Catégorie : Livres

 

Azraëc de Virgo par Pierre Barbet

Fiche de Azraëc de Virgo

Titre : Azraëc de Virgo
Auteur : Pierre Barbet
Date de publication : 1971
Editeur : Fleuve noir

Première page de Azraëc de Virgo

«  Seul, toujours seul, inapte à perpétuer ma race. Cloîtré à jamais. O liberté ! A quoi bon vivre ? Une fois, une seule fois, sentir un corps contre le mien. Ventre satiné, peau souple, douceur des lèvres… Plus de rêves trompeurs, je veux des sensations réelles. Marcher à travers la campagne azurée, sentir l’odeur épicée des fleurs, jouir de la fraîcheur de l’onde. Moi, le dernier de ma race, le parfait, le tout-puissant, cette prison me rendra fou ! Cage subtile, support, refuge, véhicule, cellule si douillette, pourtant. Sentir, aimer, impossible pour un cyborg en dehors des rêves ! Je reproduis à ma guise la fraîcheur du matin, la moiteur de l’orage, les embruns des vagues, mais il ne s’agit que de fallacieuses apparences ! J’ignore tout du monde réel. Pourquoi suis-je haï de tous ? Pouvoir, puissance, domination, à quoi bon ? Je souffre, mon cœur se brise. Ah ! si je pouvais briser cette carapace, sortir mon corps difforme de son carcan. L’azur du ciel me manque tant. Oh ! ma tête. »

Extrait de : P. Barbet. «  Azraëc De Virgo. »

Les conquistadores d’Andromède par Pierre Barbet

Fiche de Les conquistadores d’Andromède

Titre : Les conquistadores d’Andromède (Tome 3 sur 3 – L’arche de survie)
Auteur : Pierre Barbet
Date de publication : 1971
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les conquistadores d’Andromède

« Un astronef solitaire fonçait vers Zenlar, planète de la galaxie d’Andromède. Sur sa coque, brunie par les rayons d’innombrables étoiles, on pouvait voir la comète pourpre, insigne de l’empire galactique des Spires.

Au bord du Falsthor se trouvait un passager de marque : l’ambassadeur Brenand mandé par le mikador, souverain de l’empire, à sa très chère cousine Esbeth-la-Magnifique, reine de la constellation du Trapèze. Sa présence dans ces parages était une chose très exceptionnelle et sa mission de haute importance. Pourtant, l’ambassadeur paraissait fort détendu. Il fumait avec délices un cigare synthétique dans sa somptueuse cabine, devant lui, vautré dans un fauteuil pneumatique, le commandant Berthus maître après Zhousta du Falsthor sirotait un euphorisant au parfum subtil. »

Extrait de : P. Barbet. « Les Conquistadores d’Andromède – L’arche de survie. »

L’agonie de la Voie lactée par Pierre Barbet

Fiche de L’agonie de la Voie lactée

Titre : L’agonie de la Voie lactée (Tome 2 sur 3 – L’arche de survie)
Auteur : Pierre Barbet
Date de publication : 1970
Editeur : Fleuve noir

Première page de L’agonie de la Voie lactée

« — Attention ! Message urgent pour l’hexarque Hédarey, commandant des forces pléiadiennes stationnées sur Canopus 5 : note provenant du commandant des escadres Zorides de cette planète. « Les incursions belliqueuses de vos mésoscaphes dans nos champs planctoniques ne sauraient être tolérées plus longtemps. Cette fois, les provocateurs factieux ont fui devant nos torpilles de semonce chargées à blanc. Désormais, nous effectuerons des tirs réels sur tout navire pénétrant dans notre territoire. De tels agissements ne sauraient être tolérés. »

D’un geste rageur, l’hexarque coupa la communication, et se mit à déambuler de long en large dans son bureau, réfléchissant à ce nouveau problème.

Ce grand gaillard flegmatique, baroudeur-né, avait la lourde responsabilité de surveiller la zone frontière face aux puissantes forces des Zorides originaires de l’amas de Persée. »

Extrait de : P. Barbet. « L’Agonie de La Voie Lactée – L’arche de survie. »

Les grognards d’Eridan par Pierre Barbet

Fiche de Les grognards d’Eridan

Titre : Les grognards d’Eridan (Tome 1 sur 2 – Eridan)
Auteur : Pierre Barbet
Date de publication : 1970
Editeur : Fleuve Noir

Première page de Les grognards d’Eridan

« Une bise glaciale faisait voltiger les flocons de neige qui tombaient lentement d’un ciel morne. À perte de vue, la plaine russe se couvrait d’un manteau immaculé.

