Auteur/autrice : CH91
La guerre des dieux par Michel Honaker

Fiche de La guerre des dieux
Titre : La guerre des dieux (Tome 4 sur 4 – Odyssée)
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 2007
Editeur : Flammarion
Première page de La guerre des dieux
« Les cavaliers arrivaient par le sud, sanglés dans leurs cuirasses lustrées que surmontaient de glorieux casques à cimier blanc. Ils franchirent au galop la rivière Altios dont les rives étaient encore engluées par la neige hivernale. À leur approche, une volée de perdrix effarouchées s’enfuit à tire-d’aile en direction du village aux maisons de pierre, qui flanquait le cours d’eau. En apparence, c’était bien la seule population que recelait cet endroit pourtant réputé pour ses troupeaux et ses pâtures, ses artisans habiles et sa joie de vivre.
À la tête de ses hommes, le général Gordios s’enfonça dans la ruelle boueuse qui veinait le bourg, considérant avec suspicion les portes béantes, les marmites abandonnées au-dessus des feux dépéris et les corvées de linge inachevées, autant d’indices de la panique qui paraissait avoir brutalement saisi les habitants. »
Extrait de : M. Honaker. « La guerre des dieux – Odyssée. »
Le sortilège des ombres par Michel Honaker

Fiche de Le sortilège des ombres
Titre : Le sortilège des ombres (Tome 3 sur 4 – Odyssée)
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 2007
Editeur : Flammarion
Première page de Le sortilège des ombres
« Ulysse grimaça dans l’obscurité de son manteau durci par le sel. Il s’étonna d’entendre encore un souffle s’échapper de ses lèvres craquelées. Des courbatures mâchonnaient ses muscles, la soif desséchait sa gorge, mais ces sensations douloureuses témoignaient qu’il était toujours en vie et cette constatation amère lui tira un gémissement. Quel miracle lui avait épargné la noyade et l’errance de son âme dans le royaume d’Hadès ? Ou plutôt, quel infâme et tortueux supplice ? Lorsque sa galère assaillie par les murailles d’eau avait menacé de sombrer, il s’était résigné à la défaite, à l’idée de retrouver dans la mort ses ancêtres achéens et tant de ses compagnons tombés au champ de bataille, tant de guerriers loyaux et courageux dont il avait dressé les bûchers funéraires de ses propres mains. Et même, il s’était réjoui d’arriver au terme de sa lutte, d’abréger une vie dévastée par les deuils, les séparations et les trahisons… »
Extrait de : M Honaker. « Le sortilège des ombres – Odyssée. »
Les naufragés de Poséidon par Michel Honaker

Fiche de Les naufragés de Poséidon
Titre : Les naufragés de Poséidon (Tome 2 sur 4 – Odyssée)
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 2006
Editeur : Flammarion
Première page de Les naufragés de Poséidon
« Le navire aux voiles noires s’extirpa du brouillard tel un papillon de sa chrysalide. Posté à la proue, Télémaque éprouva un ravissement inexprimable à la découverte de l’étendue moutonneuse de la haute mer. À dix-sept ans, il n’avait jamais connu qu’Ithaque, son île natale et tout au plus ne s’en était-il éloigné que de quelques encablures en nageant dans ses criques. Pas un jour ne s’était écoulé sans qu’il eût rêvé de voyager sur le dos de ces vagues ténébreuses. Bientôt, le monde extérieur s’ouvrirait à lui, avec ses montagnes déchiquetées, ses plaines poussiéreuses et ses fières cités, dont il n’avait entendu parler qu’au travers du chant des aèdes ou des récits des marchands de passage.
À l’idée de découvrir autant de splendeurs, le fils d’Ulysse bondit dans les agrès et se balança en savourant jusqu’au sel qui picotait ses lèvres fines et durcissait sa barbe indécise. C’était donc cela la liberté : survoler cette mer infinie dont le puissant navire repoussait les franges d’écume, ce ciel poivré de nuages et ces sifflements du vent entre les filins. »
Extrait de : M. Honaker. « Les naufragés de Poséidon – Odyssée. »
La malédiction des pierres noires par Michel Honaker

