Catégorie : Auteurs
Pat Cadigan

Présentation de Pat Cadigan :
Pat Cadigan, qui vit le jour le 10 septembre 1953 dans la bourgade de Schenectady, au sein de l’État de New York, s’est imposée avec une rare virtuosité comme l’un des esprits les plus brillants de la littérature d’anticipation nord-américaine. Écrivain prolifique et femme de lettres d’une redoutable perspicacité, elle a su donner un souffle inédit à la science-fiction, plongeant la psyché humaine dans les méandres vertigineux de l’informatique et des réalités artificielles.
C’est incontestablement au sein de cette avant-garde d’une noirceur insondable, que les exégètes baptisèrent le mouvement « cyberpunk », que le génie de cet auteur a donné sa pleine mesure. Rares sont les femmes à s’être aventurées avec tant de brio sur ces terres arides, dominées par la machine et le cynisme de l’ère électronique ; à tel point que la critique anglo-saxonne lui décerna bien vite le titre fort mérité de « Reine du cyberpunk ».
On ne saurait évoquer son nom sans s’incliner devant ses véritables œuvres magistrales. Il convient en effet de frissonner d’admiration devant « Les Synthérétiques » (paru sous le titre original de Synners en 1991) et le retentissant « Mise en abyme » (Fools, 1992). Ces sombres fresques, couronnées d’ailleurs à deux reprises par le prestigieux prix Arthur C. Clarke en Grande-Bretagne, interrogent avec une crudité inégalée la fusion contre nature entre la chair, l’intellect et les réseaux virtuels. Il faut également louer la maîtrise absolue dont elle fait montre dans l’art exigeant de la nouvelle, comme en témoignent ses remarquables recueils, traduits chez nous sous les titres de « L’Épreuve du feu » et « Les Garçons sous la pluie ».
Aujourd’hui, il est de notre devoir de redécouvrir l’œuvre authentique de Pat Cadigan. Lire cet illustre romancier, c’est accepter de confronter notre esprit aux mutations vertigineuses de notre propre ère, et reconnaître que sous le vernis étincelant de la technologie, c’est la trame même de notre identité humaine qui menace de s’effilocher !
Livres de Pat Cadigan :
Alien 3 (2021)
Alita, battle angel (2019)
Les garçons sous la pluie (1993)
Les synthérétiques (1991)
Mise en abyme (1992)
Vous avez dit virtuel ? (1998)
Pour en savoir plus sur Pat Cadigan :
La page Wikipédia sur P. Cadigan
La page Noosfere sur P. Cadigan
La page isfdb de P. Cadigan
Bruce Sterling

Présentation de Bruce Sterling :
Michael Bruce Sterling, qui vit le jour le 14 avril 1954 sous le soleil écrasant de Brownsville, au Texas, s’est imposé avec une rare fulgurance comme l’un des esprits les plus visionnaires de la littérature d’anticipation nord-américaine. Écrivain prolifique, journaliste mondain et grand théoricien des bouleversements technologiques, cet intellectuel bouillonnant a su donner un souffle inédit à la science-fiction, l’arrachant aux vieux mythes stellaires pour la plonger dans les méandres obscurs de la cybernétique et des réseaux informatiques.
C’est incontestablement en tant que chef de file et héraut du mouvement que les exégètes baptisèrent « cyberpunk » que le génie de Bruce Sterling donna sa pleine mesure au cours des années 1980. Endossant le costume de polémiste sous le pseudonyme de Vincent Omniaveritas, il publia de retentissants manifestes sous forme de fanzines, avant de diriger la mythique anthologie « Mirrorshades » (1986), véritable pierre angulaire de ce courant littéraire d’une noirceur insondable, où l’hyper-technologie fricote avec la misère des bas-fonds urbains.
