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Nuit de colère par Francis Berthelot

Fiche de Nuit de colère

Titre : Nuit de colère (Tome 5 sur 9 – Rêve du démiurge)
Auteur : Francis Berthelot
Date de parution : 2003
Editeur : Flammarion

Première page de Nuit de colère

« Personne ne sait ce que l’enfant a vu.

C’était la nuit du 9 septembre 1978. Le tonnerre se taisait. Les nuages filaient devant la lune comme des rapaces. Les monts du Cantal, embrasés par Dieu sait quel sabbat, résonnaient sous des cantiques sinistres. Au matin, le soleil a dispersé les dernières traces de brume… Et les gardes forestiers ont découvert, dans une clairière entourée d’épicéas, des dizaines de corps calcinés.

Depuis, il s’est écoulé deux ans. Deux longues années, au cours desquelles on a pleuré, prié, maudit, enquêté, réfléchi, recherché les vivants, questionné les morts, disséqué des bouts d’os noircis, livré aux médias des images de cauchemar, veillé à ce que le public en reçoive sa ration et même plus. Deux années de fièvre, où l’on a tour à tour accusé la religion, le fanatisme, la luxure, la cupidité, le goût du sang, la démence et pire encore. Deux années de révolte, où le cœur, l’intelligence et la piété des hommes se sont heurtés au même roc : l’impossibilité de donner un sens à l’horreur quand il n’en reste que des cendres. »

Extrait de : F. Berthelot. « Nuit de colère – Rêve du démiurge. »

Le capitaine Fracasse par Théophile Gautier

Fiche de Le capitaine Fracasse

Titre : Le capitaine Fracasse
Auteur : Théophile Gautier
Date de parution : 1861
Editeur : Flammarion

Première page de Le capitaine Fracasse

« Sur le revers d’une de ces collines décharnées qui bossuent les Landes, entre Dax et Mont-de-Marsan, s’élevait, sous le règne de Louis XIII, une de ces gentilhommières si communes en Gascogne, et que les villageois décorent du nom de château.
Deux tours rondes, coiffées de toits en éteignoir, flanquaient les angles d’un bâtiment, sur la façade duquel deux rainures profondément entaillées trahissaient l’existence primitive d’un pont-levis réduit à l’état de sinécure par le nivelage du fossé, et donnaient au manoir un aspect assez féodal, avec leurs échauguettes en poivrière et leurs girouettes à queue d’aronde. Une nappe de lierre enveloppant à demi l’une des tours tranchait heureusement par son vert sombre sur le ton gris de la pierre déjà vieille à cette époque.
Le voyageur qui eût aperçu de loin le castel dessinant ses faîtages pointus sur le ciel, au-dessus des genêts et des bruyères, l’eût jugé une demeure convenable pour un hobereau de province ; mais, en approchant, son avis se fût modifié. »

Extrait de : T. Gautier. « Le Capitaine Fracasse. »

La morte amoureuse par Théophile Gautier

Fiche de La morte amoureuse

Titre : La morte amoureuse
Auteur : Théophile Gautier
Date de parution : 1995
Editeur : Flammarion

Sommaire de La morte amoureuse

  • La cafetière
  • Omphale
  • La morte amoureuse
  • Le pied de momie

Première page de La cafetière

« L’année dernière, je fus invité, ainsi que deux de mes camarades d’atelier, Arrigo Cohic et Pedrino Borgnioli, à passer quelques jours dans une terre au fond de la Normandie.
Le temps, qui, à notre départ, promettait d’être superbe, s’avisa de changer tout à coup, et il tomba tant de pluie, que les chemins creux où nous marchions étaient comme le lit d’un torrent.
Nous enfoncions dans la bourbe jusqu’aux genoux, une couche épaisse de terre grasse s’était attachée aux semelles de nos bottes, et par sa pesanteur ralentissait tellement nos pas, que nous n’arrivâmes au lieu de notre destination qu’une heure après le coucher du soleil.
Nous étions harassés ; aussi, notre hôte, voyant les efforts que nous faisions pour comprimer nos bâillements et tenir les yeux ouverts, aussitôt que nous eûmes soupé, nous fit conduire chacun dans notre chambre.
La mienne était vaste ; je sentis, en y entrant, comme un frisson de fièvre, car il me sembla que j’entrais dans un monde nouveau. »

Extrait de : T. Gautier. « La Morte amoureuse et autres nouvelles. »

