Catégorie : Livres

 

Parleur par Ayerdhal

Fiche de Parleur

Titre : Parleur ou les chroniques d’un rêve enclavé
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 1997
Editeur : J’ai lu

Première page de Parleur

« Il est arrivé un matin, au petit matin, le cinquième jour de la fermentation, quand le miel prend sa première amertume. C’était l’Année des Feux de Pierre, les vignes appelaient l’eau de tous leurs raisins, l’été n’en finissait pas de rogner l’automne. C’était l’année où le Prince adouba son aîné, l’année où il lui confia la ville pendant qu’il guerroyait pour son Roi sur d’autres rivages. Jamais les mères n’avaient pleuré autant d’enfants, jamais les épouses n’avaient perdu autant de maris, jamais n’avaient-elles autant été souillées. Sale année.

Il est arrivé avec le vent de mer, un havresac au bout du bras droit, le chat sur l’épaule gauche.

Le museau niché dans son cou, le chat dormait. C’était une femelle de moins de cinq livres, d’un noir passé de gris, d’un gris taché de feux. C’était cent jours après la mort de Karel, l’assassinat de Karel. Cent jours : le temps qu’une nouvelle se faufile depuis la capitale du Sud jusqu’à la capitale du Nord et qu’un bon marcheur en revienne. »

Extrait de : Ayerdhal. « Parleur ou les chroniques d’un rêve enclavé. »

La roue fulgurante par Jean de La Hire

Fiche de La roue fulgurante

Titre : La roue fulgurante
Auteur : Jean de La Hire
Date de parution : 1907
Editeur : Jean-Claude Lattès

Première page de La roue fulgurante

« Ce fut le 18 juin que la chose arriva. L’homme qui, le premier, a vu la Roue Fulgurante, est un capitaine de carabiniers espagnols nommé José Mendès.
Précédé de sa fille Lola et de son valet de chambre Francisco, qui portait sur l’épaule une lourde valise, il descendait tranquillement du fort de Montjuich vers Barcelone. Ces trois personnes allaient prendre à la gare « del Norte » le train de quatre heures cinquante pour Saragosse.
Le chemin, raide et pittoresque, passe à travers les jardins de Miramar, domine de bien haut la mer et les docks à charbon du port marchand, puis dévale brusquement jusqu’au bas de la colline, où il devient une infecte rue. »

Extrait de : J. de La Hire. « La roue fulgurante. »

La croix du sang par Jean de La Hire

Fiche de La croix du sang

Titre : La croix du sang (Tome .. sur .. – Nyctalope)
Auteur : Jean de La Hire
Date de parution : 1941
Editeur : Editions d’Hauteville

Première page de La croix du sang

« À Paris, dans son courrier, Léo Saint-Clair trouva la lettre que voici :

La Hêtraie,
Par Saint-Christophe-sur-le-Nais
(Indre-et-Loire).

Mon cher ami,

En d’inoubliables circonstances, nous nous sommes juré l’un à l’autre assistance immédiate et absolue si, quelque jour, un grave danger menaçait l’un de nous ou un être humain aimé de nous.

Saint-Clair, en vertu de votre serment, venez à moi, venez à nous, venez vite !… je vous attends.

Jacques d’Hermont.

P.-S. – Ne me répondez pas. Venez ! Venez avec Soca et Vitto, car sans doute aurez-vous besoin d’eux. Pour moi, pour mon entourage et ma domesticité, vous serez censé me faire l’amicale surprise de vous arrêter à La Hêtraie au cours de votre voyage, afin de déjeuner avec moi à la fortune du pot, comme je vous y ai souvent convié.

Supposez que vous êtes invité à chasser le sanglier dans le Périgord. Ayez donc vos armes et munitions de chasse à la grosse bête. »

Extrait de : J. de La Hire. « La croix du sang – Nyctalope. »

Wanda par Jean de La Hire

Fiche de Wanda

Titre : Wanda (Tome .. sur .. – Nyctalope)
Auteur : Jean de La Hire
Date de parution : 1936
Editeur : Editions André Jaeger

Première page de Wanda

« Le mercredi 25 juin 1913, vers 7 heures du matin, en mer Noire, un grand trois-mâts, l’Hirondelle, filait dru sous petite voilure. Rieur parce qu’il aimait le gros temps et que celui d’aujourd’hui ne serait, à son avis, qu’un essai de tempête et non une tempête véritable, le capitaine Gaston Barnave, sous son ciré et son suroît jaune clair, fumait son brûle-gueule sur la passerelle en se laissant mollement balancer du même rythme qu’avait son ami Léo Saint-Clair, le Nyctalope, adossé à côté de lui et fumant un cigare. Ils venaient de faire un petit déjeuner copieux et savoureux ; ils avaient eu grand appétit et digéraient bien, d’autant plus contents qu’une profonde et solide amitié les liait depuis une bonne vingtaine d’années, c’est-à-dire depuis l’École Navale. Aimant passionnément la mer, ils avaient tous deux, d’ailleurs pour des raisons bien différentes, conquis le brevet de capitaine au long cours.

