Catégorie : Livres

 

Les bonbons de l’épouvante par Gudule

Fiche de Les bonbons de l’épouvante

Titre : Les bonbons de l’épouvante
Auteur : A. « Gudule » Liger-Belair
Date de parution : 2000
Editeur : Mango

Première page de Les bonbons de l’épouvante

« Une si jolie petite confiserie

— R’voir, m’man !

— Bonne journée, mon chéri !

Bonne journée ! Ça, c’est un trait d’humour noir typiquement maternel. Si Julien n’était de si mauvaise humeur, il ricanerait : le trajet de l’école dans le petit matin d’hiver, il ne connaît rien de plus affreux.

« On devrait faire comme les ours : hiberner jusqu’au printemps, pense-t-il amèrement. C’est inhumain de devoir plonger dans le froid et l’obscurité quand on n’a qu’une seule envie : se blottir au chaud sous sa couette ! »

Et pour quoi faire ? Pour aller affronter des cours sans intérêt, des profs ennuyeux et les moqueries des copains.

Les moqueries, surtout…

Julien soupire. Est-ce sa faute, à lui, s’il est gros ? Si ses joues sont trop pleines, son ventre trop rond ? Aimer les sucreries, le soda et les frites, ce n’est pas un crime, quand même ! »

Extrait de : Gudule. « Les bonbons de l’épouvante. »

L’amour en chaussettes par Gudule

Fiche de L’amour en chaussettes

Titre : L’amour en chaussettes
Auteur : A. « Gudule » Liger-Belair
Date de parution : 1999
Editeur : Editions Thierry Magnier

Première page de L’amour en chaussettes

« Mardi 13 avril (matin)

Cette nuit, j’ai rêvé de monsieur Letellier. Pfou ! J’en suis encore toute chamboulée… C’est sa faute, aussi. Est-ce qu’il avait besoin de venir nous parler de préservatif ?
Ça s’est passé hier après-midi. On était déjà installés dans la salle d’arts plastiques quand il est arrivé. Au lieu de nous dire : « Prenez une feuille, un fusain, des gouaches… » comme d’habitude, il s’est appuyé contre le bureau, les bras croisés, et a déclaré :
– J’aimerais que nous ayons une petite conversation, vous et moi.
Nous, ça nous a étonnés : c’est pas son genre, ce ton sérieux.
Letellier, y a pas plus sympa, comme prof, au bahut. Toutes les filles en sont folles, parce qu’en plus, il est super beau. Style Mulder dans X-Files. Et quand il sourit, il a les yeux tristes… »

Extrait de : Gudule. « L’Amour en chaussettes. »

On a un monstre dans la classe ! par Gudule

Fiche de On a un monstre dans la classe !

Titre : On a un monstre dans la classe !
Auteur : A. « Gudule » Liger-Belair
Date de parution : 1999
Editeur : Nathan

Première page de On a un monstre dans la classe !

« – Maîtresse, maîtresse, le nez de Cédric s’allonge ! hurle Noémie.
– On dirait une grande saucisse ! ajoute Aglaé.
La maîtresse fronce les sourcils :
– Cédric, veux-tu bien cesser de faire l’andouille ! dit-elle sévèrement.
Comme d’habitude, Cédric n’obéit pas. C’est un très mauvais élève, mais il est super doué en grimaces. Plus tard, il veut devenir grimacier. Nous, on trouve ça marrant d’avoir un futur grimacier dans la classe. Bien plus passionnant, en tout cas, que les cours de maths et de grammaire !
Bientôt, le nez de Cédric atteint le sol et se met à ramper entre les chaises. On dirait un gros serpent mou. Lorsqu’il frôle la cheville de Sophie, celle-ci pousse un cri indigné :
– Espèce de mal élevé, t’as pas le droit de regarder sous ma jupe !
Et elle lui envoie un coup de pied.
– Maîtresse, je saigne du nez ! proteste Cédric.
– Tant pis pour toi, dit la maîtresse. Si tu te tenais tranquille, ça n’arriverait pas.
Mais elle lui donne quand même un paquet de Kleenex. »

Extrait de : Gudule. « On a un monstre dans la classe !. »

Des ogres et des géants par Gudule

Fiche de Des ogres et des géants

Titre : Des ogres et des géants (Contes et Légendes)
Auteur : A. « Gudule » Liger-Belair
Date de parution : 2008
Editeur : Nathan

Sommaire de Des ogres et des géants :

  • Le samouraï noir
  • David et Goliath
  • Le roi aux cent bouches
  • Ulysse et le cyclope
  • Pourquoi et dans quelles circonstances Gargan, le géant débonnaire, s’éprit de Thuata, la petite druidesse mangeuse de chair humaine
  • Le réveil de Mama Zimbala
  • Smyrna la gourmande
  • Comment le dieu Thor apprit l’humilité
  • Haladjianiskaïa
  • L’homme heureux
  • Le golem
  • Le géant qui avait mangé la Lune
  • Le trésor des trois grottes
  • Le prince et le rossignol

Première page de Le samuraï noir

« VOUS CONNAISSEZ, bien sûr, l’histoire du Petit Poucet. Mais savez-vous qu’il existe une version asiatique de ce conte, antérieure sans doute à la nôtre et plus cruelle encore ?

