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Ysabel par Guy Gavriel Kay

Fiche de Ysabel
Titre : Ysabel
Auteur : Guy Gavriel Kay
Date de parution : 2007
Traduction : E. Vonarburg
Editeur : Les éditions Alire
Première page de Ysabel
« Ned n’était pas impressionné. Pour ce qu’il pouvait en voir, dans la lumière atténuée qui tombait des petites fenêtres hautes, la cathédrale Saint-Sauveur d’Aix-en-Provence était un vrai bazar : dehors, là où l’équipe de son père était en train de tout installer pour une séance de prises de vue préliminaires, et à l’intérieur, où il était tout à fait seul dans la pénombre.
Il était censé trouver ça cool, d’être là tout seul. Mélanie, la minuscule assistante de son père, tellement organisée que c’en était presque ridicule, lui avait donné une brochure touristique sur la cathédrale en lui disant, avec un de ses clins d’œil, d’y aller avant qu’ils ne commencent à prendre les photos numériques qui serviraient de test et précéderaient les véritables photos destinées au livre. »
Extrait de : G.G Kay. « Ysabel. »
Un éclat d’antan par Guy Gavriel Kay

Fiche de Un éclat d’antan
Titre : Un éclat d’antan
Auteur : Guy Gavriel Kay
Date de parution : 2019
Traduction : E. Vonarburg
Editeur : Les éditions Alire
Première page de Un éclat d’antan
« Un homme qui n’est plus de toute jeunesse, dans une vaste pièce, la nuit. Des lanternes, des lampes, des torches dans des supports, une belle table, de hautes fenêtres fermées par des volets, des tableaux sur les murs, plongés dans l’ombre. Il n’est pas seul. Et pourtant, il sent son esprit se tourner vers un temps où il était encore jeune. Cela nous arrive à tous. Un parfum nous emporte, une voix, un nom, quelqu’un nous rappelle une personne connue…
Des événements se déroulent en cet instant, mais il y a aussi un délai, une pause dans la précipitation de toutes ces courses, et le passé est plus proche la nuit.
Il songe à une histoire datant de l’époque où il apprenait le monde et la place qu’il y tenait. Il ne peut conter cette histoire et ne le fera pas. Nous ne percevons que des éclairs de l’histoire, même la nôtre. Elle ne nous appartient pas entièrement – dans notre souvenir, dans ce que nous en écrivons, en entendons ou en lisons. Nous ne pouvons récupérer qu’une partie du passé. Parfois, c’est assez. »
Extrait de : G.G Kay. « Un éclat d’antan. »
Tigane par Guy Gavriel Kay

Fiche de Tigane
Titre : Tigane
Auteur : Guy Gavriel Kay
Date de parution : 1990
Traduction : C. Faure-Geors
Editeur : J’ai lu
Première page de Tigane
« Les deux lunes étaient pleines, qui éclipsaient toutes les étoiles hormis les plus brillantes. De chaque côté du fleuve, les feux de camp s’étiraient avant de disparaître dans la nuit. La Deisa au cours tranquille retenait le clair de lune et l’orangé des feux les plus proches, puis les réfléchissait en longs rubans aux contours imprécis. Tous ces faisceaux lumineux convergeaient à hauteur de ses yeux, à l’endroit de la berge où il était assis, les bras autour des genoux, songeant à sa mort prochaine et à la vie qui avait été la sienne.
Quelle nuit admirable, se dit-il en inspirant une bouffée d’air tiède ; il huma le fleuve, les plantes aquatiques, le tapis d’herbe, contempla le reflet bleu argenté du clair de lune, entendit le murmure de la Deisa et les chants lointains qui montaient autour des feux de camp. De l’autre côté aussi on chantait, remarqua-t-il en écoutant les soldats ennemis sur la rive nord. Il était bien difficile de croire que ces voix à l’unisson appartenaient à des êtres foncièrement mauvais et de les haïr aussi aveuglément qu’il est nécessaire pour faire un bon soldat. »
Extrait de : G.G Kay. « Tigane. »
Les lions d’Al-rassan par Guy Gavriel Kay
Fiche de Les lions d’Al-rassan
Titre : Les lions d’Al-rassan
Auteur : Guy Gavriel Kay
Date de parution : 1995
Traduction : E. Vonarburg
Editeur : J’ai lu
Première page de Les lions d’Al-rassan
« Rappelle-toi toujours qu’ils viennent du désert.
Autrefois, avant que Jehane eût ouvert son propre cabinet de consultation, au temps où son père pouvait encore lui parler et l’instruire, il lui avait répété bien des fois cette maxime à propos des maîtres asharites qui les toléraient et parmi lesquels – comme le faisaient partout les tribus dispersées des Kindaths – ils travaillaient à ménager dans le monde un petit espace de sécurité où trouver une certaine quiétude.
« Mais le désert ne fait-il pas partie de notre propre histoire ? » se rappelait-elle avoir demandé une fois, une question renvoyée comme un défi ; elle n’avait jamais été une élève facile, ni pour lui ni pour personne.
« Nous l’avons traversé, avait répliqué Ishak de sa belle voix bien modulée. Nous y avons séjourné pour un temps, en chemin. Mais nous n’avons jamais été vraiment un peuple des dunes. Eux, oui. Même ici en Al-Rassan, au milieu des jardins, de l’eau et des arbres, les Fils des Étoiles ne sont jamais certains de leur permanence. Au fond de leur cœur, ils demeurent ce qu’ils étaient lorsqu’ils ont pour la première fois adopté les enseignements d’Ashar dans les sables. Quand tu hésites sur la façon de comprendre l’un d’entre eux, souviens-t’en, et la conduite à suivre s’éclaircira sans doute. »
Extrait de : G.G Kay. « Les lions d’Al-Rassan. »
Le dernier rayon du soleil par Guy Gavriel Kay