Mais tout à coup les deux hommes, d’un même mouvement très vif, tournèrent et penchèrent la tête pour regarder par bâbord avant. »

Extrait de : J. de La Hire. « Wanda – Nyctalope. »

L’ile d’épouvante par Jean de La Hire

Fiche de L’ile d’épouvante

Titre : L’ile d’épouvante (Tome .. sur .. – Nyctalope)
Auteur : Jean de La Hire
Date de parution : 1930
Editeur : Editions d’Hauteville

Première page de L’ile d’épouvante

« Quels drames, avant cette entrevue mystérieuse, projetée par une femme extraordinaire résolue à s’allier à l’homme le plus étonnant que l’Humanité ait jamais connu !…
D’abord, ce fut la nuit où Saint-Clair le Nyctalope découvrit que sa femme Sylvie et leur fils Pierre, mis en catalepsie au moyen d’un merveilleux appareil, et en compagnie d’un certain Mézarek, savant redoutable, étaient endormis de telle sorte qu’ils ne se réveilleraient qu’en l’an 2125 !
Puis ce fut la nuit où, par le même procédé scientifique, Saint-Clair et son ami Gnô Mitang, et leurs gardes du corps Vitto et Soca s’endormirent pour ne se réveiller, eux aussi, que cent soixante-douze années plus tard !…
Les années passent, passent. Et c’est le réveil. Et, au réveil, c’est :
D’un côté, le Nyctalope et ses amis, grâce à la multiplication et à l’emploi de leur fortune pendant leur sommeil, sont automatiquement devenus les maîtres de L’Universelle, puissante agence d’informations, de propagande, régnant sur tout l’hémisphère sud de la Terre. »

Extrait de : J. de La Hire. « L’île d’épouvante – Nyctalope. »

Belzébuth par Jean de La Hire

Fiche de Belzébuth

Titre : Belzébuth (Tome .. sur .. – Nyctalope)
Auteur : Jean de La Hire
Date de parution : 1930
Editeur : Editions d’Hauteville

Première page de Belzébuth

« — C’est curieux ! fit Saint-Clair en entrant dans sa chambre. Pourquoi diable suis-je oppressé, agacé, inquiet ?… Et cela précisément à la fin d’une journée si joliment printanière, si gaie… Rarement, j’ai eu, comme aujourd’hui, la pleine conscience du bonheur où nous vivons, ma femme, mon fils et moi… Et voilà que, cet heureux jour terminé, je suis mal à l’aise, tourmenté, inquiet… angoissé même. Pourquoi ?
Ainsi soliloquant, Saint-Clair s’était arrêté au milieu de la chambre. Contrevents fermés, la nuit était complète. Mais Léo Saint-Clair était le « Nyctalope » : comme les yeux de certains animaux, ses yeux avaient la faculté rare d’y voir la nuit presque autant que le jour.
Dans le château de Blingy, à Versailles, qu’ils habitaient depuis leur mariage, c’est-à-dire depuis douze ans, Léo et Sylvie Saint-Clair avaient divisé le premier étage en deux petits appartements de trois pièces entre lesquels s’allongeait une galerie toute vitrée d’un côté, et donnant de l’autre côté sur les deux chambres de leur fils Pierre et de sa gouvernante, Mlle Bron.
Celte galerie, avant d’aboutir à l’appartement du Nyctalope, traversait de part en part une vieille tour féodale. »

Extrait de : J. de La Hire. « Belzebuth – Nyctalope. »

Le mystère de l’Everest par Jean de La Hire

Fiche de Le mystère de l’Everest

Titre : Le mystère de l’Everest (Tome .. sur .. – Nyctalope)
Auteur : Jean de La Hire
Date de parution : 1925
Editeur : Editions André Jaeger

Première page de Le mystère de l’Everest

« Jean Ciserat secoua sa cigarette au-dessus du cendrier et dit en riant :

— Qu’est-ce que c’est, ce capitaine Néel, dont je vois pour la première fois le portrait sur ce meuble ? Il a une belle écriture et la dédicace est assez mystérieuse.

Et il la lut, la dédicace, avec une sorte d’emphase comique :

« À Léo Saint-Clair, en lui souhaitant de voir clair dans les ténèbres de l’Everest, point culminant du massif de l’Himalaya. »

— Comme tu es ignorant ! s’écria Saint-Clair en se renversant dans le fauteuil où il était confortablement assis. Mais, mon cher, tu n’as donc rien lu au sujet des expéditions anglaises pour l’ascension du mont Everest ?

— Ma foi ! fit Ciserat en haussant les épaules, j’ai lu ce que tout le monde a lu : des articles de journaux, des études dans des revues, des résumés de comptes rendus scientifiques…

— Et tu n’as vu nulle part le nom du capitaine Néel ?

