ça craint. Ça craint quand quelqu’un te bat. Ça craint d’avoir bossé aussi dur pour rien. Ça craint de ne pas pouvoir frapper la balle comme on le voudrait, de ne pas la relancer comme on l’espère – il y a des milliers de choses qui craignent quand on perd.
Mais ça craint encore plus quand tu es coincé sur le banc de touche par 38° poisseux d’humidité, quand la température ressentie est de 48°, que tu dégoulines de transpiration et que ton équipe perd – pas parce que tu crains au baseball, mais parce que ton entraîneur, M. Cocoran, craint au baseball.
M. Cocoran refuse de t’écouter quand tu lui dis qu’il se trompe dans l’ordre des batteurs. Il aime les frappes violentes et il adore les joueurs qui abattent les balles, visent le grillage et tout ça, et il ne comprend pas l’utilité pour le coureur d’atteindre la base. Il connaît que dalle au baseball.
Mais, vous savez ce qui craint encore plus dans le fait de perdre ?
Savoir qu’on est celui qui va se faire engueuler. »
Extrait de : P. Bacigalupi. « Zombie ball. »
Water knife par Paolo Bacigalupi

Fiche de Water knife
Titre : Water knife
Auteur : Paolo Bacigalupi
Date de parution : 2015
Traduction : S. Doke
Editeur : Au diable Vauvert
Première page de Water knife
« La sueur raconte des histoires.
La sueur d’une femme pliée en deux dans un champ d’oignons, travaillant quatorze heures sous le soleil brûlant n’est pas celle d’un homme qui s’approche d’un barrage routier au Mexique en priant la Santa Muerte que les federales ne soient pas à la solde des ennemis qu’il fuit. La sueur d’un garçon de dix ans fixant le canon d’un SIG SAUER est différente de celle d’une femme luttant pour traverser le désert, priant la Vierge qu’une cache d’eau se trouve exactement là où sa carte de coyote le lui indique. La sueur est l’histoire d’un corps, compressée en joyaux, perlant sur le front, tachant les chemises de sel. Elle dit dans les moindres détails comment une personne s’est retrouvée au bon endroit au mauvais moment, elle dit même si elle va survivre un jour de plus.
Pour Angel Velasquez, perché très au-dessus du puits artésien central de Cypress 1 à observer Charles Braxton qui avançait pesamment le long de Cascade Trail, la sueur sur le front de l’avocat racontait que certains n’étaient pas aussi importants qu’ils aimaient à le penser. »
Extrait de : P. Bacigalupi. « Water Knife. »