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La grande ombre par Arthur Conan Doyle

Fiche de La grande ombre
Titre : La grande ombre
Auteur : Arthur Conan Doyle
Date de parution : 1892
Traduction : A. Savine
Editeur : BnF
Première page de La grande ombre
« Me voici, moi, Jock Calder, de West Inch, arrivé à peine au milieu du dix-neuvième siècle, et à l’âge de cinquante-cinq ans.
Ma femme ne me découvre guère qu’une fois par semaine derrière l’oreille un petit poil gris qu’elle tient à m’arracher.
Et pourtant quel étrange effet cela me fait que ma vie se soit écoulée en une époque où les façons de penser et d’agir des hommes différaient autant de celles d’aujourd’hui que s’il se fut agi des habitants d’une autre planète.
Ainsi, lorsque je me promène par la campagne, si je regarde par là-bas, du côté de Berwick, je puis apercevoir les petites traînées de fumée blanche, qui me parlent de cette singulière et nouvelle bête aux cent pieds, qui se nourrit de charbon, dont le corps recèle un millier d’hommes, et qui ne cesse de ramper le long de la frontière.
Quand le temps est clair, j’aperçois sans peine le reflet des cuivres, lorsqu’elle double la courbe vers Corriemuir. »
Extrait de : A.C Doyle. « La Grande Ombre. »
Jim Harrison, boxeur par Arthur Conan Doyle
Fiche de Jim Harrison, boxeur
Titre : Jim Harrison, boxeur
Auteur : Arthur Conan Doyle
Date de parution : 1910
Traduction : A. Savine
Editeur : BnF
Première page de Jim Harrison, boxeur
« Aujourd’hui, 1er janvier de 1 année 1851, le dix-neuvième siècle est arrivé à sa moitié, et parmi nous qui avons été jeunes avec lui, un bon nombre ont déjà reçu des avertissements qui nous apprennent qu’il nous a usés.
Nous autres, les vieux, nous rapprochons nos têtes grisonnantes et nous parlons de la grande époque que nous avons connue, mais quand c’est avec nos fils que nous nous entretenons, nous éprouvons de grandes difficultés à nous faire comprendre.
Nous et nos pères qui nous ont précédés, nous avons passé notre vie dans des conditions fort semblables ; mais eux, avec leurs chemins de fer, leurs bateaux à vapeur, ils appartiennent à un siècle différent.
Nous pouvons, il est vrai, leur mettre des livres d’histoire entre les mains et ils peuvent y lire nos luttes de vingt-deux ans contre ce grand homme malfaisant. Ils peuvent y voir comment la Liberté s’enfuit de tout le vaste continent, comment Nelson versa son sang comment le noble Pitt eut le cœur brisé dans ses efforts pour l’empêcher de s’envoler de chez nous pour se réfugier de l’autre côté de l’Atlantique. »
Extrait de : A.C Doyle. « Jim Harrison, boxeur. »
Premières aventures de Sherlock Holmes par Arthur Conan Doyle

Fiche de Premières aventures de Sherlock Holmes
Titre : Premières aventures de Sherlock Holmes
Auteur : Arthur Conan Doyle
Date de parution : 1913
Traduction :
Editeur : BnF
Sommaire de Premières aventures de Sherlock Holmes
- L’escarboucle bleue
- Aventure de la bande mouchetée
- Le pouce de l’ingénieur
- Le diadème de béryls
- Les hêtres pourpres
- Un scandale en Bohême
Première page de L’escarboucle bleue
« Le surlendemain de Noël, je passai dans la matinée chez mon ami Sherlock Holmes pour lui souhaiter la bonne année. Il était en costume de chambre, paresseusement étendu sur un sofa ; à portée de sa main, une pipe et une pile de journaux qu’il avait dû lire et relire, tant ils étaient froissés ; un peu plus loin, sur le dossier d’une chaise de paille, un vieux chapeau de feutre tout râpé et bossué. Un microscope et une forme à chapeau, posés sur la chaise elle-même, attestaient que le chapeau avait dû être placé là pour être examiné attentivement.
– Vous me semblez fort occupé, mon cher, dis-je à Holmes, et je crains de vous déranger.
– Non, certes, je suis ravi de pouvoir discuter avec un ami le résultat que je viens d’atteindre : une chose des plus banales du reste, ajouta-t-il, en me montrant du doigt le chapeau râpé ; mais à l’observation, il s’y mêle certaines particularités intéressantes et même instructives. »
Extrait de : A.C Doyle. « Premières aventures de Sherlock Holmes. »
La bataille de Sedgemoor par Arthur Conan Doyle