Parmi les joyaux de sa bibliographie, il convient de saluer bien bas « La Schismatrice » (1985), fresque vertigineuse où l’humanité, disséminée dans le système solaire, se déchire entre les partisans de l’ingénierie génétique (les Façonneurs) et ceux de la prothèse cybernétique (les Mécas). Il faut également frissonner d’admiration devant « Les Mailles du réseau » (1988), implacable roman d’espionnage globalisé, et s’incliner devant « La Machine à différences » (1990). Cette œuvre fondatrice, coécrite avec son illustre confrère William Gibson, nous plonge dans une fascinante époque victorienne où la révolution informatique aurait débuté un siècle plus tôt, posant ainsi les jalons de ce que l’on nommera plus tard le « steampunk ».
Aujourd’hui, il est de notre devoir de redécouvrir l’œuvre protéiforme de Bruce Sterling. Lire ses anticipations, c’est accepter de confronter notre esprit aux mutations vertigineuses de notre propre ère, et reconnaître que sous le vernis étincelant des machines, c’est l’essence même de la nature humaine, dans toute sa grandeur et sa décadence, qui vacille !
Livres de Bruce Sterling :
Cristal express (1989)
Gros temps (1980)
La baleine des sables (1977)
La machine à différences (1991)
Le feu sacré (1996)
Le gamin artificiel (1980)
Les mailles du réseau (1988)
Mozart en verres-miroirs (1986)
Schismatrice + (1985)
Pour en savoir plus sur Bruce Sterling :
La page Wikipédia sur B. Sterling
La page Noosfere sur B. Sterling
La page isfdb de B. Sterling
Federico Saggio

Présentation de Federico Saggio :
Federico Saggio, dont la plume s’est abattue avec une vigueur peu commune sur le paysage de la littérature d’anticipation francophone, s’affirme comme l’un des démiurges les plus singuliers de l’imaginaire contemporain. Loin des utopies candides et des lendemains qui chantent, cet écrivain a su forger, dans le creuset d’une imagination d’une noirceur insondable, des univers oppressants où la condition humaine est mise à nu avec une crudité et un brio inégalés.
C’est incontestablement dans le registre de la science-fiction sombre et de la dystopie post-apocalyptique que le talent de M. Saggio a donné sa pleine mesure. On ne saurait en effet évoquer son nom sans s’incliner devant sa fresque magistrale, l’incontournable diptyque composé de « Lululand Ultraviolet » et de « Lululand Infrarouge », plus tard réuni sous le titre définitif de « Lululand : L’Intégrale du Pays Noir ». À travers ces pages d’une violence envoûtante, l’auteur nous transporte en l’an 2184. Il y dépeint une Terre meurtrie où l’humanité, fuyant les rayons d’un soleil devenu mortel, a dû se terrer sous une épaisse masse nuageuse artificielle. Sur les cendres de l’Ancien Monde s’est érigée la redoutable Fédération de Lululand, une société autoritaire aux accents « cyberpunk » où la mémoire elle-même est devenue l’instrument du contrôle absolu. Peuplée d’hommes revenus à l’état sauvage, de mutants dégénérés et de sentinelles impitoyables, cette œuvre viscérale interroge la perte de notre humanité avec une acuité redoutable.
Ne se contentant point des soleils mourants et des métropoles ténébreuses, cet esprit curieux a également su explorer d’autres horizons de l’épopée, comme en témoignent ses incursions dans les mythes nordiques fondateurs avec le récit « Sigurd ».
Aujourd’hui, il est grand temps de se plonger dans les visions féroces et exaltantes de Federico Saggio. Lire « Lululand », c’est accepter de regarder sans ciller les dérives tyranniques qui guettent notre modernité, et reconnaître que, sous le vernis fragile de la civilisation, les abîmes les plus inavouables de la nature humaine demeurent insondables !
