Catégorie : Livres
Le fils rejeté par Robin Hobb

Fiche de Le fils rejeté
Titre : Le fils rejeté (Tome 3 sur 8 – Le soldat chamane)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 2006
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Pygmalion
Première page de Le fils rejeté
« Un parfum règne dans la forêt. Il ne provient pas d’une fleur ni d’une feuille particulière ; il ne s’agit pas de l’arôme riche du terreau noir et friable ni de l’odeur suave du fruit passé de la simple maturité au moelleux gorgé de sucs. Celui que je me rappelais était un mélange de tout cela, avec une touche de soleil qui en éveillait les essences et une brise imperceptible qui les combinait parfaitement. Elle portait cette odeur sur elle.
Nous étions allongés dans un berceau de verdure. Les hautes frondaisons se balançaient doucement et les rayons du soleil nous effleuraient au gré de leur danse. Les lianes et les plantes grimpantes qui tombaient en festons des branches tendues au-dessus de nos têtes formaient les murs protecteurs de notre pavillon forestier. Un épais coussin de mousse épousait mon dos, et ma tête reposait sur l’oreiller de son bras moelleux. »
Extrait de : R. Hobb. « Le Fils rejeté – Le soldat chamane. »
Le cavalier rêveur par Robin Hobb

Fiche de Le cavalier rêveur
Titre : Le cavalier rêveur (Tome 2 sur 8 – Le soldat chamane)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 2005
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Pygmalion
Première page de Le cavalier rêveur
« J’abordai mon troisième mois d’Ecole avec l’espoir que ma vie suivrait désormais un cours prévisible. L’initiation était derrière nous et j’avais survécu à la première élimination ; au choc de cette expérience succéda une période d’accablement à laquelle aucun d’entre nous n’échappa. Mais cette humeur se dissipa bientôt, car des jeunes gens ne peuvent pas rester longtemps en proie à la tristesse ; résolus à laisser ce pénible épisode au passé, nous nous tournâmes tous vers l’avenir de notre scolarité. J’avais des notes supérieures à la moyenne dans toutes les disciplines et je brillais particulièrement en génie militaire. Lorsque Carsina rendait visite à ma sœur, elle en profitait pour m’envoyer un billet empreint de tendresse ; j’appréciais la compagnie de mes amis, et mes problèmes se limitaient à des crises occasionnelles de somnambulisme et à une reprise de croissance à cause de laquelle je commençais à me sentir à l’étroit dans mes bottes neuves. L’hiver approchait ; les journées cristallines au froid mordant alternaient avec des ciels bouchés et des averses glacées, et notre salle d’études nous paraissait presque douillette quand nous nous réunissions le soir au coin du feu pour faire nos devoirs. »
Extrait de : R. Hobb. « Le Cavalier rêveur – Le soldat chamane. »
La déchirure par Robin Hobb

Fiche de La déchirure
Titre : La déchirure (Tome 1 sur 8 – Le soldat chamane)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 2005
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Pygmalion
Première page de La déchirure
« Je garde nettement le souvenir de la première fois où j’ai vu opérer la magie des Plaines.
J’avais huit ans et j’accompagnais mon père au poste avancé de Coude-Frannier avec le caporal Pars. Levés avant l’aube pour le long trajet, nous avions enfin aperçu le pavillon qui flottait au-dessus de l’enceinte, au bord de la rivière, alors que le soleil arrivait au midi. Jadis fort militaire implanté sur la frontière contestée entre les habitants des Plaines et le royaume de Gernie, Coude-Frannier se trouvait désormais très à l’intérieur du territoire gernien, mais il conservait des traces de sa superbe d’antan. Deux gros canons en gardaient les portes ; toutefois, les échoppes appuyées contre la palissade enduite de boue atténuaient leur aspect menaçant. La piste que nous suivions depuis Grandval rejoignait une route qui traversait des fondations en briques de boue séchées ; toits et murs disparus depuis longtemps, les vestiges d’habitations béaient au ciel comme les trous dans les gencives d’un crâne. »
Extrait de : R. Hobb. « La Déchirure – Le soldat chamane. »
Liavek par Megan Lindholm et Steven Brust