Fiche de Le dernier rayon du soleil
Titre : Le dernier rayon du soleil
Auteur : Guy Gavriel Kay
Date de parution : 2004
Traduction : E. Vonarburg
Editeur : Les Editions Alire
Première page de Le dernier rayon du soleil
« Ibn Bakir avait fini par comprendre qu’il manquait un cheval.
Tant qu’on ne l’avait pas retrouvé, tout était suspendu. Sur la place du marché, la foule se pressait dans la grisaille matinale du printemps. On remarquait tout particulièrement la présence d’hommes armés, barbus et de vastes proportions, mais ils n’étaient pas là pour le commerce. Pas aujourd’hui. Le marché n’ouvrirait pas, si alléchantes fussent les marchandises débarquées du navire venu du sud.
De toute évidence, il était arrivé à un mauvais moment.
Firaz ibn Bakir, marchand de Fézana, qui représentait très délibérément le glorieux califat d’Al-Rassan dans les soies vivement colorées dont il était vêtu (loin d’être assez chaudes pour le vent coupant), ne pouvait s’empêcher de voir ce délai comme une épreuve supplémentaire à lui imposée pour les transgressions commises dans une existence moins que vertueuse. »
Extrait de : G.G Kay. « Le Dernier Rayon du soleil. »
Enfants de la terre et du ciel par Guy Gavriel Kay