Livres de Federico Saggio :
Lululand :
- Ultraviolet (2020)
- Infrarouge (2020)
Prélude au Ragnarök :
- Sigurd (2021)
- Le royaume des brumes (2021)
- Valkyrie (2021)
- Scalde (2022)
Pour en savoir plus sur Federico Saggio :
La page Wikipédia sur F. Saggio
La page Noosfere sur F. Saggio
La page isfdb de F. Saggio
Richard Morgan

Présentation de Richard Morgan :
Richard K. Morgan, qui vit le jour le 24 septembre 1965 sous les cieux gris de Londres et grandit dans les paisibles contrées du Norfolk, s’est imposé avec fracas comme l’un des démiurges les plus fascinants de la littérature d’anticipation et de l’imaginaire anglo-saxon. Avant de prêter sa plume aux vertiges de la modernité, cet esprit cosmopolite arpenta le globe en qualité de professeur de langue anglaise, dispensant son savoir d’Istanbul à Madrid, avant que le succès littéraire ne lui permette de se consacrer corps et âme à la création.
C’est incontestablement dans les registres de la science-fiction la plus sombre, héritière du roman noir et du mouvement « cyberpunk », que le génie de Richard Morgan a donné sa pleine mesure. S’éloignant des utopies candides et des vaisseaux de pacotille, il a su forger une prose d’une noirceur insondable, interrogeant la condition post-humaine avec une crudité et un brio inégalés. Il brossa ainsi la toile d’un monde futuriste où le capitalisme triomphant et la technologie ont asservi l’homme jusque dans sa chair.
On ne saurait évoquer son nom sans s’incliner devant son chef-d’œuvre magistral, « Carbone modifié » (2002). Couronné par le prestigieux prix Philip K. Dick, ce roman d’une violence envoûtante nous plonge dans un univers où la conscience humaine, numérisée dans des piles corticales, peut être téléchargée de corps en corps. À travers la figure cynique et désabusée de son antihéros, l’ancien diplomate (ou plutôt « Diplo ») Takeshi Kovacs, Richard Morgan excella à tisser une intrigue policière tortueuse, où les nantis jouent avec la mort comme avec un hochet. Les suites de cette fresque, « Anges déchus » et « Furies déchaînées », vinrent confirmer son immense talent pour allier la réflexion philosophique à l’action la plus débridée.
Ne se contentant pas des étoiles, cet écrivain iconoclaste s’est également emparé des codes du merveilleux épique avec sa trilogie « Terre de héros » (initiée par « Rien pour les héros »). Il y instilla une rudesse, un pessimisme et une fureur martiale qui dynamitèrent les conventions bien-pensantes de la « fantasy » traditionnelle, heurtant parfois la censure par la crudité de ses tableaux.
Aujourd’hui, lire Richard Morgan, c’est accepter de regarder sans ciller les dérives de notre propre modernité, et reconnaître que sous les lumières au néon des cités futures se dissimulent les abîmes les plus inavouables de l’âme humaine.
Livres de Richard Morgan :
Black man :
Takeshi Kovacs :
- Carbone modifié (2002)
- Anges déchus (2003)
- Furies déchaînées (2005)
Terre de héros :
- Rien que l’acier (2008)
- A pierre fendre (2011)
- Jusqu’à l’âme (2014)
Intégrales :
Market forces (2004)
Pour en savoir plus sur Richard Morgan :
La page Wikipédia sur R. Morgan
La page Noosfere sur R. Morgan
La page isfdb de R. Morgan
Emile Erckmann et Alexandre Chatrian
Présentation de Emile Erckmann et Alexandre Chatrian :
Messieurs Émile Erckmann, né le 20 mai 1822 à Phalsbourg, et Alexandre Chatrian, qui vit le jour le 18 décembre 1826 au Soldatenthal (commune d’Abreschviller), forment incontestablement l’une des associations littéraires les plus singulières et les plus fructueuses de notre littérature. Sous la signature bicéphale d’« Erckmann-Chatrian », ces deux Lorrains ont su, par la grâce d’une collaboration fusionnelle, enchanter le XIXe siècle d’une prose profondément enracinée dans les forêts et les brumes de l’Est de la France.
