Étiquette : auteur-Hobb

 

L’assassin du roi par Robin Hobb

Fiche de L’assassin du roi

Titre : L’assassin du roi (Tome 2 sur 6 – L’assassin royal)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 1996
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : J’ai lu

Première page de L’assassin du roi

« Pourquoi nous est-il interdit de rédiger une étude détaillée des différentes magies ? Peut-être parce que nous craignons qu’un tel savoir ne tombe entre des mains incompétentes ; et, de fait, il existe depuis toujours un système d’apprentissage destiné à garantir la transmission d’une connaissance approfondie de la magie aux seuls individus formés et jugés dignes de la recevoir. Cependant, aussi louable que paraisse cette démarche visant à nous préserver des pratiques inhabiles de la tradition secrète, elle omet un élément essentiel : le fait que la disposition à la magie ne procède pas de sa connaissance. Le talent pour tel ou tel type de magie est inné, il ne s’acquiert pas. Par exemple, le don pour la magie connue sous le nom d’Art a une relation étroite avec la lignée royale des Loinvoyant, bien qu’on puisse le trouver à l’état « sauvage » chez des gens dont les ancêtres sont issus à la fois des tribus de l’Intérieur et des populations outrîliennes. Une personne exercée à l’Art peut entrer en contact avec l’esprit d’une autre, sans considération de distance, et savoir ce qu’elle pense ; puissamment douée, elle peut influencer cette personne ou converser avec elle. »

Extrait de : R. Hobb. « L’Assassin du roi – L’assassin royal. »

L’apprenti assassin par Robin Hobb

Fiche de L’apprenti assassin

Titre : L’apprenti assassin (Tome 1 sur 6 – L’assassin royal)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 1995
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : J’ai lu

Première page de L’apprenti assassin

« L’histoire des Six-Duchés se confond nécessairement avec celle de leur famille régnante, les Loinvoyant. Un récit complet nous ramènerait à une époque bien antérieure à la fondation du premier duché et, si leurs noms étaient restés dans les mémoires, nous décrirait les Outrîliens venus de la mer assaillant une côte plus clémente et plus tempérée que les grèves glacées des îles d’Outre-mer. Mais nous ignorons les noms de ces lointains ancêtres.

Quant au premier véritable roi, il ne nous en est parvenu guère plus que son nom et quelques légendes extravagantes. Il se nommait Preneur, tout simplement, et c’est peut-être avec ce patronyme qu’est née la tradition d’octroyer aux filles et aux fils de sa lignée des noms qui devaient modeler leur vie et leur être. La croyance populaire prétend qu’on usait de magie pour en imprégner indéfectiblement le nouveau-né et que les rejetons royaux étaient incapables de trahir les vertus dont ils portaient le nom. Trempés dans la flamme, plongés dans l’eau salée et offerts aux vents de l’air, c’est ainsi que les enfants élus se voyaient imposer ces qualités. Du moins le raconte-t-on. »

Extrait de : R. Hobb. « L’apprenti assassin – L’assassin royal. »

Le Prince bâtard par Robin Hobb

Fiche de Le Prince bâtard

Titre : Le Prince bâtard (Tome 2 sur 2 – L’assassin royal – Prélude)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 2013
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Pygmalion

Première page de Le Prince bâtard

« C’est à la demande de Cardinal que moi, Félicité, j’écris ces mots. C’était un érudit, et il se fût chargé de cette entreprise lui-même si le destin lui en avait laissé le temps ; hélas, il n’en fut rien. Il m’a confié cette tâche en me priant instamment de respecter la vérité, comme il sied à la mémoire d’une ménestrelle tenue à l’objectivité, et d’écrire de ma plume la plus claire, car il souhaitait que chacun pût lire ce texte aisément l’année prochaine ou d’ici vingt ans. Il m’a aussi imposé de décrire des événements que je suis seule à connaître afin que, dans les années à venir, on ne puisse dire qu’il s’agissait de fantaisies de ménestrelle, d’embellissements ajoutés pour rendre l’histoire plus attrayante.