Fiche de La malédiction des pierres noires
Titre : La malédiction des pierres noires (Tome 1 sur 4 – Odyssée)
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 2006
Editeur : Flammarion
Première page de La malédiction des pierres noires
« Le crépuscule glissait sur la plaine de Troie, poussant le vent de sable jusqu’au pied des puissantes murailles de la ville assiégée. Les catapultes et les tourelles d’assaut, formidables machines de guerre dressées par l’envahisseur grec, s’estompèrent peu à peu dans ce nuage ambré, insectes géants figés dans l’attente. Le dernier assaut des Achéens avait reflué comme la marée, aussi vain que les précédents, remportant ses agonisants. Depuis neuf ans, l’armée de l’Alliance campait au pied de la redoutable cité sans parvenir à l’abattre. Les deux camps s’affrontaient en un combat sans merci, se blessant mutuellement à mort. Ce soir, comme les autres soirs, la mort avait tiré son linceul de silence et d’horreur sur ces cadavres emmêlés, déjà oubliés, inutiles. Troie la Magnifique, phare de la mer Noire, n’était plus qu’une forteresse branlante et lézardée, vacillant sur la mer. Au-dessus des créneaux acérés, les flambeaux vacillaient dans le clair-obscur, révélant furtivement les armures des sentinelles perpétuellement aux aguets… »
Extrait de : M. Honaker. « La malédiction des pierres noires – Odyssée. »
China Miéville

Présentation de China Miéville :
Né le 6 septembre 1972 à Norwich, China Miéville a grandi dans la bouillonnante métropole londonienne, dont les méandres et l’architecture semblent avoir durablement nourri sa plume. Romancier à l’inventivité stupéfiante, il s’est imposé au tournant de notre siècle comme le héraut d’un courant littéraire novateur que la critique anglo-saxonne a baptisé le « New Weird » — vocable que l’on pourrait fort à propos traduire par la « Nouvelle Étrangeté ». Tournant délibérément le dos aux sempiternelles contrées féériques peuplées d’elfes et de magiciens bienveillants, chères aux épigones de Tolkien, cette esthétique entremêle avec une audace folle les codes de l’anticipation, de la fantasy urbaine et du récit d’épouvante.
C’est avec la parution, en l’an 2000, du monumental La Gare de Perdido Street que China Miéville a frappé les esprits avec le plus de force. Ce roman, fort justement couronné par le prestigieux prix Arthur C. Clarke, nous ouvre les portes de Nouvelle-Crobuzon, une cité tentaculaire, crasseuse et fascinante, située dans le monde de Bas-Lag. L’auteur y déploie un univers urbain d’une noirceur absolue, mû par la vapeur, l’industrie et des sortilèges décadents, où se côtoient d’abominables créatures hybrides et des savants audacieux. Ce coup de maître fut suivi d’autres récits tout aussi magistraux situés dans le même univers, à l’instar de l’aventure maritime des Scarifiés.
Le talent polymorphe de ce démiurge ne s’est cependant point limité aux rivages de Bas-Lag. China Miéville a su se réinventer avec une virtuosité qui force l’admiration, abordant de multiples sous-genres littéraires avec la même redoutable érudition. Je m’en voudrais, par exemple, de ne point citer The City & the City (2009), un vertigineux roman policier où deux villes jumelles occupent le même espace géographique sans que leurs citoyens respectifs n’aient le droit de se voir, ou encore Légationville (2011), qui explore avec brio les vertiges de la linguistique extraterrestre.
Créateur d’univers, couronné par les jurys les plus sévères de la science-fiction internationale, China Miéville se distingue par une prose riche, exigeante et volontiers foisonnante, qui fait de lui l’un des architectes les plus majeurs de la littérature fantastique contemporaine.
Livres de China Miéville :
Cycle de Bas Lag :
- Perdido Street Station 1 (2000)
- Perdido Street Station 2 (2000)
- Les scarifiés (2002)
- Le concile de fer (2004)
Celui qui dénombrait les hommes (2016)
Compte rendu de certains évènements survenus à Londres (2004)
En quête de Jake (2005)
Kraken (2010)
La chute de Londres (2012)
Le livre d’ailleurs (2024)
Le roi des rats (1998)
Légationville (2012)
Les derniers jours du Nouveau-Paris (2016)
Merfer (2012)
The city & the city (2009)
Pour en savoir plus sur China Miéville :
La page Wikipédia sur C. Miéville
La page Noosfere sur C. Miéville
La page isfdb de C. Miéville
Cherie Priest

