Catégorie : Livres
Le testament des McGovern par Hervé Jaouen

Fiche de Le testament des McGovern
Titre : Le testament des McGovern
Auteur : Hervé Jaouen
Date de parution : 2006
Editeur : Pocket
Première page de Le testament des McGovern
« Je m’en souviens comme si c’était hier : à vingt-trois heures, heure irlandaise, le car-ferry largua les amarres et s’éloigna du quai de Roscoff pour mettre le cap sur l’Irlande.
« Je m’en souviens comme si c’était hier…» En général, cette phrase n’annonce pas des rondes endiablées de joyeuse opérette, ni les répliques hilarantes d’une comédie de boulevard.
Cette phrase que j’hésite à faire suivre d’une autre, ces larmes que je verse à l’avance, ces mots que je rumine, je crois entendre leur sourde vibration, ce bourdonnement funeste qui précède le premier coup de glas.
J’entends qu’on frappe sur le cadenas de ma mémoire. Je résiste. Je fais bloc. Je pèse de tout mon poids sur le couvercle du souvenir.
Je pèse de toute ma peine.
Pourtant, si je veux me débarrasser de ce fardeau et lancer la toupie du récit, mon histoire devra débuter dans l’allégresse : par une bonne fortune. Rien de moins qu’un héritage inouï, au beau milieu de l’Éden. »
Extrait de : H. Jaouen. « Le testament des McGovern. »
Le Maître de Moxon par Ambrose Bierce

Fiche de Le Maître de Moxon
Titre : Le Maître de Moxon
Auteur : Ambrose Bierce
Date de parution : 1910
Traduction : Mais-Encore.fr
Editeur : Mais-Encore.fr
Le Maître de Moxon — Ambrose Bierce
Bien avant Terminator ou Westworld, Ambrose Bierce imaginait déjà l’horreur de l’intelligence artificielle.
Traduction française : Mais-Encore.fr
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Première page de Le Maître de Moxon
« Êtes-vous sérieux ? Croyez-vous vraiment qu’une machine pense ? »
Je n’obtins pas de réponse immédiate ; Moxon semblait tout entier absorbé par les braises du foyer, les touchant avec adresse çà et là avec le tisonnier jusqu’à ce qu’elles trahissent son attention par un éclat plus vif. Depuis plusieurs semaines, je remarquais chez lui une habitude croissante à tarder pour répondre aux questions les plus triviales ou les plus courantes. Son air, pourtant, était celui de la préoccupation plutôt que de la délibération : on aurait dit qu’il avait « quelque chose en tête ».
Au bout d’un moment, il dit :
« Qu’est-ce qu’une « machine » ? Le mot a été défini de diverses manières. »
Extrait de : A. Bierce. « Le Maître de Moxon. »
Morts violentes par Ambrose Bierce

Fiche de Morts violentes
Titre : Morts violentes
Auteur : Ambrose Bierce
Date de parution : 1957
Traduction : J. Papy
Editeur : La république des lettres
Sommaire de Morts violentes :
- Un cavalier en plein ciel
- Ce qui se passa sur le pont de Owl Creek
- Chickamauga
- Un fils des dieux
- Porté disparu
- Tué à Resaca
- La brèche de Coulter
- Une rude bagarre
- Le coup de grâce
- Parker Adderson, philosophe
- Combat d’avant-postes
- Histoire d’une conscience
- Un certain genre d’officier
- Un officier, un homme
- George Thurston
- L’oiseau moqueur
Première page de Un cavalier en plein ciel
« Par une après-midi ensoleillée d’automne, en l’an 1861, un soldat se trouvait dans un massif de lauriers au bord d’une route, en Virginie Occidentale. Il était couché de tout son long, les pieds reposant sur les orteils, la tête sur l’avant-bras gauche. Sa main droite étendue étreignait mollement son fusil. Sans la disposition assez méthodique de ses membres et un léger mouvement rythmique de la cartouchière accrochée sur son dos à son ceinturon, on aurait pu le croire mort. Il dormait à son poste. Mais, si on le découvrait, il mourrait peu après, car telle était la juste et légale sanction de son crime. »
Extrait de : A. Bierce. « Morts violentes. »
Les fables de Zambri par Ambrose Bierce

