Étiquette : BnF
L’élixir de vie par Jules Lermina
Fiche de L’élixir de vie
Titre : L’élixir de vie
Auteur : Jules Lermina
Date de parution : 1890
Editeur : BnF
Première page de L’élixir de vie
« IL y avait trois mois à peine que j’avais passé ma thèse et conquis enfin ce grade de docteur qui était toute l’ambition de ma jeunesse. Avec quelle joie j’avais écris à mon brave homme de père, avec quelle émotion j’avais ouvert la lettre m’apportant, avec ses félicitations chaleureuses, le billet de cinq cents francs qui allait permettre mon installation à Paris.
Médecin à Paris ! et vingt-sept ans ! il faut avoir passé par ces illusions pour en comprendre toute la force, pour en déguiser toute la saveur. J’étais estimé de mes professeurs, j’avais subi mes examens dans des conditions exceptionnelles de succès ; j’avais, en ces années d’étude, conquis quelques amis sûrs : n’est-il pas vrai que l’avenir devait m’apparaître radieux ?
Mes ressources étaient minces, il est vrai : je savais que mon père, petit cultivateur de la Sarthe, s’était imposé un dur sacrifice en m’envoyant une petite somme, et qu’il ne me fallait plus compter que sur moi-même. Mais j’avais foi en moi, en ma passion de travail, en la science qui est indulgente à qui l’aime sincèrement. »
Extrait de : J. Lermina. « L’Élixir de vie. »
L’effrayante aventure par Jules Lermina
Fiche de L’effrayante aventure
Titre : L’effrayante aventure
Auteur : Jules Lermina
Date de parution : 1913
Editeur : BnF
Première page de L’effrayante aventure
« Vers onze heures du matin, par un doux soleil de printemps, — on était au commencement d’avril, le 2, pour bien préciser — tout à coup des hurlements éclatèrent dans la rue Montmartre, à proximité du boulevard, tandis qu’une foule de coureurs rapides, mais peu élégants, se ruaient du coin de la rue du Croissant,
les uns vers le carrefour, les autres dévalant vers les Halles, mais tous glapissant des sons aigus, incohérents, à travers lesquels l’oreille déchirée cependant percevait des fragments de mots sinistres :
— Le crime de l’Obélisque… D’mandez le Nouvelliste, édition spéciale. — Horribles détails.
Après quelques hésitations — car combien de fois n’avait-on pas été mystifié parla rouerie des camelots ! — quelques-uns achetaient la feuille, l’examinaient, puis subitement entourés, s’arrêtaient sur place comme médusés, et lisaient au milieu d’un groupe d’où émergeaient des faces anxieuses…
— Oui, oui !… un crime !… un assassinat !… De qui ?… On ne sait pas… L’assassin est-il arrêté ?… Je t’en fiche !… »
Extrait de : J. Lermina. « L’Effrayante Aventure. »
Alise par Jules Lermina

Fiche de Alise
Titre : Alise
Auteur : Jules Lermina
Date de parution : 1893
Editeur : BnF
Première page de Alise
« Au moment précis où sonnaient cinq heures, un matin du mois d’avril 1825, un petit vieillard, d’apparence falote, enveloppé d’une redingote puce à collet, coiffé d’un chapeau à larges bords d’où s’échappait une maigre queue roussâtre, sortit de la rue de Valois, leva le nez en l’air pour prendre le vent, puis, à pas courts, mais hâtifs, en homme qui a besogne faite, s’engagea dans le dédale de rues qui, à cette époque, faisait de la place du Carrousel un véritable labyrinthe, puis sur le pont Royal, sans même jeter un regard sur le magnifique panorama de la Seine, estompée, sous le soleil matinal, d’un brouillard blanchâtre, et, ayant franchi le fleuve, tourna à gauche sur le quai Voltaire.
Comme il approchait de la rue de Beaune, il ralentit sa marche, se glissa le long du mur et avança la tête, regardant la rue dans toute sa longueur avant d’y pénétrer, affaire d’habitude ou d’instinct.
Tout était parfaitement calme. Avant-garde du faubourg Saint-Germain, les rues qui touchaient au quai n’étaient guère plus animées le jour que la nuit. »
Extrait de : J. Lermina. « Alise. »
A tes pieds ! par Jules Lermina
Fiche de A tes pieds !
Titre : A tes pieds !
Auteur : Jules Lermina
Date de parution : 1889
Editeur : BnF
Première page de A tes pieds !
« Je crois, en vérité, que j’ai trouvé justement ce que je cherchais. En ce désespoir profond où tout mon être s’est abîmé — comme ces roches qui s’effondrent sous la tempête et disparaissent dans un gouffre — je me suis senti dédaigneux du suicide, éprouvant au contraire une âpre appétence du chagrin long, introublé. J’ai voulu que, sur mon front, tombât, dans la solitude, la perpétuelle goutte d’eau du souvenir. Enfin j’ai désiré m’abstraire de toute impression extérieure pour me livrer, sans trouble, à la poignante étreinte des regrets.
