Catégorie : Auteurs
Mervyn Peake
Présentation de Mervyn Peake :
Né en 1911 à Kuling, dans la lointaine Chine, de parents missionnaires, Mervyn Peake s’est d’abord illustré comme un dessinateur et un peintre de grand talent. Son trait à la fois nerveux, grotesque et profondément poétique a merveilleusement servi les classiques de la littérature, depuis L’Île au trésor jusqu’à Alice au pays des merveilles. Mais si son coup de crayon force l’admiration, c’est bien par la plume qu’il a bâti son chef-d’œuvre absolu, une cathédrale de mots et de ténèbres : le monumental cycle de Gormenghast.
C’est sur cette fresque titanesque qu’il convient de nous attarder, car elle constitue un hapax dans les lettres britanniques. Entamée avec Titus d’Enfer (Titus Groan, paru en 1946), poursuivie par Gormenghast (1950) et achevée de manière crépusculaire avec Titus Errant (Titus Alone, 1959), cette trilogie nous plonge dans les méandres étouffants d’un château aux proportions démesurées.
Oubliez, cher ami, les elfes et les magiciens chers à Tolkien ! Chez Mervyn Peake, le fantastique ne naît point du merveilleux, mais de la folie des hommes et de la démesure des pierres. Le château de Gormenghast, véritable personnage principal de l’œuvre, est un labyrinthe de toits affaissés, de tours moussues et de couloirs oubliés. L’on y suit la destinée du jeune Titus, soixante-dix-septième comte de Groan, étouffé par des rituels absurdes et immémoriaux. Autour de lui gravite une cour des miracles fascinante et repoussante, peuplée de figures inoubliables, à l’instar de l’ambitieux et perfide Finelame (Steerpike), du taciturne M. Flay, ou encore de la redoutable cuisinière, le suintant M. Swelter. L’écriture de Mervyn Peake y est somptueuse, dense, sculptant les ombres et les lumières avec la précision d’un orfèvre macabre.
Hélas, le destin de ce brillant esprit fut entaché de tragédie. Frappé par une cruelle maladie neurologique (la maladie de Parkinson, murmurait-on dans les cercles bien informés) qui lui ravit peu à peu ses facultés artistiques, Mervyn Peake s’est éteint prématurément en 1968. Il laisse derrière lui une œuvre inclassable, qui s’élève comme un roc solitaire et majestueux dans le paysage littéraire de notre siècle.
Livres de Mervyn Peake :
Intégrales :
- Le cycle de Gormenghast (2018)
Pour en savoir plus sur Mervyn Peake :
La page Wikipédia sur M. Peake
La page Noosfere sur M. Peake
La page isfdb de M. Peake
Phil Laramie
Présentation de Phil Laramie :
Sous ce pseudonyme, Phil Laramie, aux consonances fort américaines se dissimule en vérité un authentique artisan de nos lettres francophones, de nationalité belge, j’ai nommé Xavier Snoeck. Né à Saint-Gilles, dans la banlieue bruxelloise, en l’an 1920 (et que Dieu ait son âme, puisqu’il nous a quittés en 1990), ce polygraphe d’une redoutable efficacité a d’abord fourbi ses armes dans l’illustré pour la jeunesse. Les plus sagaces se souviendront sans doute de ses scénarios pour le journal Spirou, où il s’est illustré en reprenant la destinée du fameux feuilleton L’Aile rouge sous un autre nom de plume, Yves Legros.
Mais revenons-en à Phil Laramie. C’est sous ce masque que Xavier Snoeck a prêté son indéniable talent de conteur aux mythiques éditions du Fleuve Noir. Durant les années 1960, au sein de la collection « L’Aventurier », il nous a livré des récits nerveux, mâtinés de polar et de frissons sous les tropiques, dont les titres seuls suffisent à éveiller l’imagination : Un singe qui mord la nuque, Ce soir à Tampico (tous deux parus en 1965), ou encore Les Filles d’Hong-Kong et Tam-tam pour Hélène (1966). L’on y retrouve cette mécanique si propre à la littérature de kiosque : de l’action trépidante, un soupçon de péril exotique et une intrigue qui ne laisse nul répit au lecteur.