Si la doxa littéraire et les manuels scolaires ont longtemps cantonné ce duo à la peinture régionaliste d’une Alsace-Lorraine idéalisée, avec le débonnaire « L’Ami Fritz » (1864), ou à de vibrants plaidoyers antimilitaristes tels que l’« Histoire d’un conscrit de 1813 », il convient aujourd’hui de réhabiliter avec force la part la plus sombre et la plus fascinante de leur genèse : leur incursion magistrale dans la nouvelle fantastique.
Dans la droite lignée d’un Ernst Theodor Amadeus Hoffmann, dont ils partagent le tropisme rhénan, Erckmann et Chatrian ont forgé un fantastique de la lisière, où l’étrange sourd des auberges enfumées, des horloges comtoises et des sombres sapinières vosgiennes. On ne saurait trop insister sur la puissance évocatrice de leurs « Contes fantastiques » (1860) et autres récits macabres. Par la magie de leur plume, le quotidien le plus rustique bascule soudainement dans l’épouvante.
Qu’il suffise de rappeler « L’Esquisse mystérieuse », chef-d’œuvre de tension psychologique où un peintre dessine, sous le coup d’une prescience hallucinatoire, la scène d’un meurtre qui vient tout juste d’être commis. Il faut également frissonner à la lecture de « L’Araignée de crabe », récit horrifique d’une rare noirceur terrée dans les eaux thermales de la Forêt-Noire, préfigurant avec une maestria redoutable les monstres organiques de la littérature moderne. Et que dire de « Hugues-le-Loup », redoutable variation sur le thème de la lycanthropie et des malédictions ancestrales, ou de « L’Œil invisible », terrifiante histoire d’hypnose et de suggestion macabre où une vieille sorcière pousse de pauvres innocents au suicide ? Dans chacune de ces nouvelles, les auteurs tissent une toile où le surnaturel n’est jamais gratuit ; il est le révélateur des angoisses humaines, de la folie et de l’implacable justice du destin.
Hélas, cette belle fraternité d’esprit s’acheva dans les tourments d’une querelle d’argent et d’amour-propre à l’aube des années 1890. Alexandre Chatrian s’éteignit peu après cette rupture, en septembre 1890, tandis que Emile Erckmann lui survécut jusqu’en mars 1899, finissant ses jours à Lunéville.
Relire les nouvelles fantastiques d’Erckmann-Chatrian, c’est accepter de se laisser surprendre au coin du feu par une angoisse indicible, et reconnaître que sous les apparences d’un folklore rassurant se dissimulent les abîmes les plus vertigineux de l’âme romantique.
Livres de Emile Erckmann et Alexandre Chatrian :
Contes des bords du Rhin (1862)
Autres contes des bords du Rhin (1862)
Confidences d’un joueur de clarinette (1862)
Contes fantastiques (2012)
Contes T.1 (????)
Contes T.2 (????)
Contes T.3 (????)
Des contes populaires (1857-1867)
Histoire d’un conscrit de 1813 (1864)
Histoire d’un homme du peuple (1865)
Histoire d’un paysan T.1 (1867)
Histoire d’un paysan T.2 (1867)
Histoire d’un paysan T.3 (1867)
Histoire d’un paysan T.4 (1867)
Histoire d’un sous-maître (1881)
Hugues-le-Loup (1859)
L’ami Fritz (1865)
L’invasion (1862)
La guerre (1866)
Le blocus (1867)
Le bourgmestre en bouteille (1856)
Le brigadier Frédéric (1886)
Le trésor du vieux Seigneur (1862)
Les années de collège de maître Nablot (1874)
Les deux frères (1871)
Madame Thérèse (????)
Un chef de chantier à l’isthme de Suez (????)