Fiche de La bataille de Sedgemoor
Titre : La bataille de Sedgemoor (Tome 3 sur 3 – Micah Clarke)
Auteur : Arthur Conan Doyle
Date de parution : 1911
Traduction : A. Savine
Editeur : BnF
Première page de La bataille de Sedgemoor
« Le lundi 21 juin 1685 se leva très sombre, avec un vent violent, des nuages noirs se mouvaient lourdement dans le ciel, et une pluie fine, continuelle, tombait.
Néanmoins, quelques instants après l’aube, les clairons de Monmouth se firent entendre dans tous les quartiers de la ville, depuis le pont sur la Tone jusqu’à Shuttern.
À l’heure dite, les régiments se rassemblèrent.
L’appel fut fait et l’avant-garde traversa d’un pas alerte la porte de l’Est.
On sortit dans le même ordre que lors de l’entrée, notre régiment et les bourgeois de Taunton formant l’arrière-garde.
Le maire Timewell et Saxon s’étaient partagé l’organisation de cette partie de l’armée, et comme c’étaient des gens qui avaient longtemps servi, ils placèrent l’artillerie dans une situation moins exposée et postèrent une forte troupe de cavalerie à l’arrière, à une portée de canon, pour faire face à toute attaque des dragons du Roi. »
Extrait de : A.C Doyle. « La Bataille de Sedgemoor – Micah Clarke. »
Le capitaine Micah Clarke par Arthur Conan Doyle

Fiche de Le capitaine Micah Clarke
Titre : Le capitaine Micah Clarke (Tome 2 sur 3 – Micah Clarke)
Auteur : Arthur Conan Doyle
Date de parution : 1911
Traduction : A. Savine
Editeur : BnF
Première page de Le capitaine Micah Clarke
« Les ombres empourprées du soir s’étendaient sur la campagne.
Le soleil s’était couché derrière les lointaines hauteurs de Quantock et de Brendon quand la colonne d’infanterie, que formaient nos rudes paysans, traversa de son pas lourd Curry Revel, Wrantage et Henlade.
De tous les cottages situés sur les bords de la route, de toutes les fermes aux tuiles rouges les paysans sortaient en foule sur notre passage, portant des cruches pleines de lait ou de bière, échangeant des poignées de mains avec nos rustauds, les pressant d’accepter des vivres ou des boissons.
Dans les petits villages, jeunes et vieux accouraient en bourdonnant, pour nous saluer, et poussaient des cris prolongés et sonores en l’honneur du Roi Monmouth et de la Cause protestante.
Les gens, qui restaient à la maison, étaient presque tous des vieillards et des enfants, mais çà et là un jeune laboureur que l’hésitation ou quelques devoirs avaient retenu, était si enthousiasmé de notre air martial, des trophées visibles de notre victoire, qu’il s’emparait d’une arme et se joignait à nos rangs. »
Extrait de : A.C Doyle. « Le Capitaine Micah Clarke – Micah Clarke. »
Les recrues de Monmouth par Arthur Conan Doyle