Présentation de Cherie Priest :
Née le 30 juillet 1975 à Syracuse, dans l’État de New York, Cherie Priest s’est fort brillamment illustrée dans divers domaines de la littérature d’imagination, touchant avec une aisance singulière au récit d’épouvante, au fantastique urbain ainsi qu’à l’anticipation. Toutefois, s’il est un monument au sein de sa foisonnante bibliographie qui mérite que l’on s’y attarde avec la plus grande attention, c’est indubitablement sa fresque magistrale intitulée Le Siècle mécanique (The Clockwork Century).
C’est avec ce cycle, véritable chef-d’œuvre de ce que les exégètes modernes nomment le steampunk (ou « fantaisie à vapeur », si vous me passez ce néologisme francophone), que la romancière a su imposer sa griffe. L’idée de départ de cette uchronie s’avère d’une redoutable ingéniosité : Cherie Priest nous y dépeint une Amérique alternative de la fin du XIXe siècle, aux alentours des années 1880, où la tragique guerre de Sécession ne s’est jamais achevée. Épuisée par des décennies d’un conflit fratricide, la nation s’est tournée vers une technologie outrancière, dominée par les dirigeables colossaux, les automates et de terrifiantes machines de guerre mues par la vapeur.
Le point d’orgue de cet univers suffocant et merveilleux est sans conteste le roman fondateur du cycle, Boneshaker (paru en 2009), qui valut d’ailleurs à la romancière de remporter le fort prestigieux prix Locus du meilleur roman de science-fiction. L’intrigue nous entraîne dans les entrailles de la ville de Seattle, emmurée à la suite d’une effroyable catastrophe industrielle. Une gigantesque machine de forage, le fameux « Boneshaker », y a jadis percé un filon libérant un gaz toxique — le gaz Miasmique. Ce fléau possède la fâcheuse propriété de transformer les malheureux qui le respirent en trépassés avides de chair fraîche, que l’autrice nomme les « croulants ».
Cherie Priest déploie dans Le Siècle mécanique (qui compte d’autres volumes fort recommandables tels que Clementine ou Dreadnought) un sens de l’aventure trépidante qui n’est pas sans rappeler les grands feuilletons de jadis. L’on y croise des contrebandiers au grand cœur naviguant dans les cieux, des savants fous et des héroïnes au tempérament de feu, le tout servi par une plume d’une grande élégance et une reconstitution historique d’une précision diabolique.
Je ne saurais trop vous conseiller, si vous chérissez les machineries de laiton et les uchronies audacieuses, de vous plonger dans cet univers vicié mais ô combien fascinant.
Livres de Cherie Priest :
Le siècle mécanique :
- Boneshaker (2009)
- Clementine (2010)
- Dreadnought (2010)
- suites non traduites
Rapport Cheshire Red :
Pour en savoir plus sur Cherie Priest :
La page Wikipédia sur C. Priest
La page Noosfere sur C. Priest
La page isfdb de C. Priest
L’I.A. et son double par Scott Westerfeld