La voici, telle que nous l’a rapportée de ses voyages en Extrême-Orient l’explorateur Marco Polo.

Un jour naquit, dans une famille de modestes paysans déjà pourvue de nombreux enfants, un petit garçon que l’on nomma Yun. Or, par un inexplicable phénomène, il ne grandit pas, gardant, au fil des semaines, des mois et des années, sa taille de nouveau-né. Cela ne faisait point l’affaire de ses parents, dont les travaux des champs étaient le seul revenu ! Certes, leur rejeton était gracieux, intelligent et d’agréable compagnie, mais chez les pauvres gens, ces vertus ne valent pas deux bras solides pour labourer la terre et deux jambes bien plantées pour tirer la charrue. »

Extrait de : Gudule. « Contes et Légendes – Des ogres et des géants. »

De la peur par Gudule

Fiche de De la peur

Titre : De la peur (Contes et Légendes)
Auteur : A. « Gudule » Liger-Belair
Date de parution : 2000
Editeur : Nathan

Sommaire de De la peur :

  • La petite fille sans tête
  • Le festin du squelette
  • L’ogre du bois-minuit
  • Le monstre du puit
  • Le diable et le bûcheron
  • La bête aux crocs rouges
  • La chambre ardente
  • Le pendu de San Miguel
  • Le boucher de Delft
  • Le spectre aux cheveux d’or
  • Histoire de la gredine qui fit la nique au diable
  • Le petit bossu qui cachait une fée dans sa bosse
  • Le chat qui souriait en montrant toutes ses dents
  • L’homme sans visage
  • Les veilleurs de l’abîme

Première page de La petite fille sans tête

« Que d’enfants ont tremblé, le soir, à la veillée, en écoutant ce refrain ! Lorsque la lune éclaire de ses rayons blafards les rochers que creuse la mer, ressac après ressac… Lorsque la campagne déserte se peuple de chimères : esprits, fantômes, ogres, korrigans… Lorsque, dans les chaumières bien closes, les lueurs mouvantes du foyer dansent sur les visages et que la voix des vieilles chevrote dans la nuit…

Que d’enfants ont senti, entre leurs omoplates, passer le frisson glacé de la peur !
 
Blottis l’un contre l’autre dans le grand lit bateau, Yorrick et Jeannette cherchaient en vain le sommeil. Depuis longtemps, déjà, la maison s’était tue. Leur mère et leur grand-mère avaient gagné les chambres où elles couchaient seules, étant veuves de marins. Un silence angoissant remplaçait les rumeurs domestiques parvenant en journée de la cuisine.

Minuit sonna à l’horloge du clocher. »

Extrait de : Gudule. « Contes et Légendes – De la peur. »

La ménopause des fées par Gudule

Fiche de La ménopause des fées

Titre : La ménopause des fées
Auteur : A. « Gudule » Liger-Belair
Date de parution : 2005
Editeur : Bragelonne

Sommaire de La ménopause des fées :

  • Le crépuscule des dieux
  • Crimes et chatouillements
  • La nuit des porcs vivants

Première page de Le crépuscule des dieux

« OÙ LE LECTEUR APPREND QUI EST M. MERLIN ET LA RAISON DE SES EMBARRAS GASTRIQUES.

M. Merlin leva sa canette et rota.

« Enchanté ! » dit-il avec un gros rire.

C’était son habitude. Une habitude vieille de plusieurs siècles. Lorsqu’il rotait, il disait toujours : « En-chanté », puis il se marrait. À force, Vivi ne l’entendait même plus. Et quand bien même ? Lorsqu’on passe sa vie dans une poubelle, est-on en mesure de faire la leçon aux autres ?

Dans le meilleur des cas, elle ajoutait : « … rrine de lapin », en soupirant.

Jadis – à l’époque bénie où les fées portaient voiles de brume sur leur corps diaphane et rayons de lune en diadème –, elle eût réagi différemment. Avec moins de résignation, plus de hargne. Mais, en ce temps-là, la question ne se posait pas : Merlin savait encore se tenir en société. Il avait de la prestance et ne soulageait pas sa panse à tout propos. Vivi se souvenait même – Dieu, que tout cela était loin ! – avoir éprouvé des sentiments pour « le plus grand nécromant de l’univers », comme elle se plaisait à le surnommer. De l’admiration, du respect, et jusqu’à une certaine attirance physique, malgré sa barbe blanche et sa solennité somme toute peu aguichante. »

Extrait de : Gudule. « La ménopause des fées – intégrale. »

Le club des petites filles mortes par Gudule

Fiche de Le club des petites filles mortes

Titre : Le club des petites filles mortes
Auteur : A. « Gudule » Liger-Belair
Date de parution : 2008
Editeur : Bragelonne

Sommaire de Le club des petites filles mortes :

  • La baby-sitter
  • Repas éternel
  • La petite fille aux araignées
  • Dancing Lolita
  • Gargouille
  • Entre chien et louve

Première page de La baby-sitter

« Quand Maman fronce les sourcils, ça lui donne un regard triste. Mais l’expression de grande tendresse, d’ineffable douceur, demeure. Elle s’accentue, même.

