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Pèlerins des ténèbres par Serge Brussolo

Fiche de Pèlerins des ténèbres
Titre : Pèlerins des ténèbres (Tome 1 sur 2 – Marion des Pierre)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2000
Editeur : Le livre de poche
Première page de Pèlerins des ténèbres
« Frère Guillaume fuyait dans la nuit, et l’enfer tout entier courait sur ses talons.
Depuis une semaine qu’il errait dans la montagne, vivant comme une bête aux abois, il avait déchiré son froc de bure et allait presque nu, le corps couvert d’estafilades.
Il dormait le jour et se mettait en marche dès le coucher du soleil, car il aurait été trop dangereux pour lui de s’abandonner au sommeil à l’heure où le Malin règne en maître et s’insinue dans les rêves. Les légions du diable étaient à ses trousses. On ne voulait pas qu’il puisse dire ce qu’il avait vu, là-bas, au-delà des défilés, au bout du labyrinthe des chemins tortueux serpentant à flanc d’abîme. Il était le dernier témoin, le survivant. Il avait contemplé l’horreur… et il avait eu la chance de pouvoir s’échapper. Hélas, les démons avaient retrouvé sa trace, depuis ils ne le lâchaient plus et le traquaient sans relâche, meute infatigable qui prenait la piste dès que la lune hissait son disque farineux dans le ciel obscurci. Jusque-là, frère Guillaume avait réussi à leur glisser entre les griffes, mais cela ne durerait pas, car l’épuisement le gagnait. »
Extrait de : S. Brussolo. « Pèlerins des ténèbres – Marion des Pierre. »
Le chemin maléfique par Serge Brussolo

Fiche de Le chemin maléfique
Titre : Le chemin maléfique (Tome 2 sur 2 – Lina et la forêt des sortilèges)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2013
Editeur : Michel Lafon
Première page de Le chemin maléfique
« J’étais fatiguée et je mourais de faim. Voilà deux semaines que nous traînions la savate au milieu de terres caillouteuses où ne poussait pas le moindre brin d’herbe, ceci afin d’échapper à la vengeance du seigneur de la Forêt. Toddy m’avait en effet expliqué que les pouvoirs de ce sinistre personnage ne pouvaient s’exercer dans les endroits dépourvus de végétation, car il avait besoin de la sève des plantes pour transmettre sa magie.
Le subterfuge avait fonctionné, mais nous avions eu le plus grand mal à nous nourrir puisque les cailloux, même cuits pendant des heures, restent durs sous la dent.
Aujourd’hui, il nous fallait absolument dénicher de quoi manger car nos jambes ne nous portaient plus.
Par ailleurs, dès que nous avions quitté la zone désertique, nous avions été accueillis par de gros champignons-dénonciateurs à qui l’on avait donné pour mission d’espionner nos allées et venues. Ils s’étaient mis à brailler :
— Elle est là ! Elle est là ! Lina la traîtresse ! Vite, vite, venez la capturer !
Toddy et Kanzo s’étaient empressés de les piétiner pour les faire taire. »
Extrait de : S. Brussolo. « Le chemin maléfique – Lina et la forêt des sortilèges. »
La tombola des démons par Serge Brussolo

Fiche de La tombola des démons
Titre : La tombola des démons (Tome 1 sur 2 – Lina et la forêt des sortilèges)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2013
Editeur : Michel Lafon
Première page de La tombola des démons
« Je m’appelle Lina, j’ai quinze ans. Je ne suis ni belle ni laide. Normale, quoi. J’ai les cheveux noirs et les yeux verts. Bon, rien d’extraordinaire. Au collège, je n’ai jamais été populaire. Je lisais beaucoup et passais mon temps libre à soigner les animaux abandonnés. C’est sans doute ce qui m’a poussée à entreprendre des études d’infirmière vétérinaire. Je suis née à Almoha, un royaume où la magie est autorisée sous certaines conditions. Les gens y sont tellement habitués qu’ils n’y font plus attention. Chez nous, les sorciers sont l’équivalent des plombiers dans votre monde, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas considérés comme des personnages exceptionnels. On voit en eux des dépanneurs, pas davantage.
À la fin de mes études, j’ai choisi de me spécialiser dans le domaine de la monstruosité. Il faut dire qu’il y a beaucoup de monstres chez nous. Ils sont bizarres mais la plupart du temps pacifiques. Le gouvernement les tolère parce qu’ils se chargent des travaux dangereux dont les humains ne veulent surtout pas entendre parler. Leurs écailles, leur carapace les protègent des acides, des flammes, des explosions, c’est bien commode pour ceux qui les emploient. »
Extrait de : S. Brussolo. « La tombola des démons – Lina et la forêt des sortilèges. »
Opération « serrures carnivores » par Serge Brussolo