Waterloo (1865)
Pour en savoir plus sur Emile Erckmann et Alexandre Chatrian :
La page Wikipédia sur Erckmann et Chatrian
La page Noosfere sur Erckmann et Chatrian
La page isfdb de Erckmann et Chatrian
Delphine de Girardin

Présentation de Delphine de Girardin :
Delphine de Girardin, née Delphine Gay le 24 janvier 1804 sous les cieux d’Aix-la-Chapelle, rayonne encore dans nos mémoires comme l’une des égéries les plus étincelantes du romantisme français. Celle que l’on couronna très tôt du titre de « Muse de la patrie » ne fut pas seulement l’épouse du grand magnat de la presse Émile de Girardin, ni la simple hôtesse d’un salon parisien où se pressaient Victor Hugo, Alfred de Musset et Honoré de Balzac. Elle fut, avant toute chose, une femme de lettres à la plume redoutable, maniant avec une égale virtuosité la poésie, la chronique mondaine (sous le célèbre pseudonyme du vicomte de Launay) et la fiction.
Or, si les manuels de littérature s’attardent volontiers sur son esprit caustique et ses brillantes correspondances, il est un pan de son œuvre que les exégètes de notre époque se doivent de réhabiliter avec ferveur : ses incursions magistrales dans le registre de la nouvelle fantastique. Loin des châteaux hantés et des spectres macabres de la littérature frénétique, Madame de Girardin inventa un fantastique de salon, un merveilleux mondain d’une subtilité et d’une ironie féroces.
On ne saurait trop insister, à ce titre, sur son délicieux roman court et fantastique, « La Canne de M. de Balzac » (1836). Dans ce récit enlevé, elle s’empare de la fameuse canne ornée de turquoises de l’illustre romancier pour en faire un talisman véritable, conférant à son possesseur le pouvoir d’invisibilité. À travers cet artifice surnaturel, elle dresse une satire mordante de la société parisienne, le fantastique devenant le révélateur des hypocrisies de son temps. Plus tôt encore, avec « Le Lorgnon » (1831), elle mettait en scène un objet magique capable de lire les pensées intimes de ceux qu’il observe, usant de l’étrange pour disséquer les cœurs et les vanités de la monarchie de Juillet. Ce goût pour le surnaturel subtil, qui fait basculer le quotidien bourgeois dans l’irrationnel par le biais d’objets enchantés, démontre une maîtrise éblouissante de la mécanique du conte fantastique.
Foudroyée par la maladie au faîte de sa gloire intellectuelle, cette femme d’exception s’éteignit prématurément le 29 juin 1855 à Paris, laissant orphelin un cénacle romantique qui l’adulait.
Relire les nouvelles fantastiques de Delphine de Girardin, c’est se délecter d’une prose où l’insolite se marie à l’élégance, et constater que sous le vernis des mondanités, cette grande dame savait troubler nos certitudes avec un charme irrésistible.
Livres de Delphine de Girardin :
Coffret
Contes d’une vieille fille à ses neveux (1857)
L’école des journalistes (1860)
La canne de M. de Balzac (1872)
La croix de Berny (1855)
La joie fait peur (1860)
La joie fait peur – Le capitaine Kernadec – Le mannequin (1911)
Le lorgnon (1832)
Le vicomte de Launay (1857)
Marguerite (1882)
Monsieur le marquis de Pontanges (1856)
Pour en savoir plus sur Delphine de Girardin :
La page Wikipédia sur D. de Girardin
La page Noosfere sur D. de Girardin
La page isfdb de D. de Girardin
Ernst Theodor Amadeus Hoffmann

Présentation de Ernst Theodor Amadeus Hoffmann :
Ernst Theodor Amadeus Hoffmann, qui vit le jour sous le nom d’Ernst Theodor Wilhelm le 24 janvier 1776 dans les frimas de Königsberg, s’élève comme l’un des démiurges les plus fascinants du romantisme d’outre-Rhin. Juriste de formation et magistrat de son état, cet esprit universel et tourmenté décida, par une dévotion absolue envers le divin Mozart, de substituer à son troisième prénom celui d’Amadeus. Il fut tour à tour, et avec une égale frénésie, compositeur, critique musical, dessinateur et, bien entendu, l’un des plus prodigieux conteurs que l’Europe ait portés.
