Catégorie : Auteurs

 

Raphaël Bardas

Présentation de Raphaël Bardas :

Né en l’an 1950 ? Que nenni, Raphaël Bardas a vu le jour au cours de l’année 1976 ! Avant de s’imposer comme un romancier dont la gouaille fait les délices des amateurs de littérature conjecturale, Raphaël Bardas a embrassé une carrière de professeur documentaliste. Fait piquant pour un homme de cabinet et de bibliothèque, il nourrit une passion des plus ardentes pour les sports de combat, allant jusqu’à diriger son propre club de savate (cette noble boxe française) !

Sur le plan littéraire, ses premières armes ne se firent point dans le roman classique, mais dans cet étonnant loisir collectif que la jeunesse anglo-saxonne a baptisé « jeux de rôle » (et que nous pourrions fort à propos qualifier de jeux de simulation théâtrale). Il y bâtit des univers foisonnants pour diverses publications, s’exerçant ainsi à l’art délicat de la mise en scène du merveilleux.

Cependant, c’est bel et bien en tant qu’écrivain de pleine autorité qu’il nous intéresse au premier chef. Délaissant les simples manuels de jeu pour les vastes étendues du récit picaresque et de la haute fantaisie, Raphaël Bardas publie Les Chevaliers du Tintamarre. Dans ce formidable roman de cape et d’épée mâtiné de sortilèges, il conte les mésaventures rocambolesques d’un trio de bretteurs fanfarons, évoluant dans une cité bouillonnante. L’écrivain y déploie un verbe haut en couleur, un panache indéniable et un sens du rythme haletant qui fleurent bon le feuilleton de la grande époque.

Confirmant ses indéniables prédispositions pour l’épopée merveilleuse, il récidive avec Le Voyage des âmes cabossées, une œuvre tout aussi attachante et foisonnante, prouvant à ceux qui en doutaient encore que la littérature de l’imaginaire française se porte à merveille et sait fort bien s’affranchir du seul modèle outre-atlantique.

Livres de Raphaël Bardas :

Le voyage des âmes cabossées (2021)
Les chevaliers du Tintamarre (2020)
Les fourneaux de Crachemort (2024)

Pour en savoir plus sur Raphaël Bardas :

La page Wikipédia sur R. Bardas
La page Noosfere sur R. Bardas
La page isfdb de R. Bardas

Magali Villeneuve

Présentation de Magali Villeneuve :

Née sous le ciel de Bordeaux le 18 mars 1980, Magali Villeneuve possède un profil tout à fait exceptionnel. Si d’aucuns la connaissent d’abord pour son formidable coup de pinceau — elle s’est en effet illustrée de manière fort brillante en mettant en images de nombreux univers ludiques d’outre-Atlantique —, c’est bel et bien son indéniable talent de romancière qu’il nous incombe de saluer avec force aujourd’hui. Loin de se contenter des arts graphiques, elle déploie dans ses écrits une maîtrise du merveilleux et de la littérature conjecturale qui force l’admiration.

Fruit d’une longue et minutieuse gestation, son grand œuvre littéraire prend corps avec le cycle de La Dernière Terre, co-imaginé avec son complice Alexandre Dainche. C’est à l’aube des années 2010 (et plus précisément en 2013) que les lecteurs eurent le bonheur de découvrir le premier volet de cette vaste fresque, délicieusement sous-titré L’Enfant merehdian. Dans ce roman, la conteuse déploie une intrigue fascinante au cœur des Cinq Territoires, narrant les destinées entrecroisées de personnages attachants tels que le frêle Cahir, issu du peuple paria des Giddires, au sein d’une cité-capitale régie par des codes d’une grande rigueur.

Ce qui frappe d’emblée à la lecture de ses textes, c’est la rigueur toute architecturale avec laquelle elle bâtit son univers. À l’instar des grands bâtisseurs de la science-fiction et de la « fantasy » (que nous pourrions fort à propos traduire par « merveilleux épique »), Magali Villeneuve dresse des décors d’une grande somptuosité, sans jamais sacrifier la profondeur psychologique de ses protagonistes. Elle poursuivra d’ailleurs sur sa lancée avec le second tome, Des certitudes, confirmant ainsi sa place de choix parmi les plumes les plus prometteuses de notre imaginaire hexagonal.