Fiche de Liavek
Titre : Liavek
Auteur : Megan Lindholm et Steven Brust
Date de parution : 2014
Traduction : C. Richetin
Editeur : ActuSF
Sommaire de Liavek
- un acte de contrition
- Hasard de naissance
- La fortune du pot
- Un acte de foi
- Un acte de miséricorde
- Un acte d’amour
Première page de Un acte de contrition
« C’était un soulagement, par une chaleur pareille, de se trouver à L’Œil de Tigre. Comment sa propriétaire arrivait-elle à préserver cette fraîcheur ? Un mystère : autant l’apprécier sans essayer de le résoudre, Dashif était le premier à l’admettre. Il fixait du regard le dos de ladite propriétaire qui montrait à un client une carafe de verre taillé importée de Ka Zhir. Elle lui vanta ensuite une coupe fabriquée à Tichen et recouverte d’un vernis qu’on ne trouvait que dans les Terres Incultes. Dashif patientait. Durant les deux dernières semaines, il avait eu l’impression de se promener à moitié nu mais ce serait bientôt fini. Il pouvait bien se permettre un peu de patience…
Le client finit par s’en aller, promettant de revenir quand il aurait réfléchi. Il ment, bien sûr, ce pauvre type n’a pas les moyens de s’offrir quoi que ce soit, Dashif en était convaincu.
La propriétaire, debout derrière le comptoir, toisa Dashif. Ils avaient la même taille – un bon mètre quatre-vingts – et leurs regards se croisaient sans difficulté, une situation à laquelle ils n’étaient habitués ni l’un ni l’autre. »
Extrait de : M. Lindholm et S. Brust. « Liavek. »
Le dieu dans l’ombre par Megan Lindholm

Fiche de Le dieu dans l’ombre
Titre : Le dieu dans l’ombre
Auteur : Megan Lindholm
Date de parution : 1991
Traduction : C. Richetin
Editeur : Editions Télémaque
Première page de Le dieu dans l’ombre
« En vol, le 11 mars 1976
Je cesse de regarder fixement par le hublot et me penche pour jeter un coup d’œil à mon fils, dans le siège à côté de moi. Il n’y a rien à voir dehors, de toute façon. A l’extérieur du hublot ovale, la nuit sidérale défile en silence. Le ciel est couvert et seules, quelques étoiles sont visibles. Rien qui puisse empêcher mon esprit de tourner en rond. À l’intérieur, on entend le bruit des moteurs, le ronronnement des petits ventilateurs individuels qui brassent l’air confiné. Des rangées de dossiers rouges, de nuques. La plupart des lampes au-dessus des têtes sont éteintes. Des passagers assoupis se sont enveloppé les épaules des minuscules couvertures fournies par l’hôtesse. D’autres lisent des journaux et des magazines, fument ou parlent à voix basse à leur voisin. Quelques-uns boivent assidûment. Rien ici non plus qui puisse m’occuper l’esprit. »
Extrait de : M. Lindholm. « Le Dieu dans l’ombre. »
Le dernier magicien par Megan Lindholm
Fiche de Le dernier magicien
Titre : Le dernier magicien
Auteur : Megan Lindholm
Date de parution : 1986
Traduction : S. Denis
Editeur : Mnémos
Première page de Le dernier magicien
« Il était une fois, très loin sur la côte ouest d’un continent de l’hémisphère Nord, une ville nommée Seattle. Elle n’était pas exactement célèbre pour ses plages ensoleillées, mais elle était bien arrosée par les pluies, si bien que ses habitants avaient coutume de l’appeler « La Cité d’émeraude », à cause du vert de ses arbres.
Cette ville possédait autre chose. Une sorte de bienveillance qui se déversait avec la pluie sur les étrangers. En plus chaleureux.
Dans cette ville vivait un magicien.
On ne le considérait pas comme tel, car même en ce temps-là, les magiciens devenaient plus rares chaque année. Il menait une vie simple dans les rues, passant au milieu de ses habitants tel le vent qui souffle, invisible, parmi les fleurs, et dont on sent pourtant la présence. Les rares personnes qui le connaissaient l’appelaient le Magicien, tout simplement. »
Extrait de : M. Lindholm. « Le dernier magicien. »
La nuit du prédateur par Megan Lindholm et Steven Brust
Fiche de La nuit du prédateur
Titre : La nuit du prédateur
Auteur : Megan Lindholm et Steven Brust
Date de parution : 1992
Traduction : T. Eliroff
Editeur : Mnémos
Première page de La nuit du prédateur
« Doom teka teka teka doom teka tek.
Doom teka teka teka doom teka tek.
Doom teka teka teka doom teka tek.
Doom teka teka teka doom teka tek.
Le son du tambourin mérite que l’on s’y attarde.
Les zils vibrent ou tintent de la même manière que les bouilloires où l’on chauffe l’eau et où l’on cuit les ragoûts ; la peau tendue est si vieille qu’il suffirait à Nagypapa de dire dum ou doooooom pour prédire la pluie ou la sécheresse. Quand le joueur de tambourin est bon, les pieds se mettent à remuer de leur propre chef, et le cœur bondit à leur côté, tandis que les lèvres, ces lointaines observatrices, ne peuvent retenir un petit sourire, même si vous êtes d’humeur sombre. Voilà pourquoi la danse et le rire ne font qu’un. Quiconque affirme le contraire se berce d’illusions ou sert Qui Vous Savez.
Et Qui Vous Savez a de nombreux serviteurs.
Certains sont forts, d’autres faibles. Certains ont besoin qu’on les guide au quotidien ; d’autres s’y entendent pour accomplir le mal de leur propre initiative, et font ainsi passer davantage d’âmes sous domination. Il y a par exemple la Belle Dame, Luci, qui… »
Extrait de : M. Lindholm et S. Brust. « La nuit du prédateur. »
Alien earth par Megan Lindholm