Fiche de Opération « serrures carnivores »
Titre : Opération « serrures carnivores » (Tome 4 sur 4 – Les soldats de goudron)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 1987
Editeur : Fleuve noir
Première page de Opération « serrures carnivores »
« L’homme était vêtu comme un clergyman, d’un costume noir verdi par l’usure. Il portait aux pieds des Rangers de l’armée et ses mains étaient gantées de cuir. Il avait un visage osseux, dur, aux sourcils rasés, et ses cheveux tirés en arrière se nouaient sur sa nuque en chignon de toréador.
Pour l’heure, il faisait tournoyer au-dessus de sa tête un interminable chapelet formé de boules de chrome reliées entre elles par une corde à piano. L’arme sifflait comme une chaîne de vélo maniée par un voyou en pleine baston.
— Vivez-vous dans la crainte du Seigneur ? vociférait l’homme.
— Oui ! hurlaient les badauds rassemblés, dans la crainte du dieu inflexible qui nous punit pour notre bien !
Le chapelet de billes d’acier s’abattait alors sur leurs têtes et leurs épaules, leur faisant éclater les arcades sourcilières, les lèvres ou les joues. Sanglants, hagards, le visage constellé d’hématomes virant au noir, ils se dandinaient d’un pied sur l’autre sans chercher à esquiver les coups. Avec leurs figures martelées, ils ressemblaient à des boxeurs entamant la quinzième reprise d’un match particulièrement violent. »
Extrait de : S. Brussolo. « Opération serrures carnivores – Les soldats de goudron. »
Le rire du lance-flammes par Serge Brussolo

Fiche de Le rire du lance-flammes
Titre : Le rire du lance-flammes (Tome 3 sur 4 – Les soldats de goudron)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le rire du lance-flammes
« Le feu s’ébroue, boule de lumière aux prolongements aciculaires, hérisson de chaleur qui apprend à faire le gros dos. Les flammes ne crépitent pas encore. Elles ont des grignotements de dentier dévorant des gaufrettes, des piétinements d’insecte montant à l’assaut d’une feuille de papier. Cela bruit comme une charge de cafards fouaillant une étendue de limaille. C’est presque imperceptible, négligeable.
En fermant les yeux on croirait entendre gémir un billet de banque dans une main impatiente, fétichiste ou sacrilège (?). Oui, c’est exactement ça… Le feu a des plaintes de papier-monnaie qu’on froisse avec
lenteur jusqu’à lui faire perdre son amidon filigrané.
Tout à l’heure il sera plus ambitieux. Il craquera avec insolence, émettant des protestations de squelette savamment torturé par des bourreaux armés de casse-noisettes, et dont les phalanges éclatent une à une telles des cacahuètes martyrisées.
Plus tard, beaucoup plus tard, il ronflera, haletant sourdement comme un troupeau de locomotives chargeant flanc contre flanc, et qui roule en une transhumance ponctuée de coups de sifflet ou de hurlements de soupape congestionnée. »
Extrait de : S. Brussolo. « Le rire du lance flamme – Les soldats de goudron. »
Ambulance-cannibale non identifiée par Serge Brussolo
Fiche de Ambulance-cannibale non identifiée
Titre : Ambulance-cannibale non identifiée (Tome 2 sur 4 – Les soldats de goudron)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir
Première page de Ambulance-cannibale non identifiée
« La ville rendait le son creux que les pas du promeneur soulèvent habituellement en traversant un décor ou un champ de mines.
La cité faisait songer à ces bêtes empaillées, baudruches de cuir et de poils, simulacres de vie cousus sur un rembourrage, et qui prennent racine sur un socle de bois.
Jane ressentait tout cela en remontant le boulevard désert. De part et d’autre de la chaussée, les boutiques n’étaient plus que des cubes d’obscurité reflétant le paysage de la rue comme de gros aquariums emplis d’encre noire.
Du coin de l’œil, la jeune femme y suivait le déplacement de son image, s’observant comme on observe un suiveur dont on ne parvient pas encore à percer les intentions.
L’image avançait avec son visage boudeur au front haut, bombé, couronné de cheveux blonds taillés en brosse rêche. Le tricot de corps fatigué ne dissimulait rien du balancement des seins aux pointes érigées par le frottement continu du coton imprégné d’huile et de cambouis. Une inscription le barrait sur toute sa largeur : « Fédération Nationale des Chauffeurs d’Immeubles-Paquebots ». Jane eut un sourire amer. Tout cela appartenait déjà au passé. »
Extrait de : S. Brussolo. « Ambulance cannibale non identifiée – Les soldats de goudron. »
Les foetus d’acier par Serge Brussolo
Fiche de Les foetus d’acier
Titre : Les foetus d’acier (Tome 1 sur 4 – Les soldats de goudron)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 1984
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les foetus d’acier
« Le pont surplombait la maison, la dominant comme une arche d’acier et de ciment. Pour quelque obscure raison, les architectes chargés d’établir le tracé de l’autoroute n’avaient pu obtenir des services de la municipalité l’autorisation de raser cette bicoque de brique rouge qui contrariait leur avance. Il avait fallu se résoudre à bâtir un dos d’âne qui l’enjambait, la dominant telle une voûte grise de temple païen. Ce toit courbe, que la ruée permanente des voitures faisait vibrer de toutes ses membrures, jetait son ombre gigantesque et rectiligne sur la villa, la privant à jamais de la lumière du soleil.
Lise avait fini par s’habituer à cette grisaille, ce petit jour hivernal qui la contraignait à allumer l’électricité à trois heures de l’après-midi. De même, son oreille s’était accoutumée au vrombissement de la voûte, et, lorsqu’elle levait les yeux, elle n’était pas loin de penser qu’un orage perpétuel grondait au sein de ce nuage de béton stationnaire qui lui bouchait le ciel et pesait sur le toit d’ardoise de la maison à la manière d’une parenthèse horizontale. »
Extrait de : S. Brussolo. « Les foetus d’acier – Les soldats de goudron. »
Docteur Squelette par Serge Brussolo

