Étiquette : Fleuve noir

 

Un peu… beaucoup… à la folie par Christopher Stork

Fiche de Un peu… beaucoup… à la folie

Titre : Un peu… beaucoup… à la folie
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1983
Editeur : Fleuve noir

Première page de Un peu… beaucoup… à la folie

« Je sais pourquoi je suis ici. Mais je n’accepte pas d’y être. J’ai manqué à certaines règles et c’est la raison pour laquelle je suis interné. Mais ces règles auxquelles j’ai manqué m’ont paru tout à coup si stupides, si monstrueuses que je n’arrive pas à me sentir coupable de les avoir transgressées.

Le Dr Pelletier m’a conseillé de tenir ce journal pour essayer, m’a-t-il dit, de remonter jusqu’à la source du mal dont je souffre. Je pense que j’aurais tenu ce journal de toute façon, non pour soigner un « mal » auquel je ne crois pas mais pour revivre les heures merveilleuses que j’ai connues il n’y a pas si longtemps. Et puis pour m’occuper. Car l’ennui ici est terrible. Les livres que l’on m’offre à lire n’ont aucun intérêt pour moi. Et mes études – que le Dr Pelletier m’a proposé de poursuivre – me donnent la nausée.

Être sociologue, vraiment, dans cette société autoritaire, coercitive, collaborer à cette immense entreprise de démolition de tout ce qui a été le plus cher au cœur des hommes depuis le commencement des temps ? Jamais ! »

Extrait de : C. Stork. « Un peu … Beaucoup … A La folie. »

Tout le pouvoir aux étoiles par Christopher Stork

Fiche de Tout le pouvoir aux étoiles

Titre : Tout le pouvoir aux étoiles
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1982
Editeur : Fleuve noir

Première page de Tout le pouvoir aux étoiles

« La Pyramide se dressait non loin de la ville et à proximité du fleuve, en un endroit qui avait été désigné par les ordinateurs et les Mages. Ils en avaient aussi déterminé la hauteur : 440,72 mètres, exactement le triple de la pyramide de Chéops dans son état primitif.

L’énorme édifice était entièrement recouvert de plaques de porphyre poli qui, lorsqu’elles étaient frappées par les rayons du soleil levant, lui donnaient l’apparence d’une masse colossale de métal en fusion. Ce phénomène lui avait valu, dans la ville et les régions environnantes, le sobriquet de « haut fourneau ». Les Mages laissaient dire, certains que cette appellation n’était pas irrespectueuse, au contraire.

La Pyramide comportait cent cinquante étages, de dimensions très différentes selon l’usage que l’on en faisait. Les trente étages supérieurs étaient entièrement occupés par l’observatoire dont le télescope géant avait une lentille de 976 centimètres, près du double de celle du Mont Palomar. »

Extrait de : C. Stork. « Tout le pouvoir aux étoiles. »

Terre des femmes par Christopher Stork

Fiche de Terre des femmes

Titre : Terre des femmes
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1984
Editeur : Fleuve noir

Première page de Terre des femmes

« Je…

Un point à préciser tout de suite : sur la planète de la nébuleuse d’Andromède dont « je » viens, le « je » n’existe pas, ni le « nous » ni aucun des autres pronoms personnels. Tout
simplement parce que la notion même de « personne » ou d’« individu » y est inconcevable. Il faudrait, pour vous faire comprendre, la remplacer par celle d’une « Structure » ou d’un « Ensemble », au sens mathématique, dont la composition associative comporte un élément neutre unique… mais vous vous rendez compte où cela nous entraîne !

J’emploierai donc votre « je » dans cette histoire, d’autant plus que, pour accomplir la mission dont j’ai été chargé, il a bien fallu que je me dissocie de ma Structure et que je prenne l’apparence extérieure d’un homme ou, selon les cas, d’une femme. Je pourrais, certes, avoir bien d’autres sexes encore. Car les gens d’Andromède ne se contentent pas, en effet, comme vous, de deux sexes, prétendument complémentaires mais, en réalité, le plus souvent antagonistes. »

Extrait de : C. Stork. « Terre des femmes. »

Terra-park par Christopher Stork

Fiche de Terra-park

Titre : Terra-park
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1980
Editeur : Fleuve noir

Première page de Terra-park

« Je… Que ce prénom est d’un usage difficile ! Comme d’ailleurs cette langue à laquelle il va bien falloir pourtant que nous nous faisions puisque l’ordre est venu et la date fixée : dans un virem – c’est-à-dire à peu près dans un mois – nous partons pour la planète Deganib à laquelle nous donnerons désormais – du moins je donnerai – son nom « humain » de Terre.