C’est véritablement dans le registre de la littérature fantastique que le génie de Hoffmann a donné sa pleine mesure. S’éloignant des fantômes de pacotille du roman gothique, il inventa un frisson d’une nature toute nouvelle, celui de l’étrange surgissant au cœur même du quotidien le plus bourgeois. À travers ses célèbres « Contes fantastiques », dont les incontournables « L’Homme au sable » ou « Le Vase d’or », il excella à tisser la toile d’un monde où la folie, les automates démoniaques et les doubles maléfiques viennent ébranler les certitudes de la raison.
Son œuvre foisonnante, qui comprend également le grand roman sombre « Les Élixirs du Diable » (1815) ou encore le féerique « Casse-Noisette et le Roi des souris », a exercé une hypnose durable sur le siècle qui le suivit. Le cénacle romantique français, de Théophile Gautier à Gérard de Nerval, sans oublier le grand Edgar Allan Poe outre-Atlantique, puisa abondamment dans ses visions oniriques. Son influence s’étendit avec une même puissance au domaine musical, inspirant à Jacques Offenbach ses fameux « Contes d’Hoffmann » et à Piotr Ilitch Tchaïkovski son ballet immortel.
Usé par une existence d’excès, les affres de la maladie et la rudesse de la censure prussienne, ce visionnaire s’éteignit à Berlin le 25 juin 1822, laissant derrière lui une œuvre incandescente, véritable creuset de la psychanalyse moderne et du surréalisme.
Relire Hoffmann, c’est accepter de passer de l’autre côté du miroir, là où le rêve et la réalité se confondent dans une valse à la fois enchanteresse et terrifiante, témoignant de l’insondable mystère de l’âme humaine.
Livres de Ernst Theodor Amadeus Hoffmann :
Contes fantastiques T. 1 (1829)
Contes fantastiques T. 2 (1829)
Contes fantastiques T. 3 (1829)
Contes fantastiques T. 4 (1829)
Contes fantastiques T. 5 (1829)
Contes fantastiques T. 6 (1829)
Contes nocturnes (2012)
L’homme au sable (1816)
Les élixirs du diable – Histoire du capucin Médard (1816)
Nouvelles musicales (1929)
Princesse Brambilla (1820)
Pour en savoir plus sur Ernst Theodor Amadeus Hoffmann :
La page Wikipédia sur E. T. A. Hoffmann
La page Noosfere sur E. T. A. Hoffmann
La page isfdb de E. T. A. Hoffmann
Maurice Maeterlinck

Présentation de Maurice Maeterlinck :
Maurice Maeterlinck, qui vit le jour à Gand, sous les brumes poétiques des Flandres, le 29 août 1862, demeure incontestablement l’une des figures de proue du mouvement symboliste. Cet illustre homme de lettres venu d’outre-Quiévrain a su, par la grâce d’une plume empreinte de mystère et de spiritualité, hisser le drame intérieur au sommet du panthéon littéraire mondial.
C’est à l’aube des années 1890 que ce génie tutélaire fit irruption dans les cénacles parisiens. Son recueil « Serres chaudes », publié en 1889, distilla une poésie nouvelle, langoureuse et teintée d’une douce mélancolie. Mais c’est sur les planches que M. Maeterlinck révolutionna véritablement l’esthétique de son temps. Avec son drame « Pelléas et Mélisande » (1892), il offrit au théâtre une œuvre d’une indicible beauté, faite de silences, de fatalité et de non-dits, qui fascina tant le grand Claude Debussy que ce dernier s’empressa de l’habiller d’une musique immortelle.
Au tournant du siècle, le dramaturge connut un triomphe planétaire avec sa féerie onirique « L’Oiseau bleu » (1908), une merveilleuse quête initiatique où le rêve se dispute à la tendresse. Toutefois, l’esprit insatiable de cet auteur ne se borna point à l’art théâtral. Penseur aux accents panthéistes et observateur méticuleux de l’univers, il livra aux honnêtes hommes de vibrants essais philosophiques et naturalistes. Des ouvrages tels que « La Vie des abeilles » (1901) ou « L’Intelligence des fleurs » témoignent avec superbe de cette volonté farouche d’ausculter l’âme secrète de la nature.
