Étiquette : Brussolo

 

Le jour du chien bleu par Serge Brussolo

Fiche de Le jour du chien bleu

Titre : Le jour du chien bleu (Tome 1 sur 9 – Peggy Sue et les fantômes)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2001
Editeur : Plon

Première page de Le jour du chien bleu

« Le fantôme entra dans la salle de classe alors que Flora Mitchell, le professeur de mathématiques, venait de poser une question à laquelle seule Peggy Sue était capable de répondre.

L’adolescente s’appliqua à ne pas tressaillir ; elle était depuis longtemps habituée aux incursions des « Invisibles » dans la vie quotidienne, pourtant, se trouver face à face avec l’un d’entre eux était toujours pour elle une expérience ex-trê-me-ment désagréable.

La créature avait passé sa tête au travers de la porte comme si celle-ci était composée d’un matériau mou, facile à crever. C’était un personnage de petite taille, blanchâtre, qui semblait sculpté dans de la crème fouettée.

— Peggy Sue, lança le professeur de mathématiques, tu allais dire quelque chose ?

L’adolescente se préparait à répondre quand le fantôme sauta sur ses genoux… et lui posa la main sur la bouche pour la bâillonner. »

Extrait de : S. Brussolo. « Le jour du chien bleu – Peggy Sue et les fantômes. »

Iceberg Ltd par Serge Brussolo

Fiche de Iceberg Ltd

Titre : Iceberg Ltd (Tome 3 sur 3 – Peggy Meetchum)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2000
Editeur : Le livre de poche

Première page de Iceberg Ltd

« Rolf sait que le cauchemar est revenu, mais il n’y peut rien. C’est toujours pareil, il entend craquer la coque du bateau. Il sent la pression des glaces sur les membrures, de part et d’autre du bastingage. Peu à peu, le mouvement de tenaille que la banquise fracturée exerce sur le navire se transfère sur les flancs du dormeur. Il semble alors à Rolf que sa cage thoracique est prise elle aussi dans un étau, et qu’un bourreau invisible serre, serre… jusqu’à ce que les os commencent à grincer. Rolf étouffe, il ne peut plus respirer. Il guette avec terreur le moment où ses côtes, lasses de plier, vont casser avec un bruit de brindilles et lui perforer les poumons, le cœur. Il souffre du même mal que le bateau prisonnier des glaces flottantes. Il ne pourra plus résister très longtemps. Il se raidit, contracte ses muscles, comme s’il allait communiquer sa force aux membrures du vaisseau. Peine perdue, la banquise est plus forte, elle emboîte méthodiquement ses fragments. »

Extrait de : S. Brussolo. « Iceberg ltd – Peggy Meetchum. »

Baignade accompagnée par Serge Brussolo

Fiche de Baignade accompagnée

Titre : Baignade accompagnée (Tome 2 sur 3 – Peggy Meetchum)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 1999
Editeur : Le livre de poche

Première page de Baignade accompagnée

« Peggy a enfilé une combinaison de caoutchouc noir, classique, le modèle recommandé si l’on veut éviter d’attirer l’attention des requins qui sont nombreux dans ces eaux. Les couleurs vives – affectionnées par les plongeurs amateurs – sont repérées de très loin par les squales, et la jeune femme préfère éviter ce type de rencontre.

« On ne voit jamais venir un requin, lui a seriné son instructeur. C’est un principe de base. Une seconde avant l’attaque, il n’était pas là, tout paraissait tranquille. Une seconde après, il est déjà reparti en emportant ton bras ou ta jambe. Tu as à peine eu le temps de le voir passer. Le requin sort du néant et y retourne aussitôt, c’est pour cette raison que tous les systèmes de défense qu’on a pu inventer à ce jour ne servent à rien, ou presque, car ils présupposent que tu as eu le temps de repérer la bête, et de la mettre en joue, or ça ne se passe jamais de cette façon. Les seuls requins qu’on peut voir sont justement ceux qui ne vous attaquent pas. »

Extrait de : S. Brussolo. « Baignade accompagnée – Peggy Meetchum. »

Les enfants du crépuscule par Serge Brussolo

Fiche de Les enfants du crépuscule

Titre : Les enfants du crépuscule (Tome 1 sur 3 – Peggy Meetchum)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 1997
Editeur : Le livre de poche

Première page de Les enfants du crépuscule

« Elle s’appelait Lisa Meetchum… Du moins c’était le nom qu’elle avait porté lorsqu’elle était jeune fille. Son nom de femme mariée ne comptait plus – n’est-ce pas ? – puisque son époux était mort.

Elle s’appelait Lisa Meetchum, elle avait 38 ans, et elle savait qu’on allait la tuer, cette nuit peut-être… dans une heure ou dans quelques minutes. Les choses étaient en marche, elle ne pouvait plus rien faire pour les arrêter. D’ailleurs en avait-elle vraiment envie ?