Il va de soi que nous avons reçu cet ordre avec le respect qui lui est dû : il émane des Stations Transcendantales (comment traduire plus exactement le concept de Vaarz Hardami ?) et il récompense (honore ? sanctionne ?) l’activité de notre groupe au cours des récentes décennies. Nous n’en avons pas moins conscience des problèmes considérables que pose un tel voyage, ne fût-ce qu’au niveau de sa préparation.

Car il ne s’agit pas seulement de nous perfectionner dans les quatre ou cinq langues les plus employées sur la Terre. Nous allons devoir assimiler en profondeur des notions aussi singulières, aussi antinaturelles – pour ne pas dire aussi saugrenues – que, par exemple, celle du « Je ». Comment un groupe aussi consubstantiellement lié que le nôtre pourra-t-il arriver à concevoir que les éléments qui le composent doivent se comporter – du moins en apparence – comme si chacun d’entre eux était autonome ? Comment parviendrais-je jamais non seulement à écrire « je » mais à me sentir « je » ? »

Extrait de : C. Stork. « Terra-Park. »

Psys contre psys par Christopher Stork

Fiche de Psys contre psys

Titre : Psys contre psys
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1986
Editeur : Fleuve noir

Première page de Psys contre psys

« Pietro Rocca quitta le canot automobile qui le ramenait du Lido et prit pied sur le quai de la piazzeta avec une impression de soulagement extraordinaire. Ouf ! C’en était fini du Festival du Cinéma et des heures interminables qu’il avait dû passer dans la grande salle du Palais à regarder quatre ou cinq films par jour. Le palmarès venait d’être proclamé, salué par l’habituel mélange d’ovations frénétiques et de huées furieuses, Rocca avait dicté, par téléphone, un dernier article à la fois acide et désabusé et, maintenant, il se sentait en vacances, libre de parcourir Venise en tous sens, Venise qu’il connaissait par cœur mais qu’il retrouvait chaque année avec le même émerveillement.

Le journaliste obliqua à gauche, avec l’intention d’aller boire un verre de grappa à la terrasse du Florian, et s’immobilisa, stupéfait. À cette heure et en cette saison, la place Saint-Marc était toujours noire de monde. Mais Rocca ne l’avait jamais vue ainsi, envahie par une foule énorme, compacte et curieusement silencieuse. Même les orchestres rivaux du Florian et du Quadri s’étaient tus. Toutes les têtes étaient levées vers le ciel d’un bleu profond piqueté d’or que striaient les rayons verticaux d’une batterie de projecteurs. »

Extrait de : C. Stork. « Psys contre psys. »

Pieuvres par Christopher Stork

Fiche de Pieuvres

Titre : Pieuvres
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1984
Editeur : Fleuve noir

Première page de Pieuvres

« De la terrasse, entourée d’hibiscus et de magnolias, qui dominait l’océan d’une bonne centaine de mètres, la vue était splendide, aussi bien sur l’intérieur de l’île où se multipliaient les canyons et les sommets montagneux couverts d’arbres, que sur la mer où, tout le long d’une côte hérissée de petits récifs et dentelée de calanques rocheuses, les vagues venaient s’écraser en longs panaches iridescents.

— Quelle merveille ! s’exclama Cecil Ferguson en promenant un regard extasié autour d’elle ; on se croirait au bout du monde !

Le visage maigre et ingrat de Melinda Ryde se contracta en une grimace presque haineuse.

— L’ennui, c’est que nous sommes au bout du monde ! répondit-elle, aigrement.

— Comment ? s’exclama sa voisine ; mais on voit distinctement les lumières de la côte ! Ce doit être San Juan Capistrano là-bas ?

— Oui. Et, un peu plus au nord, c’est Long Beach et Los Angeles, répondit Mrs. Ryde sur le même ton ; encore faut-il y arriver ! »

Extrait de : C. Stork. « Pieuvres. »

Pièces détachées par Christopher Stork

Fiche de Pièces détachées

Titre : Pièces détachées
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1984
Editeur : Fleuve noir

