Auteur/autrice : CH91

 

La légion du tonnerre par Stan Nicholls

Fiche de La légion du tonnerre

Titre : La légion du tonnerre (tome 2 sur 3 – Orcs)
Auteur : Stan Nicholls
Date de parution : 1999
Traduction : I. Troin
Editeur : Milady

Première page de La légion du tonnerre

« La messagère de la mort se déplaçait dans l’eau avec des ondulations de serpent.

Une détermination impitoyable s’affichait sur son visage, comme si ses traits avaient été taillés dans de la pierre. Elle plongea en profondeur, se propulsant avec ses puissantes mains palmées. Ses cheveux d’ébène flottaient derrière elle comme le nuage d’encre d’une seiche. Des colonnes de bulles minuscules s’échappaient de ses branchies palpitantes.

Elle jeta un coup d’œil en arrière. Ses nyadds — des rangs de soldats qui nageaient en formation — étaient auréolés par l’étrange lueur verte des brandons phosphorescents qu’ils portaient pour éclairer leur chemin. Dans l’autre main, ils tenaient des piques de corail aux pointes barbelées. Des dagues d’adamantine à la lame incurvée reposaient dans les fourreaux de jonc qui barraient leurs poitrines écailleuses. »

Extrait de : S. Nicholls. « Orcs – La légion du tonnerre. »

La compagnie de la foudre par Stan Nicholls

Fiche de La compagnie de la foudre

Titre : La compagnie de la foudre (tome 1 sur 3 – Orcs)
Auteur : Stan Nicholls
Date de parution : 1999
Traduction : I. Troin
Editeur : Milady

Première page de La compagnie de la foudre

« Stryke ne distinguait plus le sol sous les cadavres. Les hurlements des blessés et le fracas de l’acier l’assourdissaient. En dépit du froid, la sueur lui picotait les yeux. Les muscles en feu, tout son corps lui faisait mal et son pourpoint de cuir était constellé de sang, de boue et de morceaux de cervelle.

Et voilà que deux autres haïssables créatures roses et molles avançaient vers lui, une lueur meurtrière dans les yeux !

Il savoura l’intensité de cet instant.

Le pas mal assuré, il trébucha et faillit tomber. L’instinct seul lui fit lever son épée pour parer la première attaque. Déséquilibré par la violence du choc, il parvint pourtant à dévier le coup.

Reculant d’un bond, il se ramassa sur lui-même, plongea sous la garde de son adversaire et lui enfonça son épée dans l’estomac. »

Extrait de : S. Nicholls. « Orcs – La compagnie de la foudre. »

Blackwing par Ed McDonald

Fiche de Blackwing

Titre : Blackwing – l’intégrale
Auteur : Ed McDonald
Date de parution :
Traduction : B. Kuntzer
Editeur : Bragelonne

Sommaire de Blackwing :

  • La marque du corbeau
  • Le cri du corbeau
  • La chute du corbeau

La chute du corbeau par Ed McDonald

Fiche de La chute du corbeau

Titre : La chute du corbeau (tome 3 sur 3 – Blackwing)
Auteur : Ed McDonald
Date de parution : 2019
Traduction : B. Kuntzer
Editeur : Bragelonne

Première page de La chute du corbeau

« Je me jetai à plat ventre dans le sable. Je n’avais pas été repéré et je n’étais pas certain de leur nombre, mais j’allais devoir en tuer un paquet.

— Quel est le plan ? demanda Nenn.

Elle était assise en tailleur au sommet d’un rocher et tirait sur les filaments de sève noire coincés entre ses dents.

— Disparaître ou rester silencieux, répliquai-je doucement. S’ils te voient, ça va vite mal tourner.

— Tu m’as toujours dit de ne pas me battre en sous-nombre, me rappela Nenn.

Elle balança un brin dans le sable, où il disparut.

— Je t’ai toujours dit de te battre intelligemment, rétorquai-je. Faut voir où ça nous a menés.

Nenn y réfléchit un instant, puis ricana.

— Au moins, on s’est bien marrés.

— Tu veux bien, pour une fois, faire ce que je te demande et fermer ta grande gueule ?