Elle se sentait molle, lourde, entre les bras du fauteuil club de cuir éraflé, sans force. Le fauteuil de Sammy. Elle ignorait depuis combien de temps elle fixait le ciel à travers la porte-moustiquaire. Elle avait bu plusieurs verres de Southern Comfort pour faire passer les vieux Quaaludes retrouvés dans le tiroir de la table de chevet. En moins d’une heure son cerveau avait pris la consistance d’un morceau de guimauve ; quant à son corps, il lui paraissait bourré de fleurs de coton, telles ces hottes que les esclaves noirs remplissaient jadis dans les plantations. »

Extrait de : S. Brussolo. « Peggy Meetchum – Les enfants du crépuscule. »

Sécurité absolue par Serge Brussolo

Fiche de Sécurité absolue

Titre : Sécurité absolue (Tome 3 sur 3 – Oswald Caine)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 1993
Editeur : Le livre de poche

Première page de Sécurité absolue

« Il avait vu venir la tempête, il l’avait vue naître au fin fond du désert, il avait vu le vent la fabriquer derrière les dunes et les collines arides, là-bas, sur la ligne d’horizon. Maintenant elle courait vers lui, elle chargeait, tel un animal énorme noyé au sein d’un nuage de poussière. Il la regardait venir, sans bouger, abattu dans son grand fauteuil de cuir qu’il avait fait pivoter pour fixer l’immense baie vitrée occupant toute la paroi sud de son bureau. C’était comme l’écran d’un téléviseur gigantesque aux images merveilleusement vivantes. Un panneau de polycarbonate analogue à celui employé dans la confection des carlingues d’avion de chasse, et capable de supporter des pressions fantastiques.
Recroquevillé dans la coquille du fauteuil en peau d’autruche, il se préparait au choc, attendant le moment où la bourrasque percuterait de plein fouet le donjon de la résidence.
Le « donjon », c’était toujours ainsi qu’il désignait la plus haute tour du complexe d’habitation qu’il avait fait surgir de terre, en plein désert Mohave. »

Extrait de : S. Brussolo. « Sécurité absolue – Oswald Caine. »

Bunker par Serge Brussolo

Fiche de Bunker

Titre : Bunker (Tome 1 sur 3 – Oswald Caine)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 1993
Editeur : Le livre de poche

Première page de Bunker

« Accrochée au bord de la falaise, la villa paraissait minuscule, fragile, et pour tout dire en équilibre instable.

De rares ouvertures semblables à des meurtrières perçaient ses parois épaisses et blanches. Sous la morsure du soleil, elles faisaient penser à des paupières que l’éblouissement aurait changées en de minces fentes frangées d’ombre. Une haute grille de fer aux barreaux serrés faisait le tour de la véranda ; elle fermait le seul accès possible, achevant de donner à la bâtisse l’allure d’une prison.

Nuco se coula un peu plus entre les roches, grinçant des dents quand les pierres chauffées à blanc frôlaient sa chair rouge d’Indio sous laquelle les muscles se nouaient au rythme de sa lente reptation. Il avait un nez busqué, des pommettes saillantes, et une chevelure d’un noir de jais que le ruissellement de la sueur avait agglutinée en lanières huileuses. Il s’immobilisa dans la poussière. À deux mètres de lui, au fond d’un trou noyé d’obscurité, un iguane égaré le fixait, la gorge palpitante, raclant de temps à autre la pierre avec les longues épines osseuses jaillissant de son échine. L’œil de la bête chercha celui de l’homme, comme pour une interrogation muette. »

Extrait de : S. Brussolo. « Bunker – Oswald Caine. »

Nouchka et la caverne aux mille secrets par Serge Brussolo

Fiche de Nouchka et la caverne aux mille secrets

Titre : Nouchka et la caverne aux mille secrets (Tome 3 sur 3 – Nouchka)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2007
Editeur : Baam !

Première page de Nouchka et la caverne aux mille secrets

« Tout a commencé quand je suis tombée de mon lit en dormant. Ça m’a paru bizarre parce
que d’habitude je ne gigote pas tellement pendant mon sommeil.

Je me suis recouchée, et puis, pof, une heure plus tard, je me suis de nouveau réveillée le nez sur le tapis, les côtes endolories. J’étais encore tombée du matelas…

J’ai pensé : « Est-ce que le lit serait devenu vivant, et qu’il s’amuserait à me flanquer par terre pendant que je dors ? »

Avec les objets, c’est vrai, on ne peut pas savoir, surtout quand on habite comme moi dans un pays enchanté.