Fiche de Docteur Squelette
Titre : Docteur Squelette (Tome 1 sur 1 – Les chroniques d’épouvante)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 1987
Editeur : Fleuve noir
Première page de Docteur Squelette
« Jeanne roule sur le lit humide de sueur. La chambre n’est qu’un cube de chaleur solidifiée que transpercent les aiguilles incandescentes d’une lumière filtrant par les fentes des volets.
Le drap l’enveloppe, immense et pesant comme une voile de navire trempée. La jeune femme se débat, prisonnière de ce suaire géant trop grand pour elle, collant comme un piège.
À gauche le lit est froid. Sec. Marc n’est plus là. Il a probablement attendu que sa compagne s’endorme, terrassée par la chaleur pour se relever sans bruit et sortir…
Jeanne se redresse, le cœur battant.
Dehors c’est la fournaise de l’après-midi. Un souffle de lance-flammes qui remonte les rues et dessèche le crépi des façades, craquelant vernis et peintures.
Comment Marc a-t-il pu sortir et parcourir une fois de plus ces ruelles cent fois brûlées, ce désert urbain qui vous cuit la plante des pieds à travers l’épaisseur des semelles ?
Jeanne s’extirpe de la couche. Nue, moite, des rigoles au creux des reins, des gouttes salées fuyant des aisselles.
Il lui semble qu’elle voit Marc, titubant au long de la Calle Central, tête nue, sans chapeau, les cheveux décolorés, la peau rougie et trop sèche. »
Extrait de : S. Brussolo. « Docteur Squelette – Les chroniques d’épouvante. »
La cicatrice du chaos par Serge Brussolo

Fiche de La cicatrice du chaos
Titre : La cicatrice du chaos (Tome 3 sur 3 – Les brigades du chaos)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 1997
Editeur : Fleuve noir
Première page de La cicatrice du chaos
« Mathias Faning avait peur des ballons de baudruche. Chaque fois qu’il en voyait un flotter au bout d’une ficelle, il ne pouvait s’empêcher de frissonner de terreur. Peu de gens encore admettaient le danger, car il y avait dans cette image de la mort quelque chose d’extravagant, de paradoxal, qui allait à l’encontre de tous leurs souvenirs d’enfance. Et pourtant Faning savait qu’il avait raison.
En ce moment même, étendu sur la moquette faisant face à la baie vitrée de son appartement, il scrutait la nuit avec l’attention soutenue d’une sentinelle sondant les ténèbres. C’était toujours à cette heure qu’ils se manifestaient, quand la fatigue vous alourdissait les paupières, vous contraignant à fermer les yeux. Il fallait alors redoubler de vigilance, se raidir contre l’assoupissement, ou sinon… »
Extrait de : S. Brussolo. « La cicatrice du chaos – Les brigades du chaos. »
Promenade du bistouri par Serge Brussolo
Fiche de Promenade du bistouri
Titre : Promenade du bistouri (Tome 2 sur 3 – Les brigades du chaos)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 1995
Editeur : Fleuve noir
Première page de Promenade du bistouri
« Mathias Faning travaille à la morgue de Los Angeles, au service nécro-vidéo. Toute sa science consiste à extraire de la mémoire résiduelle des morts les dernières images enregistrées par leur conscience au moment du meurtre, et à en tirer le portrait de leur assassin. Sa femme, adepte du RubOut, une drogue qui efface les souvenirs, ne lui adresse presque plus la parole et s’efforce d’atteindre l’amnésie totale pour refaire sa vie.
Koban Ullreider, lui, n’a jamais faim, jamais froid, et ne dort pas davantage. C’est un psychopathe rapatrié des colonies martiennes, et dont le système nerveux n’enregistre aucune information tactile.
Endoctriné par son père, un ancien prédicateur de la colonie martienne, il exerce le « métier » de psycho-killer, et éventre les femmes pour leur greffer des organes de son invention. Son but : les transformer en anges de l’Apocalypse et utiliser cette brigade du chaos pour faire pleuvoir sur la nouvelle Babylone le châtiment annoncé de toute éternité par les Écritures. »
Extrait de : S. Brussolo. « Promenade du bistouri – Les brigades du chaos. »