En somme, il serait fort fâcheux de réduire Magali Villeneuve à ses seuls pinceaux, tant la romancière possède un souffle épique et une virtuosité narrative qui raviront les amateurs de grandes épopées.

Livres de Magali Villeneuve :

La dernière Terre :

Pour en savoir plus sur Magali Villeneuve :

La page Wikipédia sur M. Villeneuve
La page Noosfere sur M. Villeneuve
La page isfdb de M. Villeneuve

Jean-Michel Truong

Présentation de Jean-Michel Truong :

Né en l’an 1950 à Strasbourg, Jean-Michel Truong possède le profil, somme toute assez rare sous nos latitudes, du savant égaré avec bonheur dans les contrées du merveilleux-scientifique. Psychologue de formation, spécialiste des sciences cognitives et pionnier dans l’expertise de l’intelligence artificielle — il fonda d’ailleurs, dès le milieu des années 1980, l’une des toutes premières sociétés européennes dédiées à cette technologie —, Jean-Michel Truong puise dans son imposant bagage scientifique la moelle substantifique de son œuvre romanesque.

S’il est un essayiste fort respecté, c’est bel et bien son versant d’écrivain de science-fiction qu’il convient de louer ici, car il s’y révèle d’une redoutable acuité. L’irruption de Jean-Michel Truong dans l’anticipation hexagonale fut rien moins que magistrale. Il offre en effet à la fin du siècle dernier (en 1999, pour être exact) un ouvrage d’une ampleur philosophique et technologique vertigineuse : Le Successeur de pierre. Dans ce roman, couronné à fort juste titre par le Grand Prix de l’Imaginaire (que les puristes aiment à se rappeler sous le nom de Grand Prix de la science-fiction française), l’auteur y développe la thèse glaçante et fascinante d’un successeur minéral, fondé sur le silicium, appelé à remplacer la fragile humanité carbonée.

Il ne s’est fort heureusement pas arrêté en si bon chemin ! Confirmant sa place de maître de la « hard science-fiction » (ou science-fiction dure, comme nous devrions la nommer dans notre belle langue), Jean-Michel Truong a continué d’explorer les dérives de notre modernité avec Eternity Express en 2003, une satire grinçante des trafics d’organes et de la quête effrénée de l’immortalité. Puis, il nous a gratifiés de Reproduction non autorisée l’année suivante, publié dans la belle collection « Lunes d’encre » chez Denoël, où il aborde les abysses du clonage humain à travers les affres du clonage reproductif et ses conséquences vertigineuses sur la psyché de l’individu.

Chez Jean-Michel Truong, l’anticipation n’est point un vain mot, ni un simple décorum de fantaisie spatiale ; elle est le bistouri avec lequel il dissèque nos angoisses contemporaines, mêlant la cybernétique à la métaphysique.

Livres de Jean-Michel Truong :

Eternity express (2003)
L’IA, et après ? (2025)
Le successeur de pierre (1999)
Reprendre (2012)
Reproduction interdite (1989)
Totalement inhumaine (2001)

Pour en savoir plus sur Jean-Michel Truong :

La page Wikipédia sur J.-M. Truong
La page Noosfere sur J.-M. Truong
La page isfdb de J.-M. Truong

Guy Charmasson

Présentation de Guy Charmasson :

Né le 31 décembre 1947 sous le ciel du Gard, à Bagnols-sur-Cèze, et rappelé à Dieu le 18 mai 2019, Guy Charmasson présente un parcours des plus singuliers. Homme de sciences avant tout, il mène de brillantes études à Marseille où il décroche un doctorat scientifique. Mais, confronté à la rude réalité de notre monde universitaire et au manque de postes de chercheurs, il se voit contraint de renoncer aux laboratoires. C’est ainsi que la science, perdant l’un de ses brillants serviteurs, fit le bonheur de notre littérature !

S’il a dû exercer maints métiers fort éloignés des lettres pour subsister — tour à tour manœuvre, préparateur de commandes ou chef de rayon —, Guy Charmasson a toujours conservé une plume vigoureuse. Et bien qu’il ait tâté du roman policier (notamment dans la collection « Spécial Police ») et qu’il ait consacré la fin de sa carrière à de fort estimables romans de terroir, c’est bel et bien son œuvre d’anticipation et de science-fiction qui nous passionne ici.

