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Matriarchie par R. Bloch

Fiche de Matriarchie

Titre : Matriarchie suivi de La fourmilière
Auteur : R. Bloch
Date de parution : 1975
Traduction : C. Meistermann
Editeur : Marabout

Sommaire de Matriarchie

  • Matriarchie
  • La fourmilière

Première page de Matriarchie

« Quelque chose n’allait pas.
Quelque chose n’allait vraiment, absolument pas. Il savait cela, mais guère plus.
Il y avait eu une douleur aiguë, mais pourquoi fallait-il que la lumière, l’air et le simple fait mécanique de respirer lui fissent si mal ? Il y avait des voix qu’il avait refusé de comprendre parce que la compréhension semblait douloureuse elle aussi.
Se tenir debout avait été douloureux, de même que marcher, monter, courir. Pourtant, il s’était tenu debout, avait marché, était monté, et il était maintenant en train de courir.
Il courait dans une rue. Ce devait être une rue : une large surface carrossable entre des bâtiments, avec des trottoirs qui bordaient l’asphalte. Mais ni circulation ni piétons.
Cela l’aida quelque peu. Personne en vue. Il était seul et cela valait mieux, d’une certaine manière. La solitude facilitait la réflexion. »

Extrait de : R. Bloch. « Matriarchie. »

Lori par R. Bloch

Fiche de Lori

Titre : Lori
Auteur : R. Bloch
Date de parution : 1989
Traduction : F. Truchaud
Editeur : Pocket

Première page de Lori

« Lorsque vous atteignez un certain âge, vous pouvez apercevoir le tunnel au bout de la lumière.
Ed Holmes regarda fixement la phrase un moment, puis il retira la feuille de sa machine à écrire et la jeta dans la corbeille à papier. Celle-ci était quasiment remplie de feuilles identiques, froissées et ressemblant à des boules de pop-corn. Des phrases creuses et insipides, de la bouillie pour les chats et autres minets débiles amateurs de fast-foods. Et lorsque la corbeille à papier était presque remplie cela voulait dire qu’il commençait à avoir la tête vide. À présent il citait le président Bush.
Il était temps d’arrêter pour aujourd’hui. Peut-être n’aurait-il dû jamais commencer –  »

Extrait de : R. Bloch. « Lori. »

Les neuf cercles du crime par R. Bloch

Fiche de Les neuf cercles du crime

Titre : Les neuf cercles du crime
Auteur : R. Bloch
Date de parution : 2000
Traduction : B. Martin, G. de Chergé, P. Alpérine, A. Rosenblum, N. et P. Darcis, L. Lemoine
Editeur : Manitoba

Sommaire de Les neuf cercles du crime

  • Un meurtre fort insolite
  • Enoch
  • Une maison accueillante
  • L’âge tendre
  • Le bracelet vivant
  • L’homme qui avait une manie
  • J’embrasse ton ombre
  • Regarde comme elles courent
  • L’homme aux doigts d’or

Première page d’Un meurtre fort insolite

« Seuls les morts connaissent Brooklyn.
C’est Thomas Wolfe qui a dit cela ; maintenant qu’il est mort, il doit savoir à quoi s’en tenir.
Londres, bien sûr, c’est une autre histoire.
Du moins, c’est ainsi qu’Hilary Kane considérait la capitale. Peut-être pas exactement comme une histoire ; plutôt comme un roman démodé, follement picaresque, dans lequel chaque rue représentait un chapitre gorgé de personnages et d’épisodes lui appartenant en propre. Chaque pâté de maisons représentait une page, chaque immeuble un paragraphe replié sur lui-même au sein de l’intrigue embrouillée : telle était l’idée qu’Hilary Kane se faisait de la ville, et il la connaissait bien.
Au fil des années, il l’avait parcourue en tous sens, lisant la ville phrase par phrase, jusqu’à ce que chaque ligne lui fût devenue familière ; il avait appris Londres par cœur. »

Extrait de : R. Bloch. « Les neuf cercles du crime. »

Les cadavres ne meurent jamais par R. Bloch

Fiche de Les cadavres ne meurent jamais

Titre : Les cadavres ne meurent jamais
Auteur : R. Bloch
Date de parution : 1986
Traduction : J.-P. Gratias, F. Truchaud
Editeur : Clancier-Guénaud

Sommaire de Les cadavres ne meurent jamais

  • Les cinq cartes de la mort
  • Une question d’identité
  • La mare sans fond
  • Le sceau du satyre
  • Les cadavres ne meurent jamais

