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Watch Dogs : dark clouds par John Shirley

Fiche de Watch Dogs : dark clouds
Titre : Watch Dogs : dark clouds
Auteur : John Shirley
Date de parution : 2014
Traduction :
Editeur : Lumen
Première page de Watch Dogs : dark clouds
« Il traquait Aiden Pearce depuis des semaines. Dans la brume de novembre, sous un soleil timide en partie voilé par un fin rideau de nuages gris, Mick Jeremiah Wolfe arpentait la rive du lac Michigan, plutôt heureux d’être enfin de retour à Chicago. Malgré le froid glacial et en dépit de l’anxiété qui le rongeait, il avait l’intime conviction d’être à sa place dans cette fourmilière urbaine. Il avait grandi dans un quartier surnommé Back of the Yards, « l’arrière-cour », situé comme son nom l’indiquait derrière les anciens abattoirs de la ville. De ses yeux bleu acier jusqu’à la pointe de ses bottes militaires, Wolfe se sentait profondément lié à la ville qui l’avait vu naître. Il portait toujours ses rangers et sa veste de membre de la Delta Force, mais le vêtement n’arborait plus ni ses galons de sergent-chef, ni l’écusson des forces spéciales. On les lui avait arrachés, bien sûr, après son renvoi de l’armée pour manquement à l’honneur. »
Extrait de : J. Shirley. « Watch Dogs. »
Predator minuit à jamais par John Shirley

Fiche de Predator minuit à jamais
Titre : Predator minuit à jamais
Auteur : John Shirley
Date de parution : 2007
Traduction : B. Rivière
Editeur : Outworld Editions
Première page de Predator minuit à jamais
« 5 décembre 1804
Menant sa troupe de réfugiés tout en luttant pour conserver un fragment de bon sens, Lucius Broagham s’enfonce dans la jungle. Il ne doit pas perdre son sang-froid s’il veut survivre. Pour le bien de ses compagnons, il le doit. C’est la seule chose décente à faire. Et c’est son devoir. Après tout, ils sont sous son commandement. Ce serait tellement plus facile de lâcher ce fardeau et de céder à la folie comme l’a fait O’Hara, en attendant que les sombres créatures de cette jungle maudite fassent de vous leur prochain repas.
Ici, la raison devient aussi fragile qu’un château de cartes. Ils ont vu plusieurs lunes illuminer le ciel avant de plonger dans la jungle. N’ont-ils pas vu aussi ces créatures à trois pattes dont le front semble pousser séparément de la tête ? N’ont-ils pas vu également ces choses ressemblant à des méduses flottant dans l’air et non dans l’eau ? »
Extrait de : J. Shirley. « Predator – Minuit à jamais. »
La balade de city par John Shirley

Fiche de La balade de city
Titre : La balade de city
Auteur : John Shirley
Date de parution : 1980
Traduction : E. Bakhtadzé
Editeur : J.-C. Lattès
Première page de La balade de city
« Elle pose le casque sur ses oreilles et fait un signe ; de l’autre côté de la vitre, le technicien acquiesce d’un hochement de tête et enfonce un bouton.
Le premier morceau, du rock dur et improvisé qu’on appelle parfois angst rock, a été enregistré quelques semaines auparavant. Elle est chanteuse et leader de l’orchestre. Elle est la première à entendre la bande enfin mixée ; il a d’abord fallu trouver l’argent pour payer le studio. Elle n’a pas encore décroché le contrat qui permettrait d’en sortir un disque. Il n’y aura d’ailleurs peut-être jamais de contrat.
Elle s’appelle Sonja Pflug, Catz Wailen de son nom de scène. Tout le monde l’appelle Catz, maintenant, même sa famille. Cela fait deux minutes que la bande tourne, et peu à peu son front se plisse. Une moue perplexe incurve ses lèvres. Elle écoute en secouant doucement la tête. »
Extrait de : J. Shirley. « La balade de City. »
Bioshock Rapture par John Shirley

