Catégorie : Livres
La 13e Royale par Christine Renard
Fiche de La 13e Royale
Titre : La 13e Royale
Auteur : Christine Renard
Date de parution : 1975
Editeur : Hachette
Première page de La 13e Royale
« QUAND Éric rejoignit François au bar de la piscine, il vit qu’ils étaient cinq ou six parlant et riant. Il rejeta nerveusement sa mèche en arrière, mais François lui tendait une bouteille ouverte et il la prit avec reconnaissance.
« Ce que vous vous ressemblez ! dit une fille.
— Ah ! non, cria François, ça ne va pas commencer ? Tu n’as rien de plus intelligent à dire ? D’ailleurs, c’est faux, Éric et moi, nous ne nous ressemblons pas du tout ; d’abord, j’ai les cheveux courts, il les a longs, et puis, j’ai toujours un foulard autour du cou.
— Monsieur a la gorge fragile ?
— Parfaitement, ma mignonne, et j’envisage de garder mon foulard dans la piscine. »
Éric admirait l’aisance de son frère.
Penser qu’ils se ressemblaient le surprenait toujours. Il voyait devant lui François long, mince, les gestes rapides, ses yeux noirs étincelant de vie, et il se sentait gauche, un peu perdu, et ne pouvait »
Extrait de : C. Renard. « La treizième Royale. »
La nuit des lumineux par Christine Renard
Fiche de La nuit des lumineux
Titre : La nuit des lumineux
Auteur : Christine Renard
Date de parution : 1980
Editeur : Fernand Nathan
Première page de La nuit des lumineux
« Muriel était en train de lire un roman policier, à plat ventre sur son lit, quand le téléphone sonna. Elle s’y précipita, décrocha hâtivement.
— Pourrais-je parler au docteur Barthélémy ? demanda une voix de femme.
Muriel prit un ton professionnel :
— C’est pour un rendez-vous ?
— Non, c’est personnel.
Elle resta interloquée pendant quelques secondes.
— Le docteur reçoit un client pour l’instant, dit-elle enfin, mais vous pouvez laisser un message, je suis sa fille.
— Oui, bien sûr…
Le ton était hésitant, et Muriel se demanda si son interlocutrice n’était pas très jeune, dix-huit ans »
Extrait de : C. Renard. « La Nuit des Lumineux. »
La mante au fil des jours par Christine Renard
Fiche de La mante au fil des jours
Titre : La mante au fil des jours
Auteur : Christine Renard
Date de parution : 1977
Editeur : Marabout
Première page de La mante au fil des jours
« Le père de Jacques Bréal se plaisait à raconter l’histoire suivante :
Un homme alla un jour trouver un psychanalyste, car il était la proie d’hallucinations répétées : tous les soirs, il voyait, sortant de dessous son lit à petits pas pressés, une mante religieuse énorme et menaçante. L’insecte terrifiant le fixait alors d’un regard immobile, claquait deux fois des mâchoires, et retournait sous le lit. Il était ensuite impossible de le retrouver. Pour comble de malheur, cette mante n’apparaissait que lorsque l’homme était seul. Ainsi ne pouvait-il jamais en apporter la preuve. C’est pourquoi ses meilleurs amis lui avaient conseillé d’aller voir un psychanalyste. Après avoir longtemps hésité, il avait décidé de tenter l’aventure.
Ainsi allait-il régulièrement raconter ses rêves, décrire ses phantasmes, errer dans les jardins de son enfance, se perdre dans le labyrinthe du rêve éveillé ; après quoi, il rentrait chez lui, dînait légèrement et gagnait avec appréhension sa chambre à coucher. Et, tous les soirs, à la même heure, il voyait la mante sortir de dessous son lit.
Un jour, le psychanalyste attendit en vain son patient.
Celui-ci ne vint pas davantage le lendemain, pas davantage le jour suivant. Le psychanalyste l’appela au téléphone, lui écrivit, et, n’obtenant pas de réponse, se rendit à son domicile. Personne ne répondit à son coup de sonnette. Inquiet, il alla sonner à la loge où une concierge désagréable lui annonça sans préambule que celui qu’il voulait voir était mort.
Stupéfait, il interrogea la femme hâtivement.
— Mort ? Mais comment ? Comment ?