Première page de Les cinq cartes de la mort

« La véritable horreur provenait du fait qu’Harry Clinton était un jeune étudiant tout à fait ordinaire. Il arborait une veste de daim minable, dont l’aisselle gauche était usée par le frottement des manuels qu’il portait sous son bras. Il avait l’habitude de siffloter les dernières chansons à la mode et possédait la plupart des derniers enregistrements phonographiques « swings ». Il conduisait une voiture quelconque, et était préoccupé par le prix de l’essence. Il faisait partie de la seconde équipe de basket-ball, il aimait mettre du ketchup sur ses hamburgers, il… oh, ma foi, c’était un étudiant ordinaire, ressemblant à des milliers d’autres. Et pourtant il connaissait la Peur grimaçante.
Harry Clinton suivait les cours de Western Tech depuis deux ans, lorsque le professeur Baim commença ses expériences. Comme les autres étudiants  »

Extrait de : R. Bloch. « Les cadavres ne meurent jamais. »

Le temps mort par R. Bloch

Fiche de Le temps mort

Titre : Le temps mort
Auteur : R. Bloch
Date de parution : 1961
Traduction : C. Meaux
Editeur : NEO

Première page de Le temps mort

« Larry attendait la mesure d’entrée du piano.
Son smoking de location commençait à se mouiller légèrement aux aisselles. Tandis qu’il fixait la piste de danse, ses mains quittèrent le clavier maculé du vieux piano buffet et lissèrent d’un geste nerveux les boucles noires de ses cheveux. Il réalisa soudain qu’il devait avoir l’air sinistre et se força à sourire.
Au fait, pourquoi s’inquiéter ? La piste de danse était à dix pas au moins, plongée dans la pénombre ; et personne ne pouvait distinguer ses traits. Personne ne pouvait s’apercevoir du malaise qu’il éprouvait en se demandant si ses poignets engourdis tiendraient le coup la soirée entière. Grâce à quelques vieux trucs, il espérait parvenir à dissimuler le fait qu’il n’avait plus touché un clavier depuis un bon bout de temps.
Larry s’arrêta à cette pensée. Au fond, personne ne s’en apercevrait parce que tous s’en foutaient  »

Extrait de : R. Bloch. « Le temps mort. »

Le démon noir par R. Bloch

Fiche de Le démon noir

Titre : Le démon noir
Auteur : R. Bloch
Date de parution : 1983
Traduction : F. Truchaud, G. de Chergé, J.-P. Gratias, H. Fagne
Editeur : Clancier-Guénaud

Sommaire de Le démon noir

  • Le secret de la tombe
  • L’expérience de James Allington
  • Le dieu sans visage
  • Le démon noir
  • La créature de l’horreur
  • Le secret de Sebek
  • Le sanctuaire du pharaon noir
  • Les serviteurs de Satan
  • Le dieu des abysses

Première page de Le secret de la tombe

« Le vent mugissait étrangement au-dessus d’une tombe, au cœur de la nuit. La lune, telle une chauve-souris d’or, luisait sur les sépultures anciennes et son œil funeste de nyctalope lorgnait à travers le brouillard blafard. Des terreurs désincarnées étaient peut-être tapies parmi les sépulcres voilés par les cèdres ou se glissaient, invisibles, parmi les cénotaphes recouverts par les ombres. Car cette terre n’était pas consacrée. Mais les tombes abritent souvent d’étranges secrets et il y a des mystères plus noirs que la nuit et plus lépreux que la lune.
J’étais venu à la recherche d’un tel secret, seul et à l’insu de tous, avançant dans la nuit vers le caveau de mes ancêtres. Sorciers et magiciens dans les temps anciens, ils avaient été enterrés en conséquence, à l’écart du lieu de repos des autres hommes, ici dans ce mausolée tombant en ruines, en un lieu oublié, seulement entouré par les tombes de ceux qui avaient été leurs serviteurs. Mais tous ne gisaient sans doute pas là, car il y a ceux qui ne meurent pas. »

Extrait de : R. Bloch. « Le démon noir. »

Le crépuscule des stars par R. Bloch

Fiche de Le crépuscule des stars

Titre : Le crépuscule des stars
Auteur : R. Bloch
Date de parution : 1968
Traduction : J.-P. Gratias
Editeur : Payot et Rivages

Première page de Le crépuscule des stars

« Peu avant neuf heures, le matin du 1er décembre 1922, je descendis du tramway et pénétrai dans l’ombre parfumée des poivriers qui bordent Hollywood Boulevard.

