Auteur/autrice : CH91
La morsure des roses par Christophe Guillemain
Fiche de La morsure des roses
Titre : La morsure des roses
Auteur : Christophe Guillemain
Date de parution : 2023
Editeur : Mnémos
Première page de La morsure des roses
« Elle pensait être parvenue au bout du monde, mais il s’agissait en fait de son centre. Seulement, la barre rectiligne qui soulignait le ciel d’est en ouest donnait au voyageur la sensation qu’il avait atteint le lieu où tout finissait, l’horizon où convergeaient l’immense mer des moissons et le soleil du royaume de Domadore, la terre nourricière et le feu éternel ; mais ce jour-là, des nuages ombraient la plaine et il pleuvait, alors les marcheurs frappaient leurs bottes croûtées sur les pavés. Caelynn essuyait les siennes sur chaque borne routière qu’elle croisait, comme pour valider la distance qu’il lui restait à parcourir.
— Tu vois ça, là-bas ? C’est le château de ma sœur Riveline, j’en suis sûre.
Caelynn encourageait son compagnon à chaque fois qu’il ralentissait l’allure, à cause de son genou gauche qui se bloquait en plein mouvement, ou de l’articulation défaillante de l’une ou l’autre de ses chevilles. La moindre ornière heurtait la démarche de Métis ; il vacillait en dodelinant de la tête, puis il rétablissait sa ligne, en basculant son torse en arrière, comme s’il remplissait d’air ses poumons. Des poumons, Caelynn n’aurait pu affirmer qu’il en possédait effectivement, de même qu’elle n’avait jamais pu vérifier si sa poitrine contenait un cœur, et son ventre, des boyaux. Mais elle supposait qu’une partie de son corps avait la fonction de transformer la nourriture qu’il ingérait par petites bouchées délicates, sans appétit, tandis qu’une autre lui servait certainement à brasser de l’air, puisqu’elle entendait sa respiration. Un souffle toutes les neuf secondes, en toutes circonstances, quel que soit l’effort, bien qu’il donnât l’impression de n’en fournir jamais. »
Extrait de : C. Guillemain. « La Morsure des roses. »
Ascension par Martin MacInnes

Fiche de Ascension
Titre : Ascension
Auteur : Martin MacInnes
Traduction : N. Dulot
Date de parution : 2023
Editeur : Actes Sud
Première page de Ascension
(à completer)
La gloire à tout prix par Emily Tesh

Fiche de La gloire à tout prix
Titre : La gloire à tout prix
Auteur : Emily Tesh
Traduction : C. Mamier
Date de parution : 2023
Editeur : Bragelonne
Première page de La gloire à tout prix
« Qui sont les humains ?
Ces incompris, nouveaux venus sur la scène intergalactique, ont pourtant une grande et belle histoire. On oublie souvent que l’humanité est l’une des trois espèces connues ayant découvert la technologie de l’ombrespace sans aide extérieure ! Personne n’accuserait les lirems de manquer d’intelligence, sans parler des majos zi, donc ne sous-estimez surtout pas les facultés humaines.
Une idée reçue veut que les humains soient d’une violence incontrôlable. Ils ont en effet évolué jusqu’au rang de superprédateurs dans une biosphère hostile et ont ainsi développé de remarquables capacités physiques. Ils sont plus forts, plus rapides que la plupart des autres espèces, dotés d’un corps robuste et adaptable à même de survivre à de très graves blessures. Néanmoins, le fait qu’ils soient capables de violence ne signifie pas qu’ils en usent constamment ou sans raison valable. Vous devez sans cesse garder à l’esprit qu’un humain qui vous attaque s’estime totalement dans son bon droit. »
Extrait de : E. Tesh. « La gloire à tout prix. »
Mickey7 par Edward Ashton
Fiche de Mickey7
Titre : Mickey7
Auteur : Edward Ashton
Traduction : B. Domis
Date de parution : 2022
Editeur : Bragelonne
Première page de Mickey7
« De toutes mes morts, celle-là s’annonce comme la plus stupide.
Il est à peine plus de 26 heures, et je suis vautré sur le dos sur un sol de pierre rugueux, dans une obscurité si profonde que je pourrais aussi bien être aveugle. Mon oculaire perd cinq longues secondes à chercher des photons du spectre visible, avant de laisser tomber pour basculer en infrarouge. Il n’y a toujours pas grand-chose à voir, mais je parviens au moins à distinguer le plafond de la salle au-dessus de moi. Il luit d’une pâleur grise fantomatique, sur laquelle se détache le rond noir du trou encroûté de glace, auquel je dois sans doute d’être arrivé là.
Question : qu’est-ce qui a bien pu se passer ?
Les quelques dernières minutes de ma mémoire sont parcellaires – des images sans lien entre elles et des bribes de son. Je me rappelle Berto me déposant en haut de la crevasse ; une descente difficile à travers un amas de blocs de glace ; je marche ; j’ai levé les yeux vers un rocher dépassant à une trentaine de mètres en hauteur sur le mur sud. Il ressemblait un peu à une tête de singe. Je souris, et puis…
… et puis, plus rien sous mon pied gauche, et la chute.
Quel con. Au lieu de faire attention où j’allais, je regardais en l’air, ce ridicule rocher à face de singe, en me demandant comment le décrire à Nasha, une fois de retour au dôme. Et je n’ai pas vu le trou. »
Extrait de : E. Ashton. « Mickey7. »
Sur la route d’Aldébaran par Adrian Tchaikovsky

