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Le chemin de Sarance par Guy Gavriel Kay
Fiche de Le chemin de Sarance
Titre : Le chemin de Sarance (Tome 1 sur 2 – La mosaïque de Sarance)
Auteur : Guy Gavriel Kay
Date de parution : 1998
Traduction : E. Vonarburg
Editeur : J’ai lu
Première page de Le chemin de Sarance
« Les orages étaient assez fréquents à Sarance, les nuits d’été, pour accréditer l’histoire bien souvent répétée selon laquelle l’empereur Apius avait rejoint le dieu au milieu d’un monumental déchaînement d’éclairs et de tonnerre sur la Cité sainte. Pertennius d’Eubulus lui-même, quelque vingt ans plus tard, le relate ainsi, en y ajoutant la chute d’une statue de l’Empereur devant la Porte de Bronze de l’Enceinte impériale, et un chêne fendu du faîte à la racine devant les murailles extérieures. Ceux qui écrivent l’histoire préfèrent souvent le dramatique à la vérité. C’est l’une des faiblesses de la profession.
En réalité, la nuit où Apius rendit son dernier souffle dans la salle de Porphyre, au palais Atténin, il ne pleuvait pas sur la Cité. Plus tôt dans la soirée, on avait vu de temps à autre un éclair, avec deux ou trois grondements de tonnerre, bien au nord de Sarance, du côté des terres à grains de Trakésie. Compte tenu des événements ultérieurs, cette direction septentrionale aurait déjà pu paraître porteuse d’un présage suffisant. »
Extrait de : G.G Kay. « Le chemin de Sarance – La mosaïque de Sarance. »
Les chevaux célestes par Guy Gavriel Kay
Fiche de Les chevaux célestes
Titre : Les chevaux célestes (Tome 1 sur 2 – Les chevaux célestes (nouvelle traduction))
Auteur : Guy Gavriel Kay
Date de parution : 2010
Traduction : M. Cabon
Editeur : L’Atalante
Première page de Les chevaux célestes
« Parmi les dix mille bruits, le jade et l’or, les tourbillons de poussière de Xinan, il veillait souvent jusqu’au matin entouré de ses amis du district nord en buvant du vin épicé avec les courtisanes.
Ils écoutaient la flûte et le pipa, ils déclamaient des vers, se mesuraient à coups de quolibets et de citations. Parfois, ils se retiraient dans une alcôve avec une belle parfumée toute de soie vêtue. Alors, quand les tambours de l’aube sonnaient la fin du couvre-feu, ils rentraient chez eux d’un pas incertain pour consacrer la journée au sommeil plutôt qu’aux études.
Désormais, là dans les montagnes, seul dans l’air pur impitoyable des rives du Kuala Nor, loin à l’ouest de la cité impériale, au-delà même des frontières de l’empire, Tai gagnait sa couche étroite dès la nuit tombée, sous les premières étoiles, et la quittait à l’aurore. »
Extrait de : G.G Kay. « Les chevaux célestes. »
Le fleuve des étoiles par Guy Gavriel Kay
Fiche de Le fleuve des étoiles
Titre : Le fleuve des étoiles (Tome 2 sur 2 – Les chevaux célestes)
Auteur : Guy Gavriel Kay
Date de parution : 2013
Traduction : E. Vonarburg
Editeur : Editions Alire
Première page de Le fleuve des étoiles
« Une fin d’automne, tôt dans la matinée. Il fait froid, de la brume monte du sol de la forêt, enveloppant les grands bambous verts du bosquet, étouffant les sons, dissimulant les Douze Pics, à l’est. Sur le sentier, les feuilles rouges et jaunes tombent des érables. Les cloches du temple, à la lisière de la ville, semblent lointaines lorsqu’elles sonnent, comme en provenance d’un autre monde.
Il y a des tigres dans la forêt, mais ils chassent la nuit, ils n’auront pas faim maintenant, et c’est un petit bosquet. Les habitants de Shengdu, même s’ils craignent les grands félins et si les plus âgés déposent des offrandes sur les autels du dieu tigre, se rendent malgré tout dans la forêt pendant le jour, quand c’est nécessaire, pour aller chercher du bois de chauffage ou pour chasser, à moins que ne soit connue la présence d’un mangeur d’hommes. Une terreur primitive s’empare d’eux alors, les champs restent en friche et les théiers intacts tant que la bête n’a pas été abattue, ce qui peut demander beaucoup d’efforts et, parfois, il y a des morts. »
Extrait de : G.G Kay. « Le Fleuve des étoiles – Les chevaux célestes. »
Sous le ciel par Guy Gavriel Kay

Fiche de Sous le ciel
Titre : Sous le ciel (Tome 1 sur 2 – Les chevaux célestes)
Auteur : Guy Gavriel Kay
Date de parution : 2010
Traduction : E. Vonarburg
Editeur : Editions Alire
Première page de Sous le ciel
« Souvent, au milieu des bruits, de l’or, du jade et des tourbillons de poussière de Xinan, Tai avait passé toute la nuit avec des amis à boire du vin épicé dans le District Nord, en compagnie des courtisanes.