Fiche de Enfants de la terre et du ciel
Titre : Enfants de la terre et du ciel
Auteur : Guy Gavriel Kay
Date de parution : 2016
Traduction : E. Vonarburg
Editeur : Les Editions Alire
Première page de Enfants de la terre et du ciel
« Ce fut avec un serrement de cœur que l’ambassadeur fraîchement arrivé de Séressa comprit que l’Empereur Rodolfo, célèbre pour son excentricité, était sérieux dans son intention d’expérimenter avec le protocole de la cour.
L’Empereur aimait les expériences, c’était de notoriété publique.
L’ambassadeur, apparemment, allait devoir se prosterner par trois fois – et à deux reprises ! – quand il serait enfin invité à approcher le trône impérial. Ce devait être conforme à la manière dont on était présenté au Grand Calife Gurçu, à Asharias, lui expliqua l’officiel de très haute taille qui l’escortait. C’était aussi, ajouta le courtisan, songeur, la manière dont on approchait autrefois les grands Empereurs d’Orient. Rodolfo était à présent intéressé, semblait-il, à l’effet d’une telle déférence officielle, observée et remarquée par la cour. Et puisque Rodolfo était l’héritier de ces augustes figures du lointain passé, cela n’avait-il pas du bon sens ?
Non, pas du tout, pensa l’ambassadeur, en le gardant par-devers lui. »
Extrait de : G.G Kay. « Enfants de la Terre et du Ciel. »
La voie obscure par Guy Gavriel Kay
Fiche de La voie obscure
Titre : La voie obscure (Tome 3 sur 3 – La tapisserie de Fionavar)
Auteur : Guy Gavriel Kay
Date de parution : 1986
Traduction : E. Vonarburg
Editeur : J’ai lu
Première page de La voie obscure
« Connais-tu ton désir le plus profond ? »
Kim Ford était étudiante, autrefois, trop jeune pour l’université et trop jeune pour son âge, quand on lui avait posé cette question devant un cappuccino, lors d’un premier rendez-vous. Elle en avait été fort impressionnée. Plus tard, ayant beaucoup perdu de sa naïveté, elle avait souvent souri à ce souvenir, en se rappelant comme ce garçon avait été près de se retrouver dans son lit sur la simple foi d’une bonne réplique et de son aisance avec les serveurs dans un restaurant chic. Mais elle n’avait jamais oublié la question.
Et à l’instant présent, guère plus âgée mais néanmoins dotée de cheveux blancs, et aussi loin de son univers qu’elle pouvait l’imaginer, Kim en possédait la réponse.
Son désir le plus profond, c’était de voir mourir d’une mort immédiate et douloureuse l’homme barbu penché sur elle, avec ses tatouages verts sur le front et les joues. »
Extrait de : G.G Kay. « La Tapisserie de Fionavar – La voie obscure. »
Le feu vagabond par Guy Gavriel Kay
Fiche de Le feu vagabond
Titre : Le feu vagabond (Tome 2 sur 3 – La tapisserie de Fionavar)
Auteur : Guy Gavriel Kay
Date de parution : 1986
Traduction : E. Vonarburg
Editeur : J’ai lu
Première page de Le feu vagabond
« L’hiver arrivait. La neige de la nuit précédente n’avait pas fondu et saupoudrait les arbres dénudés. À son réveil, ce matin-là, Toronto se retrouvait vêtue et maquillée de blanc, et c’était seulement le mois de novembre.
Devant les volutes symétriques de l’hôtel de ville, Dave Martyniuk traversait la place Nathan Philips en marchant avec la plus grande prudence et en regrettant de ne pas avoir mis ses bottes. Tout en manœuvrant vers l’entrée du restaurant sur le trottoir d’en face, il constata avec une certaine surprise que les trois autres l’attendaient déjà.
« Un nouveau costume, Dave ! » dit Kevin Laine dont le regard vif ne manquait rien. « Quand est-ce arrivé ?
— Salut, tout le monde, répondit Dave. Je l’ai acheté la semaine dernière. Je ne peux quand même pas porter les mêmes vestes de velours côtelé toute l’année, n’est-ce pas ? »
Extrait de : G.G Kay. « Le feu vagabond – La tapisserie de Fionavar. »
L’arbre de l’été par Guy Gavriel Kay
Fiche de L’arbre de l’été
Titre : L’arbre de l’été (Tome 1 sur 3 – La tapisserie de Fionavar)
Auteur : Guy Gavriel Kay
Date de parution : 1984
Traduction : E. Vonarburg
Editeur : J’ai lu
Première page de L’arbre de l’été
« Pendant les brèves périodes de calme qui survinrent par la suite, la question refit surface : pourquoi eux ? Il y avait une réponse facile, qui avait trait à Ysanne au bord de son lac, mais ne répondait pas à la question la plus importante. Kimberly aux cheveux devenus blancs, dirait qu’elle pouvait sentir la lueur obscure d’un dessein lorsqu’elle scrutait ses souvenirs, mais nul n’est besoin d’être prophétesse pour juger après coup de la trame changeante de la Tapisserie, et Kim, de toute façon, était un cas spécial.
Seuls les départements techniques n’avaient pas terminé leur session ; les cours et les sentiers ombragés du campus de l’Université de Toronto auraient dû être déserts en ce début de mai, surtout un vendredi soir. Que le plus vaste des espaces libres ne le fût pas justifiait la décision des organisateurs du Second Colloque international sur les Celtes ; en agençant le programme pour accommoder certains conférenciers importants, on avait couru le risque de voir une bonne partie de l’auditoire potentiel disparaître sur les chemins de l’été avant le début du colloque. »
Extrait de : G.G Kay. « La Tapisserie de Fionavar – L’Arbre de l’Eté. »
Le Seigneur des Empereurs par Guy Gavriel Kay
Fiche de Le Seigneur des Empereurs
Titre : Le Seigneur des Empereurs (Tome 2 sur 2 – La mosaïque de Sarance)
Auteur : Guy Gavriel Kay
Date de parution : 2000
Traduction : E. Vonarburg
Editeur : J’ai lu
Première page de Le Seigneur des Empereurs
« Dans les premiers vents rigoureux de l’hiver, le Roi des rois de Bassanie, Shirvan le Grand, Frère du Soleil et des Lunes, Glaive de Pérun, Fléau d’Azal le Noir, quitta les murailles de sa cité fortifiée de Kabadh pour le sud-ouest avec une bonne partie de sa cour ; il voulait examiner l’état des fortifications dans cette partie des contrées sur lesquelles il régnait. Il sacrifierait à l’antique Flamme Sacrée de la caste religieuse et chasserait les lions dans le désert. Au matin du premier jour de chasse, il fut blessé juste en dessous de la clavicule.
La flèche était fichée en profondeur et aucun de ceux qui se trouvaient avec lui dans les sables n’osa tenter de la déloger. On emporta le Roi des rois en litière jusqu’à la forteresse de Kérakek, non loin de là. On craignait fort de le voir trépasser.
Les accidents de chasse étaient choses communes. La cour bassanide comptait un certain nombre d’archers à la fois enthousiastes et erratiques. »
Extrait de : G.G Kay. « Mosaïque de Sarance – Le Seigneur des Empereurs. »