L’hiver venait de commencer, et allait maintenant conserver toute sa rigueur pendant près de cinq mois. Il avait débuté le 6 novembre 1812 alors que l’armée impériale en retraite se trouvait entre Wiasma et Smolensk.

D’entrée, le froid atteignit 18° en dessous de zéro.

Jamais les troupes de Napoléon n’avaient été mises à pareille épreuve. Sorties triomphantes de Moscou, sacs et poches pleins du fruit des pillages de la capitale du tsar, elles avaient repris le chemin du retour avec la conviction d’atteindre bientôt une cité intacte où elles prendraient de confortables quartiers d’hiver. »

Extrait de : P. Barbet. « Les Grognards d’Eridan. »

Conversation d’Eiros avec Charmion par Edgar Allan Poe

Fiche de Conversation d’Eiros avec Charmion

Titre : Conversation d’Eiros avec Charmion
Auteur : Edgar Allan Poe
Date de parution : 1839
Traduction : C. Baudelaire
Editeur : Bibebook

Première page de Conversation d’Eiros avec Charmion

« Je t’apporterai le feu.

Euripide. – Andromaque.

EIROS. – Pourquoi m’appelles-tu Eiros ?

CHARMION. – Ainsi t’appelleras-tu désormais. Tu dois oublier aussi mon nom terrestre et me nommer Charmion.

EIROS. – Ce n’est vraiment pas un rêve !

CHARMION. – De rêves, il n’y en a plus pour nous ; – mais renvoyons à tantôt ces mystères. Je me réjouis de voir que tu as l’air de posséder toute ta vie et ta raison. La taie de l’ombre a déjà disparu de tes yeux. Prends courage, et ne crains rien. Les jours à donner à la stupeur sont passés pour toi ; et demain je veux moi-même t’introduire dans les joies parfaites et les merveilles de ta nouvelle existence.

EIROS. – Vraiment, – je n’éprouve aucune stupeur, – aucune. L’étrange vertige et la terrible nuit m’ont quittée, et je n’entends plus ce bruit insensé, précipité, horrible, pareil à la voix des grandes eaux. Cependant mes sens sont effarés, Charmion, par la pénétrante perception du nouveau. »

Extrait de : Edgar Allan Poe. « Conversation d’Eiros avec Charmion. »

Colloque entre Monos et Una par Edgar Allan Poe

Fiche de Colloque entre Monos et Una

Titre : Colloque entre Monos et Una
Auteur : Edgar Allan Poe
Date de parution : 1841
Traduction : C. Baudelaire
Editeur : Bibebook

Première page de Colloque entre Monos et Una

« Choses futures.

Sophocle – Antigone.

UNA. – Ressuscité ?

MONOS. – Oui, très belle et très adorée Una, ressuscité. Tel était le mot sur le sens mystique duquel j’avais si longtemps médité, repoussant les explications de la prêtraille jusqu’à tant que la mort elle-même vînt résoudre l’énigme pour moi.

UNA. – La Mort !

MONOS. – Comme tu fais étrangement écho à mes paroles, douce Una ! J’observe aussi une vacillation dans ta démarche, – une joyeuse inquiétude dans tes yeux. Tu es troublée, oppressée par la majestueuse nouveauté de la Vie Éternelle. Oui, c’était de la Mort que je parlais. Et comme ce mot résonne singulièrement ici, ce mot qui jadis portait l’angoisse dans tous les coeurs, – jetait une tache sur tous les plaisirs !

UNA. – Ah ! la Mort, le spectre qui s’asseyait à tous les festins ! Que de fois, Monos, nous nous sommes perdus en méditations sur sa nature ! Comme il se dressait, mystérieux contrôleur, devant le bonheur humain, lui disant : Jusque-là, et pas plus loin ! »

Extrait de : Edgar Allan Poe. « Colloque entre Monos et Una. »

Bérénice par Edgar Allan Poe

Fiche de Bérénice

Titre : Bérénice
Auteur : Edgar Allan Poe
Date de parution : 1835
Traduction : C. Baudelaire
Editeur : Bibebook

Première page de Bérénice

« Le malheur est divers. La misère sur terre est multiforme. Dominant le vaste horizon comme l’arc-en-ciel, ses couleurs sont aussi variées, – aussi distinctes, et toutefois aussi intimement fondues. Dominant le vaste horizon comme l’arc-en-ciel ! Comment d’un exemple de beauté ai-je pu tirer un type de laideur ? du signe d’alliance et de paix une similitude de la douleur ? Mais comme, en éthique, le mal est la conséquence du bien, de même, dans la réalité, c’est de la joie qu’est né le chagrin ; soit que le souvenir du bonheur passé fasse l’angoisse d’aujourd’hui, soit que les agonies qui sont tirent leur origine des extases qui peuvent avoir été.