Je rampai pour obtenir un meilleur point de vue sur l’étendue rocailleuse et désolée au pied de la pente. Des frondes brunes et ondulées poussaient du sable rouge, mais elles ressemblaient davantage à de la laine qu’à des plantes. »

Extrait de : E. McDonald. « Blackwing – La Chute du corbeau. »

Le cri du corbeau par Ed McDonald

Fiche de Le cri du corbeau

Titre : Le cri du corbeau (tome 2 sur 3 – Blackwing)
Auteur : Ed McDonald
Date de parution : 2018
Traduction : B. Kuntzer
Editeur : Bragelonne

Première page de Le cri du corbeau

« Le message de Levan Ost insistait pour que je vienne seul.
Les horloges étaient sur le point de sonner quatre coups quand j’arrivai près du point de rendez-vous. La nuit était nimbée d’un voile violacé, Rioque et Clada étant toutes deux croissantes et épargnées par les nuages. J’avançais d’un bon pas dans le froid hivernal. La dernière fois que j’avais vu Levan Ost, il avait essayé de me planter avec un tesson de bouteille. Mais c’était déjà vieux et, en toute honnêteté, je l’avais probablement mérité.
L’odeur du canal m’atteignit trois rues avant que je l’aperçoive. L’eau était plus noire que du pétrole, les rues alentour pratiquement désertées. Personne ne souhaitait vivre à proximité de cette puanteur. Les canaux de Valengrad n’avaient jamais été bons pour la baignade, mais après le Siège, on y avait balancé toutes les bêtes mortes, en attendant qu’elles s’y décomposent. Cependant, la magie néfaste ne se dissout pas si facilement, et les polluants avaient même souillé l’eau. Quatre ans plus tard, elle s’en souvenait encore.
Ost voulait me rencontrer sur une barge amarrée sur le Canal Six. Il s’agissait d’une vieille voie navigable le long de la frontière ouest de Valengrad, au-delà des rangées encombrées de logements réservés aux soldats. Je passai devant des chalands remplis de pierres taillées, flottant vers le sud et le chantier incessant d’une immense fabrique de phos construite dans le Dépotoir. Des centaines de tonnes de matériaux glissaient près de la surface fétide, attendant d’intégrer la Grandflèche. Le Canal Six n’était pas l’un des pires, mais la pestilence me prenait malgré tout à la gorge. »

Extrait de : E. McDonald. « Le Cri du corbeau – Blackwing. »

La marque du corbeau par Ed McDonald

Fiche de La marque du corbeau

Titre : La marque du corbeau (tome 1 sur 3 – Blackwing)
Auteur : Ed McDonald
Date de parution : 2017
Traduction : B. Kuntzer
Editeur : Bragelonne

Première page de La marque du corbeau

« Quelqu’un les avait avertis de notre arrivée. Les adeptes n’avaient laissé qu’un appartement vide et quelques volumes de versets illégaux. Un repas à moitié terminé, des tiroirs retournés. Ils avaient rassemblé tout ce qu’ils pouvaient transporter et s’étaient enfuis vers l’est, dans la Désolation. À l’époque où je portais l’uniforme, le marshal m’avait dit que seules trois sortes de gens s’aventuraient volontairement dans ce territoire maudit : les désespérés, les imbéciles et les corrompus. Les adeptes étaient suffisamment désespérés. J’avais donc réuni une dizaine d’imbéciles corrompus pour me lancer à leurs trousses.
Nous avions quitté Valengrad un après-midi qui empestait les égouts, le regret et la fin d’un autre été pourri. L’argent ne justifiait pas les risques encourus, mais chasser des hommes était ce que je faisais le mieux, et je n’avais pas l’intention de laisser mon gibier s’enfuir très loin. La moitié de la horde que j’avais rassemblée ne s’était encore jamais risquée dans la Désolation ; c’était tout juste s’ils ne s’étaient pas pissé dessus quand on avait franchi l’étroite porte de la ville. À une demi-lieue, ils posaient des questions sur les gillings et les dulchers. À une lieue, l’un d’eux se mit à chialer. Mes vétérans avaient ri avant de lui rappeler qu’on serait de retour avant la nuit. »

Extrait de : E. McDonald. « La Marque du corbeau – Blackwing. »