Le premier car de touristes de la journée débouchait du carrefour de Sunset et j’entendis la voix du guide, amplifiée par le mégaphone.

« Et maintenant, messieurs dames, ici à votre gauche, nous passons devant l’entrée des Studios Coronet qui ont rendu célèbres des vedettes telles que Maybelle Manners, Emerson Craig, Dude Williams, Karl Druse… »

Et Tommy Post.

Il ne prit pas la peine d’ajouter mon nom, mais j’étais là, adressant un large sourire aux occupants de l’autocar qui me regardaient sans me voir, les yeux braqués sur l’entrée des studios. »

Extrait de : R. Bloch. « Le crépuscule des stars. »

Le boucher de Chicago par R. Bloch

Fiche de Le boucher de Chicago

Titre : Le boucher de Chicago
Auteur : R. Bloch
Date de parution : 1974
Traduction : J. Fillion
Editeur : 10/18

Première page de Le boucher de Chicago

« Le château se dressait dans l’ombre.
Tandis que le fiacre s’éloignait en cahotant sur les pavés, Millie leva les yeux vers les hautes tours. Le château lui rendit son regard. De la tour la plus élevée, deux yeux la fixèrent avec mépris.
— Bah, dit Millie dans un murmure, après tout, ce ne sont jamais que des lumières !
C’était parfaitement exact – le premier imbécile venu s’en serait rendu compte – et cela ne méritait pas de faire tout haut cette constatation. Cependant, comme le claquement des sabots des chevaux s’évanouissait dans la nuit, Millie trouva rassurant le son de sa propre voix.
Elle ne s’était pas attendue à ce que la rue fût si obscure et déserte, et n’avait pas un instant ima- »

Extrait de : R. Bloch. « Le boucher de Chicago. »

La proie de l’araignée par R. Bloch

Fiche de La proie de l’araignée

Titre : La proie de l’araignée
Auteur : R. Bloch
Date de parution : 1954
Traduction : S. Gleize
Editeur : Gallimard

Première page de La proie de l’araignée

« La porte était de bois blond, parfaitement encaustiquée. S’y inscrivait en lettres anguleuses :

LARRY RICKERT
ET
ASSOCIÉS

D’un coup sec, je redressai le bord de mon chapeau, tournai la poignée, et pénétrai dans le bureau. Un carillon tinta en fond musical.
Les murs de la petite entrée étaient des cubes de verre. Des lampadaires diffusaient une lumière douce, discrète. Sur une table basse, les revues habituelles, Variety, Billboard. Deux fauteuils et un sofa, dont les coussins avaient été rembourrés de manière si efficace qu’on n’osait plus s’y asseoir, complétaient l’ensemble. À donner la nausée. J’avançai jusqu’au guichet fiché dans la cloison face à moi ; la queue de cheval d’une réceptionniste dansait derrière la vitre. »

Extrait de : R. Bloch. « La proie de l’araignée. »

La nuit de l’éventreur par R. Bloch

Fiche de La nuit de l’éventreur

Titre : La nuit de l’éventreur
Auteur : R. Bloch
Date de parution : 1988
Traduction : F. Truchaud
Editeur : Clancier-Guénaud

Première page de La nuit de l’éventreur

« La nuit du 5 août 1888, Eva Sloane sortit du music-hall Paragon et se retrouva en Enfer.
L’Enfer est fuligineux.
C’est ce que Shakespeare avait écrit, voici bien longtemps, mais il aurait pu utiliser les mêmes mots pour décrire Londres.
Sous le voile de fumée noir recouvrant la ville, la lueur des becs de gaz vacillait et flamboyait, tandis que les âmes perdues s’éloignaient lentement dans les rues ténébreuses de l’Inferno.
Des démons demeuraient ici… des terrassiers ivres entrant en titubant dans des assommoirs, des déchards tapis devant des taules sordides, des rupins nippés façon bourgeois rôdant dans les ruelles, à la recherche d’accrocheuses.
Eva se demanda ce que Papa dirait si elle lui racontait tout cela. Un respectable pasteur de campagne ne savait certainement pas qu’un « assommoir » était une brasserie, que des « déchards » étaient des hommes sans travail et sans argent, que  »

Extrait de : R. Bloch. « La Nuit de l’Éventreur. »