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Le papillon tatoué par Philip Pullman

Fiche de Le papillon tatouéue du diable
Titre : Le papillon tatoué
Auteur : Philip Pullman
Traduction : J. Esch
Date de parution : 1992
Editeur : Rivages/Noir
Première page de Le papillon tatoué
« Chris Marshall rencontra la fille qu’il allait tuer par une douce soirée de début juin, le jour où un des collèges d’Oxford organisait son bal d’été. Les étudiants faisaient une dernière folie avant de quitter l’université pour devenir banquiers, diplomates ou publicitaires. Ils payaient cher pour pouvoir assister à ce genre de bals : une centaine de livres sterling, voire plus dans certains cas. En échange d’une telle somme, ils attendaient beaucoup et le comité d’organisation se démenait pour les satisfaire : pistes de danse sous des tentes, buffets avec champagne, groupes à la mode et anciens orchestres célèbres, spectacles de cabaret originaux… Bref, toutes les formes de divertissement en vogue, coûteuses et disponibles.
Ce collège-ci était situé sur un terrain qui bordait un étang. Il y aurait un feu d’artifice, un orchestre style années folles sur une plate-forme flottante et un spectacle de cirque sous un chapiteau. Ce serait une soirée tout à fait spectaculaire, qui incarnait aux yeux des étudiants la richesse et la magnificence qui leur étaient dues, à cette époque, dans ce pays. »
Extrait de : P. Pullman. « Le papillon tatoué. »
La mécanique du diable par Philip Pullman
Fiche de La mécanique du diable
Titre : La mécanique du diable
Auteur : Philip Pullman
Traduction : A. Piganiol
Date de parution : 1996
Editeur : Flammarion
Première page de La mécanique du diable
« À l’époque où se passe cette histoire, on mesurait le temps avec des horloges. Je veux dire de vraies horloges, avec des ressorts, des roues dentées, des engrenages, des balanciers, etc. On pouvait les démonter pour voir comment elles marchaient et puis les remonter. Aujourd’hui, il existe des horloges électriques, des horloges à quartz et Dieu sait quoi encore. On peut même acheter des montres à panneau solaire qui se règlent automatiquement par signal radio et n’ont jamais une seconde de retard. Allez donc y comprendre quelque chose… Pour moi, c’est de la sorcellerie.
L’horloge mécanique est déjà bien assez mystérieuse. Prenez, par exemple, un ressort de réveil. Il est fait d’une lame d’acier trempé, tranchante comme un rasoir, et si vous le tripotez sans faire attention, il est capable de vous sauter à la figure comme un serpent et de vous crever un œil. Ou bien imaginez un poids, vous savez, ces poids en fer qui font avancer les grosses horloges des clochers… Eh bien, si par malchance vous en receviez un sur la tête, il vous écrabouillerait la cervelle. »
Extrait de : P. Pullman. « La mécanique du diable. »
La communauté des esprits par Philip Pullman
Fiche de La communauté des esprits
Titre : La communauté des esprits (Tome 2 sur 3 – Trilogie de la poussière)
Auteur : Philip Pullman
Traduction : J. Esch
Date de parution : 2019
Editeur : Gallimard
Première page de La communauté des esprits
« Pantalaimon, le dæmon de Lyra Belacqua, devenue Lyra Parle-d’Or, était allongé sur le bord de la fenêtre de la petite chambre-bureau de Lyra au collège Sainte-Sophia, dans un état aussi éloigné que possible de la réflexion. Il avait conscience du courant d’air froid qui entrait par la fenêtre à guillotine mal ajustée, de la douce chaleur de la lampe à naphte posée sur le bureau, sous la fenêtre, du grattement du stylo de Lyra sur le papier, et de l’obscurité au-dehors. Le froid et la nuit étaient les deux choses auxquelles il aspirait le plus à cet instant. Alors qu’il était couché là, roulant sur lui-même pour sentir le froid tantôt sur son dos tantôt sur son ventre, le désir de sortir l’emporta sur son refus d’adresser la parole à Lyra.
– Ouvre la fenêtre, demanda-t-il finalement. J’ai envie de sortir.
Le stylo de Lyra s’arrêta ; elle repoussa sa chaise et se leva. Pantalaimon la voyait se refléter dans la vitre, comme suspendue au-dessus de la nuit d’Oxford. Il distinguait même son expression de contrariété rebelle. »
Extrait de : P. Pullman. « La trilogie de la Poussière – La communauté des esprits. »
La belle sauvage par Philip Pullman
Fiche de La belle sauvage
Titre : La belle sauvage (Tome 1 sur 3 – Trilogie de la poussière)
Auteur : Philip Pullman
Traduction : J. Esch
Date de parution : 2017
Editeur : Gallimard
Première page de La belle sauvage
« Au bord de la Tamise, à cinq kilomètres en amont du centre d’Oxford, à l’écart de l’endroit où les grands collèges Jordan, Gabriel, Balliol et deux douzaines d’autres s’affrontaient dans des courses nautiques, là où la ville n’était qu’un ensemble de tours et de flèches au loin, au-dessus des nappes de brouillard de Port Meadow, se dressait le prieuré de Godstow, occupé par de gentilles bonnes sœurs qui vaquaient à leurs saintes occupations, tandis que sur la rive opposée se trouvait une auberge baptisée La Truite.