Eux autres, de Goarem-Treuz par Hervé Jaouen

Fiche de Eux autres, de Goarem-Treuz

Titre : Eux autres, de Goarem-Treuz
Auteur : Hervé Jaouen
Date de parution : 2014
Editeur : Presses de la cité

Première page de Eux autres, de Goarem-Treuz

« En Bretagne, un jour lointain, des endroits anonymes furent baptisés d’après une particularité du lieu ou de ses occupants, par exemple Kerbreudeur, la ferme des frères (sous-entendu, et supposé connu de tous : autrefois tenue par des frères célibataires) ; Kergluz, parce que le ruisseau voisin regorgeait de truites ; Ker Favglas, des terres ingrates où un fantaisiste tenta, et réussit peut-être, la culture des haricots verts. Plus amusant, en plein cœur de l’Argoat, un Kerholen, littéralement la ferme du sel, toponyme des plus énigmatiques (y aurait-il une mine de sel dans les environs ?), sauf si l’on sait qu’il fut inventé par des journaliers farceurs pour se moquer de leur patronne qui avait la mauvaise habitude de laisser tomber la salière dans la marmite du pot-au-feu. »

Extrait de : H. Jaouen. « Entre autres, de Goarem-Treuz. »

Dans l’oeil du schizo par Hervé Jaouen

Fiche de Dans l’oeil du schizo

Titre : Dans l’oeil du schizo
Auteur : Hervé Jaouen
Date de parution : 2012
Editeur : Presses de la cité

Première page de Dans l’oeil du schizo

« Cloîtré dans son bureau aménagé sous les combles de la villa familiale, le 13 février 2011 Jean-Luc Gouézec entama une correspondance des plus surprenantes de la part d’un jeune cadre supérieur chargé des risques industriels chez un courtier en assurances d’envergure nationale. »

Extrait de : H. Jaouen. « Dans l’oeil du schizo. »

Coup de chaleur par Hervé Jaouen

Fiche de Coup de chaleur

Titre : Coup de chaleur
Auteur : Hervé Jaouen
Date de parution : 1987
Editeur : Les éditions de la Chapelle

Première page de Coup de chaleur

« — Racaille ! dit le maire, et cette constatation lui arracha un sourire méprisant.

Il portait un costume blanc cassé, ample et confortable, qui dissimulait les faiblesses de l’âge d’un corps d’ancien sportif dont l’armature s’amollissait doucement. Un mètre quatre-vingt-dix, cent huit kilos. Une masse. Un marteau-pilon qui, trente ans plus tôt, clouait les adversaires sur les planches graisseuses des rings de catch à quatre. Au temps de sa gloire dérisoire n’avait-il pas adopté pour nom de scène le pseudonyme de Charles Martel ?

Pseudonyme doublement significatif : marteau/martel, bien entendu, mais aussi hommage rendu à son illustre prédécesseur qui avait arrêté les Arabes à Poitiers.

Et seulement à Poitiers. »

Extrait de : H. Jaouen. « Coup de chaleur. »

Connemara queen par Hervé Jaouen

Fiche de Connemara queen

Titre : Connemara queen
Auteur : Hervé Jaouen
Date de parution : 1990
Editeur : Denoël

Première page de Connemara queen

« Le car-ferry a fait machine arrière et les hélices ont brassé la vase du port de Rosslare. Accoudé au bastingage du pont supérieur, j’ai regardé ce limon bouillonner en nuages épais, et c’était comme si tout ce temps passé en Angleterre remontait à la surface, comme si se décollait une caille noire et puante du fond de la cuvette de Birmingham, cette fosse géante où la civilisation industrielle s’était soulagée sur ma tête pendant sept ans pour me punir d’avoir brisé les miroirs de mon âme.

J’ai pensé que dans ce marc de la mer une voyante aurait pu lire mon avenir. Une voyante ? À quoi bon. Je pouvais me tirer les cartes moi-même. Aussi sûrement que l’eau du port allait se décanter et la vase se reposer, j’allais épouser Claire, lui faire des enfants et vieillir sur cette terre d’Irlande que je n’aurais jamais dû quitter. Mon avenir était tracé au cordeau, depuis avant-hier. »

Extrait de : H. Jaouen. « Connemara Queen. »