Étiquette : Le club des petites filles mortes

 

Le club des petites filles mortes par Gudule

Fiche de Le club des petites filles mortes

Titre : Le club des petites filles mortes
Auteur : A. « Gudule » Liger-Belair
Date de parution : 2008
Editeur : Bragelonne

Sommaire de Le club des petites filles mortes :

  • La baby-sitter
  • Repas éternel
  • La petite fille aux araignées
  • Dancing Lolita
  • Gargouille
  • Entre chien et louve

Première page de La baby-sitter

« Quand Maman fronce les sourcils, ça lui donne un regard triste. Mais l’expression de grande tendresse, d’ineffable douceur, demeure. Elle s’accentue, même.

— Vous aimez les enfants, n’est-ce pas ? s’enquiert-elle.

Le visage de Lucie s’épanouit :

— Je les adore !

Elles se sourient. La spontanéité de l’une est allée droit au cœur de l’autre.

Maman pose la main sur l’épaule juvénile que ne couvre, en ce mois d’août torride, que le coton léger d’un tee-shirt, et entraîne la babysitter avec des mines de conspiratrice. Toutes deux se penchent à la fenêtre qui donne sur le jardin.

— Regardez si elle est mignonne, ma Violette !

Au milieu du gazon parsemé de boutons d’or, une fillette est accroupie et joue avec un chat, auquel elle fredonne une comptine. Sa voix fluette s’élève, délicieusement fraîche dans la chaleur pesante de cette fin d’après-midi. »

Extrait de : Gudule. « Le Club des petites filles mortes – l’intégrale. »

Repas éternel par Gudule

Fiche de Repas éternel

Titre : Repas éternel
Auteur : A. « Gudule » Liger-Belair
Date de parution : 2008
Editeur : Bragelonne

Première page de Repas éternel

« La salle d’attente de la gare, dont d’épais rideaux masquent les fenêtres, ressemble au fumoir d’un club britannique : divans et fauteuils de cuir matelassé, guéridons pourvus des journaux du jour, lumières tamisées, et même, en ce froid matin de novembre, un feu de cheminée. Virtuel, bien entendu, mais plus vrai que nature. Et répandant, par souci de confort autant que d’authenticité, une bonne chaleur rassurante.
Cette pièce est réservée aux voyageurs de première classe. Exclusivement. La musique douce et stéréophonique qu’y diffusent deux haut-parleurs emplit l’espace d’une myriade de notes feutrées.
— Nana na nanana na na…
Mme Blum fredonne en même temps que les instruments, histoire de se donner une contenance.
Elle est arrivée en avance, comme toujours. Vieux réflexe de commerçante. Son mari, ses enfants et ses petits-enfants l’ont accompagnée au guichet et, après les traditionnelles embrassades, sont repartis en larmes. Que ces adieux sur les quais de gare sont donc éprouvants ! L’ambiance se prête aux épanchements outranciers et exacerbe les sensi- »

Extrait de : Gudule. « Repas eternel. »

La petite fille aux araignées par Gudule

Fiche de La petite fille aux araignées

Titre : La petite fille aux araignées
Auteur : A. « Gudule » Liger-Belair
Date de parution : 1995
Editeur : Bragelonne

Première page de La petite fille aux araignées

« Il m’embête, à la fin, monsieur Quiquequoi ! Toujours à poser des questions, et pourquoi ceci, et comment cela, et où, et quand, et de quelle manière… À croire qu’il a appris par cœur toutes les locutions interrogatives du livre de grammaire !
« Quiquequoi », ce n’est pas son vrai nom, bien sûr. C’est juste comme ça que je l’appelle, dans ma tête. Son vrai nom, Jean Coulon, est écrit sur la carte de visite qu’il m’a donnée, un jour, en me disant :
— N’hésite pas à me téléphoner si tu as besoin de moi, à n’importe quel moment du jour ou de la nuit !
J’ai fait semblant d’être d’accord pour qu’il me fiche la paix, mais, dès qu’il a eu le dos tourné, j’ai jeté sa carte à la poubelle.
— Que dirais-tu d’une petite promenade, Miquette ? me propose-t-il à tout bout de champ, en m’entraînant dans le parc.
Et il a son espèce de sourire que je déteste : on lui voit les dents comme s’il allait mordre. »

Extrait de : Gudule. « -La petite fille aux araignées. »

La baby-sitter par Gudule

Fiche de La baby-sitter

Titre : La baby-sitter
Auteur : A. « Gudule » Liger-Belair
Date de parution : 1995
Editeur : Bragelonne