Je vais donc reproduire ce texte en deux exemplaires reliés, comme il l’a fait pour sa chanson, dont je ferai deux paquets ; l’un ira dans une cachette connue de moi seule, l’autre là où, selon Cardinal, il demeurera sans doute dissimulé pendant des années : la bibliothèque de Castelcerf. »

Extrait de : R. Hobb. « Le prince bâtard – L’assassin royal – Prélude. »

Retour au pays par Robin Hobb

Fiche de Retour au pays

Titre : Retour au pays (Tome 1 sur 2 – L’assassin royal – Prélude)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 2004
Traduction : V. David-Marescot
Editeur : J’ai lu

Première page de Retour au pays

« Aujourd’hui, on m’a confisqué, sans motif, arbitrairement, cinq caisses et trois malles. Cela s’est passé durant le chargement du navire Aventure qui, à la noble initiative du Gouverneur Esclépius, se met en route pour établir une colonie sur les Rivages Maudits. Le contenu des caisses est le suivant : un bloc de splendide marbre blanc, propre à sculpter un buste, deux blocs de jade aarthien, propres à sculpter des bustes, un grand bloc de belle stéatite, de hauteur et largeur d’homme, cinq lingots de cuivre d’excellente qualité et trois barils de cire. Une caisse contenait une balance, des outils pour travailler le métal et la pierre, et des instruments de mesure. Le contenu des malles est le suivant : deux robes de soie, une bleue et une rose, confectionnées par la couturière Vista, marquées à son chiffre. Un coupon de tissu foulé vert. Deux châles, un en laine blanche, un en lin bleu. Plusieurs paires de bas d’hiver et d’été. Trois paires de mules, dont une en soie, ornée de boutons de rose. »

Extrait de : R. Hobb. « Retour au pays – L’assassin royal – Prélude. »

L’héritage et autres nouvelles par Robin Hobb

Fiche de L’héritage et autres nouvelles

Titre : L’héritage et autres nouvelles
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 2011
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Pygmalion

Sommaire de L’héritage et autres nouvelles

  • Une note de lavande
  • La dame d’argent et le quadragénaire
  • Coupure
  • Le cinquième chat écrasé
  • Chats errants
  • Finis
  • Boîte à rythme
  • L’héritage
  • Viande pour chat

Première page de Une note de lavande

« MA SŒUR ET MOI AVONS GRANDI comme des souris dans un vieux canapé moisi. Déjà, quand j’avais neuf ans et qu’elle n’était qu’un nourrisson, je nous voyais ainsi. La nuit, alors qu’elle dormait au creux de mon ventre et que je tombais à moitié du sofa qui nous servait de lit, j’entendais les souris qui se déplaçaient en dessous de nous et grignotaient le rembourrage, et parfois les petits couinements des nouveau-nés quand la mère venait les nourrir ; je me repliais davantage sur Lisa ; je lui donnais le rôle d’une petite souris rose au lieu d’un petit bébé, et à moi celui d’un papa souris enroulé autour d’elle pour la protéger. Quelquefois, les nuits en étaient moins froides.

J’habitais depuis toujours dans le même appartement en sous-sol ; il y faisait constamment froid, même en été. C’était un logement affreux, humide et délabré, mais ceux des étages au-dessus étaient pires, infestés d’une odeur d’urine et de pourriture. »

Extrait de : R. Hobb. « L’Heritage et autres nouvelles. »

Racines par Robin Hobb

Fiche de Racines

Titre : Racines (Tome 8 sur 8 – Le soldat chamane)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 2008
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Pygmalion

Première page de Racines

« Il faisait noir et Fils-de-Soldat était ankylosé à force d’être demeuré assis sur le rocher glacé près de la rivière. Il lui fallut quelque temps pour se mettre debout, puis il gémit en redressant le dos. Il piétina la terre comme un chat qui pelote, s’efforçant d’assouplir ses muscles qui regimbaient, puis il fit quelques pas entre les arbres qui s’élevaient comme des piliers de ténèbres dans l’obscurité moins dense de la nuit. Nous distinguions l’emplacement du village grâce à la faible lueur qui filtrait par les fenêtres sur le versant au-dessus de nous, mais elle ne suffisait pas à éclairer le chemin. Il se mit en route d’une démarche d’aveugle et se trempa les pieds par deux fois avant de retrouver le pont et de franchir le cours d’eau. »

Extrait de : R. Hobb. « Racines – Le soldat chamane. »

Danse de terreur par Robin Hobb

Fiche de Danse de terreur

Titre : Danse de terreur (Tome 7 sur 8 – Le soldat chamane)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 2008
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Pygmalion

Première page de Danse de terreur

« Traversant une plage de sable gris, il gagna un affleurement de roche sombre, puis, de là et sans hésiter, une zone de pierres arrondies entre lesquelles la marée, en se retirant, laissait des flaques. Le maigre soleil de l’automne n’avait guère réchauffé l’eau, mais elle était certainement moins froide que celle des vagues qui déferlaient à grand bruit sur la grève.