Fiche de Les fables de Zambri
Titre : Les fables de Zambri
Auteur : Ambrose Bierce
Date de parution : 2013
Traduction : T. Beauchamp
Editeur : Le dilettante
Première page de Les fables de Zambri
« Un noble perse s’était procuré une petite huître auprès d’une Gitane.
« Tâche de me pardonner ce que je m’apprête à faire, dit-il en saisissant le mollusque par les branchies. Ne perds pas de temps car il ne t’en reste plus beaucoup. L’idée de t’avaler ne me viendrait pas à l’esprit si cela n’était si facile, mais l’occasion fait le larron, sans compter que je suis orphelin et affamé.
— Soit, répliqua l’huître, j’ai toujours plaisir à réconforter l’orphelin affamé. Je me suis pliée en quatre pour cette brave femme à qui vous m’avez achetée. Elle avait beau avoir un estomac accommodant, nous n’avons pas réussi à nous entendre. Cette légère incompatibilité était due au fait qu’elle voulait me cuire à la vapeur. Incroyable, n’est-ce pas ? Mais je vous en prie, mon sauveur, procédez !
— Il me semble que je ferais mieux de me renseigner sur tes antécédents avant de te secourir, dit le noble perse en reposant l’huître. Si tu n’as pas pu t’entendre avec ta maîtresse, ce n’est pas l’honnêteté qui t’étouffe ! »
Les gens agissant par égoïsme l’oublient vite lorsqu’ils découvrent que c’est un bienfait. »
Extrait de : A. Bierce. « Les fables de Zambri. »
Le dictionnaire du Diable par Ambrose Bierce

Fiche de Le dictionnaire du Diable
Titre : Le dictionnaire du Diable
Auteur : Ambrose Bierce
Date de parution : 1906
Traduction : B. Sallé
Editeur : Rivages
Première page de Le dictionnaire du Diable
« Abdomen n. Temple du dieu Estomac, dans l’adoration duquel, et selon certains rites, tous les hommes dignes de ce nom se doivent de s’engager. Pour les femmes, cette religion antique ne demande qu’une allégeance de principe. Elles officient quelquefois à l’autel sans grand cœur et sans grand talent, et ne connaissent pas cette véritable dévotion que professent les hommes pour cette religion essentielle. Si la femme avait carte blanche sur les affaires du monde, la race serait vite granivore. »
Extrait de : A. Bierce. « Le dictionnaire du diable. »
Le club des parenticides par Ambrose Bierce

Fiche de Le club des parenticides
Titre : Le club des parenticides
Auteur : Ambrose Bierce
Date de parution : 2007
Traduction : M. Picard
Editeur : Mille et une nuits
Sommaire de Le club des parenticides :
- A l’épreuve du feu
- Huile de chien
- L’hypnotiseur
Première page de A l’épreuve du feu
« Une journée de juin 1872, au petit matin, j’ai tué mon père – cela m’a beaucoup marqué à l’époque. C’était avant mon mariage, alors que j’habitais chez mes parents dans le Wisconsin. Mon père et moi étions à la maison, dans la bibliothèque, occupés à nous répartir le butin d’un cambriolage que nous avions commis cette nuit-là. Il s’agissait essentiellement d’objets de la vie courante, et il était difficile d’en faire un partage équitable. Nous n’eûmes aucune difficulté avec les serviettes de table, le linge de toilette et ce genre de choses, l’argenterie fut aussi répartie en deux lots presque égaux, mais vous comprendrez aisément que tenter de diviser une boîte à musique en deux sans qu’il y ait de reste puisse poser quelques problèmes. Ce fut cette boîte à musique qui précipita notre famille dans le malheur et la déchéance. Si nous l’avions laissée là où elle était, mon pauvre père serait peut-être toujours en vie. »
Extrait de : A. Bierce. « Le Club Des Parenticides. »
La fille du bourreau par Ambrose Bierce

Fiche de La fille du bourreau
Titre : La fille du bourreau
Auteur : Ambrose Bierce
Date de parution : 1986
Traduction : G. Coisne
Editeur : NEO
Sommaire de La fille du bourreau :
- La fille du bourreau
- Au service de l’Ahkoond
- L’histoire du chef de bataillon
- Jupiter Doke, Général de Brigade
- Une jarre de sirop
- La vallée hantée
- Les disparitions mystérieuses
- Itinéraires de fantômes
- De quelques maisons hantées
Première page de La fille du bourreau
« En l’an de Notre Seigneur 1680, le premier mai, nous, Aegidius, Romanus et Ambrosius, moines franciscains de la très chrétienne cité de Passau, fûmes envoyés par notre Supérieur au monastère de Berchtesgaden, près de Salzbourg. N’ayant pas encore atteint vingt-deux ans, moi, Ambrosius, étais le plus jeune des trois.
Le monastère de Berchtesgaden était, savions-nous, situé dans une contrée sauvage et montagneuse, couverte de lugubres forêts, infestée par les ours et les esprits mauvais, et nos cœurs étaient emplis de tristesse à l’idée de ce qu’il pourrait advenir de nous en un aussi épouvantable pays. Obéir aux commandements de l’Église est cependant le devoir de chaque Chrétien, et c’est sans plainte aucune, et même avec joie, que nous nous sommes inclinés devant la volonté de notre bien-aimé et révéré Supérieur. »
Extrait de : A. Bierce. « La fille du bourreau. »
Histoires macabres et flegmatiques de la guerre de Sécession par Ambrose Bierce

