Catégorie : Livres

 

Sommeil de mort par Jerry Sohl

Fiche de Sommeil de mort

Titre : Sommeil de mort
Auteur : Jerry Sohl
Date de parution : 1983
Traduction : M. Decourt, J.-L. Estèbe
Editeur : Presses de la cité

Première page de Sommeil de mort

« Le rêve commençait toujours dans une obscurité épaisse. Dans un parc, quelque part sur une route, elle serrait Jon dans ses bras, et Alex venait se poster devant eux pour leur faire une muraille de son corps. Curtis approchait lentement, un éclair meurtrier dans les yeux, brandissant un cimeterre qui luisait dans la lumière des phares.

La voiture était derrière lui. Dans la nuit chaude, humide, un homme allongé dans l’herbe observait la scène. En arrière, elle devinait la présence d’un autre spectateur.

Les phares de la voiture découpaient la silhouette menaçante de Curtis. Elle retenait son souffle, le cœur battant à grands coups sourds, clouée de terreur. Dans ses bras, Jon tremblait comme une feuille. Curtis avançait avec une lenteur désespérante. »

Extrait de : J. Sohl. « Sommeil De Mort. »

L’invention du professeur Costigan par Jerry Sohl

Fiche de L’invention du professeur Costigan

Titre : L’invention du professeur Costigan
Auteur : Jerry Sohl
Date de parution : 1953
Traduction : F. Grove
Editeur : Gallimard

Première page de L’invention du professeur Costigan

« La neige l’accueillit à son retour. Une neige de janvier crissante, poudreuse, glacée. Il l’apercevait au travers des vitres du taxi et par avance en redoutait le contact.

C’était la neige typique de Chicago et Devan Traylor savait ce que cela signifiait. À l’image de la cité, elle était envahissante, infiltrant un froid perçant par les trous de serrure, se glissant jusque sous les portes pour déposer sur le plancher d’humides témoins de sa présence. C’était le genre de temps qui mobilisait tous les hommes de corvée disponibles dans la ville pour lutter contre l’enneigement et garder les rues ouvertes à la circulation des voitures.

Une voix féminine pleine d’anxiété l’avait rappelé d’urgence de la Floride. Des événements importants, voire menaçants étaient sur le point d’éclater. »

Extrait de : J. Sohl. « L’invention du professeur Costigan. »

L’aiguille de Costigan par Jerry Sohl

Fiche de L’aiguille de Costigan

Titre : L’aiguille de Costigan
Auteur : Jerry Sohl
Date de parution : 1953
Traduction : F. Grove
Editeur : L’arbre vengeur

Première page de L’aiguille de Costigan

« La neige l’accueillit à son retour. Une neige de janvier crissante, poudreuse, glacée. Il l’apercevait au travers des vitres du taxi et par avance en redoutait le contact.
C’était la neige typique de Chicago et Devan Traylor savait ce que cela signifiait. À l’image de la cité, elle était envahissante, infiltrant un froid perçant par les trous de serrure, se glissant jusque sous les portes pour déposer sur le plancher d’humides témoins de sa présence. C’était le genre de temps qui mobilisait tous les hommes de corvée disponibles dans la ville pour lutter contre l’enneigement et garder les rues ouvertes à la circulation des voitures.
Une voix féminine pleine d’anxiété l’avait rappelé d’urgence de la Floride. Des événements importants, voire menaçants, étaient sur le point d’éclater.
Jamais avant ce jour la neige ne lui avait paru aussi détestable, pensa Devan. C’est dans sa villa au bord de la mer que l’impérieux appel téléphonique l’avait alerté. »

Extrait de : J. Sohl. « L’aiguille de Costigan. »

Un bonheur insoutenable par Ira Levin

Fiche de Un bonheur insoutenable

Titre : Un bonheur insoutenable (nouvelle traduction)
Auteur : Ira Levin
Date de parution : 1970
Traduction : S. Guillot
Editeur : Nouveaux Millénaires

Première page de Un bonheur insoutenable

« Des piliers de béton immaculés, grands et moins grands, ceinturaient une vaste place rose où jouaient et s’exerçaient quelque deux cents enfants, encadrés par une douzaine de surveillantes en combinaisons blanches. La plupart d’entre eux – nus, le teint hâlé, les cheveux noirs – rampaient dans des cylindres jaunes et rouges, faisaient de la balançoire ou de la gymnastique par petits groupes ; mais dans un coin ombragé, installés en demi-cercle sur une marelle incrustée dans le sol, quatre gosses en écoutaient parler un cinquième.