Il s’assit lourdement sur un trône de pierre et, avec un grognement d’effort, ôta ses bottes neuves puis ses chaussettes en laine. Mes pieds ne m’avaient jamais paru si éloignés que lorsqu’il se pencha sur son énorme ventre pour les atteindre, en retenant son souffle à cause de ses poumons comprimés. Il jeta négligemment bottes et chaussettes de côté, se redressa avec un gémissement de soulagement, puis inspira profondément et plongea lentement les pieds dans l’eau. »

Extrait de : R. Hobb. « Danse de Terreur – Le soldat chamane. »

Le renégat par Robin Hobb

Fiche de Le renégat

Titre : Le renégat (Tome 6 sur 8 – Le soldat chamane)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 2008
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Pygmalion

Première page de Le renégat

« On ne me laissa pas l’occasion de me défendre pendant mon procès en cour martiale. Debout dans le box où l’on m’avait enfermé, je m’efforçais de ne pas prêter attention au supplice des fers qui me mordaient les chevilles ; trop petits pour un homme de ma corpulence, ils me cisaillaient le bas des jambes, brûlure insupportable qui s’accompagnait paradoxalement d’une insensibilité progressive. La douleur prenait le pas sur l’issue de l’audience, dont, de toute manière, je connaissais le verdict à l’avance.

Ce calvaire demeure le principal souvenir de mon procès, qu’il teinte d’une brume rouge. Quantité de témoins vinrent déposer à charge contre moi ; j’entends encore le ton vertueux avec lequel ils décrivirent à mes juges le détail de mes crimes : viol, meurtre, nécrophilie, profanation de cimetière. L’absence totale d’espoir de ma situation avait érodé l’indignation et l’horreur que ces accusations soulevaient en moi. »

Extrait de : R. Hobb. « Le Renégat – Le soldat chamane. »

Le choix du soldat par Robin Hobb

Fiche de Le choix du soldat

Titre : Le choix du soldat (Tome 5 sur 8 – Le soldat chamane)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 2006
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Pygmalion

Première page de Le choix du soldat

« Le même après-midi, beaucoup plus tard, je me présentai chez le colonel Lièvrin. Après avoir rendu le malheureux soldat à la terre, j’avais monté des seaux d’eau de la rivière et m’étais nettoyé à m’en mettre la peau à vif, mais je restais imprégné de l’odeur de la mort. J’aurais aimé me débarrasser des vêtements que je portais lors de l’opération, mais je ne pouvais me permettre ce luxe ; je me bornai donc à les laver et à les laisser sécher sur la corde à linge que je venais de tendre. J’évitai Ebroue et Quésit : je n’avais envie de parler à personne de ma rencontre avec les Ocellions ; toutefois, il me semblait de mon devoir de la rapporter au colonel.

Le sergent me fît attendre. J’avais fini par comprendre que, pour obtenir une audience avec l’officier, c’était son secrétaire dont je devais épuiser la résistance. Aussi me plantai-je devant son bureau et demeurai-je là, sans bouger, à le regarder pendant qu’il s’occupait de sa paperasse. Au bout d’un moment, il me dit d’un ton sec : « Vous pourriez revenir plus tard. »

Extrait de : R. Hobb. « Le choix du Soldat – Le soldat chamane. »

La magie de la peur par Robin Hobb

Fiche de La magie de la peur

Titre : La magie de la peur (Tome 4 sur 8 – Le soldat chamane)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 2006
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Pygmalion

Première page de La magie de la peur

« Je n’eus vraiment l’impression d’être parti de chez moi qu’en milieu de matinée. Je connaissais si bien les terres voisines du domaine, dont mon père se servait abondamment comme pâture, qu’elles me semblaient lui appartenir aussi. J’avançais comme dans un brouillard, l’esprit en proie à mes conflits intérieurs.

Mon père m’avait renié. J’étais libre. Ces deux idées s’entre-déchiraient en moi. Libre d’aller à l’aventure, de donner un nom différent à ceux qui me le demanderaient ; nul ne me reprocherait d’abandonner le destin que le dieu de bonté m’avait fixé pour choisir un autre métier que celui des armes. Je me retrouvais libre aussi de ne pas manger à ma faim, de me faire dépouiller par des bandits, de subir les malheurs propres à ceux qui s’opposaient à la volonté du dieu de bonté, libre de m’échiner à me faire une place au soleil dans un monde qui, dans sa grande majorité, me méprisait ou se détournait de moi à cause de mon obésité. »

Extrait de : R. Hobb. « La Magie de la Peur – Le soldat chamane. »