Fiche de Histoires macabres et flegmatiques de la guerre de Sécession
Titre : Histoires macabres et flegmatiques de la guerre de Sécession
Auteur : Ambrose Bierce
Date de parution : 2020
Traduction : J. Papy
Editeur : Grasset
Sommaire de Histoires macabres et flegmatiques de la guerre de Sécession :
- Chickamauga
- Un fils des dieux (Etude au présent de narration)
- Porté disparu
- Tué à Resaca
- La brèche de Coulter
- Une rude bagarre
- Le coup de grâce
- Combat d’avant-postes
- Histoire d’une conscience
- Un certain genre d’officier
- Un officier, un homme
- Groupe Thurston (trois incidents de la vie d’un homme)
- L’oiseau moqueur
- L’homme qui se retrouva
Première page de Chickamauga
« Par un après-midi d’automne ensoleillé, un enfant vagabonda à travers un petit champ, loin de sa rustique demeure, et pénétra dans une forêt sans être vu. Il éprouvait le bonheur neuf d’échapper à tout contrôle, de pouvoir explorer à l’aventure ; car son esprit, dans le corps de ses ancêtres, avait été entraîné, pendant plusieurs milliers d’années, à accomplir de mémorables exploits de découverte et de conquête : batailles victorieuses dont les moments critiques étaient des siècles, où les camps des vainqueurs étaient des villes de roches taillées. Depuis le berceau de sa race, il s’était frayé sa route de haute lutte à travers deux continents, puis, franchissant une vaste mer, il avait pénétré dans un troisième, pour y recevoir un héritage de guerre et de domination.
L’enfant était un petit garçon d’environ six ans, fils d’un pauvre planteur. Durant les premières années de son âge viril, le père avait été soldat, et, après avoir combattu des sauvages nus, avait suivi le drapeau de son pays jusqu’à la capitale d’une race civilisée, à l’extrême sud. »
Extrait de : A. Bierce. « Histoires macabres et flegmatiques de la guerre de sécession. »
Fables fantastiques par Ambrose Bierce

Fiche de Fables fantastiques
Titre : Fables fantastiques
Auteur : Ambrose Bierce
Date de parution : 1995
Traduction : B. Sallé
Editeur : Rivages
Sommaire de Fables fantastiques :
- Fables fantastiques
- Aesopus emendatus
- Vieilles histoires avec de nouvelles dents
- Fables rimées
Premières pages de Principe moral et intérêt matériel / Fables fantastiques :
« Un PRINCIPE MORAL rencontra un INTÉRÊT MATÉRIEL sur un pont qui n’était assez large que pour le passage d’un seul.
« À terre, chose vulgaire ! » tonna le principe moral, « et laisse-moi te passer dessus ! » L’intérêt matériel se contenta de fixer l’autre dans les yeux sans dire un mot.
« Bon », dit le PRINCIPE MORAL, après un moment d’hésitation, « tirons à pile ou face pour savoir lequel d’entre nous va reculer jusqu’à ce que l’autre ait traversé. »
L’INTÉRÊT MATÉRIEL RESTA SANS BRONCHER.
« Dans le pur intérêt d’éviter une querelle », reprit le PRINCIPE MORAL, visiblement mal à l’aise, « je vais moi-même me coucher sur le sol et vous allez me marcher dessus. » »
Extrait de : A. Bierce. « Fables fantastiques. »
Epigrammes par Ambrose Bierce

Fiche de Epigrammes
Titre : Epigrammes
Auteur : Ambrose Bierce
Date de parution : 1911
Traduction : T. Gillyboeuf
Editeur : Editions Allia
Première page de Epigrammes
« SI tous les hypocrites des États-Unis se cassaient la jambe aujourd’hui, le pays pourrait être envahi demain sans rencontrer d’obstacle par les hypocrites va-t-en-guerre du Canada.
Pour le Dogmatisme, l’Esprit de Curiosité est le même que l’Esprit du Mal, et aux portraits de ce dernier, il ajoute une queue pour former le point d’interrogation.
“Immoral” : tel est le jugement du bœuf dans son étable sur l’agneau qui gambade.
En pardonnant une offense, montrez-vous plus ou moins cérémonieux, de crainte que votre magnanimité ne soit interprétée comme de l’indifférence.
C’est vrai que l’homme ne connaît pas la femme. Mais la femme non plus.
L’âge est prévoyant parce que moins nous avons de futur, plus nous en avons peur.
La raison est faillible et la vertu peut être vaincue ; les vents changent et l’aiguille renonce au pôle, mais la bêtise ne se trompe et ne s’interrompt jamais. Depuis que l’on a découvert que l’axe de la terre oscille, la bêtise est indispensable comme étalon de la constance. »
Extrait de : A. Bierce. « Epigrammes. »