« Ils attrapent des animaux, les mangent, et se servent de leurs peaux pour s’habiller, disait celui-ci, un petit garçon de huit ans. Et ils… ils font un truc qui s’appelle “se battre”. Ça veut dire qu’ils se font du mal, exprès, avec leurs mains ou avec des objets. Ils ne s’aiment pas, et ne s’entraident jamais.  »

Extrait de : I. Levin. « Un bonheur insoutenable (nouvelle traduction). »

Un bonheur insoutenable par Ira Levin

Fiche de Un bonheur insoutenable

Titre : Un bonheur insoutenable
Auteur : Ira Levin
Date de parution : 1970
Traduction : F. Straschitz
Editeur : J’ai lu

Première page de Un bonheur insoutenable

« Piliers de béton blancs et aveugles d’une ville, géants entre de moindres géants, entourant une vaste place rase où s’ébattaient quelque deux cents enfants encadrés par une douzaine de surveillantes en blouses blanches. La plupart des enfants – nus, bruns, aux cheveux noirs – rampaient à travers des cylindres jaunes et rouges, jouaient à la balançoire ou faisaient de la gymnastique par petits groupes ; mais dans un coin ombragé, assis en demi-cercle sur un quadrillage de marelle incrusté dans le sol, quatre d’entre eux écoutaient un cinquième parler.

— Ils attrapent des animaux, les mangent et s’habillent avec leurs peaux, disait celui qui parlait, un petit garçon de huit ans. Et aussi, ils se… « battent ». Ça veut dire qu’ils se font mal, exprès, avec leurs mains ou bien avec des pierres ou des bâtons. Ils ne s’aiment pas et ne s’aident pas. Pas du tout. »

Extrait de : I. Levin. « Un bonheur insoutenable. »

Sliver par Ira Levin

Fiche de Sliver

Titre : Sliver
Auteur : Ira Levin
Date de parution : 1991
Traduction : A. Rabinovitch
Editeur : Denoël

Première page de Sliver

« C’était un lundi matin qui s’annonçait bien et qui dépassa même ses espérances – les Hoffman s’empoignaient une fois de plus, le Dr. Palme téléphonait à un ex-patient suicidaire, la bonne des Cole se masturbait avec un vibromasseur, Lesley et Phil se retrouvaient dans la laverie automatique. MacEvoy pénétra dans l’entrée avec une femme qui ressemblait à Thea Marshall, même visage ovale, mêmes cheveux noirs. Elle venait sûrement visiter l’appartement 20B, repeint la semaine précédente.

Il les vit monter dans l’ascenseur n° 2. Une femme d’allure splendide, grande, la poitrine ample, vêtue d’un élégant tailleur foncé. Elle jeta un regard vers lui puis, une main posée sur la lanière de son sac, considéra MacEvoy qui vantait la climatisation de l’immeuble et la cuisine Poggenpohl. Trente-cinq ou trente-six ans. Une ressemblance frappante. »

Extrait de : I. Levin. « Sliver. »

Les femmes de Stepford par Ira Levin

Fiche de Les femmes de Stepford

Titre : Les femmes de Stepford
Auteur : Ira Levin
Date de parution : 1972
Traduction : T. Prigent, N. Gritz
Editeur : J’ai lu

Première page de Les femmes de Stepford

« Cheveux roux, lèvres purpurines, robe bouton-d’or, la déléguée du Comité d’accueil souriait des yeux, des dents et de toute la juvénile vivacité de ses soixante ans bien sonnés.

— Vous allez sûrement vous plaire ici, annonça-t-elle à Joanna. C’est un endroit agréable et très bien habité. Vous ne pouviez mieux tomber.

De l’énorme sacoche en vieux cuir marron qu’elle portait en bandoulière, elle se mit en devoir de sortir à l’intention de Joanna des étuis de boissons et de petits déjeuners en poudre, un paquet-échantillon de lessive bio-dégradable, un carnet d’achats valable pour vingt-deux magasins du coin, deux savons de ménage et une liasse de tampons désodorisants.

— Oh ! c’est trop ! s’écria Joanna, debout sur son seuil, les bras chargés. Assez ! Arrêtez ! Merci !