Toutefois, l’amateur de récits conjecturaux que vous êtes saura certainement que le nom de Phil Laramie a connu un retour fort remarqué à la fin des années 1980, cette fois-ci dans la reine des collections de science-fiction : l’illustre « Fleuve Noir Anticipation ». Il y signa alors le cycle des Akantor, une série de romans spatiaux au ton vif et enlevé, débutée avec Le Viol du dieu Ptah (1986), suivi de La Folle Ruée des Akantor (1987), puis Les Squales de la cité engloutie et Le Grand Hurlement. À travers ces épopées stellaires, l’auteur démontra qu’il n’avait rien perdu de sa verdeur ni de son sens inné du divertissement populaire.
Phil Laramie appartient à cette race de romanciers discrets mais ô combien essentiels, ces forçats de la machine à écrire qui ont su, page après page, nourrir nos rêves et enflammer nos imaginaires pour le prix de quelques francs.
Livres de Phil Laramie :
Les Akantor :
- Le viol du dieu Ptah (1986)
- La folle ruée des Akantor (1987)
- Les squales de la cité engloutie (1987)
- Le grand hurlement (1988)
Ce soir à Tampico (1965)
Les filles d’Hong-Kong (1965)
Tam-tam pour Hélène (1966)
Un singe qui mord la nuque (1965)
Pour en savoir plus sur Phil Laramie :
La page Wikipédia sur P. Laramie
La page Noosfere sur P. Laramie
La page isfdb de P. Laramie
Th. Cryde

Présentation de Th. Cryde :
En effet, derrière l’énigmatique signature de Th. Cryde se dissimule Cédric Debardieux, un habile artisan de nos lettres d’anticipation francophones. C’est principalement au sein de la célèbre collection « Anticipation » de la maison du Fleuve Noir que notre homme s’est fait un nom, proposant à un lectorat friand de sensations fortes des romans à l’efficacité redoutable, dans la grande tradition de la littérature de kiosque.
L’œuvre de Th. Cryde brille moins par les subtilités d’une psychologie marivaudante que par une mécanique narrative haletante, privilégiant l’action et le frisson. L’on retiendra notamment son fameux Cycle des insectes, dont le premier tome, La Nuit des insectes, s’amuse avec un malin plaisir de nos effrois les plus primitifs. L’auteur nous y dresse le tableau fort sombre de manipulations génétiques désastreuses, donnant naissance à une faune d’invertébrés démesurés et particulièrement affamés. Dans des suites telles qu’ Osmose, Th. Cryde poursuit l’exploration de cette lutte à mort pour la survie de notre espèce face à cette prolifération grouillante.
Son bibliographie compte également d’autres récits tout aussi nerveux, tels que L’Endroit bleu paru en 1986, ou encore La Falaise. À chaque occasion, l’auteur démontre son talent pour faire basculer le quotidien dans le cauchemar avec une économie de moyens et une nervosité de plume tout à fait remarquables, s’intéressant avant tout à l’idée reine et à ses conséquences délétères.
Livres de Th. Cryde :
Le cycle des insectes :
- La nuit des insectes (1984)
- Osmose (1985)
- La semaine carnivore (1985)
L’endroit bleu (1986)
La falaise (1993)
Pour en savoir plus sur Th. Cryde :
La page Wikipédia sur T. Cryde
La page Noosfere sur T. Cryde
La page isfdb de T. Cryde
China Miéville

Présentation de China Miéville :
Né le 6 septembre 1972 à Norwich, China Miéville a grandi dans la bouillonnante métropole londonienne, dont les méandres et l’architecture semblent avoir durablement nourri sa plume. Romancier à l’inventivité stupéfiante, il s’est imposé au tournant de notre siècle comme le héraut d’un courant littéraire novateur que la critique anglo-saxonne a baptisé le « New Weird » — vocable que l’on pourrait fort à propos traduire par la « Nouvelle Étrangeté ». Tournant délibérément le dos aux sempiternelles contrées féériques peuplées d’elfes et de magiciens bienveillants, chères aux épigones de Tolkien, cette esthétique entremêle avec une audace folle les codes de l’anticipation, de la fantasy urbaine et du récit d’épouvante.