J’avais déjà, en mes longues courses à travers la campagne, remarqué cette propriété abandonnée, toute close do murs au-dessus desquels bruissait une immense broussaille, cherchant à s’évader par le faite des pierres. Je ne sais comment l’idée m’était venue de comparer cela à une vaste tombe où serait enfoui le corps d’un géant. La maison petite avait, en sa façade naguère blanche, des sillons noirâtres qui ressemblaient à des larmes de suie. Oui, en réalité, cette maison semblait avoir pleuré. »
Extrait de : J. Lermina. « À tes pieds !. »
A brûler par Jules Lermina
Fiche de A brûler
Titre : A brûler
Auteur : Jules Lermina
Date de parution : 1889
Editeur : BnF
Première page de A brûler
« Sur le point d’entreprendre l’œuvre la plus audacieuse que jamais homme ait tentée, décidé à aller jusqu’au seuil de la Mort sans être certain de n’être pas contraint de le franchir, je veux m’étudier moi-même, revivre toute ma vie passée, considérer comme au microscope les infiniment petits qui m’ont conduit jusqu’à la limite de l’infiniment grand, en un mot, me confesser.
Mais à cette confession je ne me résous que dans la solitude d’une méditation égoïste : seul je m’interroge, seul je me répondrai.
Si, par l’écriture, je donne corps à cette enquête intime, si ma plume matérialise cet interrogatoire et en dresse ce procès-verbal, il est bien entendu que je veux user ainsi d’une sorte de moyen mnémotechnique, pour moi-même, et non pour que ces lignes tombent sous les yeux d’autrui.
Si de l’épreuve que je vais affronter, je sors vivant,
je relirai ces feuilles et j’y ajouterai, en quelques traits, la solution du Problème, j’écrirai la formule du Secret. Puis je me consulterai. Détruirai-je le manuscrit, ou au contraire, le livrerai-je avec la Loi Suprême qu’il contiendra, à la curiosité des hommes ? Je ne le sais. »
Extrait de : J. Lermina. « À brûler. »
Les assises rouges par Jules Lermina
Fiche de Les assises rouges
Titre : Les assises rouges (Tome 2 sur 2 – Les loups de Paris)
Auteur : Jules Lermina
Date de parution : 1876
Editeur : BnF
Première page de Les assises rouges
« – Le loch de M. le marquis ?… Nom de nom ! En v’là un tas de feignants !
– Voilà ! voilà !… Pas la peine de crier, tu vas le réveiller, c’t homme !
– Parbleu ! il est tout réveillé, puisqu’il demande à boire…
– Et la nuit, comment ça s’est-il passé ?
– Un vrai sucre… il a l’âme chevillée dans le corps…
– Tant mieux ! c’est un bon zigue !
Ce dialogue, émaillé de mots bizarres, était échangé entre deux personnages dont l’un, à demi caché par une porte entrouverte, ne laissait passer que la tête, tandis que l’autre, debout sur la pointe des pieds, présentait une tasse dont il remuait soigneusement le contenu, au moyen d’une cuiller d’argent.
Le premier – celui qui avait réclamé le loch de façon si énergique – avait retiré sa tête, et, refermant doucement la porte, était revenu, étouffant son pas, vers un lit soigneusement enveloppé de rideaux épais.
– Êtes-vous là, mon ami ? demanda une voix faible. »
Extrait de : J. Lermina. « Les Loups de Paris – Les Assises rouges. »
Le club des morts par Jules Lermina
Fiche de Le club des morts
Titre : Le club des morts (Tome 1 sur 2 – Les loups de Paris)
Auteur : Jules Lermina
Date de parution : 1876
Editeur : BnF
Première page de Le club des morts
« À l’heure où s’ouvre notre récit, c’est-à-dire dans la soirée du 15 janvier 1882, un mouvement inaccoutumé régnait dans la rue Bonnefoi, où s’élèvent les bâtiments du Palais de Justice, à Toulon. Une foule compacte se pressait aux portes du tribunal, contenue par un fort détachement de gendarmes qui, le sabre au poing, repoussaient les curieux trop impatients.
La ville de Toulon et le département du Var étaient sous le coup d’émotions à la fois graves et pénibles qui se traduisaient par une agitation toujours grandissante et dont l’accroissement pouvait fournir matière aux inquiétudes des gouvernants.
Ce qu’attendaient les nombreux habitants groupés autour du Palais de Justice, c’était un arrêt auquel était suspendue la vie d’un homme.