Fiche de L’I.A. et son double
Titre : L’I.A. et son double
Auteur : Scott Westerfeld
Date de parution : 2000
Traduction : P.-P. Durastanti
Editeur : J’ai lu
Première page de L’I.A. et son double
« Tout a commencé sur ce monde gelé, parmi les silhouettes de pierre en animation presque suspendue.
L’esprit du vaisseau regardait par les yeux de la jeune fille, leurs iris pareils à deux lunes saumon sous un front blanc lumineux, fissures dans l’univers des règles, de la logique. Tout en observant la scène à travers le prisme de leur émerveillement, il entama sa transformation.
Elle scruta la statue une minute entière sans ciller. Des larmes de protestation se massaient, brouillant sa
vision, mais Pasque continua de fixer l’objet de son attention. »
Extrait de : S. Westerfeld. « L’I.A. et son double. »
Afterworlds par Scott Westerfeld

Fiche de Afterworlds
Titre : Afterworlds
Auteur : Scott Westerfeld
Date de parution : 2015
Traduction : G. Fournier
Editeur : Pocket
Première page de Afterworlds
« L’E-MAIL LE PLUS IMPORTANT QUE DARCY PATEL AIT JAMAIS RÉDIGÉ tenait en trois paragraphes.
Le premier concernait Darcy elle-même. Sans parler de détails, comme ses cheveux teints en bleu-noir ou la boucle en or dans sa narine gauche, il commençait par un sombre secret que ses parents ne lui avaient jamais transmis. À l’époque où la mère de Darcy n’avait que onze ans, sa meilleure amie avait été assassinée par un inconnu. Cette découverte, faite à l’occasion d’une banale recherche sur le web, avait choqué Darcy, tout en clarifiant certaines choses à propos de sa mèremère. Elle l’avait aussi inspirée pour écrire.
Le deuxième paragraphe de son e-mail concernait le roman que Darcy venait d’achever. Il ne précisait pas, bien sûr, qu’elle avait écrit les soixante mille mots d’Afterworlds en trente jours seulement. L’agence littéraire Underbridge n’avait pas besoin de le savoir. »
Extrait de : S Westerfeld. « Afterworlds. »
Extras par Scott Westerfeld

Fiche de Extras
Titre : Extras (tome 4 sur 5 – Uglies)
Auteur : Scott Westerfeld
Date de parution : 2007
Traduction : G. Fournier
Editeur : Pocket
Première page de Extras
« Vous dites que vous avez besoin de nous. Sans doute est-ce vrai, mais pas pour vous venir en aide. Vous êtes suffisamment nombreux, avec ces millions de nouveaux esprits intenses sur le point de vous rejoindre, avec l’ensemble des villes qui se réveillent enfin.
Vous tous êtes capables de changer le monde, sans nous.
Désormais, David et moi serons là, prêts à croiser votre route.
Car, vous savez, la liberté a le pouvoir de détruire certaines choses. »
Tally Youngblood »
Extrait de : S. Westerfeld. « Extras – Uglies. »
Specials par Scott Westerfeld

Fiche de Specials
Titre : Specials (tome 3 sur 5 – Uglies)
Auteur : Scott Westerfeld
Date de parution : 2006
Traduction : G. Fournier
Editeur : Pocket
Première page de Specials
« Les six planches magnétiques filaient à travers les arbres avec la grâce et la vivacité de cartes à jouer lancées en l’air, planchistes riaient, genoux ployés, bras écartés, baissant la tête pour esquiver les branches alourdies par la neige. Une pluie cris-talline scintillait dans leur sillage, minuscules stalactites de glace arrachées aux aiguilles de pin qui s’embrasaient sous la lune.
Tally percevait tout avec une clarté glaciale : le vent froid mordant sur ses mains nues, les fluctuations de gravité qui plaquaient les semelles contre la planche. Elle respirait la forte odeur des essences de pin lui coulaient sur la langue et dans la gorge, un sirop. »
Extrait de : S. Westerfeld. « Specials – Uglies. »