Fiche de Alien earth
Titre : Alien earth
Auteur : Megan Lindholm
Date de parution : 1992
Traduction : C. Richetin
Editeur : Le livre de poche
Première page de Alien earth
« Et si jamais Terra Affirma a raison ? demanda doucement Connie. Si on peut vivre sur Terra, que se passera-t-il alors ?
— Selon l’opinion du Conservatoire, répondit l’Arthroplane, ce sera la destruction totale du système social de Castor et Pollux et des stations orbitales. Trop d’Humains n’acceptent les contraintes et la discipline du Conservatoire que parce qu’ils n’ont pas le choix. Le mandat de gouvernement du Conservatoire est fondé sur l’exemple désastreux de la destruction de Terra. Si vous supprimez ce facteur, vous ouvrez la porte au renversement du Conservatoire. Certains disent que ce sera la fin de la race Humaine, car les Hommes ne pourront jamais se réadapter sur Terra. C’était un environnement incroyablement dur, Connie. »
Un minuscule espoir, dont Connie n’avait même pas eu conscience, s’éteignit en elle. « Donc, tout ceci n’a pour but que de prouver une nouvelle fois que Terra est morte ?
— Nous ne faisons que récolter l’information, lui rappela Tug. C’est le Conservatoire qui prouvera que Terra est morte. Les Arthroplanes soutiendront sa décision. Il n’y aura pas d’autres visites sur Terra. »
Extrait de : M. Lindholm. « Alien Earth. »
Le frère du loup par Megan Lindholm
Fiche de Le frère du loup
Titre : Le frère du loup (Tome 2 sur 2 – Le peuple des rennes)
Auteur : Megan Lindholm
Date de parution : 1988
Traduction : M. Ssossé
Editeur : Le pré aux clercs
Première page de Le frère du loup
« CE QUE JE DOIS FAIRE est réservé aux initiés.
— Mais je suis chez moi ! protesta Heckram.
— Dehors ! répéta Carp.
Heckram quitta sa hutte, tout en se demandant pourquoi il obéissait à ce vieil étranger racorni dont l’aplomb ne cessait de l’étonner. Immobile, Carp attendit que le rabat de cuir retombe derrière la haute silhouette. En revanche, dès qu’il fut seul, il s’accroupit près du foyer, puis s’assit avec précaution. La faiblesse avait érodé ses os et rongé sa force, comme le castor attaque un arbre. Mais il n’avait pas droit au répit. Pas encore. Il lui fallait d’abord gagner un peuple.
Les yeux fermés, il retraçait le long chemin qu’il avait parcouru depuis le moment où Tillu s’était enfuie avec Kerleu. Elle s’était privée de la protection de Carp en refusant de devenir son épouse, mais avait surtout spolié son fils en l’arrachant à l’enseignement du chaman. Une telle méconnaissance de la structure du monde était pitoyable. »
Extrait de : M. Lindholm. « Le Frère Du Loup – Le peuple des rennes. »
Le peuple des rennes par Megan Lindholm
Fiche de Le peuple des rennes
Titre : Le peuple des rennes (Tome 1 sur 2 – Le peuple des rennes)
Auteur : Megan Lindholm
Date de parution : 1988
Traduction : M. Ssossé
Editeur : Le pré aux clercs
Première page de Le peuple des rennes
« VA AU PLUS PROFOND, dit Carp au jeune garçon. Suis la petite souris brune qui récolte ses graines et se cache pour l’hiver. Plonge dans la source secrète, où l’eau bouillonne et rejaillit. Suis les racines du grand-père épicéa au tréfonds de la terre et au-delà. Je te le dis car, même si chaque chaman doit trouver son entrée, celles-là ont opéré pour certains, on le sait. Cela vaut la peine de les essayer.
Kerleu déglutit et tâcha de river son regard sur le visage du vieil homme, mais ce dernier saupoudra une nouvelle pincée d’herbes sur la flamme de la lampe pour épaissir le rideau de fumée qui tremblotait entre eux.
— Qu’est-ce que je cherche ? demanda le garçon, non sans difficulté.
— Je te l’ai dit, répondit Carp avec patience. La magie, et un frère. Trouve ton chemin vers le monde des esprits et il te conduira dans une salle profonde. De l’eau goutte à ses murs de pierre. Des racines pendent du plafond. »
Extrait de : M. Lindholm. « Le Peuple Des Rennes. »