Je me suis relevée, je lui ai donné un coup de pied et j’ai crié :

« Lit, es-tu vivant ? »

Bon, j’avais l’air idiote. Il n’a pas répondu. De toute manière, s’il l’avait fait, est-ce que j’aurais compris ? Ça parle quelle langue, un lit ?

C’est à ce moment-là que je me suis rendu compte que toute la maison penchait. »

Extrait de : S. Brussolo. « Nouchka et la caverne aux mille secrets. »

Nouchka et la couronne maudite par Serge Brussolo

Fiche de Nouchka et la couronne maudite

Titre : Nouchka et la couronne maudite (Tome 2 sur 3 – Nouchka)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2007
Editeur : Baam !

Première page de Nouchka et la couronne maudite

« La valise magique m’a réveillée dans la nuit. Une voix nasillarde en sortait, bredouillant des mots incompréhensibles. Je me suis assise en grognant. J’ai tendu l’oreille.

— Tu dois te mettre en route, vite ! a marmonné la mallette. Quelqu’un a besoin de ton aide… La princesse Amandine est en danger. Toi seule peux la secourir.

J’ai dit :

— Qui ? Je ne connais pas de princesse Amandine. C’est quoi ce délire ?

— De l’autre côté de la forêt s’étend le royaume des sortilèges, gouverné par le roi Anagatos VI, a repris la valise. Amandine est sa fille. Si tu ne l’aides pas, elle mourra assassinée. À ta place j’éviterais de me rendormir, le temps presse.

La valise est assez crispante, mais elle a souvent raison. Je ne sais pas si je l’aime ou si je la déteste. Parfois j’ai envie de la jeter au fond d’un puits, mais à d’autres moments je me dis que je ne supporterais pas son absence. Allez y comprendre quelque chose !

Je suis allée voir ma copine Poppie pour lui demander si elle voulait m’accompagner. »

Extrait de : S. Brussolo. « Nouchka et la couronne maudite. »

Nouchka et les géants par Serge Brussolo

Fiche de Nouchka et les géants

Titre : Nouchka et les géants (Tome 1 sur 3 – Nouchka)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2007
Editeur : Baam !

Première page de Nouchka et les géants

« Tout a débuté avec la valise tombée du ciel…

Oui, s’il faut un commencement à cette histoire, c’est bien avec la valise mystérieuse que tout a débuté. Cette valise qui parlait d’une petite voix nasillarde. Cette valise qui chuchotait…

Mais je ne me suis pas présentée. Je m’appelle Nastaszia, ça se prononce Natacha, mais quand j’étais petite, je n’arrivais pas à le dire, alors ma mère m’a surnommée Nouchka. Ça m’est resté. J’ai 12 ans. Je suis une fille, évidemment.

J’ai les cheveux rouges – certains disent : carotte – et trois millions de taches de rousseur sur la figure. Bon, ça suffit pour les descriptions, c’est casse-pieds les descriptions, non ?

(Tout de même, je crois que je ne suis pas trop moche… enfin, je ne sais pas. Des fois, je me plais bien dans le miroir, d’autres fois, pas du tout. Ça vous fait ça ?) »

Extrait de : S. Brussolo. « Nouchka et les géants. »

La captive de l’hiver par Serge Brussolo

Fiche de La captive de l’hiver

Titre : La captive de l’hiver (Tome 2 sur 2 – Marion des Pierre)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2001
Editeur : Le livre de poche

Première page de La captive de l’hiver

« Le pressentiment l’avait assaillie tout l’après-midi, lui coupant parfois la respiration. Elle ne savait d’où venait cette peur étrange, cet étouffement qui lui avait fait, à plusieurs reprises, rejeter la tête en arrière pour aspirer un surplus d’air.
Il y avait eu des signes néfastes, depuis le matin. Trois corbeaux perchés sur la statue du saint patron de l’ordre, dans la cour de l’abbaye. Trois corbeaux curieusement sûrs d’eux, et que rien n’avait effrayés, ni les claquements de paumes, ni les cailloux lancés par les frères convers. Indifférents aux menaces, ils étaient restés là, hostiles, entêtés, couvant la population du moutier d’un œil ironique qui semblait dire : « Vous ne savez pas ce qui vous attend ! »
Leur présence avait d’abord agacé, puis inquiété. Marion, elle-même, avait à plusieurs reprises interrompu sa tâche pour regarder par-dessus son épaule. Chaque fois, elle espérait que les sinistres volatiles auraient disparu, chaque fois elle avait été déçue. Au bout d’un moment, elle avait même eu l’impression que les corbeaux la regardaient, elle, tout particulièrement. Étaient-ils venus là pour la surveiller ? Mais pourquoi ?
C’était absurde. »

Extrait de : S. Brussolo. « La Captive de l’Hiver – Marion des Pierre. »