La préposée à l’accueil, après avoir, en dépit des « Non, je vous en prie ! » de Joanna, couronné la pile d’un flacon d’eau de Cologne, se remit à fouiller dans son sac et en exhuma une paire de lunettes cerclée de rose et un petit calepin brodé. »

Extrait de : I. Levin. « Les femmes de Stepford. »

La couronne de cuivre par Ira Levin

Fiche de La couronne de cuivre

Titre : La couronne de cuivre
Auteur : Ira Levin
Date de parution : 1953
Traduction : J. Fillion
Editeur : J’ai lu

Première page de La couronne de cuivre

« Dire que tout marchait comme sur des roulettes et que cette idiote allait tout gâcher ! Un flot de haine l’envahit, son visage se crispa violemment. Il bénit l’obscurité qui les entourait.
Elle pleurait doucement, pressant sa joue contre le torse du garçon. Il sentait, sur sa peau nue, son souffle chaud, ses larmes tièdes. Il lutta contre l’envie de la repousser.
Il se détendit, l’entoura de son bras, lui caressa le dos. Il le trouva chaud sous sa main glacée. Tout son corps à lui était mouillé d’une sueur froide et ses jambes tremblaient comme à chaque fois qu’un événement imprévisible le prenait par surprise. Il attendit que cessât ce tremblement, puis, remontant la couverture, murmura doucement :
— Pleurer n’arrangera rien.
Docilement, elle essaya de s’arrêter, reprenant son souffle en de longs soupirs tremblés, s’essuyant les yeux à la bordure usée de la couverture. »

Extrait de : I. Levin. « La couronne de cuivre. »

Ces garçons qui venaient du Brésil par Ira Levin

Fiche de Ces garçons qui venaient du Brésil

Titre : Ces garçons qui venaient du Brésil
Auteur : Ira Levin
Date de parution : 1976
Traduction : B. Oudin
Editeur : J’ai lu

Première page de Ces garçons qui venaient du Brésil

« Tôt dans la soirée, un jour de septembre 1974, un petit avion bimoteur, noir et argent, atterrit sur une piste secondaire de l’aéroport Congonhas de São Paulo et, tournant lentement, roula en direction d’un hangar où attendait une limousine. Trois hommes, dont l’un était habillé en blanc, passèrent dans la voiture qui démarra aussitôt en direction des gratte-ciel blancs du centre de São Paulo. Environ vingt minutes plus tard, sur l’avenida Ipiranga, la limousine stoppa devant la façade en forme de temple du restaurant japonais Sakai.

Les trois hommes, marchant côte à côte, entrèrent dans le grand foyer, décoré de laque rouge, du restaurant. Deux d’entre eux, vêtus de sombre, étaient corpulents et d’allure peu engageante. L’un était blond et l’autre brun. Le troisième homme, qui se tenait entre les deux autres, était plus mince et plus âgé. »

Extrait de : I. Levin. « Ces garçons qui venaient du Brésil. »

Le fils de Rosemary par Ira Levin

Fiche de Le fils de Rosemary

Titre : Le fils de Rosemary (Tome 2 sur 2 – Rosemary)
Auteur : Ira Levin
Date de parution : 1997
Traduction : I. Tate
Editeur : J’ai lu

Première page de Le fils de Rosemary

« À Manhattan, en ce matin clair et frisquet du 9 novembre 1999, le docteur Stanley Shand, dentiste à la retraite, deux fois divorcé, quitte son domicile de l’Amsterdam Avenue pour s’adonner à sa promenade quotidienne. Son pas est alerte pour un homme âgé de quatre-vingt-neuf ans, son œil, vif sous la casquette de tweed. Il est deux explications à cette allure juvénile du docteur Shand : une santé de fer et le secret, le merveilleux secret qui fait de chaque instant de sa vie éveillée un enchantement. N’est-il pas devenu, depuis peu, le dernier témoin survivant d’un événement prodigieux dont la gestation, d’une durée de trente-trois ans, arrive à son terme dans deux mois ?

À Broadway, à la hauteur de la Soixante-Quatorzième Rue, un taxi s’emballe subitement et monte sur le trottoir. Cueilli de plein fouet, le docteur Shand est écrasé contre la façade du Beacon Theater. Il meurt
sur-le-champ. »

Extrait de : I. Levin. « Le fils de Rosemary – Rosemary. »