Fiche de Les recrues de Monmouth
Titre : Les recrues de Monmouth (Tome 1 sur 3 – Micah Clarke)
Auteur : Arthur Conan Doyle
Date de parution : 1911
Traduction : A. Savine
Editeur : BnF
Première page de Les recrues de Monmouth
« Il est possible, mes chers petits-enfants, qu’à des moments divers je vous aie conté presque tous les incidents survenus en ma vie pleine d’aventures.
Du moins il n’en est aucun, je le sais, qui ne soit bien connu de votre père et de votre mère.
Toutefois, quand je vois que le temps s’écoule, et qu’une tête grise est sujette à ne plus contenir qu’une mémoire défaillante, il m’est venu à l’idée d’utiliser ces longues soirées d’hiver à vous exposer tout cela, en bon ordre, depuis le commencement, de telle sorte que vous puissiez avoir dans vos esprits une image claire, que vous transmettrez dans ce même état à ceux qui viendront après vous.
Car, maintenant que la Maison de Brunswick est solidement établie sur le trône et que la paix règne dans le pays, il vous sera chaque année de moins en moins aisé de comprendre les sentiments des gens de ma génération, au temps où Anglais combattaient contre Anglais et où celui qui aurait dû être le bouclier et le protecteur de ses sujets, n’avait d’autre pensée que de leur imposer par la force ce qu’ils abhorraient et détestaient le plus. »
Extrait de : A.C Doyle. « Les Recrues de Monmouth – Micah Clarke. »
Une année de collège à Paris par André Laurie
Fiche de Une année de collège à Paris
Titre : Une année de collège à Paris
Auteur : André Laurie
Date de parution : 1883
Editeur : BnF
Première page de Une année de collège à Paris
« Ce livre pourra donner aux collégiens à leurs débuts un avant-goût de la vie des grands, au sens scolaire, et leur faire apprécier la distance qui sépare un gamin de sixième de cet immense personnage, un élève-bachelier.
Nous sommes, au moment où s’ouvre ce récit, dans un salon assez élégamment meublé, au premier étage d’une villa parisienne, alors isolée au bord d’une pelouse et d’une corbeille de fleurs, sur le quai de Billancourt.
A cent pas de la façade, la Seine fuit sous les embarcations entre deux rangées de peupliers bruissants et le long de l’île Séguin. Sur la gauche et un peu en arrière, trois corps de bâtiments à cinq étages surmontés d’une haute cheminée fumante. Tout au ras du chemin de halage, des montagnes de betteraves blanches à collet rose, qu’une file continue de porteurs marchant à pas comptés sur les talons l’un de l’autre, comme une procession de fourmis humaines, décharge à pleines hottes d’une barque amarrée au quai.
Plus loin, des charrettes attelées de chevaux géants, un train de wagons sur une ligne de rails, des équipes affairées, des sifflements de vapeur, tout le remue-ménage et l’activité d’une fabrique de sucre. »
Extrait de : A. Laurie. « Une année de collège à Paris. »
Mémoires d’un collégien russe par André Laurie
Fiche de Mémoires d’un collégien russe
Titre : Mémoires d’un collégien russe
Auteur : André Laurie
Date de parution : 1889
Editeur : BnF
Première page de Mémoires d’un collégien russe
« Je m’appelle Dmitri Fédorovitch Térentieff. Je viens d’avoir seize ans. Depuis la rentrée de Pâques, je suis élève de Prima au gymnase Saint-Vladimir à Moscou. Il y a deux ans que je fréquente, comme externe, les cours de ce lycée.
En ce moment, la plus épouvantable et aussi la plus injuste accusation pèse sur ma tête. C’est au fond d’un sombre cachot que j’écris ces lignes. J’y vois à peine, tant la lucarne qui m’éclaire est étroite ; mais je n’en persiste pas moins dans mon projet : écrire ma justification, me prouver à moi-même, par le récit fidèle et sincère de toute ma vie, que je suis innocent du crime affreux dont on m’accuse…
Je crois connaître le coupable ; c’est un de mes camarades du collège. Un mot de moi suffirait peut-être à le faire enfermer à ma place dans cette noire prison, où l’on m’a amené il y a deux jours… Il habiterait ce réduit humide, peuplé de rats et de cafards… Je les entends courir sous la paille pourrie qui me sert de couche… Il prendrait de la main du geôlier le pain noir et la cruche d’eau qui sont ma ration quotidienne. »
Extrait de : A. Laurie. « Mémoires d’un collégien russe. »
Les exilés de la Terre par André Laurie
Fiche de Les exilés de la Terre
Titre : Les exilés de la Terre
Auteur : André Laurie
Date de parution : 1888
Editeur : BnF
Première page de Les exilés de la Terre
« Le dîner avait pris fin ; on venait de passer au salon, largement ouvert de toute l’ampleur de sa baie vitrée sur la nappe immobile de la mer Rouge, qu’un beau crépuscule de janvier envahissait lentement.
M. Kersain, consul de France à Souakim, recevait ce soir-là M. Norbert Mauny, un jeune astronome qui lui avait été tout particulièrement recommandé par le ministre des affaires étrangères.
La lettre officielle invitait le consul à se mettre à l’entière disposition de M. Mauny, en l’aidant de son mieux dans l’accomplissement de sa mission scientifique. Un postscriptum confidentiel ajoutait que cette mission avait un caractère secret. Aussi M. Kersain n’avait-il prié à dîner, avec le jeune savant, que le lieutenant de vaisseau Guyon, commandant l’aviso français le Lévrier, dans les eaux de Souakim.
Le consul était veuf. Les honneurs de la table avaient été faits par sa fille Gertrude, qui venait de s’acquitter avec beaucoup de bonne grâce de ses devoirs de maîtresse de maison, et maintenant, assise au piano, entamait en sourdine un nocturne de Chopin. »
Extrait de : A. Laurie. « Les Exilés de la terre. »
Le géant de l’azur par André Laurie

Fiche de Le géant de l’azur
Titre : Le géant de l’azur
Auteur : André Laurie
Date de parution : 1904
Editeur : BnF
Première page de Le géant de l’azur
« Eh bien, que pensez-vous de mon jouet ?
– Un jouet ?… Dites le point de départ de quelque chose d’énorme et de prodigieux, – le résultat le plus important peut-être qui ait été atteint depuis cinquante ans en physique !… Une dynamo activée par un simple mouvement d’horlogerie et développant par des oscillations isochrones la force qu’on obtenait jusqu’à ce jour de la seule rotation… C’est tout uniment la force gratuite ou quasi gratuite, – la solution des solutions, la découverte des découvertes. J’en reste ébloui, confondu et muet.
– C’est pourtant très simple et le hasard seul m’a fait rencontrer ce que vous voulez bien qualifier avec tant de bienveillance.
– Oh ! oh ! le hasard !… Il a bon dos, et vous êtes trop modeste. Est-ce le hasard, aussi, qui vous a amené à isoler l’irkon, ce métal si rare et si précieux dont vous faites vos bobines ? »
Extrait de : A. Laurie. « Le Géant de l’azur. »