Gautier journaliste par Patrick Berthier

Fiche de Gautier journaliste

Titre : Gautier journaliste
Auteur : Patrick Berthier
Date de parution : 2011
Editeur : Flammarion

Première page de Gautier journaliste

« Du premier recueil de Poésies, malencontreusement mis en vente le 28 juillet 1830, alors que les barricades se dressaient dans Paris et que nul ne pouvait s’intéresser à un inconnu de dix-neuf ans à peine, jusqu’à l’ultime article de 1872, interrompu par sa mort, l’itinéraire créateur de Théophile Gautier couvre une large part d’un siècle littérairement et politiquement agité. Venu à l’écriture dans l’élan ascendant du romantisme, le jeune homme au gilet cramoisi de la première d’Hernani est devenu en assez peu d’années un critique ventru, idéologiquement fort peu révolutionnaire (et même très gouvernemental sous le Second Empire, dont il fréquente les souverains), et un poète dont les clichés des manuels ont associé le nom au slogan figé de « l’art pour l’art », dont il n’est même pas littéralement l’inventeur. L’art, la beauté, il en fut certes l’adorateur infatigable, et Baudelaire, dont la sensibilité, sur ce plan-là, était proche de la sienne, sut le reconnaître en lui dédiant solennellement Les Fleurs du Mal ; mais chez l’auteur de Mademoiselle de Maupin, ce culte indéfectible n’est pas béat : il s’exprime à la fois dans la nuance, dans la passion, dans l’humour. Sur tous ces points, aujourd’hui, le vrai Gautier reste largement à redécouvrir. »

Extrait de : P. Berthier. « Gautier journaliste. »

Les fils de l’air par Johan Heliot

Fiche de Les fils de l’air

Titre : Les fils de l’air
Auteur : Johan Heliot
Date de parution : 2009
Editeur : Flammarion

Première page de Les fils de l’air

« On tambourinait à la porte. Des coups violents ébranlaient le panneau de bois. Brutalement tirée du sommeil, Charlotte mit quelques secondes avant de se rappeler où elle se trouvait : dans sa chambre du château de Versailles, bien sûr, où sa famille avait été obligée de se réfugier depuis que Paris n’était plus assez sûre. Cela faisait plusieurs mois, maintenant, que le roi, la reine et leurs deux enfants avaient déserté le palais des Tuileries, escortés par le régiment du marquis de La Fayette. Depuis, l’automne avait succédé au terrible été de 1789 et son 14 juillet sanglant. Charlotte conservait des images épouvantables de la foule huant et conspuant ses parents sur le chemin de l’exil. Une femme avait brandi une corde sur le passage du cortège, promettant à la reine que son corps se balancerait bientôt à un réverbère de la capitale. Des souvenirs qui hantaient encore les nuits de la jeune fille…
Se ressaisissant, Charlotte cala son dos contre un empilement d’oreillers et lança :
— Entrez ! »

Extrait de : J. Heliot. « Les fils de l’air. »

Voyage avec un âne dans les Cévennes par Robert-Louis Stevenson

Fiche de Voyage avec un âne dans les Cévennes

Titre : Voyage avec un âne dans les Cévennes
Auteur : Robert-Louis Stevenson
Date de parution : 1879
Traduction : L. Bocquet
Edition : Flammarion

Première page de Voyage avec un âne dans les Cévennes

« Dans une petite localité, nommée Le Monastier, sise en une agréable vallée de la montagne, à quinze milles du Puy, j’ai passé environ un mois de journées délicieuses. Le Monastier est fameux par la fabrication des dentelles, par l’ivrognerie, par la liberté des propos et les dissensions politiques sans égales. Il y a dans cette bourgade des tenants des quatre partis qui divisent la France : légitimistes, orléanistes, impérialistes et républicains. Et tous se haïssent, détestent, dénigrent et calomnient réciproquement. Sauf, quand il s’agit de traiter ou une affaire ou de se donner les uns aux autres des démentis dans les disputes de cabaret, on y ignore jusqu’à la politesse de la parole. C’est une vraie Pologne montagnarde. Au milieu de cette Babylone, je me suis vu comme un point de ralliement. Chacun avait à cœur d’être aimable et utile pour un étranger. »

Extrait de : R.-L. Stevenson. « Voyage avec un âne dans les Cévennes. »

Boule de nuit par Jérôme Noirez

Fiche de Boule de nuit

Titre : Boule de nuit (Tome 2 sur 2 – Zoo cosmique)
Auteur : Jérôme Noirez
Date de parution : 2013
Editeur : Flammarion

Première page de Boule de nuit

« Allongée sur sa couchette, Zita regarde des tuyaux. La jeune fille, qui aura douze ans dans quelques mois et sera, selon la loi terrienne, majeure, n’a rien trouvé de mieux à faire pour s’occuper.

