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Le mal d’Ibrator par Philippe Randa

Fiche de Le mal d’Ibrator

Titre : Le mal d’Ibrator
Auteur : Philippe Randa
Date de parution : 1988
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le mal d’Ibrator

« — Ce n’est pas encore parfait, décrète le professeur Her’in. Trop de temps s’écoule avant la fin de chaque cycle. Quinze jours pour une souris, une vingtaine pour un rat, vingt-cinq pour un lapin, avec de légères variantes suivant la grosseur de chaque cobaye. Pour un homme, cela atteindrait nécessairement un à deux mois.

— La guérison du mal d’Ibrator sera donc lente ? demande Daréna.

— Oui, comme son évolution est elle-même lente et irréversible, explique Stuc Géras. On doit utiliser le radiatif pour la guérison, une première fois environ trois ou quatre jours après que la maladie se soit déclarée, puis une seconde fois après un laps de temps identique.

Les deux radiatifs sont installés sur des socles de pierre au fond du laboratoire. Chacun d’eux est une masse ronde d’un bon mètre de diamètre, surmonté d’un disque reposant sur sa tranche. C’est par ce disque que les faisceaux sont expédiés.

Le radiatif A a été conçu pour inoculer le mal d’Ibrator et le B pour sa guérison. »

Extrait de : Ph Randa. « Le mal d’Ibrator. »

La planète noire de Lothar par Philippe Randa

Fiche de La planète noire de Lothar

Titre : La planète noire de Lothar
Auteur : Philippe Randa
Date de parution : 1982
Editeur : Fleuve noir

Première page de La planète noire de Lothar

« Je ralentis en vue des Jardins Publics de Falkhérian. Ils sont magnifiques et réputés dans tout l’Empire. Du reste, les touristes affluent par milliers chaque mois pour les admirer. Heureusement, il y a des heures de visite et j’arrive au bon moment pour éviter la foule.

Les boxes de stationnement pour terro-jet sont face aux grilles d’entrées, surveillées par deux gardiens. Pratiquement pas de véhicules ; je me gare dans la première place libre.

La neuvième heure du jour vient de sonner. Je suis donc dans les temps ; légèrement en avance, même.

J’ai longtemps hésité à venir ; ce genre de rendez-vous ne me plaît pas. Hier soir, j’ai reçu un appel au visiophone. Un appel anonyme… Mon interlocuteur, volontairement, n’a pas fait apparaître son visage sur l’écran et sa voix était déformée. Il parlait à travers un mouchoir, ou au moyen d’un appareil prévu à cet effet. Il en existe. J’ai déjà eu l’occasion de vérifier leur parfait fonctionnement ; même les décrypteurs de son de la Garde Spatiale sont inutilisables contre eux. »

Extrait de : Ph Randa. « La planète noire de Lothar. »

L’expérience du grand cataclysme par Philippe Randa

Fiche de L’expérience du grand cataclysme

Titre : L’expérience du grand cataclysme
Auteur : Philippe Randa
Date de parution : 1981
Editeur : Fleuve noir

Première page de L’expérience du grand cataclysme

« Sur mon écran de visibilité apparaît Vina. C’est la dernière planète de l’Empire Terrien dans cette direction de l’Univers. Sa colonisation date d’une cinquantaine d’années tout au plus.

D’après les renseignements que l’on m’a fournis avant mon départ, son climat est plutôt rébarbatif et n’incite pas les colons à venir s’installer. Je lance un appel… Tout de suite me parvient une réponse du poste de contrôle à terre. La voix emplit l’étroite cabine de ma nacelle spatiale :

— Déclinez votre nom et les raisons de votre arrivée sur Vina.

Je me penche sur le micro, déclare :

— Capitaine Orkan, des Commandos de la Garde Spatiale. J’ai l’ordre de me rendre auprès du commandant Réal.

Quelques secondes, puis la voix métallique du robot m’annonce :

— Permission d’atterrir accordée. Posez-vous sur le spatiodrome militaire. Ses coordonnées sont…

Il m’énumère une dizaine de chiffres que je communique au cerveau électronique. Désormais, le robot-pilote va s’occuper de poser ma nacelle spatiale. »

Extrait de : Ph Randa. « L’expérience du grand cataclysme. »

Folle meffa par Philippe Randa

Fiche de Folle meffa

Titre : Folle meffa
Auteur : Philippe Randa
Date de parution : 1982
Editeur : Fleuve noir

Première page de Folle meffa

« Je ne me ferai jamais à un mauvais lit. Pourtant, j’en ai connu de durs, de très durs, avec des trous, des bosses, de vicieuses anfractuosités, d’abondantes bêtes affamées, mais de là à souffrir le martyre comme en ce moment, jamais, au grand jamais !