C’est avec la parution, en l’an 2000, du monumental La Gare de Perdido Street que China Miéville a frappé les esprits avec le plus de force. Ce roman, fort justement couronné par le prestigieux prix Arthur C. Clarke, nous ouvre les portes de Nouvelle-Crobuzon, une cité tentaculaire, crasseuse et fascinante, située dans le monde de Bas-Lag. L’auteur y déploie un univers urbain d’une noirceur absolue, mû par la vapeur, l’industrie et des sortilèges décadents, où se côtoient d’abominables créatures hybrides et des savants audacieux. Ce coup de maître fut suivi d’autres récits tout aussi magistraux situés dans le même univers, à l’instar de l’aventure maritime des Scarifiés.
Le talent polymorphe de ce démiurge ne s’est cependant point limité aux rivages de Bas-Lag. China Miéville a su se réinventer avec une virtuosité qui force l’admiration, abordant de multiples sous-genres littéraires avec la même redoutable érudition. Je m’en voudrais, par exemple, de ne point citer The City & the City (2009), un vertigineux roman policier où deux villes jumelles occupent le même espace géographique sans que leurs citoyens respectifs n’aient le droit de se voir, ou encore Légationville (2011), qui explore avec brio les vertiges de la linguistique extraterrestre.
Créateur d’univers, couronné par les jurys les plus sévères de la science-fiction internationale, China Miéville se distingue par une prose riche, exigeante et volontiers foisonnante, qui fait de lui l’un des architectes les plus majeurs de la littérature fantastique contemporaine.
Livres de China Miéville :
Cycle de Bas Lag :
- Perdido Street Station 1 (2000)
- Perdido Street Station 2 (2000)
- Les scarifiés (2002)
- Le concile de fer (2004)
Celui qui dénombrait les hommes (2016)
Compte rendu de certains évènements survenus à Londres (2004)
En quête de Jake (2005)
Kraken (2010)
La chute de Londres (2012)
Le livre d’ailleurs (2024)
Le roi des rats (1998)
Légationville (2012)
Les derniers jours du Nouveau-Paris (2016)
Merfer (2012)
The city & the city (2009)
Pour en savoir plus sur China Miéville :
La page Wikipédia sur C. Miéville
La page Noosfere sur C. Miéville
La page isfdb de C. Miéville
Cherie Priest

Présentation de Cherie Priest :
Née le 30 juillet 1975 à Syracuse, dans l’État de New York, Cherie Priest s’est fort brillamment illustrée dans divers domaines de la littérature d’imagination, touchant avec une aisance singulière au récit d’épouvante, au fantastique urbain ainsi qu’à l’anticipation. Toutefois, s’il est un monument au sein de sa foisonnante bibliographie qui mérite que l’on s’y attarde avec la plus grande attention, c’est indubitablement sa fresque magistrale intitulée Le Siècle mécanique (The Clockwork Century).
C’est avec ce cycle, véritable chef-d’œuvre de ce que les exégètes modernes nomment le steampunk (ou « fantaisie à vapeur », si vous me passez ce néologisme francophone), que la romancière a su imposer sa griffe. L’idée de départ de cette uchronie s’avère d’une redoutable ingéniosité : Cherie Priest nous y dépeint une Amérique alternative de la fin du XIXe siècle, aux alentours des années 1880, où la tragique guerre de Sécession ne s’est jamais achevée. Épuisée par des décennies d’un conflit fratricide, la nation s’est tournée vers une technologie outrancière, dominée par les dirigeables colossaux, les automates et de terrifiantes machines de guerre mues par la vapeur.
Le point d’orgue de cet univers suffocant et merveilleux est sans conteste le roman fondateur du cycle, Boneshaker (paru en 2009), qui valut d’ailleurs à la romancière de remporter le fort prestigieux prix Locus du meilleur roman de science-fiction. L’intrigue nous entraîne dans les entrailles de la ville de Seattle, emmurée à la suite d’une effroyable catastrophe industrielle. Une gigantesque machine de forage, le fameux « Boneshaker », y a jadis percé un filon libérant un gaz toxique — le gaz Miasmique. Ce fléau possède la fâcheuse propriété de transformer les malheureux qui le respirent en trépassés avides de chair fraîche, que l’autrice nomme les « croulants ».