Première page de La baby-sitter

« Quand Maman fronce les sourcils, ça lui donne un regard triste. Mais l’expression de grande tendresse, d’ineffable douceur, demeure. Elle s’accentue, même.
— Vous aimez les enfants, n’est-ce pas ? s’enquiert-elle.
Le visage de Lucie s’épanouit :
— Je les adore !
Elles se sourient. La spontanéité de l’une est allée droit au cœur de l’autre.
Maman pose la main sur l’épaule juvénile que ne couvre, en ce mois d’août torride, que le coton léger d’un tee-shirt, et entraîne la babysitter avec des mines de conspiratrice. Toutes deux se penchent à la fenêtre qui donne sur le jardin.
— Regardez si elle est mignonne, ma Violette !
Au milieu du gazon parsemé de boutons d’or, une fillette est accroupie et joue avec un chat, auquel elle fredonne une comptine. Sa voix fluette s’élève, délicieusement fraîche dans la chaleur pesante de cette fin d’après-midi.
— Une poule sur un mur
Qui picore du pain dur
Picoti, picota, »

Extrait de : Gudule. « La Baby Sitter. »

Gargouille par Gudule

Fiche de Gargouille

Titre : Gargouille
Auteur : A. « Gudule » Liger-Belair
Date de parution : 1995
Editeur : Bragelonne

Première page de Gargouille

« Minuit. Derrière les tours de Notre-Dame, un houleux ciel de novembre que crochète, hameçon diaphane, la lune en son premier croissant. Personne dans les rues. Un épais crachin empoisse l’atmosphère et ceint les réverbères d’un halo de postillons. Les rares fenêtres encore éclairées malgré l’heure tardive trouent laborieusement la morne nuit urbaine.
Sur le pont Marie, quelqu’un marche. Une femme armée d’un parapluie. Ses talons hauts résonnent sur le pavé luisant. En bas, la Seine charrie des reflets entre ses berges obscures.
Un grondement de tonnerre. La femme presse le pas. Cramponnée au manche du parapluie, elle affronte la bourrasque. Le vent, qui s’engouffre dans son imperméable, le plaque à ses jambes et le gonfle tour à tour, tourbillon de tissu mouillé autour de ses chevilles gainées de Nylon. »

Extrait de : Gudule. « Gargouille. »

Entre chien et louve par Gudule

Fiche d’Entre chien et louve

Titre : Entre chien et louve
Auteur : A. « Gudule » Liger-Belair
Date de parution : 1998
Editeur : Bragelonne

Première page d’Entre chien et louve

« D’abord, ouvrir les yeux.
Mes paupières sont lourdes, lourdes. Du plomb. Mais, tant que je n’aurai pas levé ce volet m’isolant du monde extérieur, je resterai en proie à moi-même. Englouti dans mon bourbier intérieur, dans les sables mouvants d’une semi-inconscience qui m’aspire vers le néant, et dont j’ai le plus grand mal à m’extraire.
Ouvrir les yeux… Quelle entreprise titanesque ! Si je bougeais, plutôt ?
Un monstrueux engourdissement paralyse mon corps. Je bande mes muscles sans le moindre résultat. Autant chercher à animer une statue de marbre. Épuisé par l’effort, je replonge dans mes limbes intimes.
Temps indéterminé. Des tentacules d’ombre se déploient en moi, au ralenti. Durant des heures et des heures, je lutte pour échapper à leur flasque emprise. »

Extrait de : Gudule. « Entre chien et louve. »

Dancing Lolita par Gudule

Fiche de Dancing Lolita

Titre : Dancing Lolita
Auteur : A. « Gudule » Liger-Belair
Date de parution : 2008
Editeur : Bragelonne

Première page de Dancing Lolita

« L’enseigne au néon rose clignote dans la nuit : « Dancing Lolita ». Dessous, un panneau : « Bal rétro interdit aux mineurs », maladroitement calligraphié – conséquence directe des récents décrets incitant tout établissement public à redoubler de vigilance, sous peine de fermeture immédiate. Bientôt, comme dit le patron (ce satané Bill Blum !), faudra contrôler l’âge des acheteurs de sucettes ! Ce à quoi on lui répond généralement : « C’est déjà le cas. » En ce qui concerne celles à l’héro ou au crack, s’entend.

Bien qu’il ne soit pas encore vingt-trois heures, une dizaine de poids lourds s’alignent déjà sur le parking. L’aire de repos du Guerrier, située à l’entrée de l’autoroute du sud-ouest, est le dernier bastion du monde civilisé. Les routiers en partance pour Tours, Bordeaux ou Toulouse y font le plein d’essence, d’alcool et, si nécessaire, s’y vidangent les burnes avant l’interminable traversée du désert.

Les deux vigiles aussi sont là, et ils ont l’œil. Surtout Barback, doté d’un vrai flair de cochon truffier. Les ex-instituteurs sont très prisés, dans la profession. C’est l’un des rares secteurs où l’expérience prend encore le pas sur la technologie. »

Extrait de : Gudule. « Dancing Lolita. »