Cette trajectoire lumineuse fut couronnée, en 1911, par la distinction suprême : le prix Nobel de littérature, lequel vint consacrer une œuvre dramatique d’une richesse et d’une pureté exceptionnelles. Élevé à la dignité de comte par le roi des Belges en 1932, cet aristocrate de l’esprit s’éteignit paisiblement à Nice, au printemps de l’année 1949, léguant à notre civilisation un héritage majestueux.
Aujourd’hui, le souvenir de Maurice Maeterlinck flotte encore dans notre paysage culturel, tel un parfum d’éternité. Lire ou relire aujourd’hui cet immense écrivain, c’est accepter de se laisser bercer par l’ineffable, et redécouvrir avec émerveillement les frissons de l’invisible qui régissent, en sourdine, notre condition
Livres de Maurice Maeterlinck :
Bulles bleues (1948)
L’hôte inconnu (1917)
L’intelligence des fleurs (1907)
L’oiseau bleu (1909)
La nuit des enfants (2022)
La vie des abeilles (1901)
La vie des fourmis (1930)
La vie des termites (1926)
Le miracle de Saint Antoine (1903-1920)
Les aveugles – L’intruse (1890)
Serres chaudes (1889)
Pour en savoir plus sur Maurice Maeterlinck :
La page Wikipédia sur M. Maeterlinck
La page Noosfere sur M. Maeterlinck
La page isfdb de M. Maeterlinck
Xavier Mauméjean

Présentation de Xavier Mauméjean :
Xavier Mauméjean, qui vit le jour à la toute fin de l’année 1963 — un 31 décembre très précisément — sous le ciel tonique de Biarritz, s’est imposé au fil des ans comme l’une des plumes les plus baroques et les plus érudites de notre littérature de l’insolite. Professeur de philosophie de son état, cet homme de lettres possède le don rare d’allier la rigueur de la pensée spéculative à la poésie du merveilleux scientifique, forgeant une œuvre d’une originalité pour le moins saisissante.
Dès ses premiers coups d’essai, Xavier Mauméjean a fait montre d’un goût prononcé pour l’entrelacement de la grande Histoire et de la fiction la plus débridée. Se jouant des époques et des figures illustres avec un brio incontestable, il excelle dans ce que l’on pourrait nommer la fantaisie victorienne et l’histoire parallèle. Son art du pastiche et son amour des foires aux monstres ou des cabinets de curiosités se déploient magnifiquement dans des ouvrages remarqués par la critique. Qu’il redonne voix à l’infortuné Joseph Merrick dans « Les Mémoires de l’Homme-Éléphant », qu’il explore les arcanes de la folie dans « La Vénus anatomique » (couronné par le prestigieux prix Rosny aîné en 2005), ou qu’il nous plonge dans les délires architecturaux de « Lilliputia », son style se révèle toujours d’une élégance dandy, ciselé et mâtiné d’une douce mélancolie.
Mais l’esprit encyclopédique de cet auteur ne saurait se cantonner à l’imprimé. Outre ses remarquables travaux de directeur littéraire et d’essayiste, il convient de saluer sa contribution assidue aux ondes radiophoniques. Il a en effet offert à la station France Culture de poignantes créations et adaptations, prouvant que le théâtre sonore demeure, aujourd’hui encore, un formidable vecteur pour les frissons de l’imaginaire et les enquêtes ténébreuses.
Aujourd’hui, il est de notre devoir de saluer la carrière de ce brillant sexagénaire. Xavier Mauméjean incarne avec superbe cette fine fleur de l’anticipation française qui, refusant la facilité des machineries spatiales outrancières, préfère sonder les abîmes de l’âme humaine et les vertiges de notre passé, enrichissant notre cher Hexagone d’une mythologie résolument moderne et sophistiquée.