— Non ! ou du moins je n’y ai pas prêté une attention qui le situât dans ma mémoire. »

Extrait de : J. de La Hire. « Le mystère de l’Everest – Nyctalope. »

Les amazones par Jean de La Hire

Fiche de Les amazones

Titre : Les amazones (Tome 2 sur 3 – Amazones)
Auteur : Jean de La Hire
Date de parution : 1930
Editeur : Editions d’Hauteville

Première page de Les amazones

«  Lat. N. 1 à 4°. Long. O. 17 à 21°. »

Que de chemin parcouru déjà depuis ce jour encore si proche où Noël Matiffou avait tracé les bases de l’audacieuse expédition !

Que de drames et d’angoisses motivant la farouche détermination, l’irrévocable décision !

D’abord ce fut la disparition de Jean Le Boucau, beau et intelligent jeune homme de seize ans. Disparition aussi mystérieuse que l’avaient été, peu auparavant, celles d’autres jeunes gens, de divers pays d’Europe, et aussi énigmatiques que le furent, malgré les surveillances, les vingt autres qui suivirent.

La trahison de Zaraz alors que Matiffou, Mordec, Palmital et Kriegman se préparaient à explorer le Pays Inconnu… La fuite de Carnuru… l’enlèvement d’Hélène Dancourt par les Xapiz…

Puis soudain, étrangement, ç’avait été la rencontre avec les Amazones et, quelques heures plus tard, en pleine nuit, Laurent Mordec serrait ses jeunes frères sur sa poitrine.

Et là maintenant, dans le Pays Inconnu… »

Extrait de : J. de La Hire. « Les amazones – Amazones. »

Le pays inconnu par Jean de La Hire

Fiche de Le pays inconnu

Titre : Le pays inconnu (Tome 1 sur 3 – Amazones)
Auteur : Jean de La Hire
Date de parution : 1955
Editeur : Editions d’Hauteville

Première page de Le pays inconnu

« Dans son bureau du quai des Orfèvres, M. Tigrot, chef de la Sûreté, dépouillait son courrier avec M. Dablion, son secrétaire, lorsque crépita la sonnerie du téléphone.

L’appareil en main, M. Tigrot bougonna doucement :

— Allô ! allô !…

Et presque aussitôt :

— Oui, j’écoute !

Debout, le secrétaire regardait son patron.

Et soudain, il vit la physionomie de M. Tigrot se transformer, ses gros sourcils se froncer jusqu’à se rejoindre, ses lèvres rasées dessiner la moue boudeuse des circonstances graves.

Pendant une bonne minute, M. Tigrot écouta sans émettre d’autres paroles qu’un « oui, oui » machinal ; et puis, de sa tranquille voix ferme qui se tenait toujours dans les tons bas, sauf en de rares moments de grosse colère, il répondit :

— Mais oui, monsieur, oui, vous pouvez venir tout de suite… J’ai d’ailleurs à vous dire des choses qui vous surprendront… Non, non, pas sur votre cas… Excusez-moi si je ne prolonge pas cet entretien téléphonique… Je vous attends… À tout à l’heure, monsieur ! »

Extrait de : J. de La Hire. « Le pays inconnu – Amazones. »

Wazházhe par Hervé Jubert et Benoît Séverac

Fiche de Wazházhe

Titre : Wazházhe
Auteur : Hervé Jubert et Benoît Séverac
Date de parution : 2018
Editeur : Le passage

Première page de Wazházhe

« Debout dans un nuage de sang et de douleur. Agrippé à la table, mais debout. Le tisonnier s’abat sur ses jambes, ses côtes, ses bras. Les trois hommes qui le frappent, le père et ses fils, grognent. De fatigue et de frustration. Tout autre que cet Indien serait déjà à terre, attendant le coup de grâce.
Mais E Stah Sop Pe reste debout.
Son regard embrasse le décor sordide qui va recueillir son dernier souffle. Une cuisine sale, au sol de terre battue, éclairée par deux lampes tempête. Des braises dans la cheminée. La bouteille d’eau de feu qu’il partageait avec ses tueurs, ainsi que les quatre verres, ont roulé sous le banc.
Ses forces le quittent. Ils sont trop nombreux. Il sait qu’il va mourir.
Le vieux prend le tisonnier des mains de son cadet – soûl, en sueur, nauséeux – et s’apprête à l’abattre sur l’Indien qui, plus rapide, l’arrache à son bourreau. E Stah Sop Pe le brandit au-dessus de sa tête rasée et tatouée de motifs guerriers. Il se redresse comme un ours des montagnes et domine le vieux, recroquevillé. Il lui dit dans sa langue :
– E Stah Sop Pe et ses compagnons ont traversé la Grande Eau Salée. Ils ont rencontré le chef de ta tribu. Ils lui ont transmis la requête du peuple Wazházhe, celui que vous appelez les Osages. »

Extrait de : H. Jubert + B. Séverac. « Wazházhe. »