En effet, dès 1978, il fait une entrée fracassante dans le merveilleux-scientifique avec son roman Le Crépuscule des surhommes, publié aux fameuses éditions Marabout. L’écrivain y déploie un sens inouï de la prospective, n’hésitant pas à mêler ses vastes connaissances scientifiques à un souffle romanesque indéniable.

Au cours des années quatre-vingt, il rejoint tout naturellement le prestigieux vivier du Fleuve Noir, dans la non moins mythique collection « Anticipation ». Il y livrera des récits nerveux, pétris de suspense et d’interrogations technologiques. Parmi ces perles conjecturales, il convient de citer L’Heure perdue (paru sous le numéro 1443) et le haletant space opera L’Incroyable Odyssée, où l’on suit le voyage périlleux du vaisseau intergénérationnel « La Roue ». Enfin, Guy Charmasson s’illustrera par le fascinant diptyque des Tueurs d’Elmendorf, composé de La Vengeance et de La Mission (tous deux publiés en 1988), démontrant une maestria absolue dans l’art de tenir le lecteur en haleine.

Le style de Guy Charmasson, direct et sans fioritures, trouve dans l’anticipation son terreau de prédilection, où sa rigueur scientifique lui permet de bâtir des univers d’une formidable vraisemblance.

Livres de Guy Charmasson :

Les tueurs d’Elmendorf :

L’heure perdue (1986)
L’incroyable odyssée (1988)
La blessure (2014)
La fille du causse (2020)
La main du maître (2010)
La promesse de Nora (2015)
Le crépuscule des surhommes (1978)
Le gîte de la vallée perdue (2017)
Noblesse de paille (2012)

Pour en savoir plus sur Guy Charmasson :

La page Wikipédia sur G. Charmasson
La page Noosfere sur G. Charmasson
La page isfdb de G. Charmasson

Henry S. Whitehead

Présentation de Henry S. Whitehead :

Né Henry St. Clair Whitehead le 5 mars 1882 dans le New Jersey, et rappelé à Dieu prématurément le 23 novembre 1932, cet homme de lettres présente un profil des plus singuliers. Figurez-vous que ce maître de l’insolite fut avant tout un ecclésiastique ! Diplômé d’Harvard en 1904 — où il usa d’ailleurs ses culottes sur les mêmes bancs qu’un certain Franklin D. Roosevelt —, il fut ordonné diacre puis prêtre au sein de l’Église épiscopale.

Mais ce qui scellera à jamais le destin littéraire du révérend Whitehead, c’est son affectation en tant qu’archidiacre des îles Vierges (et plus particulièrement sur l’île de Sainte-Croix) entre les années 1921 et 1929. Sous ces latitudes tropicales, l’homme d’Église se mue en un observateur fasciné. Il s’imprègne des mystères locaux, des superstitions insulaires et, bien entendu, des sombres rituels du vaudou.

C’est ce terreau si fertile qui nourrira la majeure partie de son œuvre fantastique. Dès le milieu des Années Folles, il livre aux mythiques pulp magazines américains — au premier rang desquels figure le célébrissime Weird Tales — des récits d’une rare élégance macabre. Loin des outrances sanglantes de certains de ses confrères, Whitehead distille une épouvante subtile et érudite, souvent rapportée par son alter ego de papier, le flegmatique Gerald Canevin.

Il convient également de souligner la profonde amitié et l’abondante correspondance qui le lièrent au maître de Providence, j’ai nommé M. H. P. Lovecraft en personne ! Ce dernier, qui lui rendit d’ailleurs de longues visites sous le soleil de Floride à l’aube des années trente, tenait la plume de Whitehead en très haute estime, la jugeant digne des plus grands classiques du genre. Si la maladie l’a fauché avant qu’il ne puisse connaître la consécration, la postérité, grâce aux bons soins de la maison Arkham House (qui publia notamment le recueil Jumbee and Other Uncanny Tales à titre posthume), a su préserver le frisson exquis de ses nouvelles antillaises.

Livres de Henry S. Whitehead :

Pour en savoir plus sur Henry S. Whitehead :

La page Wikipédia sur H. S. Whitehead
La page Noosfere sur H. S. Whitehead
La page isfdb de H. S. Whitehead

Bruno Lecigne

Présentation de Bruno Lecigne :

Né en 1957, Bruno Lecigne est un esprit d’une rare polyvalence qui s’est illustré sur de multiples fronts de notre imaginaire contemporain. Si les bédéphiles le connaissent fort bien pour ses savants essais sur le 9e art (notamment aux éditions Futuropolis) et pour son poste de directeur éditorial chez les redoutables Humanoïdes Associés, il ne faut sous aucun prétexte minorer sa formidable contribution au domaine de la science-fiction et de l’anticipation francophone.