Cette auberge était une vieille construction de pierre confortable, pleine de coins et de recoins. Il y avait une terrasse, qui surplombait le fleuve, sur laquelle deux paons (nommés Norman et Barry) se déplaçaient d’un air hautain parmi les clients qui se désaltéraient, n’hésitant pas à voler des amuse-bouche et levant parfois la tête pour pousser des cris féroces, sans aucune raison. »
Extrait de : P. Pullman. « La Belle Sauvage – Trilogie de la poussière. »
La princesse de Razkavie par Philip Pullman
Fiche de La princesse de Razkavie
Titre : La princesse de Razkavie (Tome 4 sur 4 – Sally Lockhart)
Auteur : Philip Pullman
Traduction : J. Esch
Date de parution : 1994
Editeur : Gallimard
Première page de La princesse de Razkavie
« Intelligente, gaie et pauvre, Rebecca Winter avait atteint l’âge de seize ans sans avoir jamais vu exploser une seule bombe. Ce n’était pas très difficile : en 1882, Londres n’était pas une ville plus explosive qu’aujourd’hui, mais pas moins non plus, car la dynamite constituait déjà un vigoureux adjuvant de la politique.
Mais, en cette belle matinée de mai, Becky ne pensait pas aux bombes. Le soleil brillait, le ciel était constellé de petits nuages blancs semblables à des flocons sur un lavis outremer et la jeune fille marchait dans une rue bordée d’arbres du quartier de Saint John’s Wood, au nord de Londres, en pensant à la grammaire allemande. Elle était sur le point de faire connaissance avec sa nouvelle élève – sa première élève, à dire vrai – et elle tenait à faire bonne impression. »
Extrait de : P. Pullman. « Sally Lockhart – La Princesse de Razkavie. »
La vengeance du tigre par Philip Pullman
Fiche de La vengeance du tigre
Titre : La vengeance du tigre (Tome 3 sur 4 – Sally Lockhart)
Auteur : Philip Pullman
Traduction : J. Esch
Date de parution : 1991
Editeur : Gallimard
Première page de La vengeance du tigre
« En cette matinée ensoleillée de l’automne 1881, Sally Lockhart regardait sa toute petite fille jouer dans le jardin, et elle se disait que tout allait pour le mieux.
Elle se trompait, mais elle ne devait s’en apercevoir qu’une vingtaine de minutes plus tard. L’homme qui lui prouverait qu’elle avait tort était encore en chemin. Pour le moment, elle était heureuse, et surtout, chose plus rare, elle en avait conscience ; elle était habituellement trop occupée pour s’en rendre compte.
La vue de sa maison la remplissait de bonheur : c’était une grande demeure située à Twickenham et baptisée Orchard House, le Verger, une construction de style Régence, vaste et aérée, avec des balcons en fer forgé et une véranda au toit de verre qui donnait sur le jardin. Celui-ci, entouré par un mur de briques patinées, se composait d’une grande pelouse ensoleillée, agrémentée de parterres de fleurs, d’une vigne grimpante et d’un figuier adossé à un des murs, sans oublier le bosquet de vieux pommiers et de pruniers qui donnaient son nom à la maison. »
Extrait de : P. Pullman. « Sally Lockhart – La vengeance du tigre. »
Le mystère de l’Étoile polaire par Philip Pullman
Fiche de Le mystère de l’Étoile polaire
Titre : Le mystère de l’Étoile polaire (Tome 2 sur 4 – Sally Lockhart)
Auteur : Philip Pullman
Traduction : J. Esch
Date de parution : 1986
Editeur : Gallimard
Première page de Le mystère de l’Étoile polaire
« Au printemps de l’année 1878, par une matinée ensoleillée, le bateau à vapeur Ingrid Linde, fierté de la Compagnie de navigation Anglo-baltique, disparut en mer Baltique.
Il transportait de Hambourg à Riga des pièces de machines et un ou deux passagers. Le voyage s’était déroulé sans encombre jusqu’à présent ; vieux de deux ans seulement, le navire était bien entretenu et capable de tenir la mer.