— Vous aimez les enfants, n’est-ce pas ? s’enquiert-elle.

Le visage de Lucie s’épanouit :

— Je les adore !

Elles se sourient. La spontanéité de l’une est allée droit au cœur de l’autre.

Maman pose la main sur l’épaule juvénile que ne couvre, en ce mois d’août torride, que le coton léger d’un tee-shirt, et entraîne la babysitter avec des mines de conspiratrice. Toutes deux se penchent à la fenêtre qui donne sur le jardin.

— Regardez si elle est mignonne, ma Violette !

Au milieu du gazon parsemé de boutons d’or, une fillette est accroupie et joue avec un chat, auquel elle fredonne une comptine. Sa voix fluette s’élève, délicieusement fraîche dans la chaleur pesante de cette fin d’après-midi. »

Extrait de : Gudule. « Le Club des petites filles mortes – l’intégrale. »

Amour, magie et sorcellerie par Gudule

Fiche de Amour, magie et sorcellerie

Titre : Amour, magie et sorcellerie (Tome 1 sur 2 – Valentin Letendre)
Auteur : A. « Gudule » Liger-Belair
Date de parution : 2006
Editeur : Plon

Première page de Amour, magie et sorcellerie

« – Encore dans la lune, monsieur Letendre ? Qu’y a-t-il donc de si passionnant, là-haut ?

Toute la classe éclate de rire – excepté l’intéressé, à mille lieues du cours de français et des plaisanteries de ce blaireau de Pajol dont le dada, tout le collège le sait, est d’humilier ses élèves en public.

– Alors ? insiste le prof, surpris par son mutisme. Tu as perdu ta langue ?

Contrairement à son habitude, Valentin ne réplique pas. Il se contente de lui décocher un regard glacé qui coupe court à l’interrogatoire. Vexé, le prof sort son carnet de notes.

– Comme tu voudras… Mais je te préviens : tu auras un zéro en expression orale !

Ça, Valentin s’en fout éperdument. Tout ce qu’il demande, c’est qu’on lui fiche la paix. Qu’on l’oublie. Qu’on le laisse attendre quatre heures et demie sans essayer, surtout, de lui tirer les vers du nez. »

Extrait de : Gudule. « Valentin Letendre – Amour, magie et sorcellerie. »

J’ai 14 ans et je suis détestable par Gudule

Fiche de J’ai 14 ans et je suis détestable

Titre : J’ai 14 ans et je suis détestable
Auteur : A. « Gudule » Liger-Belair
Date de parution : 2000
Editeur : Flammarion

Première page de J’ai 14 ans et je suis détestable

« Moi

Marre.

Marre des parents, des profs, des copains. Marre de moi, de ma peau. De mon acné. De mes cheveux gras. De ma tronche, toujours la même et toujours aussi moche. De mes kilos en trop qui s’ajoutent aux kilos en trop, à coups de Carambars, de Smarties et de fraises Tagada.

Sale gueule, voilà comment je mériterais qu’on m’appelle. Léa Sale gueule. Quand je me rencontre dans un miroir, je n’ai qu’une seule envie : me fiche des baffes. Je déteste les miroirs.

Je me déteste.

Tout le monde me déteste. Ils ont raison.

J’ai quatorze ans et je suis détestable. »

Extrait de : Gudule. « J’ai 14 ans et je suis detestable. »

Les poilantes aventures de René le virus par Gudule

Fiche de Les poilantes aventures de René le virus

Titre : Les poilantes aventures de René le virus
Auteur : A. « Gudule » Liger-Belair
Date de parution : 1996
Editeur : Bayard

Première page de Les poilantes aventures de René le virus

« C’est un bruit de dispute qui me réveille en sursaut :

— Ose le répéter, que mon père sent la crotte !

— Ouais, ton père sent la crotte, et même la super-crotte !

En bâillant, je risque un œil hors de la fleur de marronnier où je m’étais assoupi, par ce tranquille après-midi de printemps. Je me penche, je regarde, et qu’est-ce que je vois ? Une sorte de tourbillon où s’emberlificotent deux têtes, quatre bras et quatre jambes, qui s’agitent dans tous les sens.

Eh bien, en voilà une belle bagarre !

Pif, paf, boum, les coups pleuvent. Autour des belligérants, un attroupement s’est formé et les encouragements fusent :

— Vas-y, Clovis, casse-lui la margoulette !

– Démolis-lui le portrait ! »

Extrait de : Gudule. « Les poilantes aventures de René le virus. »