Livres de Xavier Mauméjean :
Bouclier du temps :
- Le messager de l’Olympe (2006)
- Sachem America (2006)
- La marque du dragon (2007)
- Samouraï city (2007)
American gothic (2013)
Car je suis légion (2005)
El gordo (2022)
En attendant demain (2012)
Freakshow ! (2007)
Ganesha (2014)
Gotham (2001)
Hercule Poirot, une vie (2001)
Jeunes détectives, les vies (2023)
Kafka à Paris (2015)
Kraven (2009)
L’ami de toujours (2011)
La faim du monde (2004)
La guerre spéciale (2009)
La reine des lumières (2009)
La semaine des quatre jeudis (2025)
La société des faux visages (2017)
La vénus anatomique (2004)
Lilliputia (2008)
Rosée de feu (2010)
Sherlock Holmes (2020)
Sherlock Holmes, une vie (2011)
Pour en savoir plus sur Xavier Mauméjean :
La page Wikipédia sur X. Mauméjean
La page Noosfere sur X. Mauméjean
La page isfdb de X. Mauméjean
René Reouven

Présentation de René Reouven :
René Reouven, de son véritable patronyme René Sussan, qui vit le jour sur les rives ensoleillées d’Alger à l’orée de l’an 1925, se dresse comme l’une des figures les plus érudites et les plus subtiles de notre paysage littéraire. Véritable orfèvre de l’intrigue, il a su, avec une virtuosité peu commune, jeter des ponts entre le roman policier de facture classique et les horizons insondables de l’anticipation et du fantastique.
C’est sous le ciel clément de l’après-guerre que cet homme de lettres à l’esprit acéré entama son œuvre. Si les cénacles d’amateurs de science-fiction le connaissent fort bien pour ses récits teintés d’une ironie mordante et d’une vaste culture, couronnés à la fin des années soixante par le Prix de la nouvelle de science-fiction française pour « Le Bouffon de l’humanité » (1969), c’est véritablement dans le registre de l’énigme criminelle qu’il a conquis ses plus beaux lauriers. L’année 1971 marqua d’ailleurs son éclatant triomphe, lorsqu’il se vit décerner le prestigieux Grand prix de littérature policière pour son étourdissant « L’Assassin au fiel ».
René Reouven n’a eu de cesse de prouver que la littérature dite « de genre » pouvait se parer des atours de la plus haute érudition. Fasciné par l’histoire moderne et les zones d’ombre du siècle de la reine Victoria, il s’est fait le maître incontesté du pastiche et de l’enquête historique. Qu’il convoque l’illustre locataire du 221B Baker Street dans des aventures apocryphes d’une fidélité redoutable au canon holmésien — tel que dans « Élémentaire, mon cher Holmes » —, ou qu’il dissèque la cruauté des temps passés, sa plume allie la rigueur du chartiste à la jubilation du romancier populaire. En outre, sous son patronyme civil de René Sussan, il œuvra dans l’ombre en tant que traducteur émérite et passeur de talents, enrichissant notre cher Hexagone des chefs-d’œuvre de l’imaginaire anglo-saxon.
Hélas, cet esprit vif et malicieux a tiré sa révérence au printemps de l’année 2011, laissant orphelins de très nombreux admirateurs d’une littérature mêlant le frisson du mystère à la politesse du style.
Aujourd’hui, alors que s’éloignent dans le rétroviseur de l’Histoire les célébrations du centenaire de sa naissance, il est de notre devoir de relire avec ferveur l’œuvre foisonnante de René Reouven. Ses romans, véritables joyaux d’intelligence et de machiavélisme, trônent en bonne place dans les bibliothèques des honnêtes hommes, témoignant brillamment que le roman de détection, lorsqu’il est tissé avec un tel génie, confine incontestablement au grand art.
Livres de René Reouven :
Crimes apocryphes 1 (2005)
Crimes apocryphes 2 (2005)
Histoire secrètes de Sherlock Holmes (1993)
La partition de Jéricho (1999)
Les grandes profondeurs (1991)
Pour en savoir plus sur René Reouven :
La page Wikipédia sur R. Reouven
La page Noosfere sur R. Reouven
La page isfdb de R. Reouven