Le lendemain de son appareillage, il fut aperçu par une goélette qui faisait route dans la direction opposée. Les deux bateaux échangèrent un signal. Une barque qui se trouvait dans la même zone aurait dû apercevoir l’Ingrid Linde deux heures plus tard, si celui-ci avait poursuivi sa course. Mais la petite embarcation ne croisa aucun navire. »
Extrait de : P. Pullman. « Sally Lockhart – Le mystère de l’Étoile Polaire. »
La malédiction du rubis par Philip Pullman

Fiche de La malédiction du rubis
Titre : La malédiction du rubis (Tome 1 sur 4 – Sally Lockhart)
Auteur : Philip Pullman
Traduction : J. Esch
Date de parution : 1985
Editeur : Gallimard
Première page de La malédiction du rubis
« Par une froide et maussade après-midi d’octobre 1872, un fiacre s’arrêta devant les bureaux de Lockhart & Selby, agents maritimes installés au cœur du quartier financier de Londres. Une jeune fille en descendit et paya le cocher.
C’était une personne d’environ seize ans, seule et d’une beauté rare. Mince et pâle, elle portait un costume de deuil, avec un bonnet noir, sous lequel elle coinça une mèche blonde que le vent avait détachée de sa chevelure. Elle avait des yeux marron, étonnamment foncés pour quelqu’un d’aussi blond. Elle s’appelait Sally Lockhart, et dans moins d’un quart d’heure, elle allait tuer un homme.
Elle demeura un instant immobile devant le bâtiment, puis gravit les trois marches du perron et entra. Un couloir sombre s’ouvrait devant elle, et sur la droite se trouvait le bureau du concierge, où un vieil homme assis devant un feu de cheminée lisait un magazine à sensation. Lorsque Sally frappa au carreau, le vieil homme se redressa, l’air coupable, et laissa tomber le magazine à côté de son fauteuil. »
Extrait de : P. Pullman. « Sally Lockhart – La malédiction du rubis. »
Serpentine par Philip Pullman

Fiche de Serpentine
Titre : Serpentine (Tome 7 sur 7 – À la croisée des mondes)
Auteur : Philip Pullman
Traduction : J. Esch
Date de parution : 2020
Editeur : Gallimard
Première page de Serpentine
« Depuis que Lyra Parle-d’Or et son dæmon, Pantalaimon, s’étaient retrouvés après leur terrible séparation sur les rives du monde des morts, Lyra brûlait d’envie de le questionner au sujet de ce long moment passé loin d’elle. Toutefois, elle sentait confusément qu’elle ne devait pas l’interroger directement ; il lui raconterait tout en temps voulu. Mais les jours se succédaient, sans que jamais Pan aborde la question, et Lyra commençait à s’inquiéter.
Une inquiétude qui atteignit son paroxysme lors d’un séjour qu’elle effectua dans les terres du Nord, un an après que Yelena Pazhets, la sorcière, avait failli la tuer à Oxford et que Lyra avait été sauvée par les oiseaux.
La malédiction de Bolvangar avait pris fin, mais les terres du Nord subissaient encore le désastre climatique provoqué par Lord Asriel. Néanmoins, la fonte des neiges et le dégel du permafrost rendaient possibles toutes sortes de travaux archéologiques, et Jordan College avait financé des fouilles dans la région de Trollesund après la découverte récente de colonies fondées par un peuple de proto-pêcheurs. »
Extrait de : P. Pullman. « À la croisée des mondes – Serpentine. »
Les collectionneurs par Philip Pullman

Fiche de Les collectionneurs
Titre : Les collectionneurs (Tome 6 sur 7 – À la croisée des mondes)
Auteur : Philip Pullman
Traduction : J. Esch
Date de parution : 2014
Editeur : Gallimard
Première page de Les collectionneurs
« – En vérité, dit Horley, ils ne se connaissaient absolument pas. Ils n’avaient jamais entendu parler l’un de l’autre. Il n’était pas question des créateurs. Uniquement des œuvres.
— Et vous, comment en avez-vous entendu parler ? demanda Grinstead.
— Par le marchand qui m’a vendu le tableau. Falcondale. Max Falcondale.
— On peut se fier à lui ?
— Jusqu’à un certain point, disons. Mais il avait réalisé la vente. Il voulait juste raconter l’histoire.
En cette soirée de décembre 1970, les deux hommes étaient assis dans le foyer des professeurs du collège de Horley après dîner. Il faisait froid, et le repas, frugal et insipide, s’était achevé par une sorte de pudding aux noix qui ressemblait fort à du ciment. Le maigre feu de cheminée produisait juste assez d’énergie pour réchauffer le tapis placé devant l’âtre, laissant les coins de la pièce se débrouiller seuls. Les deux lampadaires disposés de part et d’autre émettaient plus de chaleur. L’assemblée était réduite : le bibliothécaire, l’aumônier, deux jeunes universitaires dont personne ne semblait connaître le nom, un professeur de philologie de passage et Grinstead, l’invité de Horley pour la soirée. »
Extrait de : P. Pullman. « Les collectionneurs – À la croisée des mondes. »