Plume acérée et novatrice, Bruno Lecigne fait une irruption fracassante dans le gotha du merveilleux-scientifique au tout début de la précédente décennie. J’en veux pour preuve irréfutable sa mémorable nouvelle, La Femme-escargot allant au bout du monde. Ce texte d’une audace folle, que je vous invite instamment à dévorer, a été couronné par l’illustre Grand Prix de la science-fiction française (notre actuel Grand Prix de l’Imaginaire) en 1981.

Mais l’écrivain ne s’est point arrêté en si bon chemin. Travaillant volontiers à quatre mains avec la talentueuse Sylviane Corgiat, il a offert au Fleuve Noir, et tout particulièrement à sa mythique collection « Anticipation », une poignée de romans d’une redoutable efficacité, où la prospective sociologique le dispute au frisson du suspense. Parmi ces ouvrages que j’ai pris le soin de vérifier sur les registres de la maison d’édition, l’on se doit de citer Le Rêve et l’Assassin (paru au Fleuve Noir sous le numéro 1486), Le Programme troisième guerre mondiale, ou encore L’Araignée. Sans omettre, bien entendu, Une souris verte et Dépression venue de l’Atlantique, véritables joyaux d’angoisse conjecturale.

Dans ses récits, qu’il s’agisse de ses romans ou de nouvelles telles que La Vallée des ascenseurs ou Effacement rapide de l’explorateur, Bruno Lecigne démontre une aptitude remarquable à disséquer les névroses de notre société et les dérives technologiques qui nous guettent. Son style, toujours d’une grande modernité, apporte un sang neuf à la science-fiction hexagonale, la hissant vers des cimes de réflexion tout à fait louables.

Livres de Bruno Lecigne :

Jeu de la trame :

Intégrales :

EMO (1987)
Immolations (1987)
Immolations 2 (1988)
Le programme Troisième Guerre Mondiale (1986)

Pour en savoir plus sur Bruno Lecigne :

La page Wikipédia sur B. Lecigne
La page Noosfere sur B. Lecigne
La page isfdb de B. Lecigne

Pierre Bameul

Présentation de Pierre Bameul :

Né le 10 novembre 1940 sous les cieux cléments de Normandie, plus précisément à Barneville-sur-Mer dans le Cotentin, Pierre Bameul présente le profil fascinant de l’écrivain autodidacte. Ayant quitté les bancs de l’école à quatorze ans, il fut d’abord apprenti puis ouvrier ajusteur à l’arsenal de Cherbourg, avant de connaître les affres de la guerre d’Algérie. S’ensuivit une existence riche d’expériences où il exerça mille métiers (dessinateur industriel, aide-comptable, animateur de radio ou encore journaliste à France 3 Aquitaine), forgeant ainsi son regard sur le monde et la nature humaine.

Si son nom résonne avec tant de force dans l’esprit des amateurs d’anticipation, c’est grâce à sa remarquable incursion dans le merveilleux-scientifique au milieu des années quatre-vingt. Il trouve sa place au sein de la mythique collection « Anticipation » du Fleuve Noir, ce formidable laboratoire de notre littérature populaire.

Pierre Bameul s’illustre avant tout par son génie de l’uchronie. Sa passion pour l’Histoire et la philosophie trouve son aboutissement en 1986 avec son magistral diptyque Pour nourrir le Soleil. Dans le premier volet, La Saga d’Arne Marsson, il réinvente l’Histoire en imaginant une conquête des Amériques par les fiers Vikings, tissant une civilisation inédite d’une incroyable densité. Le second volume, Le Choix des destins, vient parachever cette brillante spéculation temporelle, prouvant sa capacité à manier l’évolution des sociétés avec une rigueur toute scientifique.

L’œuvre conjecturale de Pierre Bameul, bien qu’assez ramassée dans le temps, témoigne d’une grande habileté à utiliser le cadre de la science-fiction pour questionner nos civilisations et les rouages de notre Histoire.

