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Futurs bien frappés par I. Asimov

Fiche de Futurs bien frappés
Titre : Futurs bien frappés (Tome 10 sur 11 – Asimov présente)
Auteur : I. Asimov
Date de parution : 1995
Traduction : M. Demuth, J. Guiod, G. Dupreux, T. Marignac, S. Lhopiteau
Editeur : Pocket
Sommaire de Futurs bien frappés :
- Une enfance martienne par K. S. Robinson
- Attention, un trou peut en cacher un autre ! par T. Bisson
- Rédemption au royaume des Quanta par F. Pohl
- La complainte de l’araignée par A. Steele
- La nuée ardente par S. Utley
Première page d’Une enfance martienne
« Un jour, le ciel tomba. Des plaques de glace s’abattirent dans le lac et vinrent cogner sur la plage. Les enfants se dispersèrent comme des moineaux effrayés. Nirgal courut à travers les dunes jusqu’au village et surgit dans la serre en criant :
— Le ciel est en train de tomber !
Peter se précipita au-dehors et escalada les falaises trop vite pour que Nirgal puisse le suivre.
Au bord de la plage, de grands panneaux de glace venaient s’échouer sur le sable et des fragments de glace sèche crépitaient dans l’eau. Quand tous les enfants furent regroupés autour de lui, Peter se leva en redressant la tête vers les hauteurs du dôme.
— On retourne au village, déclara-t-il de son ton sérieux. (En chemin, il se mit à rire.) Le ciel est en train de tomber ! couina-t-il en ébouriffant les cheveux de Nirgal.
Nirgal rougit et Dao et Jackie se mirent à rire dans des bouffées d’haleine blanche.
Peter était l’un de ceux qui escaladaient le dôme pour le réparer. Lui, Kasei et Michel étaient comme »
Extrait de : I. Asimov. « Asimov présente – Futurs bien frappés. »
Terre par D. Brin

Fiche de Terre
Titre : Terre
Auteur : D. Brin
Date de parution : 1990
Traduction : M. Demuth, T. Clegg
Editeur : Milady
Première page de Terre
« NOYAU
Une déité furieuse fixait sur Alex son regard noir. Le soleil déclinant projetait des ombres sur les joues creuses et la langue dardée du Grand Tu, le dieu maori de la guerre.
Une idole dyspeptique, songea Alex en observant la sculpture de bois. Je ressentirais la même chose si j’étais collé là, comme décoration sur le mur du bureau d’un milliardaire.
Il lui vint à l’esprit que le nez de bois du Grand Tu ressemblait au gnomon d’un cadran solaire. Son ombre marquait le temps, rampant sur le mur, accompagnant le « tic-tac » d’une horloge grand-père du XXe siècle debout dans le coin. L’ombre s’étirait lentement, langoureusement, en direction de la géode d’améthyste étincelante, un autre parmi les nombreux trésors géologiques de George Hutton. Alex paria avec lui-même que l’ombre n’atteindrait pas son but avant que les collines de l’ouest découpent le soleil qui sombrait. »
Extrait de : D. Brin. « Terre. »
La chose au coeur du monde par D. Brin

Fiche de La chose au coeur du monde
Titre : La chose au coeur du monde (Tome 1 sur 2 – Terre)
Auteur : D. Brin
Date de parution : 1990
Traduction : M. Demuth
Editeur : Presses Pocket
Première partie de La chose au coeur du monde
« PLANÈTE
D’abord vint une supernova, qui éblouit l’univers dans un éclat bref et prodigue avant de refluer en nuages tortueux et multispectraux d’atomes nouvellement créés. Des remous tourbillonnants se mirent en spirale jusqu’à ce que l’un d’eux s’embrase – une étoile qui naissait.
Le soleil vierge était entouré de jupes tournoyantes de poussière et d’électricité. Des gaz, des roches et des fragments d’un peu de tout tombaient dans les plis, se concentrant en vagues grumeaux… des planètes.
Un tout petit monde de rien tournait à mi-distance. Il avait des caractéristiques modestes :
— masse : à peine suffisante pour attirer un ou deux astéroïdes de passage ;
— lunes : une seule, laissée par une collision sauvage, mais assez grosse pour provoquer des marées importantes ;
— rotation : suffisante pour susciter des vents qui brassent l’atmosphère fumante ;
— densité : un bouillon qui s’est concentré et séparé, produisant une surface de scories peu prometteuse ;
— température : la chaleur était l’unique voix de la planète, très faible, submergée dans le soleil ardent.
De toute façon, que peut donc dire une planète à l’univers, dans le cri ténu de l’infrarouge ?
« Cela existe », répétait-elle sans fin. « Cela est une pierre condensée, irradiant à près de cent cinquante degrés, insignifiante à l’échelle des étoiles. »
« Ce grain, cette miette existe. »
Simple déclaration à un cosmos indifférent – la signature d’un monde de roche, souillé de flaques salées crachées par les vents enfumés.
Mais alors, quelque chose de nouveau bougea dans ces flaques. C’était insignifiant – une simple décoloration çà et là. Mais, à partir de ce moment, la voix changea. Subtilement, son timbre varia, encore faible et indistinct, semblant dire néanmoins :
« Je… suis… »
Extrait de : D. Brin. « Terre – La chose au coeur du monde. »