Fiche de Sur la route d’Aldébaran
Titre : Sur la route d’Aldébaran
Auteur : Adrian Tchaikovsky
Traduction : H.L Planchat
Date de parution : 2019
Editeur : Bélial
Première page de Sur la route d’Aldébaran
« Aujourd’hui, j’ai découvert quelque chose que je pouvais à la fois manger et brûler pour m’éclairer. Une bonne journée en
fin de compte.
J’ignore ce que c’était et d’où ça venait. La créature errait comme moi dans les couloirs de cette crypte depuis… qui peut savoir depuis quand ? Rien ne distingue le jour de la nuit et il ne me reste aucun appareil qui fonctionne pour m’indiquer le passage du temps ; ma vie n’est désormais qu’une pénombre permanente, ponctuée par des périodes de sommeil de plus en
plus irrégulières. Je n’ai plus besoin de dormir autant qu’avant. Ou plutôt, je dors différemment, peut-être d’une manière incomplète. Chaque réveil augmente un manque de sommeil que ma pauvre physiologie humaine ne parvient pas à satisfaire. Peut-être pourrai-je retrouver un équilibre quand je changerai complètement mon état d’esprit. Pour l’instant, je dois affronter l’angoisse, les tremblements, les tics, la paranoïa, l’hyperventilation. Parfois l’absence de ventilation. C’est sans doute le pire, mais l’air qui remplit cet endroit est tellement variable. Franchement, personne n’aurait envie de l’aspirer dans ses poumons s’il pouvait l’éviter. »
Extrait de : A. Tchaikovsky. « Sur la route d’Aldébaran. »
Cuirassés par Adrian Tchaikovsky

Fiche de Cuirassés
Titre : Cuirassés
Auteur : Adrian Tchaikovsky
Traduction : L. Queyssi
Date de parution : 2008
Editeur : Bélial
Première page de Cuirassés
« Sturgeon dit toujours qu’autrefois, le premier choix de carrière des gosses de riche, c’était de partir à la guerre. Il explique, avec cet air supérieur agaçant du type qui simplifie pour que je comprenne bien, qu’à l’époque, les troufions de base n’étaient que de pauvres bougres avec un couteau et une veste en cuir, pas entraînés, qui ne connaissaient rien à rien et gobaient tous les mensonges qu’on leur servait.
Mais les riches, eux, n’avaient rien d’autre à foutre que de suivre des études et, grâce à leurs fortunes, ils pouvaient se payer des armures d’enfer qui résistaient aux lames des pouilleux. Ils s’amusaient même, quand ils partaient se battre, à compter combien de gars du peuple ils parviendraient à trucider. Et si ça tournait mal pour eux, ils ne mouraient pas, raconte encore Sturgeon. Ils se laissaient capturer et échanger contre rançon, puis s’en payaient une bonne tranche avec les millionnaires qui les récupéraient aux dépens de tous les malheureux qu’ils avaient butés. »
Extrait de : A. Tchaikovsky. « Cuirassés. »
Chiens de guerre par Adrian Tchaikovsky