Cherie Priest déploie dans Le Siècle mécanique (qui compte d’autres volumes fort recommandables tels que Clementine ou Dreadnought) un sens de l’aventure trépidante qui n’est pas sans rappeler les grands feuilletons de jadis. L’on y croise des contrebandiers au grand cœur naviguant dans les cieux, des savants fous et des héroïnes au tempérament de feu, le tout servi par une plume d’une grande élégance et une reconstitution historique d’une précision diabolique.
Je ne saurais trop vous conseiller, si vous chérissez les machineries de laiton et les uchronies audacieuses, de vous plonger dans cet univers vicié mais ô combien fascinant.
Livres de Cherie Priest :
Le siècle mécanique :
- Boneshaker (2009)
- Clementine (2010)
- Dreadnought (2010)
- suites non traduites
Rapport Cheshire Red :
Pour en savoir plus sur Cherie Priest :
La page Wikipédia sur C. Priest
La page Noosfere sur C. Priest
La page isfdb de C. Priest
Scott Westerfeld

Présentation de Scott Westerfeld :
Né le 5 mai 1963 sous le soleil ardent de Dallas, dans l’État du Texas, Scott Westerfeld s’est d’abord illustré dans des métiers fort divers, concevant des programmes informatiques et prêtant même, dit-on, sa plume à d’autres auteurs en tant que « nègre littéraire », avant de signer de son propre patronyme des œuvres d’anticipation appelées à un vif succès.
Si Scott Westerfeld s’est essayé avec brio au space opera destiné à un public adulte — on retiendra l’imposant diptyque de Succession (composé de L’I.A. et son double et Le Secret de l’Empire) —, c’est incontestablement auprès de la jeunesse qu’il a trouvé sa plus vibrante renommée. Au début de notre millénaire, il a en effet livré une tétralogie d’une redoutable intelligence, baptisée Uglies. Dans cette sombre vision de l’avenir, l’auteur dépeint une société où chaque adolescent, le jour de son seizième anniversaire, se voit contraint de subir de lourdes interventions chirurgicales afin de se conformer à un idéal de beauté absolu et d’intégrer la caste des « Pretties ». Sous couvert d’une intrigue palpitante, Scott Westerfeld y livre une critique féroce de la superficialité, du conformisme et des dérives de notre société de consommation.
Mais le lecteur épris d’aventures romanesques retiendra également sa formidable trilogie Léviathan. Dans une veine qui n’est pas sans rappeler des œuvres d’inspiration « steampunk » et « biopunk », l’auteur réinvente de fond en comble le premier conflit mondial. L’Europe s’y trouve déchirée entre les puissances « darwinistes » (telles que la Grande-Bretagne), qui utilisent des créatures génétiquement manipulées à des fins militaires, et les puissances « clankers » ou « mécanistes » (l’Empire austro-hongrois et l’Allemagne), qui misent sur de gigantesques machines à vapeur et autres engins blindés. C’est là une uchronie d’une étourdissante maestria, magnifiée, il faut le souligner, par les superbes illustrations à la plume de Keith Thompson.
Partageant sa vie entre l’effervescence de New York et les rivages de Sydney, aux côtés de son épouse, la romancière australienne Justine Larbalestier, Scott Westerfeld demeure un feuilletoniste de grand talent, capable de captiver les esprits curieux de tous âges.
Livres de Scott Westerfeld :
Horizon :
Leviathan :
Midnighters :
- L’heure secrète (2004)
- L’étreinte des ténèbres (2005)
- Le long jour bleu (2006)
Peeps :
- V Virus (2005)
- A Apocalypse (2005)
Succession :
- Les légions immortelles (2003)
- Le secret de l’empire (2003)
Uglies :
Intégrales :
- Succession (2012)
Afterworlds (2015)
Impostors (2012)
L’I.A. et son double (2000)
Pour en savoir plus sur Scott Westerfeld :
La page Wikipédia sur S. Westerfeld
La page Noosfere sur S. Westerfeld
La page isfdb de S. Westerfeld
Paul J. McAuley

Présentation de Paul J. McAuley :
Né le 23 avril 1955 en Angleterre, Paul J. McAuley présente cette particularité, fort appréciable dans le domaine de l’anticipation, d’allier les lettres aux sciences dures. En effet, avant de se consacrer pleinement à la littérature d’imagination au tournant des années 1990, ce charmant romancier fut chercheur et professeur en botanique et en biologie. Il a notamment exercé ses talents au sein de la prestigieuse université d’Oxford.