Ils écoutaient de la musique, flûte ou pipa, déclamaient des vers, s’adressaient des piques ou des citations pour se mettre à l’épreuve, se cherchaient parfois une chambre privée, en compagnie d’une femme soyeuse et parfumée, puis ils retournaient chez eux d’un pas incertain, après avoir entendu résonner les tambours de l’aube qui annonçaient la fin du couvre-feu, et ils dormaient le reste de la journée au lieu d’étudier.
Ici, dans les montagnes, seul dans l’air dur et froid au bord des eaux du Kuala Nor, loin à l’ouest de la cité impériale, et même au-delà des frontières de l’empire, Tai se retrouvait dans un lit étroit à la tombée de la nuit, sous l’éclat des premières étoiles, et il s’éveillait au lever du soleil. »
Extrait de : G.G Kay. « Sous le Ciel – Les chevaux célestes. »
Guy Gavriel Kay

Présentation de Guy Gavriel Kay :
Guy Gavriel Kay est un écrivain canadien né le 7 novembre 1954 à Weyburn, dans la Saskatchewan. Reconnu mondialement pour son style élégant et mélancolique, il occupe une place unique dans les littératures de l’imaginaire grâce à ses récits qui mêlent méticuleusement la recherche historique et le merveilleux.
L’apprentissage auprès d’un maître
Alors qu’il est étudiant en droit à l’Université de Toronto, la vie de Guy Gavriel Kay prend un tournant décisif en 1974. Il est choisi par Christopher Tolkien pour l’aider à éditer et à structurer les notes posthumes de son père, J.R.R. Tolkien. Ce travail monumental aboutira à la publication du Silmarillion en 1977.
Cette immersion dans les racines de la Terre du Milieu forge son respect pour la construction de mondes, bien qu’il choisira par la suite une voie littéraire très différente de celle du maître d’Oxford.
Des débuts entre mythe et épopée
Après son passage par le droit (il est admis au barreau de l’Ontario en 1980), Kay publie sa première œuvre majeure : la trilogie de La Tapisserie de Fionavar (The Fionavar Tapestry), parue entre 1984 et 1986. S’inscrivant dans la tradition de la high fantasy, cette saga explore les thèmes du sacrifice et du destin à travers un récit de « portail » où des étudiants de notre monde sont transportés dans un univers mythologique.
La « fantasy à un quart de tour »
C’est avec le roman Tigana (1990) que Kay définit véritablement son propre genre. Il s’éloigne des créatures fantastiques classiques (elfes, nains) pour se concentrer sur ce qu’il appelle la « fantasy à un quart de tour ». Le principe est simple mais exigeant : s’inspirer d’une période historique réelle et d’une culture précise, puis y injecter une dose de surnaturel pour explorer des thèmes universels sans être prisonnier de la vérité historique.
Parmi ses chefs-d’œuvre les plus célèbres, on compte :
- Les Lions d’Al-Rassan : une fresque inspirée de l’Espagne médiévale (la Reconquista).
- La Mosaïque de Sarance : un diptyque somptueux qui recrée l’Empire byzantin sous Justinien.
- Sous le ciel et Le Fleuve des étoiles : des récits inspirés par les dynasties Tang et Song de la Chine impériale.
Un style et une reconnaissance internationale
Le style de Kay se caractérise par une prose lyrique, une grande profondeur psychologique et une réflexion constante sur la manière dont l’histoire est écrite, déformée et mémorisée. Ses personnages sont souvent des artistes (mosaïstes, poètes, musiciens) confrontés aux rouages brutaux du pouvoir politique.
Son œuvre a été couronnée par de nombreux prix prestigieux, dont le prix World Fantasy en 2008 pour Ysabel. En 2014, il a été nommé Membre de l’Ordre du Canada, la plus haute distinction civile du pays, pour sa contribution à la littérature.
Influence et vie privée
Aujourd’hui, Guy Gavriel Kay vit à Toronto. Il continue de publier des romans qui, bien que classés en rayons de littérature de l’imaginaire, attirent un large public de lecteurs de fictions historiques. Il est considéré comme l’un des plus grands stylistes de la langue anglaise dans le domaine de la fiction contemporaine, ayant prouvé que la fantasy pouvait être un outil sophistiqué pour analyser l’expérience humaine et le poids du passé.
Livres de Guy Gavriel Kay :
Les chevaux célestes :
- Sous le ciel (2010)
- Le fleuve des étoiles (2013)
Les chevaux célestes (nouvelle traduction) :
- Les chevaux célestes (2010)
- Le fleuve céleste
Mosaïque de Sarance :
- Le chemin de Sarance (1998)
- Le seigneur des Empereurs (2000)
Tapisserie de Fionivar :
- L’arbre de l’été (1984)
- Le feu vagabond (1986)
- La voie obscure (1986)
Enfants de la terre et du ciel (2016)
Le dernier rayon de soleil (2004)
Les lions d’Al-Rassan (1995)
Tigane (1990)
Un éclat d’antan (2019)
Ysabel (2007)
Pour en savoir plus sur Guy Gavriel Kay :
La page Wikipédia sur G. G. Kay
La page Noosfere sur G. G. Kay
La page isfdb de G. G. Kay