Fiche de Chiens de guerre
Titre : Chiens de guerre
Auteur : Adrian Tchaikovsky
Traduction : H.L Planchat
Date de parution : 2017
Editeur : Denoël
Première page de Chiens de guerre
« Je m’appelle Rex. Je suis un bon chien.
Quand Rex fonce, l’ennemi est défoncé. C’est une blague du Maître.
Mon équipe se compose de Dragon, Miel et Abeilles. C’est une escouade d’assaut multiforme. Ça veut dire que ce ne sont pas des bons chiens comme moi.
Maintenant, j’approche des ennemis. J’avance contre le vent. Je peux les sentir : il y a au moins une trentaine d’humains dans le camp. Je flaire des fusils, mais pas d’explosifs. Je ne sens pas non plus d’autres chiens ni de biomorphes, seulement des humains qui sont des ennemis.
Je parle à mes armes. Elles me disent qu’elles sont prêtes et opérationnelles. Elles disent : Tous les systèmes fonctionnent, Rex. Et le module de rétroaction me dit : Bon chien, il n’oublie pas.
Mes fusils-mitrailleurs, on les appelle des « grands chiens ». C’est une blague des gens qui me les ont donnés. Ils sont sur mes épaules et ils tirent quand je leur dis de tirer, parce que j’ai besoin de mes mains pour faire autre chose que presser sur des détentes. On les appelle des grands chiens parce que les humains sont trop petits pour les utiliser sans se blesser. »
Extrait de : A. Tchaikovsky. « Chiens de guerre. »
Le jour de l’ascension par Adrian Tchaikovsky
Fiche de Le jour de l’ascension
Titre : Le jour de l’ascension (Warhammer 40.000 / WH40K)
Auteur : Adrian Tchaikovsky
Traduction : M. Quemener
Date de parution : 2022
Editeur : Bibliothèque noire / Black Library
Première page de Le jour de l’ascension
« Le corps du Fabricator Général Burzulem, seigneur de Morod, évoquait une imposante cloche de bronze drapée de rouge et d’or. Sa tête chauve baignait dans les ombres au sommet de la cloche, posée sur un nid de câbles sinueux et segmentés où ne se voyait pas de cou à proprement parler, et elle était généralement braquée vers le bas afin de souligner sa condescendance envers ses inférieurs qui se prosternaient devant lui. Lorsqu’il se déplaçait, c’était avec une démarche chaloupée, et l’on s’attendait presque à entendre sonner un coup de cloche à chaque pas. Ses mouvements étaient étrangement fluides pour un homme qui s’était depuis longtemps séparé de ses jambes humaines. De l’avis irrévocable de Gammat Triskellian, la douzaine de membres articulés qui le supportait aurait dû être agitée d’une espèce de grouillement, et non pas permettre à cette lourde masse de métal de glisser et flotter comme un habitant de fonds marins xenos où le soleil ne brille jamais. »
Extrait de : A. Tchaikovsky. « Le Jour de l’Ascension – Warhammer 40.000 / WH40K. »
Dans le berceau du temps par Adrian Tchaikovsky

Fiche de Dans le berceau du temps
Titre : Dans le berceau du temps (Tome 3 sur 3 – Dans la toile du temps)
Auteur : Adrian Tchaikovsky
Traduction : H.L Planchat
Date de parution : 2022
Editeur : Denoël
Première page de Dans le berceau du temps
« Ce ne fut pas un murmure, mais une explosion.
Le vaisseau avait administré à Heorest Holt tous les médicaments qui lui permettraient de revenir paisiblement à la vie, mais il n’était pas préparé à entendre ce qui ressemblait à la fin du monde. Il ne s’était écoulé qu’un moment subjectif depuis qu’ils s’étaient tous rassemblés dans la salle de commandement pour discuter de leur cible et célébrer leur succès. Esi Arbandir, leur archiviste bavarde, avait même concocté une boisson alcoolisée grâce aux vieilles imprimantes de l’Enkidu.
Leur succès : avoir voyagé plus loin qu’aucun autre humain, être parvenus à un âge que personne n’avait jamais atteint auparavant. Ils constituaient un fragment de la Terre qui continuerait à survivre, contre toute attente. Le vaisseau était encore entier ; bien que l’ingénieur Olf ait énuméré péniblement les dysfonctionnements et les systèmes en panne, le simple fait qu’il soit encore en vie pour en parler et que les autres puissent l’écouter trompait toutes les probabilités ; ils avaient déjoué bien des certitudes, y compris la mort elle-même. Ils avaient survécu. »
Extrait de : A. Tchaikovsky. « Dans la toile du temps – Dans le berceau du temps. »
Dans les profondeurs du temps par Adrian Tchaikovsky
Fiche de Dans les profondeurs du temps
Titre : Dans les profondeurs du temps (Tome 2 sur 3 – Dans la toile du temps)
Auteur : Adrian Tchaikovsky
Traduction : H.L Planchat
Date de parution : 2019
Editeur : Denoël
Première page de Dans les profondeurs du temps
« D’innombrables histoires commencent par un réveil. Disra Senkovi avait dormi pendant des décennies. Tandis qu’il hibernait, la durée d’une existence s’était écoulée sur sa planète ; pour son corps inconscient, cela n’avait semblé qu’un instant – comme sa vitesse approchait celle de la lumière, le temps avait été comprimé par la relativité. Toutefois, pour lui, il n’y avait même pas de temps ; seulement l’oubli glacé d’une chambre de stase. On savait les construire, à l’époque.
Senkovi avait choisi son mode de réveil. Certains de ses collègues – qu’il considérait comme les moins imaginatifs – recevaient des informations essentielles, des nouvelles de chez eux, des rapports du vaisseau. En sortant d’hibernation, avec l’esprit plein de données, ils étaient prêts à bondir vers leur poste, à accomplir leur tâche sans attendre. C’était ridicule, puisque leur mission allait les occuper pendant des dizaines d’années. Senkovi n’éprouvait pas une grande estime pour la plupart de ses collègues.
Paradoxalement, il reprit connaissance avec le souvenir d’un rêve. »
Extrait de : A. Tchaikovsky. « Dans les profondeurs du temps – Dans la toile du temps. »