Ma gueule de bois sculptée au cognac centaurien y est peut-être pour quelque chose, bien que je ne cherche pas spécialement une excuse, ni une circonstance atténuante à mon corps douloureux. Enfin, douloureux sauf d’un côté ! Le droit ! C’est chaud, doux comme du coton, un presque-rien frissonnant, et je me décide à ouvrir un œil. Une demi-hanche entre dans mon champ de vision ! J’ouvre deux yeux : tout le bas du dos m’apparaît. Chouette ! Très chouette, même. Des fesses rondes, roses, accueillantes… On parle de réveil avec un rayon de soleil, moi je préfère cette vision d’une belle croupe rebondie. »

Extrait de : Ph Randa. « Folle Meffa. »

Clash à Zagora par Paul Vence

Fiche de Clash à Zagora

Titre : Clash à Zagora (Service Action)
Auteur : Paul Vence
Date de parution : 1983
Editeur : Plon

Première page de Clash à Zagora

« L’homme débarqua de l’avion de Francfort à l’aéroport international de Tegel. Vêtu d’un costume gris et d’un imperméable mastic, il était de petite taille, avec une silhouette rondelette, le cheveu rare sur un visage empâté, avenant, aux pommettes roses. N’importe qui lui aurait trouvé une bonne tête de bon père de famille sérieux ou de grand-père heureux de choyer ses petits-enfants. Le type même du citoyen allemand « arrivé » dans la société et paisible dans la vie. La soixantaine environ.

Quand il sortit sur le trottoir, du côté des taxis, pour prendre la file d’attente, il pleuvait sur Berlin-Ouest. Une petite pluie fine et visqueuse qui pénétrait partout, jusque sous les vêtements, même si l’on était à l’abri. L’homme trouva la ville lugubre. Qu’allait-ce être de l’autre côté ? Là-bas, crever d’ennui avait véritablement un sens.

Il venait de Bruxelles… La capitale belge n’était qu’une très grande ville provinciale, mais au moins elle était gaie, fleurie, vivante… Les habitants, libres et bien nourris, suaient le plaisir. »

Extrait de : P. Vence. « Clash à Zagora – Service Action. »

Baroud sur Bolkar par Philippe Randa

Fiche de Baroud sur Bolkar

Titre : Baroud pour le genre humain
Auteur : Philippe Randa
Date de parution : 1982
Editeur : Fleuve noir

Première page de Baroud sur Bolkar

« — Un nom, répéta Karlton… Nous le connaissons, mais il faut que tu le prononces.

— Ça ne changera rien pour moi… Vous m’exécuterez quand même.

— Il y a différentes façons de mourir…

Un temps, puis l’officier ajouta :

— Tu sais le châtiment réservé aux pirates de l’espace.

— Les Vaks de Devon ?

Le capitaine Karlton ne répondit pas. L’homme le fixa un instant, puis son regard se porta à nouveau sur le sol, à ses pieds. Il était attaché, les bras en croix, au mur de sa cellule… Pas beau à voir. Le visage tuméfié, la bouche sanguinolente… Sa poitrine, surtout, le faisait souffrir. On venait de le fouetter sans ménagement. Vingt-cinq coups. Chacun lui avait brûlé la peau en la marquant de longues rayures bleuâtres.

Il hésitait encore à parler, mais comme le bourreau levait son fouet, il se décida brusquement :

— Khar !… Alk Khar ! Il tient un cabaret dans le port spatial de Bolkar. »

Extrait de : Ph Randa. « Baroud sur Bolkar. »

Baroud pour le genre humain par Philippe Randa

Fiche de Baroud pour le genre humain

Titre : Baroud pour le genre humain
Auteur : Philippe Randa
Date de parution : 1987
Editeur : Fleuve noir

Première page de Baroud pour le genre humain

« Ils sont trois au rez-de-chaussée d’un bâtiment contenant une dizaine de dortoirs semblables au leur. Tous sont inoccupés. Écrasés par l’immensité qui les entoure, ils ont choisi les couchettes les plus proches de la porte. Ils ne comprennent pas pourquoi ils sont là, pourquoi ils ne sont que trois et ce que l’on attend d’eux. Ils ne comprennent pas, mais ne se posent aucune question. Ils vivent dans une sorte de rêve.

Dans la journée, ils se promènent, boivent, mangent et ne font jamais rien. La nuit, ils dorment d’un sommeil profond. Cela dure depuis… Ils n’en ont pas la moindre idée, comme si le temps n’existait pas.

Un jour, dans les communautés, ils ont été désignés par Kranne le géant. Ils les a amenés dans ce bâtiment pour qu’ils choisissent eux-mêmes leur dortoir et leurs couchettes.