Livres de Pierre Bameul :

Pour nourrir le soleil :

L’ère du vent (2011)
Par le royaume d’Osiris (1981)

Pour en savoir plus sur Pierre Bameul :

La page Wikipédia sur P. Bameul
La page Noosfere sur P. Bameul
La page isfdb de P. Bameul

Sylviane Corgiat

Présentation de Sylviane Corgiat :

Née en 1955, Sylviane Corgiat possède de multiples cordes à son arc, s’illustrant tout autant dans la littérature pour la jeunesse que dans le scénario de bandes dessinées. Toutefois, il convient d’insister tout particulièrement sur sa fort belle contribution au domaine de l’anticipation et de la science-fiction, genre qui acquiert enfin, en ces années, la respectabilité qu’il mérite.

C’est notamment dans les années quatre-vingt que Sylviane Corgiat va marquer le merveilleux-scientifique de son empreinte, bien souvent en unissant sa plume à celle de Bruno Lecigne. Ensemble, ils ont su tisser des trames d’une belle complexité, lorgnant vers des horizons où la technologie et l’étrange se disputent l’âme humaine. L’on se doit de citer leur maître-ouvrage, Le Rêveur de chats, qui a su séduire les critiques les plus exigeants au point de se voir décerner, en 1984, le prestigieux Grand Prix de la science-fiction française (connu aujourd’hui sous le vocable de Grand Prix de l’Imaginaire).

Son œuvre de science-fiction, souvent publiée dans des collections populaires mais exigeantes, se distingue par une approche psychologique très fine et des univers subtilement décalés. Loin des simples joutes spatiales ou des monstres de carton-pâte, Sylviane Corgiat utilise la conjecture scientifique et les mondes parallèles pour interroger les fêlures intimes de ses personnages. On lui doit également des ouvrages tout à fait remarquables au sein de la fameuse collection « Anticipation » du Fleuve Noir, qui a tant fait pour la diffusion du genre dans nos contrées.

Par sa capacité à marier l’évasion intergalactique ou fantastique avec une véritable exigence d’écriture, Sylviane Corgiat se pose indiscutablement comme l’une des plumes majeures de la science-fiction hexagonale de la fin du vingtième siècle.

Livres de Sylviane Corgiat :

Jeu de la trame :

Intégrales :

Immolations (1987)
Immolations 2 (1988)
Le programme Troisième Guerre Mondiale (1986)

Pour en savoir plus sur Sylviane Corgiat :

La page Wikipédia sur S. Corgiat
La page Noosfere sur S. Corgiat
La page isfdb de S. Corgiat

Gérard Delteil

Présentation de Gérard Delteil :

Né à Paris en l’an 1939, alors que l’Europe s’apprêtait à basculer dans les affres du second conflit mondial, Gérard Delteil est de ces plumes acérées qui ne sauraient se satisfaire de la simple distraction. Avant de se lancer à corps perdu dans la littérature, notre homme fit ses classes dans la presse, embrassant la noble profession de journaliste, ce qui, sans nul doute, forgea son regard critique sur les soubresauts de notre époque moderne.

Si la critique littéraire s’attarde volontiers sur ses intrigues policières, elle occulte trop souvent l’immense contribution de Gérard Delteil au genre merveilleux-scientifique de notre époque. Avant même que la science-fiction française ne conquière ses lettres de noblesse dans de luxueuses reliures, c’est dans les collections populaires, à l’instar du fameux « Fleuve Noir Anticipation », que notre romancier a su forger des univers d’une redoutable acuité.

Sous la plume de ce citoyen engagé, l’avenir n’est point peuplé de futiles astronefs ou de créatures de pacotille, mais sert de loupe grossissante aux tares de notre civilisation. Dans les années 1970 — et Dieu sait que les décennies quatre-vingt et quatre-vingt-dix lui donneront raison —, Gérard Delteil multiplie les récits où le progrès scientifique se retourne inexorablement contre l’homme. On se délectera de lire ou de relire des pièces maîtresses telles que Transfert (1986), où la manipulation des esprits et des corps prend une dimension glaçante, ou encore La Septième Griffe de Togor et Hors-jeu, toutes deux parues en 1987, qui démontrent un indéniable talent de feuilletoniste intergalactique mâtiné de satire sociale.