Cette solide formation scientifique irrigue l’ensemble de son œuvre, lui conférant une rigueur et une vraisemblance tout à fait remarquables. L’on parle à son sujet de hard science-fiction, une ramification du genre où les spéculations s’appuient sur des connaissances scientifiques exactes.
Paul J. McAuley a fait une entrée pour le moins fracassante dans la république des lettres avec son premier roman, Quatre cents milliards d’étoiles, qui lui valut de remporter l’illustre prix Philip K. Dick. Mais c’est sans conteste avec Féerie (Fairyland), couronné par le prestigieux prix Arthur C. Clarke en 1996, qu’il a imposé sa vision singulière. Dans cet ouvrage d’une terrifiante acuité, il délaisse la quincaillerie spatiale pour nous plonger dans une Europe du futur ravagée par les manipulations génétiques et les nanotechnologies, donnant ainsi ses lettres de noblesse à un sous-genre que les exégètes nomment parfois le « biopunk ».
Fort d’une plume prolifique, l’auteur ne s’est point cantonné à ces sombres visions dystopiques. Il a également offert à ses lecteurs de vastes fresques spatiales, à l’instar du remarquable cycle de La Guerre tranquille (The Quiet War), où se joue une lutte politique et militaire impitoyable entre la Terre, dominée par de puissantes oligarchies écologistes, et les colonies rebelles établies sur les lunes de Saturne et de Jupiter. Paul J. McAuley y excelle dans la description d’écosystèmes extraterrestres terraformés, témoignant une fois de plus de son amour immodéré pour les sciences de la vie.
L’on trouve également chez lui un attrait indéniable pour l’uchronie et l’histoire alternative, comme en témoignent d’autres ouvrages de sa foisonnante bibliographie, toujours rédigés avec une élégance de style et une intelligence de propos qui forcent le respect.
C’est une œuvre exigeante, certes, mais infiniment stimulante pour l’intellect, qui saura, je n’en doute point, charmer le vôtre.
Livres de Paul J. McAuley :
Jackaroo :
- non traduit
- Le choix (2011)
Quatre cents milliards d’étoiles :
- Quatre cents milliards d’étoiles (1988)
- non traduit
- La lumières des astres (1991)
Austral (2017)
Cowboy angels (2007)
Féerie (1995)
Glyphes (2005)
L’Homme (2012)
La guerre tranquille (2008)
Les conjurés de Florence (1994)
Les diables blancs (2004)
Sable rouge (1993)
Une invasion martienne (2001)
Une seconde peau (1997)
Pour en savoir plus sur Paul J. McAuley :
La page Wikipédia sur P. J. McAuley
La page Noosfere sur P. J. McAuley
La page isfdb de P. J. McAuley
Philip Reeve

Présentation de Philip Reeve :
Né le 28 février 1966 dans la riante cité balnéaire de Brighton, Philip Reeve appartient à cette belle lignée d’hommes de lettres britanniques pourvus d’une fantaisie débordante. Il convient de souligner que ce charmant romancier n’a point commencé sa carrière la plume à la main, mais bien le pinceau au poing ! Avant d’embrasser le métier d’écrivain, il s’est en effet illustré durant de nombreuses années comme dessinateur de talent, mettant son coup de crayon au service d’ouvrages destinés à la jeunesse.
C’est au tout début de notre millénaire que Philip Reeve a véritablement secoué le monde des lettres de l’imaginaire avec la parution de sa fresque majeure : Mécaniques fatales (Mortal Engines dans la langue de Shakespeare). L’auteur y déploie une imagination que l’on qualifiera sans peine d’ébouriffante. Imaginez un peu : dans un avenir fort lointain et passablement dévasté par un cataclysme d’antan, les villes d’Europe ne sont plus immobiles. Métamorphosées en de gigantesques mastodontes sur chenilles, les métropoles telles que Londres sillonnent des terres désolées pour traquer, harponner et dévorer les bourgades plus modestes, dans le but de s’approprier leurs précieuses ressources.