Il s’agissait d’une conspiration, un sait que l’année 1822 fut particulièrement féconde en tentatives de révoltes, dont le but avoué était de renverser les Bourbons, encore mal assis sur leur trône.
On voyait surgir soudainement à l’est, à l’ouest, au nord, au sud, des hommes qui, sans pâlir devant le danger, affirmaient hautement leur foi politique, jusque sur les échafauds dressés à la hâte. C’était Caron, c’étaient les sergents de La Rochelle. »
Extrait de : J. Lermina. « Les Loups de Paris – Le Club des morts. »
Un début en médecine par Arthur Conan Doyle

Fiche de Un début en médecine
Titre : Un début en médecine
Auteur : Arthur Conan Doyle
Date de parution : 1909
Traduction : A. Savine
Editeur : BnF
Première page de Un début en médecine
« Première lettre
De chez moi, 30 mars 1881.
Mon cher Bertie,
J’ai beaucoup regretté votre éloignement, depuis que vous êtes reparti pour l’Amérique, car vous êtes le seul homme en ce monde auquel j’aie pu ouvrir sans réserve toute mon âme.
Je ne sais comment cela se fait, car maintenant que je me prends à penser, je n’ai jamais obtenu de votre part en retour une égale confiance ; mais il se peut que ce soit ma faute.
Peut-Être ne me trouvez-vous pas sympathique, malgré, tout mon désir de l’être.
Tout ce que je puis dire, c’est que je vous trouve tel à un degré intense, et il est possible que dès lors je compte trop sur de la réciprocité de votre part. Mais non, tous les instincts de mon être me disent que je ne vous ennuierai pas en vous prenant pour confident.
Pouvez-vous rappeler à votre mémoire Cullingworth à l’Université ? Vous n’avez jamais fait partie de la troupe des amateurs d’athlétisme ; il peut donc se faire que vous n’en ayez aucun souvenir. »
Extrait de : A.C Doyle. « Un début en médecine. »
Nouveaux mystères et aventures par Arthur Conan Doyle

Fiche de Nouveaux mystères et aventures
Titre : Nouveaux mystères et aventures
Auteur : Arthur Conan Doyle
Date de parution : 1910
Traduction : A. Savine
Editeur : BnF
Sommaire de Nouveaux mystères et aventures
- Notre-Dame de la Mort
- Les os
- Le mystère de la vallée de Sasassa
- Notre cagnotte du Derby
- Le récit de l’américain
Première page de Notre-Dame de la Mort
« Mon existence a été accidentée et la destinée y a fait entrer maintes aventures peu ordinaires. Mais parmi ces incidents, il en est un d’une étrangeté telle que, quand je passe en revue ma vie, tous les autres deviennent insignifiants.
Celui-là surgit au-dessus des brouillards d’autrefois avec un aspect sonore et fantastique, en jetant son ombre sur les années dépourvues d’évènements qui le précédèrent et le suivirent.
Cette histoire-là, je ne l’ai pas souvent racontée.
Bien petit est le nombre de ceux qui l’ont entendue de ma propre bouche et c’étaient des gens qui me connaissaient bien.
De temps à autre ils m’ont demandé de faire ce récit devant une réunion d’amis, mais je m’y suis constamment refusé, car je n’ambitionne pas le moins du monde la réputation d’un Munchausen amateur. »
Extrait de : A.C Doyle. « Nouveaux mystères et Aventures. »
La guerre dans l’Afrique australe par Arthur Conan Doyle

Fiche de La guerre dans l’Afrique australe
Titre : La guerre dans l’Afrique australe
Auteur : Arthur Conan Doyle
Date de parution : 1902
Traduction :
Editeur : BnF
Première page de La guerre dans l’Afrique australe
« Il est impossible de comprendre le problème sud-africain et les causes qui ont amené la guerre actuelle entre l’Empire britannique et les républiques boers sans connaître, si peu que ce soit, l’histoire de l’Afrique australe. Il faut donc se reporter au commencement, car toutes les parties de cette histoire se tiennent et dépendent de celles qui les ont précédées. On ne saurait connaître ni comprendre le Boer si l’on ne connaît point son passé, car il est tel que son passé l’a fait.
Ce fut au moment où Olivier Cromwell était au comble de sa puissance, – en 1652, pour être absolument exact, – que les Hollandais s’établirent pour la première fois au Cap de Bonne-Espérance. Les Portugais y avaient déjà été, mais, repoussés par le mauvais temps et entraînés par des bruits de découvertes d’or, ils avaient dépassé le véritable siège de l’empire, avaient fait route plus loin et s’étaient établis sur le littoral de l’est. Les Hollandais prospérèrent au Cap, et devinrent forts sous ce beau climat. »
Extrait de : A.C Doyle. « La guerre dans l’Afrique australe – Causes et conduite. »