Il ne s’en est pas mêlé. Kranne ne commande pas, ne fournit aucune explication et les trois jeunes garçons n’en demandent jamais. Le géant se contente de vivre près d’eux pour les protéger, mais se rendent-ils compte de cette protection ? En tout cas, elle leur paraît toute naturelle. »

Extrait de : Ph Randa. « Baroud pour le genre humain. »

Aléas à travers le temps par Philippe Randa

Fiche de Aléas à travers le temps

Titre : Aléas à travers le temps
Auteur : Philippe Randa
Date de parution : 1983
Editeur : Fleuve noir

Première page de Aléas à travers le temps

« À côté de moi, sur le tableau de bord, l’écran des détecteurs à longue distance est zébré d’innombrables lignes convergeant toutes vers son centre. Les torpilles d’interception ! Je les expédie et elles font exploser celles de l’ennemi sans les laisser atteindre leur but. Il y en a de plus en plus. La cadence de tir de l’Arcaran va bientôt être submergée.
Je fais la grimace et branche le communicateur spécial reliant mon vaisseau directement au grand état-major par un couloir de transmission particulier. Le temps d’éclairer mon visiophone d’appel et l’image du transmetteur de service apparaît. J’annonce :
— Commandeur de l’Arcaran, en opération dans les Sermoises.
— Je vous écoute.
— Avec toute la Flotte, je suis engagé dans une bataille désespérée. Les vaisseaux de Khéler semblent prendre le dessus. J’essuie le feu de plusieurs unités et il est en train de dépasser les possibilités de riposte de mes torpilles d’interception. »

Extrait de : Ph Randa. « Aléas à travers le temps. »

Les sirènes d’Almadia par Philippe Randa

Fiche de Les sirènes d’Almadia

Titre : Les sirènes d’Almadia (Tome 3 sur 3 – Les pirates de l’espace)
Auteur : Philippe Randa
Date de parution : 1987
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les sirènes d’Almadia

« C’est ma première escale sur Tamal, à cause d’un réacteur grillé de mon vaisseau. J’aurais quand même pu tenter de continuer ma route, mais risquais alors d’endommager mon moteur.

En cas de panne totale, l’Étoile d’Ys n’aurait plus été qu’une épave. Il m’aurait fallu attendre de croiser la route d’un autre vaisseau et celui-ci n’aurait peut-être pas accepté de me remorquer. De plus, s’il s’était agi d’un vaisseau de la Garde fédérale, j’étais bon pour un contrôle d’identité auquel je ne tiens pas du tout. Pourtant mon bracelet magnétique au nom de Brom Steuqueur est suffisamment bien fabriqué pour résister aux contrôles de routine dans les spatiodromes et à une bonne partie des ordinateurs utilisés par les Sûretés urbaines.

Tout de même, moins il sera vérifié, mieux ce sera.

Je sors des ateliers du spatiodrome alors qu’il est vingt et une heures, heure terrienne ! Ma rage doit se voir à des kilomètres. J’attendais le devis des réparations depuis mon arrivée en fin de matinée et outre une note astronomique, celles-ci vont demander deux jours. Me voici bloqué sur cette foutue planète, alors que Marvel m’attend sur Thomas du Centaure. »

Extrait de : Ph Randa. « Les sirènes d’Almadia – Les pirates de l’espace. »

Le diable soit avec nous ! par Philippe Randa

Fiche de Le diable soit avec nous !

Titre : Le diable soit avec nous ! (Tome 2 sur 3 – Les pirates de l’espace)
Auteur : Philippe Randa
Date de parution : 1986
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le diable soit avec nous !

« J’ai trop bu d’alcool brun d’Ishar et flotte dans une ivresse euphorique. Un petit rire m’échappe. Où ai-je commencé à boire ? Je ne sais plus… J’émerge péniblement.

Plus beaucoup de monde dans la taverne de Solbatan. Au comptoir, un couple bavarde en terminant une bouteille de champagne ; du champagne terrien. Je connais ses prix, elle va leur coûter une fortune. Moi-même dois sans doute une belle somme.

Je porte mon verre à mes lèvres au moment où Mickey d’Artis entre. Pas très grand, toujours vêtu d’une combinaison rouge, un visage ridé avec de longs cheveux terminés en tresses, il avance vers moi avec un large sourire.

Je veux me mettre debout pour lui donner l’accolade, mais me retiens précipitamment à la table pour ne pas m’étaler. Saleté d’alcool ! Mickey éclate de rire :

— Tu en tiens une sévère, dis donc !

Il me tape amicalement sur l’épaule et je me laisse retomber dans mon fauteuil. »

Extrait de : Ph Randa. « Le diable soit avec nous ! – Les pirates de l’espace. »