Fiche de Bioshock Rapture
Titre : Bioshock Rapture
Auteur : John Shirley
Date de parution : 2011
Traduction : C. Degottex
Editeur : Bragelonne
Première page de Bioshock Rapture
« Lorsque Sullivan, le chef de la sécurité, entra dans le bureau du Grand Homme au siège social de son empire, ce fut pour le trouver debout devant son immense baie vitrée, la silhouette auréolée par les lumières de la ville au-dehors. L’endroit n’était éclairé qu’à l’autre bout de la pièce par une lampe aux reflets verts posée sur la vaste table de travail en verre, si bien que le Grand Homme disparaissait presque entièrement dans la pénombre : les mains dans les poches d’un veston de costume sur mesure impeccable, il scrutait d’un regard maussade la ligne des toits new-yorkais.
Il était 20 heures, et le chef Sullivan – un homme d’âge moyen au costume détrempé par la pluie – n’aspirait plus qu’à rentrer chez lui, envoyer valser ses chaussures et écouter le match de boxe diffusé à la radio. Pour son malheur, le Grand Homme travaillait souvent tard, et il attendait avec impatience ses deux comptes-rendus. Pour autant, Sullivan avait tout de même hâte de tirer un trait sur l’un d’entre eux : celui sur le Japon. Rien que d’y penser il lui prenait une envie irrépressible de s’envoyer dans la seconde un petit remontant. Malheureusement, le Grand Homme ne lui en offrirait pas, c’était certain. »
Extrait de : J. Shirley. « Bioshock : Rapture. »
John Shirley

Présentation de John Shirley :
Né le 10 février 1953 à Houston, dans le vaste État du Texas, John Shirley s’est progressivement imposé comme l’une des plumes les plus subversives et avant-gardistes de la littérature d’anticipation nord-américaine. Esprit frondeur, profondément marqué par la contre-culture et la rébellion qui animent la jeunesse marginale, il est aujourd’hui considéré par les exégètes comme l’un des véritables pères fondateurs d’un courant littéraire âpre et électrisant que les critiques nomment le « cyberpunk ».
Son œuvre, d’une rare noirceur, dépeint avec une acuité quasi prophétique les dérives d’une société hyper-industrialisée, dominée par l’emprise des réseaux informatiques, la toute-puissance des conglomérats financiers et la décadence urbaine. C’est un monde de béton, de néons et de microprocesseurs qu’il nous donne à voir, s’éloignant des vaisseaux spatiaux traditionnels pour explorer une science-fiction du caniveau. Il s’est notamment illustré avec sa fameuse trilogie Éclipse (ou A Song Called Youth), où il allie une fine anticipation sociologique à un rythme narratif des plus frénétiques, mettant en scène la résistance d’une jeunesse désenchantée face à la montée de nouvelles tyrannies fascisantes.
Il convient de surcroît de souligner que John Shirley est un artiste aux talents polymorphes, dont la fougue ne saurait être contenue dans les seules pages d’un livre. Ne se limitant point aux horizons romanesques, il a également prêté sa verve au cinématographe, signant par exemple le scénario initial du célèbre et très ténébreux long-métrage The Crow. Plus singulier encore, ce romancier est un authentique musicien, s’illustrant dans le mouvement dit « punk » – cette musique rock aux accents colériques – et rédigeant de nombreux textes de chansons pour le fameux ensemble musical américain Blue Öyster Cult.
C’est donc un auteur total, furieusement moderne et iconoclaste, dont je ne saurais trop vous recommander la lecture si vous ne craignez point de voir vos certitudes bousculées par ses visions d’un futur oppressant.
Livres de John Shirley :
Bioshock Rapture (2011)
La balade de city (1980)
Predator (2007)
Watch Dogs (2014)
Pour en savoir plus sur John Shirley :
La page Wikipédia sur J. Shirley
La page Noosfere sur J. Shirley
La page isfdb de J. Shirley