Il faut dire qu’il y a énormément de tuyaux sur le vaisseau de transport Grafit III. Et de toutes sortes : des mous, des rigides, des droits, des coudés, des transparents qui glougloutent et s’agitent, des froids, couverts de givre, des brûlants sur lesquels il ne faut pas poser la main, des tièdes, des « qui ont des fuites » — il y en a justement un au-dessus de la tête de Zita —, des « un peu radioactifs, mais pas trop », etc. »

Extrait de : J. Noirez. « Zoo cosmique – Boule de nuit. »

Le dernier des Babarus par Jérôme Noirez

Fiche de Le dernier des Babarus

Titre : Le dernier des Babarus (Tome 1 sur 2 – Zoo cosmique)
Auteur : Jérôme Noirez
Date de parution : 2012
Editeur : Flammarion

Première page de Le dernier des Babarus

« Maman-cristal brille d’un bel éclat, ce soir. Hier, elle n’était qu’un infi me point lumineux, et Zita avait eu toutes les peines à la distinguer parmi les autres étoiles.

Quand maman-cristal est très scintillante, plus encore que Deneb, l’étoile voisine, Zita se sent apaisée. Elle la regarde, parfois durant des heures, et lui envoie de temps en temps des impulsions lumineuses avec son laser de poche, des messages dans un ancien code terrien que plus personne ne connaît : le morse.

En langage laser, « Maman je t’aime » se dit : « – – . – – – . – – . . – – – . – .- . . – – . ». »

Extrait de : J. Noirez. « Zoo cosmique – Le dernier des Babarus. »

Le roi d’août par M. Pagel

Fiche de Le roi d’août

Titre : Le roi d’août
Auteur : Michel Pagel
Date de parution : 2002
Editeur : Flammarion

Première page de Le roi d’août

« C’était dans la forêt de Cuise, près de Compiègne, quelques jours avant l’Assomption, en l’avant-dernière année du règne de Louis VII, par la grâce de Dieu roi des Français.
Philippe, qu’on appelait aussi Dieudonné ou le Maupeigné, s’était égaré. Il avait quatorze ans.
 
Philippe ne le savait pas encore, mais la forêt était magique. Ou plutôt non : la forêt était la nature, et comme telle, elle se montrait docile à qui savait lui parler, elle refermait ses pièges sur qui les ignorait.
Lui croyait la connaître – et de fait la connaissait un peu : n’y avait-il pas maintes fois chassé avec son père ou, depuis que ce dernier n’était plus guère ingambe, avec ses oncles ? Vaste et épaisse forêt de Cuise, aux hêtres gigantesques et aux halliers enchevêtrés, qui s’assombrissait même en plein midi dès qu’on s’écartait des sentiers. Il n’en avait jamais eu peur. Il ne s’y était jamais non plus trouvé à la tombée du jour, seul, perdu, et le corps douloureux d’une chute de cheval. »

Extrait de : M. Pagel. « Le roi d’août. »

Roman et essais par C. Flammarion

Fiche de Roman et essais

Titre : Roman et essais
Auteur : Camille Flammarion
Date de parution : 2021
Editeur : BnF

Sommaire de Roman et essais

  • Dans le ciel et sur la terre
  • La nature et l’homme – une forêt vierge au milieu de Paris
  • Une mer de glace au centre de la France – épisode du grand hiver
  • Paysages
  • Impressions de voyages – en ballon
  • Le Mascaret
  • Les grandes marées – Au Mont-Saint-Michel
  • La comète
  • Les flammes du soleil
  • Les premiers jours de la terre – Et la loi du progrès
  • L’étoile du berger
  • Les étoiles, soleils de l’infini – Et le mouvement perpétuel dans l’Univers
  • Les conquêtes de l’astronomie sidérale – Histoire de Sirius
  • Voyage dans l’infini
  • La bêtise humaine
  • Dans le ciel
  • Petite astronomie descriptive
  • La fin du monde
  • Seconde partie – Dans dix millions d’années
  • Epilogue – Après la fin du monde terrestre