Première page de Pièces détachées

« Les colonnes de petites annonces s’alignaient en rangs serrés tout au long des pages du journal dont elles occupaient plus des deux tiers.
Vous en avez assez de voir toujours la même tête dans votre miroir, le matin, quand vous vous rasez ou quand vous vous maquillez ? Changez-en ! Changez votre visage comme vous changez de cravate ou de robe ! Les plus éminents chirurgiens esthétiques seront à votre disposition sur un simple coup de téléphone à 343 55 89.
Foie paresseux ? Reins douloureux ? Cœur malade ? Débarrassez-vous-en tout de suite et repartez avec un corps remis à neuf. Nous sommes là pour ça. Venez nous voir au Centre de Mécanique Corporelle, 904 East 55th St. New York, 10 022 N.Y., tél : 812 22 22.
Quand votre moteur a des ratés, vous allez consulter votre garagiste qui remplace la pièce défectueuse par une pièce neuve. Pourquoi ne pas en faire autant pour votre personne, avec l’aide des spécialistes de l’Association « Rénovation Physique » ?
 »

Extrait de : C. Stork. « Pièces détachées. »

Mais n’anticipons pas… par Christopher Stork

Fiche de Mais n’anticipons pas…

Titre : Mais n’anticipons pas…
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1983
Editeur : Fleuve noir

Première page de Mais n’anticipons pas…

« Barney Hayward fit pivoter son fauteuil et, par la large baie vitrée qui occupait le mur du fond de son bureau, jeta un coup d’œil sur le paysage étalé devant lui. Il le connaissait pourtant bien, ce paysage, pour l’avoir observé pendant des heures, depuis des mois, de jour comme de nuit. Mais, chaque fois qu’il le retrouvait, il éprouvait le même choc, la même crispation presque douloureuse dans la poitrine.

C’est qu’il était véritablement fantastique, ce paysage, cette longue bande de terre plate comme la main, qui occupait plusieurs dizaines de kilomètres, sous le soleil étincelant et le ciel limpide de Floride, en bordure d’une mer vert émeraude dont les vagues frangeaient d’écume l’interminable plage de sable fin terminée par le cap Kennedy. Mais le plus fantastique, c’était la rangée rigoureusement rectiligne des plates-formes de lancement qui s’érigeaient, à distance régulière, sur cette bande de terre, depuis la tour de contrôle occupée par Barney Hayward, jusqu’à l’horizon. »

Extrait de : C. Stork. « Mais n’anticipons pas. »

Made in Mars par Christopher Stork

Fiche de Made in Mars

Titre : Made in Mars
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir

Première page de Made in Mars

« Tout dormait à bord de la « Grande Roue » qui tournait lentement sur elle-même dans l’espace, à égale distance – 400 000 kilomètres – de la Terre et de la Lune. Les auvents qui protégeaient les vitres extérieures contre les rayons du soleil n’étaient pas encore levés. Dans les bosquets et les jardins en terrasse de la cité résidentielle. les ordinateurs avaient commencé à répandre la rosée de l’aube et s’apprêtaient à mettre en marche les enregistrements de cris d’oiseaux. Le ciel artificiel. d’un noir d’encre. était toujours piqueté d’étoiles mais celles-ci s’éteignaient les unes après les autres et une lueur d’un rose doré se mettait à poindre sur l’horizon simulé.
Le jour (le 1423e jour de G.E.O. n° l ) était proche. Mais, pour l’instant, les 600 habitants de la « Grande Roue » étaient plongés dans le sommeil. »

Extrait de : C. Stork. « Made in Mars. »

Les petites femmes vertes par Christopher Stork

Fiche de Les petites femmes vertes

Titre : Les petites femmes vertes
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1981
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les petites femmes vertes

« Ils étaient quatre dans la jeep qui zigzaguait sur la route de Loup City à Sargent, dans le Nebraska, quatre cow-boys soûls perdus, imbibés de tout le bourbon et de toute la bière qu’ils avaient pu absorber en quelques heures. Art, Neil, Slopy Joe et le Rouquin, quatre grands gars de vingt à trente ans, ni beaux ni laids, ni bons ni méchants, aussi simples et végétatifs que les bœufs qu’ils gardaient à longueur d’années.

Ils dormaient tous les quatre, y compris Slopy Joe, pourtant censé conduire, qui ne se réveillait en sursaut que quand la jeep frôlait le fossé en bordure de la route. Alors, prévenu par un obscur réflexe, Slopy Joe crachait un juron et donnait un grand coup de volant qui ramenait la jeep sur la chaussée et faisait grogner ses camarades écroulés sur leur siège. Après quoi, Slopy Joe se rendormait tout bonnement.

Il dut faire un effort gigantesque pour garder les yeux ouverts, le temps de repérer sur la droite le chemin de terre qui menait au Hay Springs Ranch où ils travaillaient et logeaient. »

Extrait de : C. Stork. « Les petites femmes vertes. »