— Il a été mangé par une mante. Une mante religieuse grosse comme ça. »
Extrait de : C. Renard. « La Mante au Fil des Jours. »
En cherchant Sybil … par Christine Renard
Fiche de En cherchant Sybil …
Titre : En cherchant Sybil …
Auteur : Christine Renard
Date de parution : 1975
Editeur : Hachette
Première page de En cherchant Sybil …
« FRANÇOIS entendit l’information sur Europe no 1 à midi et demi. Cela, d’abord, lui sembla invraisemblable. Qu’un immeuble puisse s’écrouler à Paris donne toujours une impression d’irréalité et l’esprit se refuse à l’accepter. Ainsi pensait François en s’introduisant avec peine dans sa voiture, une Vedette de 1955 réputée increvable. Mais la portière fonctionnait mal. Son frère Éric et lui, maigres comme des coucous, se faufilaient aisément derrière le volant ; ensuite, il fallait un certain tour de main pour réussir à la fermer.
La circulation était assez fluide, et François se demandait pourquoi, sur le boulevard Rochechouart à trois heures de l’après-midi, au mois de novembre, il pouvait y avoir aussi peu de voitures ; il conclut que les vacances de la Toussaint devaient bien y être pour quelque chose et en profita pour s’arrêter devant un kiosque à journaux où il acheta un quotidien. »
Extrait de : C. Renard. « En cherchant Sybil … »
A la croisée des parallèles par Christine Renard et Claude Cheinisse
Fiche de A la croisée des parallèles
Titre : A la croisée des parallèles
Auteur : Christine Renard et Claude Cheinisse
Date de parution : 1981
Editeur : Denoël
Sommaire de A la croisée des parallèles :
- A la croisée des parallèles
- Pas d’ici
- Juliette
- Mark
- Transitoires
- Odeur du temps
- Pour une gerbe de roses
- Catharsis
- Les narcisses poussent le soir
- La fenêtre
- La nuit des albiens
- Le jardin d’éden
- Le fond de la bouteille
- Le voyage contre l’espace
- L’exilé
- L’exilé
- Dansons la capucine
- Les engins
- La longue marche
- Le bruit et la fureur
Première page de A la croisée des parallèles
« Je viens d’apprendre que le docteur Lévy et sa femme sont morts en camp de concentration ; ainsi, je n’aurai jamais l’explication de cette étrange aventure qui a mêlé nos existences pendant un temps très court.
Mais en disant ces mots, je m’aperçois qu’ils ne correspondent en rien à la réalité, car ma vie n’a jamais été mêlée à celle des Lévy. Je ne les ai jamais rencontrés, je n’ai fait qu’entendre leurs voix au téléphone, je n’ai fait que parler à celui qu’ils m’avaient envoyé à la terrasse d’un café. Mais l’évocation de leur nom plus que tout autre me fait battre le cœur, et je pense à eux plus souvent qu’aux êtres que j’ai le plus aimés. Eux seuls savaient, et ils sont morts »
Extrait de : C. Renard et C. Cheinisse. « À la croisée des parallèles. »
A contre temps par Christine Renard
Fiche de A contre temps
Titre : A contre temps
Auteur : Christine Renard
Date de parution : 1963
Editeur : Le rayon fantastique
Première page de A contre temps
« LE SOLEIL était éclatant et le temps d’une douceur inhabituelle pour le mois d’octobre, cependant Marie-Stella s’enlisait dans la tristesse. Elle était rentrée directement chez elle en sortant de l’institut d’astronomie et avait traversé Héliopolis en avicotaxi. Elle souffrait trop pour voir des gens ou aller à un spectacle quelconque. Les distractions lui semblaient dénuées d’intérêt. Autrefois, tout était facile. Autrefois, dans ce passé si récent, et qui lui paraissait plus éloigné que si des millénaires l’en séparaient. Autrefois, il n’y aurait pas eu de problèmes, autrefois Frédéric l’aurait attendue. Ils auraient fait n’importe quoi. Peut-être seraient-ils simplement restés à la bibliothèque de l’institut pour travailler. La soirée, n’importe où, c’était Frédéric, les journées, c’était l’attente des moments »
Extrait de : C. Renard. « A Contre-Temps. »
Embûches dans l’espace par François Pagery
Fiche de Embûches dans l’espace
Titre : Embûches dans l’espace
Auteur : François Pagery
Date de parution : 1958
Editeur : Le rayon fantastique
Première page de Embûches dans l’espace
« STÈVE ROUSSEL était un joueur. Un bon joueur. Il aimait gagner, mais savait perdre. Cependant, à la longue, il ne perdait jamais.
Il ne jouait pas sur un échiquier étroit et suivant des règles limitées : il pouvait créer ses pièces et les détruire, acheter celles de l’adversaire. Son cadre était l’espace.