Philip Reeve baptise ce système cruel et fascinant le « darwinisme municipal ». Bien que l’on y retrouve indéniablement cette plaisante saveur de ferraille, de cuivre et de vapeur propre à la mouvance « steampunk », l’auteur britannique y insuffle une envergure tragique, des machinations politiques diablement bien ficelées et une noirceur tout à fait remarquables.
Si cette tétralogie, de même que les récits qui la précèdent (tels que Fever Crumb), s’adresse de prime abord à un jeune lectorat, il serait fort fâcheux de s’y arrêter. Les esprits adultes et curieux y trouveront une lecture d’une grande richesse allégorique. Philip Reeve a également prouvé la redoutable polyvalence de son talent avec d’autres ouvrages d’anticipation tels que L’Étoile noire (Railhead), qui nous convie à un voyage étourdissant à bord de trains interstellaires doués de conscience.
Livres de Philip Reeve :
Le monstre des abysses :
Mécaniques fatales :
- Mécaniques fatales (2001)
- L’or du prédateur (2003)
- Machinations infernales (2005)
- Plaine obscure (2006)
Pour en savoir plus sur Philip Reeve :
La page Wikipédia sur P. Reeve
La page Noosfere sur P. Reeve
La page isfdb de P. Reeve
Michael Swanwick

Présentation de Michael Swanwick :
Michael Swanwick est né le 18 novembre 1950 dans la noble cité de Philadelphie, il s’est imposé au fil des ans comme l’une des plumes les plus érudites et les plus imprévisibles de la littérature d’anticipation et du merveilleux. L’on trouve chez ce brillant homme de lettres une volonté farouche de ne jamais se laisser enfermer dans un genre précis. Bien au contraire, il se plaît à abolir les frontières entre la rigueur scientifique de la science-fiction et l’onirisme de la fantasy.
Parmi ses hauts faits d’armes, il convient de saluer l’obtention des plus grands prix littéraires américains pour des ouvrages d’une richesse inouïe, à l’instar de Stations des profondeurs (Stations of the Tide). Mais Michael Swanwick s’est également illustré par une relecture féroce et grinçante des contes de fées traditionnels, notamment avec La Fille du dragon de fer, où le monde féerique se voit percuté par une ère industrielle sombre et mécanique, bien éloignée des naïvetés habituelles du genre.
Toutefois, je m’en voudrais cruellement de ne point évoquer devant vous son magistral Jack Faust. Dans cet ouvrage d’une intelligence diabolique, paru à l’aube des années 2000, le romancier s’empare du célèbre mythe germanique popularisé par Goethe. L’astuce de M. Swanwick y est prodigieuse : le bon docteur Johann Faust ne signe point de pacte avec une entité démoniaque traditionnelle, mais reçoit de Méphistophélès — qui se présente comme un être venu des étoiles ou d’une autre dimension — les connaissances scientifiques et technologiques de notre modernité. Dès lors, l’Europe de la Renaissance se trouve précipitée, avec plusieurs siècles d’avance, dans une révolution industrielle aussi fascinante que dévastatrice. C’est là un tour de force narratif qui invite à une profonde réflexion sur la nature du progrès.
Michael Swanwick est également un nouvelliste de grand talent, dont les textes courts, ciselés comme de précieuses mécaniques, témoignent d’une maîtrise absolue de l’art du récit.
C’est une œuvre d’une grande exigence intellectuelle, parfois vertigineuse, mais dont la lecture procure des joies incomparables à l’esprit curieux.
Livres de Michael Swanwick :
Jack Faust (1997)
Le baiser du masque (1985)
Les fleurs du vide (1987)
Stations des profondeurs (1991)
Pour en savoir plus sur Michael Swanwick :
La page Wikipédia sur M. Swanwick
La page Noosfere sur M. Swanwick
La page isfdb de M. Swanwick