Comment, par ailleurs, ne pas frémir à l’évocation de Tchernobagne (1989) ? Dans cet ouvrage prémonitoire, l’auteur, nourri par son expérience de journaliste, s’empare des balbutiements de la catastrophe nucléaire pour dépeindre une humanité exsangue, broyée par des technocraties sans visage. La science-fiction de Gérard Delteil s’inscrit dans la grande tradition de la dystopie : âpre, politique, farouchement anti-impérialiste. Le capitalisme sauvage et la numérisation croissante du monde s’y voient passés au vitriol de son imagination. Ses dystopies, parfois teintées de la tendance « cyberpunk » chère aux Anglo-Saxons, n’ont rien à envier aux plus illustres maîtres américains.

Véritable franc-tireur des lettres, il a su utiliser le récit d’anticipation comme un formidable outil de subversion et de conscientisation politique, prouvant, s’il en était encore besoin, que la littérature de science-fiction peut être aussi divertissante que profondément subversive.

Livres de Gérard Delteil :

Balles de charité (1990)
Bugs (1999)
Chili incarné (1996)
Gombo (2009)
Hors jeu (1987)
KZ – retour vers l’enfer (1987)
L’inondation (2004)
La confiance règne (1991)
La nuit de l’Apagon (1995)
La septième griffe de Togor (1987)
Le nouveau crime de l’Orient-Express (1985)
Les années rouge et noir (2014)
Les écoeurés (2019)
Les pillards de Bagdad (2003)
Mort d’un satrape rouge (1995)
Pièces détachées (1992)
Spéculator (2010)
Tchernobagne (1989)
Transfert (1986)

Pour en savoir plus sur Gérard Delteil :

La page Wikipédia sur G. Delteil
La page Noosfere sur G. Delteil
La page isfdb de G. Delteil

Robert James Sawyer

Présentation de Robert James Sawyer :

Né le 29 avril 1960 dans la bonne ville d’Ottawa, Robert James Sawyer s’est imposé, au fil des décennies, comme la figure de proue de la science-fiction canadienne d’expression anglaise. S’il n’était encore qu’un jeune homme à l’aube de nos chères années soixante-dix, il a su, depuis lors, bâtir une œuvre d’une rigueur et d’une intelligence rares, se rattachant à ce que les exégètes anglo-saxons nomment la « hard science-fiction », ou science-fiction dure.

Ancien journaliste, notre romancier a conservé de sa première profession un goût immodéré pour la recherche documentaire et la vraisemblance. Chez lui, point de fantaisie échevelée ou de vaisseaux filant à travers le cosmos sans le moindre souci des sacro-saintes lois de la physique ! Robert James Sawyer bâtit ses récits sur de solides fondations scientifiques, explorant avec une remarquable érudition des domaines aussi pointus que la paléontologie (passion qu’il distille dans son fameux cycle du Quintaglio), la physique quantique, l’informatique ou la théorie de l’évolution.

Il serait impardonnable de ne point citer quelques-uns de ses hauts faits littéraires, qui lui ont valu de glaner les plus prestigieuses récompenses de l’autre côté de l’Atlantique. Son roman L’Expérience terminale, couronné par le grand prix Nebula en 1995, sonde avec une rare sagacité la question de l’âme humaine à l’aune de l’informatique balbutiante. Comment ne pas évoquer également son brillant roman Hominids (récipiendaire du prix Hugo en 2003), qui nous ouvre les portes d’un univers parallèle où les Néandertaliens ont supplanté notre propre espèce ? L’on mentionnera enfin Flashforward (1999), dont l’intrigue saisissante — l’humanité entière plongeant dans une syncope de quelques minutes pour entrevoir son avenir — a d’ailleurs connu les honneurs d’une transposition sur le petit écran.

Par-delà la pure spéculation technique, l’œuvre de Robert James Sawyer s’illustre par un profond et sincère humanisme. L’auteur se plaît à confronter la froide rationalité scientifique aux plus profonds questionnements philosophiques, éthiques et religieux, interrogeant sans relâche la nature de la conscience et la place de l’homme dans le vaste univers.

Livres de Robert James Sawyer :

Singularité :

Calculating God (2000)
Dernière chance pour l’humanité (1998)
Expérience terminale (1995)
Flash Forward (1999)
Mutations (1997)
Rollback (2007)
Starplex (1996)
Un procès pour les étoiles (1997)

Pour en savoir plus sur Robert James Sawyer :

La page Wikipédia sur R. J. Sawyer
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