Le temps aussi.
Ses seules règles étaient celles qu’il imposait. Il jouait à l’échelle d’un univers. Ses pions étaient nombreux et bien cachés. Il les sacrifiait rarement, mais sans hésitation lorsque la situation l’exigeait. Ses ennemis le traitaient de gangster, ses amis d’habile homme. Il se considérait lui-même comme un joueur. Et, à condition de pouvoir tenir plus longtemps que l’adversaire, la chance, dans tout combat, est pour le joueur. »
Extrait de : F. Pagery. « Embûche dans l’espace. »
Waldo par Robert A. Heinlein
Fiche de Waldo
Titre : Waldo
Auteur : Robert A. Heinlein
Date de parution : 1942
Traduction : P.-P. Durastanti
Editeur : Bélial
Première page de Waldo
« Le spectacle était présenté comme un ballet de claquettes — ce qui ne lui rendait guère justice.
Ses pieds créaient une tympanie complexe de tapotis clairs et nets. Un silence à couper le souffle tomba lors-qu’il sauta, haut, plus haut qu’un être humain n’aurait dû le pouvoir — et qu’il accomplit, en l’air, un entrechat douze fantastiquement improbable.
Il atterrit sur la pointe des pieds, immobile en apparence, mais produisant un fortissimo de claquettes fracassantes.
La poursuite s’éteignit, l’éclairage de scène se ralluma. Le public resta coi un long moment, avant de s’aviser qu’il était temps d’applaudir et de se déchaîner.
Campé devant les spectateurs, il laissa la vague d’émo-tion le balayer, avec l’impression de pouvoir s’appuyer contre elle — elle le réchauffa jusqu’à la moelle.
C’était merveilleux de danser — extraordinaire d’être fêté, aimé, désiré. »
Extrait de : R. A. Heinlein. « Waldo. »
Vendredi par Robert A. Heinlein
Fiche de Vendredi
Titre : Vendredi
Auteur : Robert A. Heinlein
Date de parution : 1982
Traduction : L. Maillet
Editeur : J’ai lu
Première page de Vendredi
« Dès que j’ai eu quitté la capsule de la Vrille du Kenya, il a été sur mes talons. Il m’a suivie quand j’ai franchi la porte qui conduisait aux services de Douane, Immigration et Santé. Quand la porte s’est contractée derrière lui, je l’ai tué.
Je n’ai jamais beaucoup aimé la Vrille. En fait, je la détestais bien avant le désastre du croque-ciel de Quito. Cette espèce de câble qui monte vers le ciel sans que rien le retienne a quelque chose de beaucoup trop magique pour moi. Mais il n’existe qu’un seul autre moyen d’atteindre Ell-Cinq, et il prend du temps et coûte beaucoup plus cher. Il ne convenait pas plus à mes instructions qu’à mon budget.
J’étais donc sur les nerfs en quittant la navette d’Ell-Cinq à la Station Fixe pour embarquer dans la capsule de la Vrille. Merde, ce n’était pas une raison pour tuer un homme. Je voulais seulement le semer pendant quelques heures. »
Extrait de : R. A. Heinlein. « Vendredi. »
Une porte sur l’été par Robert A. Heinlein
Fiche de Une porte sur l’été
Titre : Une porte sur l’été
Auteur : Robert A. Heinlein
Date de parution : 1957
Traduction : R. Vivier
Editeur : J’ai lu
Première page de Une porte sur l’été
« Par un des hivers qui précéda de peu la guerre de Six Semaines, j’habitais avec mon chat de gouttière, Petronius le Sage, une vieille ferme dans le Connecticut. Je doute qu’elle s’y trouve encore ; elle était située en bordure de la zone qui fut soufflée, et Manhattan n’échappa à la destruction que de justesse. Ces vieilles baraques flambent comme du papier de soie. Serait-elle encore debout, elle ne constituerait plus qu’un logis peu attirant, en raison du voisinage actuel. Pourtant, à l’époque, nous l’aimions bien, Pete et moi. Le manque total de confort nous permettait de bénéficier d’un loyer modeste. Ce qui avait été une salle à manger donnait au nord ; je jouissais donc d’un éclairage adéquat lorsque je travaillais sur ma planche à dessin.
Toute médaille a son revers. Cette maison avait un défaut : ses onze portes de sortie.
Douze, en comptant la chatière de Pete. »
Extrait de : R. A. Heinlein. « Une porte sur l’été. »