J’ai à raconter une histoire dont l’essence est pleine d’horreur. Je la supprimerais volontiers, si elle n’était pas une chronique de sensations plutôt que de faits. »

Extrait de : Edgar Allan Poe. « Bérénice. »

Aventure sans pareille d’un certain Hans Pfaall par Edgar Allan Poe

Fiche de Aventure sans pareille d’un certain Hans Pfaall

Titre : Aventure sans pareille d’un certain Hans Pfaall
Auteur : Edgar Allan Poe
Date de parution : 1835
Traduction : C. Baudelaire
Editeur : Bibebook

Première page de Aventure sans pareille d’un certain Hans Pfaall

« D’après les nouvelles les plus récentes de Rotterdam, il paraît que cette ville est dans un singulier état d’effervescence philosophique. En réalité, il s’y est produit des phénomènes d’un genre si complètement inattendu, si entièrement nouveau, si absolument en contradiction avec toutes les opinions reçues que je ne doute pas qu’avant peu toute l’Europe ne soit sens dessus dessous, toute la physique en fermentation, et que la raison et l’astronomie ne se prennent aux cheveux.

Il paraît que le… du mois de… (je ne me rappelle pas positivement la date), une foule immense était rassemblée, dans un but qui n’est pas spécifié, sur la grande place de la Bourse de la confortable ville de Rotterdam. La journée était singulièrement chaude pour la saison, il y avait à peine un souffle d’air, et la foule n’était pas trop fâchée de se trouver de temps à autre aspergée d’une ondée amicale de quelques minutes, qui s’épanchait des vastes masses de nuages blancs abondamment éparpillés à travers la voûte bleue du firmament. »

Extrait de : Edgar Allan Poe. « Aventure sans pareille d’un certain Hans Pfaall. »

Les maîtres des pulsars par Pierre Barbet

Fiche de Les maîtres des pulsars

Titre : Les maîtres des pulsars
Auteur : Pierre Barbet
Date de publication : 1970
Editeur : Fleuve Noir

Première page de Les maîtres des pulsars

« La base spatiale Sol 1 située sur l’orbite de Pluton connaissait l’animation des grands jours.

En effet le général commandant les Forces Confédérées Solaires en personne y séjournait. Il venait de la Terre pour assister à l’arrivée du Worsen, un astronef d’exploration revenant d’une mission au long cours.

Et Yvan Nikine n’avait pas l’habitude de se déplacer pour rien. Ce vieux dur à cuire peu sentimental dirigeait ses hommes d’une main de fer, jeu de mots facile puisqu’il portait une prothèse à la suite d’un accident survenu lors de l’explosion d’une nova. Son astronef s’en était approché un peu trop près… Par surcroît, il avait été scalpé lors d’une bagarre. Un jet de rayon lui était passé au ras du crâne, le manquant de peu, et comme il avait toujours refusé de se faire implanter une nouvelle chevelure, cela lui donnait l’air d’un antique Mongol, avec une ridicule touffe sur le dessus de la tête. »

Extrait de : P. Barbet. « Les maîtres des pulsars. »

Etoiles en perdition par Pierre Barbet

Fiche de Etoiles en perdition

Titre : Etoiles en perdition
Auteur : Pierre Barbet
Date de publication : 1970
Editeur : Fleuve Noir

Première page de Etoiles en perdition

« Le soleil inondait de clarté une vaste pièce située au trentième étage d’un building de Paris 4, la cité merveilleuse construite selon les normes les plus modernes de l’architecture : une mosaïque de verre de toutes les couleurs. Tout le long du balcon, des lettres lumineuses paraissaient flotter dans l’espace, s’allumant et s’éteignant : on y lisait un seul mot, Saturne. C’était là, en effet, le siège social de cette puissante firme productrice de films relief-couleur, mondialement connue, dont la spécialité consistait à tourner de merveilleuses superproductions décrivant les fantastiques aventures des pionniers de l’espace.

En cette fin du vingt et unième siècle, ce genre de production avait pris la place des antiques westerns, complètement démodés, et Sternar, le fameux metteur en scène, avait réalisé une fortune en devenant le spécialiste incontesté de ces films d’aventure. »

Extrait de : P. Barbet. « Étoiles en perdition. »